ÉPIGRAPHIE LATINE

L'épigraphie latine est une science qui a pour objet l'étude, la collecte et la traduction des inscriptions latines antiques gravées. Les textes bilingues latin / gaulois, par exemple, sont rares. L'épigraphie latine permet régulièrement de pallier au manque de textes rédigés dans des langues celtiques pour compléter le répertoire du vocabulaire celtique. En effet, régulièrement des termes gaulois par exemple, patronymes, ethnonymes et théonymes, sont disséminés dans les inscriptions antiques. Une meilleure connaissance de ces inscriptions, bien que rédigées dans une langue étrangère est particulièrement importante dans la connaissance de la civilisation celtique.

Les inscriptions latines, relativement rares à l'époque républicaine, ont vu leur nombre se multiplier à partir de l'époque augustéenne. La Gaule Cisalpine, la Narbonnaise, la Gaule Transalpine, la Celtibérie, les régions danubiennes, puis la (G.)-Bretagne, territoires jadis celtiques se trouvaient alors soumis à Rome. L'usage de l'écriture a été alors popularisé dans ces régions, qui dés lors ont vu se multiplier les inscriptions en très grande majorité rédigées en langue latine, mais qui parfois livrent le nom de leur auteur indigène, des théonymes pré-romains, des toponymes et autres termes. C'est paradoxalement avec la fin de la civilisation celtique continentale qu'apparaissent les plus nombreuses attestations de leur vocabulaire.

La nature de ces inscriptions est très variée. Elles sont réunies dans des recueils dont le plus connu est incontestablement le Corpus Inscriptionum Latinarum (CIL) de T. Mommsen édité depuis 1863.

CIL I: Inscriptions antérieures à 44 av. J.-C.

CIL II: Espagne - Portugal

CIL III: Asie, Egypte, Grèce, Mer Egée, Balkans, Autriche

CIL IV: Pompéi et Herculanum (graffiti, tituli picti)

CIL V: Gaule cisalpine (Istrie - Vénétie - Ligurie)

CIL VI: Rome

CIL VII: Bretagne

CIL VIII: Afrique

CIL IX: Italie du Sud (Calabre - Apulie - Samnium)

CIL X: Bruttium - Lucanie - Campanie - Latium - Sicile - Sardaigne

CIL XI: Italie centrale (Emilie - Etrurie Ombrie)

CIL XII: Gaule narbonnaise

CIL XIII: Les Trois Gaules et Germanies

CIL XIV: Latium vetus

CIL XV: Rome (instrumentum domesticum)

CIL XVI: Diplômes militaires

CIL XVII: Milliaires

Ce corpus est chaque année complété par la mise à jour de nouvelles inscriptions.

L'épigraphie latine est caractérisée par un certain nombre de particularités. La forme de rédaction des textes latins complique en effet la lecture. Abréviations et ellipses étaient alors largement utilisées, ce qui rend la lecture malaisée lorsque l'on ne maîtrise pas bien certaines normes. Certaines conventions typographiques sont particulières à l'écriture latine :

- Le " J " et le " I ", confondus s'écrivent " I ", tout comme le " V " et le " U " qui s'écrivent " V ". Enfin, le " C " et le " G " ont régulièrement été confondus avant que se généralise l'usage du " G "

- Des ligatures peuvent unir certaines lettres comme le V et A, N et T, T et I, A et E, O et E.

- Abréviations : Les prénoms mais aussi beaucoup de termes courants et de formules habituelles sont notés en abrégé. Il peut s'agir d'initiales ou de mots incomplets

On distinguera deux grandes catégories d'inscriptions latines :

> Les tituli, souvent gravés dans la pierre peuvent être divisés en plusieurs catégories :

- les inscriptions funéraires

- les inscriptions dédicatoires

- les inscriptions honorifiques

- les inscriptions sur les ouvrages d'intérêt collectif (bornes, ponts, routes)

- les textes officiels

> Les objets de la vie privée et de la vie courante : vaisselle, tuiles, mais aussi les canalisations d'eau et les inscriptions sur le matériel militaire.

Sources:
• Julien Quiret pour l'Arbre Celtique