ARABRIGENSES

Les communautés civiques romaines
Nom latin: Arabrigenses
Localisation: Nord du Portugal ou en bordure de l’Estrémadure espagnole
Ville: Arabriga (Alenquer ?)
Signification: Les habitants d'Arabriga (latin)

Arabrigenses

Arabrigenses — Habitants d'un municipe mentionnée par Pline (Histoire naturelle, IV, 118) sous la forme Arabricenses, ARABRIGENSES sur l'inscription du pont d'Alcântara (CIL II, 760), ARABRIGENSIS sur les inscriptions funéraires de Coria (ILCoria 24) et d'El Gallego (CIL II, 967), ou encore sous la forme abrégée ARABR(IGENSES) à Goujoim (AE 1979, 331). Cet ethnicon est un gentilé latin dérivé du nom de la ville d’Arabriga, généralement identifiée à l’actuelle Alenquer, sur la rive droite du Tage, sur le territoire des Lusitaniens. Cette identification, largement reprise dans les répertoires modernes, demeure toutefois discutée.


Sources littéraires anciennes

Pline, Histoire naturelle, IV, 118 : "Parmi les peuples tributaires, ceux qu'on peut nommer sans peine sont, outre des peuples de même nom que d'autres que nous avons cités à propos de la Bétique : les Augustobrigiens, les Ammiens, les Aranditans, les Arabriciens, les Balsiens, les Caesarobrigiens, les Caperenses, les Caurenses, les Colarnes, les Cibilitans, les Concordiens, les Elbocoriens, les Intéranniens, les Lanciens ; les Mirobrigiens, surnommés Celtiques ; les Médubrigiens, dits Plombaires ; les Océliens, dits Lanciens ; les Turdules, dits Bardules, et les Tapores."


Sources épigraphiques

Pont d'Alcântara (CIL II, 760 )
MVNICIPIA PROVINCIAE LVSITANIAE STIPE CONLATA QVAE OPVS PONTIS PERFECERVNT IGAEDITANI LANCIENSES OPPIDANI TALORI INTERAMNIENSES COLARNI LANCIENSES TRANSCVDANI ARAVI MEIDVBRIGENSES ARABRIGENSES BANIENSES PAESVRES

"Les municipes de la province de Lusitanie qui ont contribué financièrement à la construction du pont sont les Igaeditans, les Lancienses Oppidans, les Talores, les Interamnienses, les Colarnes, les Lancienses Transcudans, les Araves, les Meidubrigenses, les Banienses, les Arabrigenses (et) les Pésures."

Borne-frontière d'Armamar (FE 832)
TI(BERIO) CLAVDIO CAESARE AV[G(VSTO)] GERM(ANICO) PONT(IFICE) MAX(IMO) TRIB(VNICIA) POT(ESTATE) II IM[P(ERATORE) II] P(ATRE) P(ATRIAE) CO(N)S(VLE) III TERM(INVS) AVG(VSTALIS) [INTE]R COLAR(NOS) [I]NTER AR(ABRIGENSES)

"À Tiberius Claudius, César, Auguste, le Germanique, grand pontife, 2 fois revêtu de la puissance tribunicienne(1), 2 fois salué impérator, père de la patrie, 3 fois consul(2). Borne augustale. Entre les Colarnes. Entre les Arabrigenses."

(1) Claude fut détenteur de sa 2ⁿᵈᵉ puissance tribunicienne entre le 25 janvier 42 et le 24 janvier 43 ap. J.‑C.
(2) Le 3ᵉ consulat de Claude a couvert l'ensemble de l'année 43 ap. J.‑C.

Borne-frontière de Goujoim (Armamar) (AE 1979, 331)
[TI(BERIO) CLAVDIO CAESA]RE AVG(VSTO) GE[R(MANICO) P]ONT(IFICE) MAX(IMO) TR[I]BV(NICIA) POTES(TATE) II IMP(ERATORE) II P(ATRE) P(ATRIAE) CO(N)S(VLE) II TERMI(NVS) AVG(VSTALIS) INTE[R] COILA[R(NOS?)] [I]NTER ARABR(IGENSES)

"À Tiberius Claudius, César, Auguste, le Germanique, grand pontife, 2 fois revêtu de la puissance tribunicienne(3), 2 fois salué impérator, père de la patrie, 2 fois consul(4). Borne augustale. Entre les Coilarnes. Entre les Arabrigenses."

(3) Claude fut détenteur de sa 2ⁿᵈᵉ puissance tribunicienne entre le 25 janvier 42 et le 24 janvier 43 ap. J.‑C.
(4) Le 2ⁿᵈ consulat de Claude a couvert l'ensemble de l'année 42 ap. J.‑C.

El Gallego (CIL II, 967)
D(IS) M(ANIBVS) S(ACRVM) VIBIA CRISPA RVFINI ARABRIGENSIS ANNOR(VM) LXVII H(IC) S(ITA) E(ST) S(IT) T(IBI) T(ERRA) L(EVIS)

"Consacré aux dieux Mânes de Vibia Crispa, (fille de) Rufinus, arabrigense, âgée de 67 ans, qui est ici. Que ta terre te soit légère !"

Coria (ILCoria 24)
BOVTIA CAMALI F(ILIA) AN(NORVM) XXX H(IC) S(ITA) E(ST) S(IT) T(IBI) T(ERRA) L(EVIS) CA[M]A[L]V[S(?)] IV[...] F(ILIVS) ARAB[R]IGENSIS PATE[R] F(ACIENDVM) C(VRAVIT)

"Boutia, fille de Camalus, décédée à l'âge de 30 ans, repose ici, que la terre te soit légère. Son père Camalus, fils de Iu[...], Arabrigense, a pris soin de faire (ce monument)."



Un ethnicon en -enses est une désignation collective latine formée sur un toponyme (ville, centre urbain, territoire), servant à nommer les habitants d’une cité ou d’une communauté civique dans le cadre de l’administration romaine. Leur usage, bien que généralisé à l’époque impériale, se diffuse largement dans les contextes urbains et provinciaux caractérisés par une forte diversité de populations, où l’identification civique tend à se substituer aux désignations d’origine ethnique dans les cadres administratifs et épigraphiques. Morphologiquement, ces formes reposent sur un suffixe adjectival en -ensis, décliné au singulier (-ensis) et au pluriel (-enses).



Sources:
• C. Cortés Bárcena, (2013) - Epigrafía en los confines de las ciudades romanas. Los termini publici en Hispania, Mauretania y Numidia, L'Erma di Bretschneider, Roma, 322p. (Econfines)
• J. C. Santos & J. d'Encarnação, (2023) - "Terminvs avgvstalis inter Arabrigenses et Colarnos", Ficheiro Epigráfico. Suplemento de "Conimbriga", n°242, Inscrições 832-833, pp.3-12
• Julien Quiret pour l'Arbre Celtique
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique