ARAUSIENSES

Les communautés civiques romaines
Nom latin: Arausienses
Localisation: Partie de l'ancien territoire des Cavares
Ville: Arausio (Orange)
Signification: Ceux d’Arausio (latin)

Arausienses

Arausienses — Habitants de la cité d'Arausio. La communauté est attestée par plusieurs inscriptions épigraphiques et apparaît également dans la Notice des Gaules sous la forme civitas Arausicorum.

Dans la documentation gallo-romaine, le nom des Cavares est beaucoup moins visible que celui d'autres peuples de Gaule et semble s'effacer assez tôt au profit des cadres civiques et municipaux romains. Les individus se définissent alors principalement par leur appartenance à la cité d'Arausio plutôt que par une référence à l'ancien peuple des Cavares.

Deux de ces inscriptions mentionnent des Secundani, appellation qui pourrait paraître énigmatique si elle n'était éclairée par la dénomination officielle de la colonie : Colonia Iulia Firma Secundanorum Arausio. Le terme Secundanorum est généralement interprété comme une référence aux vétérans de la Legio II installés lors de la fondation de la colonie. Cette dénomination conserve ainsi la mémoire du peuplement colonial originel et explique l'emploi, dans certaines inscriptions, de l'expression Secundani Arausienses pour désigner les membres de la communauté civique d'Arausio.


Sources épigraphiques

Orange (Tyche-2019, 158)
CVRATORI ?] CIVITAT[IS SEXTANORVM ?] ARELATENS[IVM PROC(VRATORI) AVG(VSTI)] PATRIMON[II PROC(VRATORI) AVG(VSTI) HIS]PANIAE TAR[RACONENSIS] SECVN[DANI ARAVSIENSES]

"À [...], curateur de la cité des Sextani Arelatenses, procurateur du patrimoine impérial, procurateur de l'empereur dans l'Hispanie Tarraconaise ; les Secundani d'Arausio [ont élevé ce monument / ont honoré cet homme]."

Orange (AE 2009, 828)
L(VCI) VETVRI L(VCI) FIL(II) QVIRINA [...] LEG(IONIS) XX V(ALERIAE) V(ICTRICIS) QVI SIBI VIVV[S ...]IAE VXORI SVAE FECIT E[T LEGAVIT] COLLEGIO FABRORVM F[ERRARIORVM] ARAVS(IENSIVM) FVNDVM DOMIT[IANVM] VT EX REDITV EIVS OM[NIBVS ANNIS PER VI]CES AB EIS PARENTAR[ETVR]

"À Lucius Veturius [...], fils de Lucius, de la tribu Quirina, ancien soldat de la XXe légion Valeria Victrix, qui fit ce monument de son vivant pour lui-même et pour son épouse [...], et légua au collège des forgerons d'Arausio le domaine Domitianus, afin que, sur les revenus de ce bien, un service funéraire lui soit rendu chaque année à tour de rôle."

Besançon (CIL XIII, 5384)
GEMINIA TITVLLA ARAVSIENSIS MATER SACRORVM HIC ADQVIESCIT D(ECIMVS) IVL(IVS) P(VBLI) L(IBERTVS) AVCTVS CON(IVGI?) PIISSIMAE ET AVRAE SEVERI QVEM PRO F(ILIO) OBSER(VAVIT)

"Geminia Titulla, d’Arausio, prêtresse (ou « mère des cultes »), repose ici. Décimus Julius Auctus, affranchi de Publius, (a dédié ce monument) à son épouse très pieuse et à Aura, épouse de Severus, qu’il a traitée comme une fille.

Sainte-Colombe (CIL XII, 1912)
D(IS) M(ANIBVS) L(VCI) CAECILI PISONIS CIVIS ARAVS(IENSIS) L(VCIVS) CAECILIVS MARIANVS ET VALERIVS ORPHITVS FILII PATRI PIISSIMO ET VAL(ERIA) MARITIMA CONIVGI INCOMPA[ABIL(I)

"Aux Dieux Mânes de Lucius Caecilius Piso, citoyen d'Arausio. Lucius Caecilius Marianus et Valerius Orphitus, ses fils, (ont élevé ce monument) à leur très pieux père et à Valeria Maritima, son épouse incomparable."

Riez (AE 1985, 661)
[... A]RAVSIENS[I ...]S SECVNDVS [...] FILIO [...]MO VIVOS [

"[...] d'Arausio [...] Secundus [...] à son fils [...] ; il a fait ériger (ce monument) de son vivant."

Rome (CIL VI, 40550)
M(ARCO) AVRELIO CAESARI IMPERATORI(S) CAESARI(S) TITI AELI HADRIANI ANTONINI AVG(VSTI) PII PONTIF MAXIMI TRIBV(NICIA) POTESTATE [X]XIII[I] CO(N)S(VLIS) IIII P(ATRIS) P(ATRIAE) FILI(O) DIVI HADRIANI NEPOTI DIVI TRAIANI (!) PRONEPOTI DIVI NERVAE ABNEPOTI RIB(VNICIA) POTESTATE IIII CO(N)S(VLI) II SECVNDANI ARAVSIENSES

À Marcus Aurelius César, fils de l'empereur César Titus Aelius Hadrianus Antoninus Auguste Pie, grand pontife, revêtu de la puissance tribunicienne pour la vingt-quatrième fois, consul pour la quatrième fois, père de la patrie ; petit-fils du divin Hadrien, arrière-petit-fils du divin Trajan, arrière-arrière-petit-fils du divin Nerva ; revêtu lui-même de la puissance tribunicienne pour la quatrième fois, consul pour la deuxième fois(1). Les Secundani d'Arausio (ont élevé ce monument).

(1) Vers 150-151 apr. J.‑C., lorsque Marc Auèle est encore héritier du trône sous Antonin le Pieux.



Un ethnicon en -enses est une désignation collective latine formée sur un toponyme (ville, centre urbain, territoire), servant à nommer les habitants d’une cité ou d’une communauté civique dans le cadre de l’administration romaine. Leur usage, bien que généralisé à l’époque impériale, se diffuse largement dans les contextes urbains et provinciaux caractérisés par une forte diversité de populations, où l’identification civique tend à se substituer aux désignations d’origine ethnique dans les cadres administratifs et épigraphiques. Morphologiquement, ces formes reposent sur un suffixe adjectival en -ensis, décliné au singulier (-ensis) et au pluriel (-enses).



Sources:
• Julien Quiret pour l'Arbre Celtique
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique