LONGO : (NAVIRE, BARQUE, MARAIS?)

La langue gauloise (et autres langues celtiques de l'antiquité)
Vieux breton : lo(n)cou : (vaisseau, vase)
Irlandais : long : (vaisseau)
Gallois : llong : (navire)

longo- — Thème de la langue gauloise qui selon Delamarre (2003 ; 2004 ; 2012 ; 2023) désigne un « esquif léger et rapide », qu'il compare avec un indo-européen *h₁lengʷʰ(ú)- « léger, rapide », au grec έλαφρὀϛ « léger, rapide », et aux sanskrits raghú- « rapide » zet laghú- « léger ». Il peut être confondu de par son assonance avec le latin longus « long ».

J. Lacroix (2005) propose pour sa part une interprétation par « marais ». Cet hypothèse nous donne des interprétations (infra) somme toute pas trop déconnantes, voire même parfois plus logiques (Un gué dans un marais est plus facile à percevoir, qu'un « gué de navire »).


longo / navire
longo / marais
LongaticonLe lieu des nautoniers (fluviaux)
Le lieu dans le marais
La forteresse des navires
La forteresse du marais
Longorectusnavires légaux
Marais de ka loi
LongoritumGué des navires
Gué du marais
LongostalètesCeux (qui sont derrière) les navires
Ceux du marais
LongoviciumLieu de ceux qui combattent en bateau
Lieu de ceux qui combattent dans les marais

Toutefois, en vieil-irlandais, longes désigne bien une « expédition maritime », puis par extension un « exil ». Le mot est formé sur long « navire », avec un glissement sémantique propre au contexte insulaire irlandais, où l’éloignement se fait uniquement par voie maritime.


Sources:
• X. Delamarre, (2003) - Dictionnaire de la langue gauloise, Errance, Paris, 440p.
• X. Delamarre, (2004) - "Gallo-Brittonica : transports, richesse et générosité chez les anciens celtes", Zeitschrift für celtische Philologie, n°54, pp.121-132
• X. Delamarre, (2012) - Noms de lieux celtiques de l'Europe ancienne, Errance, Paris, 384p.
• X. Delamarre, (2023) - Dictionnaire des thèmes nominaux du gaulois (II. Lab- / Xantus), Les Cent Chemins, 570p.
• J. Lacroix, (2005) - Les noms d'origine gauloise, la Gaule des activités économiques, Errance, Paris, 288p.
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique