LOTH (JOSEPH) †

Joseph Loth — (27 décembre 1847 – 1er avril 1934) est l'une des grandes figures de la celtologie française de la fin du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle. Linguiste, historien et philologue, il consacra l'essentiel de son œuvre à l'étude des langues celtiques, en particulier du breton, du gallois et du gaulois.

Né à Guémené-sur-Scorff (Morbihan), il effectua ses études au petit séminaire de Sainte-Anne-d'Auray avant d'enseigner successivement à Pontivy, Quimper et Saumur. Après la guerre franco-prussienne de 1870, il poursuivit sa carrière à Paris, où sa rencontre avec Henri d'Arbois de Jubainville l'orienta définitivement vers les études celtiques. Reçu à l'agrégation de grammaire en 1879, docteur ès lettres en 1881, il fut également élève diplômé de l'École pratique des hautes études.

En 1883, il fut nommé professeur à la faculté des lettres de Rennes, où il occupa la première chaire universitaire française consacrée aux langues celtiques. La même année, il fonda les Annales de Bretagne, revue qu'il dirigea jusqu'en 1910 et qui demeure aujourd'hui une publication majeure pour l'histoire de la Bretagne. En 1910, il succéda à d'Arbois de Jubainville au Collège de France, où il occupa la chaire de langues et littératures celtiques. Il fut élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1919.

Joseph Loth publia plusieurs ouvrages devenus classiques, parmi lesquels L'Émigration bretonne en Armorique du Ve au VIIe siècle, Grammaire des vieux dialectes bretons, Les Mots latins dans les langues brittoniques, La Langue gauloiseLes Inscriptions gauloises. Il traduisit également en français les Mabinogion, contribuant à faire connaître la littérature médiévale galloise.

Ses travaux ont profondément marqué la linguistique celtique, la toponymie et l'histoire de la Bretagne. On lui doit notamment la célèbre « ligne Loth », qui délimite approximativement l'extension orientale historique de la toponymie bretonne en Armorique. Si plusieurs de ses analyses étymologiques et historiques ont été révisées à la lumière des progrès de la linguistique celtique, son œuvre demeure une référence fondamentale dans l'histoire des études celtiques.

Sources:
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique