CHRONICON SCOTORUM - 04 - VIE SIÈCLE (DE 501 À 600)

Mythes, légendes, textes mythologiques

Chronicon Scotorum

VIᵉ siècle (de 501 à 600)

Le VIᵉ siècle que dessinent ces annales est avant tout un siècle de recomposition politique. Les royaumes irlandais sont constamment engagés dans des rivalités dynastiques, et les Uí Néill prennent progressivement une place prépondérante. Les mêmes familles réapparaissent d’une génération à l’autre, avec les Mac Erca, les descendants de Niall, les dynasties du Connacht, de l’Ulster, du Munster et des Laigin. Les batailles ne sont jamais de simples épisodes isolés : elles entraînent des changements de souverains, des prises d’otages, des déplacements de territoires et des règlements de comptes qui peuvent se prolonger pendant plusieurs décennies.

La violence politique est omniprésente. Les rois meurent au combat, sont assassinés ou exécutés, et certaines morts prennent des formes particulièrement spectaculaires. Lughaidh est foudroyé pour avoir renié Patrick ; Muirchertach Mac Erca périt dans le feu et le vin ; Diarmaid Mac Cerbhaill est assassiné puis décapité ; Aedh Dubh, qui l'avait tué, finit lui-même étranglé. Les annales donnent donc parfois l'impression d'un monde où exercer la royauté constitue une profession à haut risque.

Parallèlement, le christianisme s'enracine profondément. Les évêques, abbés et saints deviennent presque aussi présents dans les annales que les rois. Les fondations monastiques se multiplient, tandis que des figures comme Ciarán, Brigitte, Brendan, Colum Cille, Cainnech ou Comgall structurent progressivement la mémoire religieuse de l'Irlande. Mais il ne s'agit nullement d'une rupture nette avec l'ancien monde. Les druides, les prophéties, les enchantements et les interventions surnaturelles continuent d'apparaître. La bataille de Cuil Dremne est particulièrement révélatrice de cette coexistence : un dispositif druidique intervient dans le conflit tandis que Colum Cille agit par la prière. Le christianisme s'est donc installé dans un univers mental qui reste encore largement marqué par les anciennes représentations.

La mortalité constitue un autre arrière-plan permanent. Les annales enregistrent plusieurs grandes pestes ou mortalités, notamment la Belé Feth de 541 et la Crom Conaill de 551. Les morts d'ecclésiastiques sont extrêmement nombreuses, mais il faut évidemment tenir compte du biais documentaire : ce sont précisément les annalistes ecclésiastiques qui ont le plus intérêt à conserver la mémoire des évêques et des abbés. On ne peut donc pas déduire de cette succession de quies que les religieux mouraient réellement davantage que les guerriers.

À partir du milieu du siècle, la figure de Colum Cille devient particulièrement importante. Son histoire croise directement celle des rois : conflit avec Diarmaid Mac Cerbhaill, bataille de Cuil Dremne, départ pour Hi, fondation et développement d'un réseau monastique, puis mort en 595. Il représente assez bien la nouvelle place prise par les grands hommes d'Église : ils ne sont plus simplement des religieux vivant à l'écart du pouvoir, mais des personnages capables d'intervenir dans les rapports entre royaumes et dynasties.

La fin du siècle montre finalement une consolidation du pouvoir des Uí Néill et une nouvelle génération de souverains. Après Diarmaid viennent Fergus et Domhnall, puis Ainmire et Aedh mac Ainmire. La bataille de Dún Bolg en 598, où Aedh est tué, clôt presque symboliquement cette période : même un roi présenté comme roi d'Érin reste pris dans le système de guerres dynastiques qui caractérise tout le siècle.

Au fond, ce que montrent ces annales, c'est moins une Irlande déjà chrétienne remplaçant brusquement une Irlande païenne qu'une société en transformation où royauté, guerre, christianisme, traditions anciennes, prophétie et surnaturel sont encore complètement imbriqués. Et l'élément assez cocasse, effectivement, est que les annalistes enregistrent tout cela avec le même flegme : un roi est assassiné, un évêque meurt, une peste ravage le pays, une éclipse survient… et tout cela tient tranquillement dans la même succession de notices.

Calendes.

Calendes.

Calendes.

Calendes.

Calendes, IVᵉ jour. (505)

La bataille de Fremhain, en Midhe, remportée par Foilge Berraidhe sur Fiachaidh mac Néill. On disait à ce sujet :

L’autre roi dont ils font mention,
Fiachaidh mac Néill, ils ne le nient pas ;
contre une prophétie mensongère,
la bataille de Slemhain, en Midhe, fut remportée sur lui.

Calendes, IIIᵉ jour.

Calendes, IVᵉ jour. (507)

Mort de Lughaidh mac Laeghaire, roi de Temhair, à Achadh Farcha. Il fut frappé à la tête par la foudre venue du ciel, pour avoir renié Patrick.

Calendes, IIIᵉ jour. (508)

Muirchertach Mac Erca commence son règne. Mac Cnissi, c’est-à-dire Aengus, évêque de Condere, mourut. Son père s’appelait Fobraech et sa mère Cnes ingen Comaide, du peuple des Dál Ceithire ; c’est de cette dernière qu’il reçut le nom de Mac Cnisi.

Calendes.

Calendes, Iᵉʳ jour. (510)

Mort de Bron episcopi Caisil Irre. Une éclipse du soleil se produisit.

Calendes, IIᵉ jour. (511)

Mort d’Erc episcopi Slaine, dans la quatre-vingt-dixième année de son âge, au sujet duquel Patrick dit :

L’évêque Erc —
Tout ce qu’il jugeait était juste ;
Quiconque rend un jugement équitable
Recevra la bénédiction de l’évêque Erc.

Calendes. (512)

Naissance de saint Ciaran, fils de l’artisan.

Bataille de Droma Dergaige contre Foilge Berraidhe, par Fiacha mac Néill, à la suite de laquelle la plaine de Midhe fut enlevée aux Laigin, comme le chanta Cennfaelad :

Ce fut la vengeance de Dieu, durant sept années,
qui dompta son cœur ;
la bataille de Droma Dergaighe —
par elle, la plaine de Midhe fut perdue.

Calendes, Vᵉ jour. (513)

Mort de Dubtach, abbé d’Ard Macha.

Calendes, VIᵉ jour. (514)

Mort de Darerca, de Cill-Slebhe-Cuilinn, qui fut ensuite appelée Moninne, Aninne Sanatho.

Calendes, VIᵉ jour. (515)

Naissance de Comgall, de Bennchair.

Calendes, IIᵉ jour. (516)

Naissance de Cainnech, d’Achadh Bó.

Calendes, IIIᵉ jour. (517)

Conlaedh, évêque de Cill Dara, mourut.

Calendes, IVᵉ jour. (518)

Bataille de Detna, à Droma-Bregh, au cours de laquelle tomba Ardgal mac Conaill Crimhthainn meic Néill. Muirchertach Mac Erca et Colga mac Cloith meic Cruinn meic Fedhlimidh, roi d’Airghiall, furent les vainqueurs. Buti mac Bronaig, mourut, et Colum Cille naquit, au sujet duquel il fut dit :

La douce naissance de Colum, notre clerc,
en ce jour, sur la noble Érin ;
ce même jour, aucune parole arrogante ne fut prononcée —
la mort éclatante et victorieuse du fils de Bronach.

Ailill, abbé d’Ard Macha, s’endormit. Beoid, évêque d’Ardcarna, mourut.

Calendes, Vᵉ jour.

Calendes. (520)

Le pape Hormisdas mourut. Le pape Jean lui succéda et régna pendant trois ans.

Calendes, IIᵉ jour.

Calendes, IIᵉ jour.

Calendes. (523)

Dormition de sainte Brigitte, dans sa quatre-vingt-septième année, ou dans sa soixante-dix-septième année, selon certains.

Calendes, IVᵉ jour. (524)

Mort d’Illann mac Dúnlainge, roi de Laigin. La bataille de Luachair, remportée par Coirpre sur les Uí Néill, au sujet de laquelle il fut dit :

La rude bataille de Luachair, de la tête jusqu’en bas,
Brigitte la vit ; ce ne fut pas un miracle vain ;
la sanglante bataille de Finnabhair fut glorieuse,
autour du corps d’Illann après sa mort.

Calendes, Vᵉ jour.

Calendes, VIᵉ jour. (526)

Naissance de Caeman Brec.

Calendes, VIIᵉ jour.

Calendes, IIᵉ jour. (528)

La bataille de Cenn-eich et la bataille d’Ath-Sighe, remportées sur les Laigin. Muirchertach Mac Erca fut le vainqueur.

Calendes, IIIᵉ jour.

Calendes, IVᵉ jour. (530)

La bataille d’Ebhlinn, remportée par Muirchertach Mac Erca, et la bataille de Magh Ailbhe, remportée sur les Laigin ; la bataille d’Aidhne, remportée sur les hommes du Connacht ; la bataille d’Almhain et la bataille de Cenn-eich, remportées sur les Laigin ; ainsi que le pillage des Cliachs — tout cela en une seule année, au sujet de quoi Cendfaeladh chanta :

La bataille de Cenn-eich ; la bataille d’Almhain —
ce fut une époque illustre et célèbre —
la dévastation des Cliachs ; la bataille d’Aidhne ;
et la bataille de Magh Ailbhe.

Calendes, Vᵉ jour. (531)

Muirchertach Mac Erca fut plongé dans une cuve de vin, puis brûlé et mortellement blessé, dans la nuit de Samain, au sommet de Cleitech, au-dessus de la Boyne, comme le dit saint Cairnech :

Je crains la femme
autour de laquelle s’élèveront de nombreuses tempêtes ;
car l’homme qui sera brûlé
sur le flanc de Cleitech sera noyé dans le vin.

C’est Sin, la femme qui t’a tué,
ô Mac Earca, à ce que je vois ;
nombreux seront ici ses noms — 
elle égarera quelqu’un.

Elle n’est pas aimée, la femme
dont le nom est Sin ;
quant au roi, le feu le brûlera,
dans la maison de Cleitech le vin le noiera.

Le roi Mac Earca revient
vers le territoire des Uí Néill ;
le sang atteint les ceintures dans la plaine ;
les territoires s’étendent au loin.

Sept fois il livre neuf batailles,
et longtemps on s’en souviendra ;
il emporte les otages des Uí Néill,
avec les otages de la plaine de Munster.

Sin dit, en énumérant ses noms :

Osnadh, Esnadh, Sin sans défaut,
Gaeth garbh et Gemadhaigh,
Ochsadh, Iachtadh — parole sans mensonge —
tels sont mes noms sous toutes leurs formes.

Ailbhe, d’Imlech Ibhair, mourut.

Calendes, VIIᵉ jour. (532)

Tuathal Maelgarbh régna pendant onze ans.

Dormition de saint Mochta, disciple de Patrick, le seizième jour avant les calendes de septembre, comme il l’écrivit lui-même dans son épître : « Mochta, pécheur, prêtre, disciple de saint Patrick, adresse ses salutations dans le Seigneur. »

Calendes, Iᵉʳ jour. (533)

La bataille de Luachair-mór edir-da-Inbher, remportée par Tuathal Maelgarbh sur les Ciannachta.

Calendes, IIᵉ jour. (534)

Ailill, abbé d’Ard Macha, mourut.

Calendes, IIIᵉ jour. (535)

Naissance de Baithín, fils adoptif de Colum Cille.

Calendes.

Calendes.

Calendes, Vᵉ jour. (538)

La bataille de Claenloch, au cours de laquelle Maine, fils de Cerbhall, fut tué en défendant les otages des Uí Maine du Connacht. Goibhnenn, fils de Conall, roi des Uí Fiachrach Aidhne, fut le vainqueur.

Calendes, VIᵉ jour.

Calendes, Vᵉ jour. (538)

Naissance du Pape Grégoire.

Calendes, Iᵉʳ jour. (541)

Grande mortalité appelée Belé Feth, au cours de laquelle périt Mobhi Clairinech, dont le nom est Bercan, « prorectano poetae ».

Calendes. (542)

Ailbhe, de Senchua Ua nAililla, mourut.

Calendes. (543)

La bataille de Tortan, remportée par les Laigin, au cours de laquelle tomba Mac Erca — dont descendent les Fir Cera — fils d’Ailill Molt, fils de Dathi. La bataille de Sligech, au cours de laquelle Eógan Bél, roi du Connacht, fut tué. Fergus et Domhnall, deux fils de Mac Erca, ainsi qu’Ainmire, fils de Senna, et Nindigh, fils de Duach, furent les vainqueurs.

La bataille d'Ui Fiachrach fait rage,
Dans la fureur des armes tranchantes, contre Bel ;
Le bétail ennemi mugit face aux lances ;
Le combat s'étend à Crinder ;

La Sligech charrie vers la grande mer
Le sang des hommes, mêlé à leur chair ;
Des trophées sont emportés à travers Ebha,
Avec la tête d'Eoghan Bel.

Lughaidh, évêque de Condere, mourut.

Calendes, Vᵉ jour. (544)

Tuathal Maelgarbh, fils de Cormac Caech, fils de Coirpre, fils de Niall, roi de Temhair, mourut d’une blessure infligée par Maelmor Ua Machí, qui fut lui-même tué aussitôt après. De là vient l’expression « l’exploit de Maelmor ».

Mort de Mac Cuilind et d’Odhran de Letracha.

Décapitation d’Ambacuc à la foire de Taillten, par le pouvoir de saint Ciarán : il avait prêté un faux serment par la main du saint, si bien qu’une gangrène s’installa à son cou. Il demeura sept ans en vie auprès des moines.

Ciarán le Grand, fils du Charpentier, mourut dans sa trente-troisième année, au septième mois également après qu’il eut commencé à bâtir Cluain-muc-Nois. Beoid était le nom de son père et Darerca celui de sa mère, comme il le dit lui-même :

Darerca était ma mère ;
ce n’était pas une femme mauvaise ;
Beoid, le charpentier, était mon père ;
il était du Latharna Molt.

Diarmaid Mac Cerbhaill commence à régner. Maelmor était un fils de la mère de Diarmaid.

Calendes. (545)

Tigernach, évêque de Cluain-eois, mourut.

Calendes, VIIᵉ jour.

Calendes, Vᵉ jour.

Calendes, IIIᵉ jour.

Calendes, IVᵉ jour.

Calendes, Vᵉ jour. (550)

La bataille de Cuil Conaire, en Cera, au cours de laquelle tombèrent Ailill Inbhanda, fils d’Eógan, roi du Connacht, et Aedh Fortamhail, son frère. Fergus et Domhnall, deux fils de Mac Erca, furent les vainqueurs.

Calendes, VIᵉ jour. (551)

Grande mortalité, appelée la Crom Conaill, au cours de laquelle moururent les saints suivants : Finnian de Cluainiraird, fils d’Ua Thelluibh ; Colum Mac Crimthainn ; Colum d’Inis Celtra ; Sinchell, fils de Cenanan, abbé de Cill-Achaidh-Dromata ; et Mac Tail de Cill-Cuillinn, appelé Eóghan, fils de Corcran.

Calendes, Iᵉʳ jour. (552)

Calendes de janvier. La bataille de Cuillne, au cours de laquelle tombèrent les Corco-che du Munster, par la prière d’Ita de Cluain Credan. Mort de Fothadh, fils de Conall.

Calendes, IIᵉ jour. (553)

Mort d’Eochaidh, fils de Conlaedh, roi d’Uladh, dont descendent les Uí Echach Uladh. Mort du prophète Bec Mac De.

Calendes, IIIᵉ jour. (554)

Naissance de Molua Mac Ua Oche.

La peste appelée Samhtrusg.

Calendes, Vᵉ jour. (555)

Cathbadh, fils de Fergus, évêque d’Achadh Cuinn, mourut dans sa cent cinquantième année.

Le pape Vigile mourut.

Calendes, VIᵉ jour.

Calendes. (557)

Mort violente de Fergna Ua Ibdaigh, roi d’Uladh, lors de la bataille de Druim Cleithe, tué par Deman, fils de Cairell, et les Uí Echach Arda.

Nessan le lépreux mourut.

Calendes, Iᵉʳ jour. (558)

Meurtre de Colmán Mór, fils de Diarmaid, dans son char, par Dubhsloit Ua Trena.

Fondation de l’église de Bennchair.

Calendes. (559)

Brendan fonda l’église de Cluain Ferta :

Depuis que Mac Ua Eltai la possédait,
Brendan, avec toutes ses perfections,
n’y fut ni meilleur ni pire pour autant ;
depuis ce temps jusqu’à aujourd’hui, Cluain Ferta demeure.

Ascension de Brendan dans son char vers les airs.

Calendes. (560)

Dernier festin de Temhair célébré par Diarmaid Mac Cerbhaill. Mort de Gabhran, fils de Domangart, roi d’Alba. Fuite des hommes d’Alba devant Bruidhe, fils de Maelcon, roi des Pictes. Meurtre de Cornan, fils d’Aedh, fils d’Eochaidh, roi du Connacht, par Diarmaid Mac Cerbhaill, malgré la protection de Colum Cille ; c’est pour cette raison que fut livrée la bataille de Cuil Dremne.

Calendes. (561)

La bataille de Cuil Dremne, c’est-à-dire « pour les transgressions », fut remportée sur Diarmaid Mac Cerbhaill. Fergus et Domhnall, les deux fils de Mac Erca ; Ainmire, fils de Senna ; Ninnidh, fils de Duach ; et Aedh, fils d’Eochaidh Tirmcarna, roi du Connacht, furent les vainqueurs, grâce à la prière de Colum Cille, qui dit :

Ô Dieu !
Pourquoi ne détournes-tu pas le brouillard,
afin que nous puissions compter le nombre
de l’armée qui a prononcé des jugements contre nous ?

Une armée qui marche autour d’un cairn,
et un fils de la tempête qui nous trahit ;
mon druide, lui, ne me refusera pas — 
c’est le Fils de Dieu ; avec nous, il agira.

Comme il avance majestueusement — 
le coursier de Baedan — devant l’armée !
Heureux Baedan aux cheveux jaunes,
il gagnera sa renommée grâce à lui.

Ce fut Fraechan, fils de Tenusan, qui donna à Diarmaid Mac Cerbhaill l’Erbhe druidique. Tuatan, fils de Diman, fils de Saran, fils de Cormac, fils d’Eoghan, fut celui qui plaça l’Erbhe druidique pour lui ; Mag Lainne la franchit, et fut le seul à être tué.

Calendes, VIᵉ jour. (562)

La bataille de Cuil Uinnsend, en Teffia, remportée sur Diarmaid Mac Cerbhaill par Aedh, fils de Brenainn, roi de Teffia, au cours de laquelle Diarmaid prit la fuite.

Calendes, Iᵉʳ jour. (563)

Voyage de Colum Cille vers l’île de Hi, dans sa quarante-deuxième année.

Bataille de Móin-Daire-Lothair, remportée sur les Cruithne par les Uí Néill du Nord, au cours de laquelle sept rois des Cruithne furent tués, parmi lesquels Aedh mBrec.

Baetan, fils de Conn, avec deux Cruithne qui combattirent contre les Cruithne, ainsi que les Cinel nEoghain et les Cinel Conaill, contre lesquels les Cruithne combattaient, obtinrent Lea et Arda Eolairg en récompense ; Cennfaeladh en chanta les louanges :

Ils brandissent leurs armes tranchantes,
ils rangent les hommes autour de la rouge Móin Daire Lothair — 
cause d’un partage injuste — 
sept rois des Cruithne, avec Aedh Brec.

La bataille de tous les Cruithne est livrée,
et Eilne est incendiée ;
la bataille de Gabhra Life est livrée,
ainsi que la bataille de Cúl Dremhne.

Ils emportent des otages après le combat,
vers l’ouest, avec de riches trésors — 
Fergus, Domhnall, Ainmire,
et Ninnidh, fils de Duach.

Les deux fils de Mac Erca reviennent
pour prendre part au même combat ;
et le roi, Ainmire,
retourne dans les possessions de Senna.

Edán Ua Fiacrach mourut.

Calendes. (564)

Molaise de Daimhinis mourut.

Calendes. (565)

Diarmaid Mac Cerbhaill fut tué à Rath Bec, par Aedh Dubh, fils de Suibhne Araidhe, roi d’Uladh. Sa tête fut apportée à Cluain-muc-Nois et y fut ensevelie ; son corps fut enterré à Conner. Les deux fils de Mac Erca, Fergus et Domhnall, lui succédèrent.

Cette année-là, la Muirgeilt, c’est-à-dire Líban, fille d’Eochaidh Mac Muiredha, fut capturée sur le rivage d’Ollarbha dans le filet de Bedan, fils d’Innle, pêcheur de Comgall de Bennchair.

Brenainn de Birr mourut.

Calendes, IVᵉ jour. (566)

Bataille de Gabhra Lífe, remportée sur les Laigin. Fergus et Domhnall furent les vainqueurs.

Mort de Domhnall, fils de Muircertach Mac Erca, auquel succéda Ainmire, fils de Senna.

Mort de Daimhin, fils de Coirpre Damhargaid.

Calendes, IIIᵉ jour.

Calendes, IVᵉ jour. (568)

Deman, fils de Cairell, tué par les bergers de Barrinn.

Calendes, IVᵉ jour. (569)

Ainmire, fils de Senna, tué par Fergus, fils de Nellin, ce dont il fut dit :

Femhen, lorsqu’il était sous un roi,
n’était pas un lieu sans noblesse ;
aujourd’hui, son aspect est cramoisi
du sang d’Ainmire, fils de Senna.

Calendes, IIᵉ jour. (570)

Meurtre de Fergus, fils de Nellin, par Aedh, fils d’Ainmire.

Oena Mac Ua Laighsi, abbé de Cluain-muc-Nois, c’est-à-dire fils d’Eoghan des Laighis Rete, mourut après avoir exercé la charge d’abbé pendant trente-six ans.

Calendes, IIIᵉ jour. (571)

Ite, de Cluain Creadal, mourut.

Calendes, IVᵉ jour. (572)

Moenu, évêque de Cluain-Ferta-Brenainn, mourut.

Mort violente de deux descendants de Muiredhach, à savoir Baedan, fils de Muircertach, et Eochaidh Find, fils de Domhnall, au cours de la troisième année de leur règne. Cronan, fils de Tigernach, roi des Ciannacht, fut leur meurtrier.

Calendes, IIᵉ jour. (573)

Bataille de Feimhin, remportée par Cairbre, fils de Crimthand, roi de Munster, au cours de laquelle Colman Bec, fils de Diarmaid, fut vaincu, mais parvint à s’échapper.

Brenainn de Birr mourut.

Bataille de Tola et de Fortola, noms des plaines situées entre Éle et Osraige, entre Cluain-Ferta-Molua et Saighir. Fiachna, fils de Baedan, fut le vainqueur.

Calendes, VIIᵉ jour. (574)

Mort de Conall, fils de Comgall, roi de Dál Riada, dans la seizième année de son règne. Il avait donné l’île de Hi à Colum Cille.

Calendes. (575)

Mort de Brenainn, fils de Brión.

Calendes, IIIᵉ jour. (576)

Mort de Brenainn de Cluain Ferta.

Meurtre d’Aedh, fils d’Eochaidh Tirmcharna, roi du Connacht, par les Uí Briúin.

Première tentative des Ulaid de se rétablir à Emhain.

Calendes, IIIᵉ jour. (577)

Mort d’Etcen, évêque de Cluain-fota-Baetain-abha.

Retour des Ulaid à Emhain.

Calendes, Vᵉ jour. (578)

Mort de Finnian Ua Fiatach, l’évêque.

Mort de Cairech Dergan.

Calendes. (579)

Bataille de Druim mic Erce, au cours de laquelle Colcu, fils de Domhnall, fils de Muircertach, fut tué. Aedh, fils d’Ainmire, fut le vainqueur.

Calendes. (580)

Baedan, fils de Cairell, roi d’Uladh, mourut.

Calendes.

Calendes.

Calendes. (583)

Meurtre de Fergus Sgandail, roi de Munster.

Mort de Fergus, évêque de Druim-leth-glaise, qui fonda Cill Biann.

Calendes. (584)

Mort de Mac Nisse. Il était originaire d’Ulster et abbé de Cluain-muc-Nois.

Calendes. (585)

Meurtre de Baedan, fils de Nindidh, fils de Duach, fils de Conall Gulban, roi de Temhair. Cuini, fils de Colman, et Cumaine, fils de Libren, fils d’Illadhan, fils de Cerbhall, le tuèrent sur le conseil de Colman Bec, à Leim-ind-eich :

Par Conall, comme il est reconnu,
fut remportée la joyeuse bataille ;
un chemin heureux, des flots prospères s’étendaient
devant Conall et Eóghan

Début du règne d’Aedh, fils d’Ainmire.

Calendes, Iᵉʳ jour. (586)

Bataille de Bealach Daithe, au cours de laquelle tomba Colman Bec, fils de Diarmaid. Aedh, fils d’Ainmire, fut le vainqueur.

Daigh Mac Cairill mourut.

Calendes, IIᵉ jour. (587)

Étranglement d’Aedh Dubh, fils de Suibhne Araidhe, celui qui avait tué Diarmaid Mac Cerbhaill.

Calendes, IVᵉ jour. (588)

Mort de l’évêque Aedh Mac Bric. Mort d’Aedh, fils de Brenand, roi de Teffia. C’est lui qui donna Durmagh à Colum Cille. La même année eut lieu un été torride et sec.

David de Cill-Muine mourut.

Calendes. (589)

Mort de Fedhlimidh, fils de Tigernach, roi de Munster.

Naissance de Cumin Fota.

Calendes, VIᵉ jour. (590)

Éclipse du soleil ; une matinée obscure.

Mort de Lughaidh de Lis-mor.

Calendes.

Calendes, VIᵉ jour. (592)

Mort d’Aengus, fils d’Amhalgaidh. Uadha, fils d’Aedh, roi du Connacht, mourut.

Grégoire, Romain de naissance, occupa le siège pontifical pendant treize ans, six mois et dix jours ; il vécut sous le règne de Maurice et fut enseveli dans la basilique du saint apôtre Pierre, devant la sacristie.

Calendes. (593)

Meurtre de Senchan, fils de Colman Mór.

Calendes, IIIᵉ jour.

Calendes, VIᵉ jour. (595)

Mort de Colum Cille, dans la nuit de la Pentecôte, le 5 des ides de juin, dans la trente-cinquième année de son pèlerinage, et véritablement dans la soixante-dix-septième année de son âge, comme il est dit :

Trente années, sans lumière,
Colum Cille fut dans ses Règles noires ;
il s’en alla vers les anges, quittant son corps,
après soixante-dix-sept années.

Calendes.

Calendes. (597)

Bataille de Sliabh Cua, dans le Munster, au cours de laquelle Fiachna, fils de Baedan, fut vainqueur.

Meurtre de Cumusgach, fils d’Aedh, par Brandubh, fils d’Eochaidh, à Dún Buchad.

Mort de Tipraide, fils de Calgach.

Calendes, Iᵉʳ jour. (598)

Bataille de Dún Bolg, remportée le quatrième jour des ides de janvier par Brandubh, fils d’Eochaidh, avec les Laigin. Au cours de cette bataille fut tué Aedh, fils d’Ainmire, roi d’Irlande, dans la dix-neuvième année de son règne et la soixante-sixième année de son âge. Bec, fils de Cuana, roi d’Airghiall, ainsi que d’autres chefs, furent également tués. C’est à cette occasion qu’il fut dit :

À Buach,
la vague se brise contre la rive ;
les récits rapportent, bien que cela soit affligeant,
qu’Aedh, fils d’Ainmire, fut tué.

dont l’épouse dit :

Il y avait trois lieux aimés
dont le retour n’est plus espéré :
le lieu de Taillten, le lieu de Temhair,
et le lieu d’Aedh, fils d’Ainmire.

Début du règne conjoint de Colman Rimidh et d’Aedh Slaine.

Calendes. (599)

Ailitir, abbé de Cluain-muc-Nois, mourut. Sa famille était issue des Muscraidhe.

Les Saxons reçurent la foi.

Calendes. (600)

Mort de Cainnech d’Achadh-bo.

Meurtre de Suibne mac Colmáin Már, roi de Midhe, par Áedh Sláine, à Bridamh, sur le Suainiu.

Traduit par nos soins d'après le version bilingue de Henessy (1886)

Sources:
• W. Hennessy, (1866) - Chronicon Scotorum: A Chronicle of Irish Affairs from the Earliest Times to A.D. 1135, Rolls Series, vol. 46. Londres, 419 p.
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique