ADDUA (ADDA)

Fleuves et rivières


Adda (Addua)

Addua / Adduas / Adduam / Αδουας - Nom antique de l'Adda, importante rivière italienne prenant sa source dans les Alpes rhétiques, descend vers la plaine, puis se jette dans le lac de Côme (Lago di Como). Elle est donc un affluent du lac. Et surtout, ce lac a une émissaire unique, la rivière Adda elle-même, qui ressort du lac et continue son cours jusqu’au Bodincus / Padus (Pô) dont elle est l'un des principaux affluents.


Attestations littéraires

Sidoine Apollinaire, Lettres, I, 5 : "Porté un peu en travers des bouches du bourbeux Lambrum (Lambro), du bleuâtre Adduam (Adda), du rapide Athesim (Adige), du paresseux Mincium (Mincio), je vis jusque dans leurs lits ces fleuves qui prennent leurs sources aux monts Liguriens et Euganées; les rives en sont couvertes de forêts de chênes et d'érables."

Strabon, Géographie, IV, 3, 3 : "De la même montagne (Adulas), laquelle fait partie des Alpes, descend, mais dans une direction opposée, c'est-à-dire dans la direction de la Gaule cisalpine, le fleuve Adouas qui, après avoir formé le lac Larius (lac de Côme), sur les bords duquel s'élève Comon (Côme), s'en va s'unir au Padus."

Pline, Histoire Naturelle, III, 118 : "Non seulement il reçoit des rivières navigables descendant des Apennins et des Alpes, mais encore il sert d'écoulement à des lacs immenses. Le nombre des rivières qu'il mène à la mer Adriatique est de trente en tout ; les plus célèbres sont, venant des Appenninus, le Tanarus, la Trebia, qui traverse le Placentinum, le Tarus, l'Incia, le Gabellus, la Scultenna, le Rhenus, venant des Alpes, la Stura, l'Orgus, les deux Duria, le Sesites, le Tecinus, le Lambrus, l'Addua, l'Ollium, le Mincius. "


Ces trois passages sont parfaitement cohérents entre eux et montrent surtout la solidité de l’attestation antique du nom Addua dans la tradition gréco-latine.

Chez Sidoine Apollinaire, la forme Adduam est déjà pleinement intégrée au paysage hydrographique de la plaine du Pô, aux côtés d’autres grands fleuves comme le Lambro, l’Adige ou le Mincio.

Chez Strabon, l’Adouas est décrit dans une logique hydrologique structurée, avec une source alpine, un passage par le lac de Côme, puis une confluence avec le Pô. On a donc une vision déjà assez précise d’un système fluvial organisé, où le lac joue un rôle intermédiaire sans interrompre la continuité du cours d’eau.

Chez Pline l'Ancien, l’Addua apparaît simplement comme l’un des grands affluents du Pô, au même titre que les autres fleuves majeurs issus des Alpes. Cette intégration confirme son statut élevé dans l’hydrographie antique de la vallée padane.

L’ensemble de ces attestations converge vers une même idée : Addua est un hydronyme ancien, déjà parfaitement stabilisé à l’époque romaine, inséré dans un système hydrographique cohérent et largement partagé par les auteurs antiques. Dans ce contexte, une origine strictement celtique n’est ni démontrée ni nécessaire pour expliquer la forme, et l’hypothèse d’un hydronyme pré-latin reste la plus prudente.

Sources:
• Julien Quiret pour l'Arbre Celtique