ASAL MUG ÉRIMÓIN

Les personnages celtes
Nom: Asal mug Érimóin
Peuple: Milésiens
Rôle: Serviteur principal
Étymologie: âne, anesse
Prononciation: ASS-eul : [ˈasəl]
Attesté(e): Lebor Gabála Érenn
Événement: Cinquième conquête de l'Irlande

Asal mug Érimóin (Asal, serviteur d’Érimón) / Assal — Personnage secondaire de la mythologie irlandaise. Selon le Lebor Gabála Érenn, Asal fait partie des vingt-quatre serviteurs principaux qui accompagnent l’expédition des fils de Míl en Irlande (LGE V, §385 ; §424). Le terme désignant ces serviteurs est ambigu : il peut évoquer le serviteur, l’esclave ou encore le client. Quoi qu’il en soit, les vingt-quatre serviteurs principaux disposent de vingt-quatre navires, ce qui les place, sur le plan de l’organisation de l’expédition, à un niveau comparable aux trente-six chefs milésiens, chacun disposant également de son navire, à la différence que les premiers sont dans une relation de dépendance contrairement aux seconds. À cette liste des vingt-quatre serviteurs principaux est adjoint un second groupe de serviteurs subalternes (LGE V, §385), dont l’effectif correspond presque exactement à celui des principaux. Le texte étant peu explicite sur leur organisation, il est possible que ces serviteurs subalternes constituent les bras droits ou adjoints des vingt-quatre principaux, plutôt que de les intégrer dans la masse de serviteurs. La formulation du passage ne permet toutefois pas de déterminer avec certitude leur fonction exacte. Asal est de nouveau évoqué comme faisant partie des quatorze serviteurs d’Érimón(1) (LGE V, §397 ; §402 ; §445). La liste des vingt-quatre serviteurs principaux semble en outre organisée en huit triades, selon l’initiale ou la sonorité initiale de leurs noms : Aidne, Ai, Asal ; Cuib, Clíu, Cera ; Fea, Femen, Fera, etc. Cette organisation en groupes de trois pourrait relever d’un procédé mnémotechnique, probablement lié à une tradition orale ou versifiée. Il s’agit d’un procédé fréquemment employé dans les traditions narratives et généalogiques pour faciliter la mémorisation et la transmission des listes. Bien que la liste des serviteurs présente des variations selon les passages et les témoins, Asal, parfois graphié Assal, y demeure constamment attesté. Les vingt-quatre noms des serviteurs principaux correspondent par ailleurs à une série de plaines d’Irlande. Macalister (LGE V, 1956, p.7) considère que la liste des serviteurs dérive d’une liste géographique et envisage une mélecture de mag (« plaine ») (eDIL, mag) en mug (« serf, serviteur ») (eDIL, mug, mog). Cette explication reste toutefois hypothétique et peut paraître peu satisfaisante : la transformation de noms de plaines en personnages s’intègre précisément au procédé narratif du Lebor Gabála Érenn, tandis que la suite du texte établit explicitement des liens éponymiques entre les serviteurs et des plaines (LGE V, §424). Asal donne donc son nom à Mag Asal, toponyme identifié à Rathconrath (Comté de Westmeath), mais il existe un autre Mag Asal dans le Munster. Il existe donc plusieurs attestations toponymiques anciennes comportant Asal, dans des régions différentes. Le mot vieil-irlandais asal signifie « âne, ânesse », avec les variantes assal, assail, asal, asaile, asala, et l'eDIL le fait remonter au latin asellus, diminutif de asinus, « âne » (eDIL, asal).

Notes: (1) La liste ne comporte que treize noms. Les versions postérieures — le Livre de Ballymote et le Grand Livre du Lecan — abandonnent simplement le nombre, tout en conservant les treize noms. Elles ne résolvent donc pas l’anomalie : elles évacuent la donnée numérique gênante.