Pyrène - Dans la tradition rapportée par Silius Italicus dans les Punica, Pyrène apparaît comme la fille de Bébryce, présenté comme un roi puissant vivant dans un palais redoutable. Pyrène, après avoir été séduite et abandonnée par Hercule et avoir donné naissance à un serpent monstrueux, elle fuit le palais, craignant la colère paternelle, et erre dans les montagnes (les Pyrénés) où elle trouvera la mort.
Vainqueur, Hercule revint cependant et découvrit Pyrène morte, ses membres épars à travers les montagnes. Il lui rendit un hommage funèbre, versant ses larmes sur le corps de celle qu’il avait aimée. En mémoire d’elle, son nom fut donné aux Pyrénées, faisant de Pyrène une figure éponyme et oronymique, symbole de la légende expliquant l’origine mythique de cette chaîne montagneuse.
Silius Italicus, Punique, III, v.415-446 :"Cependant le chef carthaginois, foulant aux pieds la paix du monde, s'avance vers les cimes boisées des Pyrénées. Du haut de ces montagnes couvertes de nuages, Pyrène voit de loin l'Ibère séparé du Celte, et occupe la barrière éternelle qui divise ces deux vastes contrées : c'est le nom de la vierge, fille de Bébryce, qu'ont pris ces montagnes : l'hospitalité donnée à Hercule fut l'occasion d'un crime. Alcide se rendait, pour l'accomplissement de ses travaux, dans les vastes campagnes du triple Gérion. Sous l'empire du dieu du vin, il laissa dans le redoutable palais de Bébryce la malheureuse Pyrène déshonorée ; et ce dieu, s'il est permis de le croire, oui, ce dieu fut ainsi la cause de la mort de cette infortunée. En effet, à peine eut-elle donné le jour à un serpent, que, frémissant d'horreur à l'idée d'un père irrité, elle renonça soudain, dans son effroi, aux douceurs du toit paternel, et pleura, dans les antres solitaires, la nuit qu'elle avait accordée à Hercule, racontant aux sombres forêts les promesses qu'il lui avait faites. Elle déplorait aussi l'ingrat amour de son ravisseur, quand elle fut déchirée par les bêtes féroces. En vain elle lui tendit les bras, et implora son secours pour prix de l'hospitalité. Hercule, cependant, était revenu vainqueur ; il aperçoit ses membres épars, il les baigne de ses pleurs, et, tout hors de lui, ne voit qu'en pâlissant le visage de celle qu'il avait aimée. Les cimes des montagnes, frappées des clameurs du héros, en sont ébranlées. Dans l'excès de sa douleur, il appelle en gémissant sa chère Pyrène : et tous les rochers, tous les repaires des bêtes fauves retentissent du nom de Pyrène. Enfin il place ses membres dans un tombeau, et les arrose pour la dernière fois de ses larmes. Ce témoignage d'amour a traversé les âges, et le nom d'une amante regrettée vit à jamais dans ces montagnes. Déjà l'armée, traversant les collines et les épaisses forêts de pins, avait franchi la porte de Bébryce. Delà, elle se répand en furie dans le pays inhospitalier des Volques, qu'elle ravage le fer à la main."
Une autre tradition, rapportée par Pseudo-Apollodore dans sa Bibliotheca, nous fait découvrir une Pyrène très différente. Elle est ici la mère de Cycnos, qu’elle aurait eu avec Arès. Son fils, protégé par son père, engage un duel avec Héraclès — que Zeus ne désirait apparemment pas — l’affrontement est interrompu par la foudre. Héraclès poursuit ensuite sa route vers le territoire des Illyriens. Ces événements semblent se dérouler dans les Alpes, région où Hérodote situait la ville de Pyrène. Il s'agit probablement d'une figure éponyme, mais qui relève ici de la toponymie urbaine.
Apollodore (pseudo-)Bibliothèque, II, 5, 11 : ""Les Nymphes des Hespérides montaient également la garde : Églé, Érythie, Hespérie et Aréthuse. Chemin faisant, Héraclès arriva au fleuve Échédoros où Cycnos, fils d'Arès et de Pyrène, le défia en duel : Arès en personne se rangea aux côtés de Cycnos, et dirigea le combat. Mais la foudre s'abattit entre eux et l'affrontement fut interrompu. Héraclès poursuivit sa route vers le pays des Illyriens, jusqu'au fleuve Éridan, où il trouva les Nymphes, filles de Zeus et de Thémis."
Sources: • Julien Quiret pour l'Arbre Celtique
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique