CACUS

Cacus
(Cacus)

Cacus — Figure de la mythologie romaine archaïque, généralement présenté comme un géant ou un être monstrueux vivant dans une grotte de l’Aventin ou du Palatin (selon les traditions). Il est surtout connu par le récit de son affrontement avec Hercule, lorsque ce dernier ramène les bœufs de Géryon.

Dans la version la plus développée, notamment chez Virgile dans l’Énéide (VIII), Cacus est un être hybride et violent, fils du dieu Vulcain selon certaines traditions, qui vole une partie du troupeau d’Hercule et tente de dissimuler les animaux en les traînant à reculons dans sa caverne pour tromper les traces. Hercule finit par découvrir la ruse, détruit la caverne et tue Cacus.

Le personnage est intéressant parce qu’il se situe à la frontière entre mythe grec importé et tradition italique locale : il est parfois interprété comme une figure indigène du chaos sauvage que le héros civilisateur doit vaincre.

Selon un récit transmis par la Chronique de Novalaise (III, 17), Charlemagne, se rendant en Italie en 773, aurait observé à Montgenèvre les vestiges d’un édifice monumental en grand appareil, interprété comme un temple dédié à Cacus, compris dans la tradition comme une divinité assimilée à Jupiter (ad honorem cuiusdam Caci dei, scilicet Iovis).

Sur la tablette de malédiction de Wilten (Autriche), Secundina invoque Mercure et Moltinus comme intercesseurs entre le monde des vivants et une créature démoniaque, le Cacus latin (Lajoye, 2008 ; 2025).


Wilten (Autriche) (AE 1961, 181)
SECVNDINA MERCVRIO ET MOLTINO MANDAT VT SI QVIS |(DENARIOS) XIIII SIVE DRAVCVS DUOS SVSTVLIT VT EVM SIVE FORTVNAS EIVS IN[FI]DVS CACVS SIC AVFERAT QVOMODI ILLE OBLATVM EST [I]D QVOD NOBIS DELIGAT VT PERSECVATIS NOBIS QVE DELIGAT VT PERSICVATIS ET EVM AVERSVM A FORTVNIS (S)VIS AVERTATIS ET A SVIS PROXSIMIS(!) ET AB EIS QVOS CARISSIMOS ABEAT [A]C VOBIS MANDAT VOS V() M[...] [...]TIS

"Secundina, à Mercure et à Moltinus, ordonne que qui que ce soit qui a volé quatorze deniers ou deux colliers, que l’infidèle Cacus lui enlève ainsi ses biens et sa fortune comme il est offert ici ; et qu’il nous désigne celui qui nous a persécutés, et qu’il détourne cet homme de ses richesses, de ses proches et de ceux qu’il aime le plus ; et elle vous confie […]."

Sources:
• P. Lajoye, (2008) - Des dieux gaulois, Archaéolingua, Budapest, 240p.
• P. Lajoye, (2025) - Lugus et le panthéon gaulois, PHAE, Longues/Mer, 232p.
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique