SUFFIXATION EN -ILLOS / -ILLA

La langue gauloise (et autres langues celtiques de l'antiquité)

Suffixation en -illos/-illa

Un usage hypocoristique, diminutif, et parfois agentif

Le suffixe -illos au masculin (le plus souvent latinisé en -illus) et -illa au féminin sert fréquemment à former des hypocoristiques et des diminutifs, comparables aux formes modernes en -et/-ette ou -ot/-ote. En Gaule, cet emploi est très courant : il permet de créer des noms affectifs ou familiers, sans valeur étymologique autonome. Comme le souligne Delamarre (2023), le suffixe -illo- (sous sa forme géminée) est en gaulois un suffixe adjectival formant des diminutifs et des hypocoristiques, mais il peut aussi désigner l’agent d’un procès. Ainsi, des noms comme rialo signifient « libérateur », popillo « cuistot », britulo « juge ». Il existe des formes avec un seul l, telles que -lo- , -alo , -elo- ou -ulo- , mais la forme -illo- reste la plus fréquente, notamment dans l’onomastique. Dans le contexte gallo-romain, ces formations fonctionnent donc avant tout comme des hypocoristiques d’usage, largement diffusés.

Un suffixe non spécifique au gaulois

Le suffixe -illus n’est pas propre au gaulois : il appartient également au latin, dont le système diminutif est beaucoup plus riche et varié, avec des séries telles que -illus/-illa, -ellus/-ella, -ollus/-olla, -ullus/-ulla, etc. Dans la pratique gallo-romaine, les Gaulois utilisent presque exclusivement la paire -illus/ -illa, non pas par emprunt, mais par convergence morphologique et graphique entre les formes indigènes en -illo- et les désinences latines. Les autres séries diminutives du latin demeurent marginales en Gaule. Le suffixe -illo- est donc linguistiquement neutre : il ne permet pas de distinguer une formation d’origine latine d’un diminutif gallo-romain construit sur une base celtique. Ce n’est pas la désinence, mais bien le radical qui la précède qui peut éventuellement révéler une origine gauloise.


Sources:
• X. Delamarre, (2023) - Dictionnaire des thèmes nominaux du gaulois (II. Lab- / Xantus), Les Cent Chemins, 570p.
• Julien Quiret pour l'Arbre Celtique
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique