PANNONIA INFERIOR (PANNONIE INFÉRIEURE)

La Pannonie inférieure
(Pannonia Inferior)

La Pannonie inférieure (Pannonia Inferior) — Province de l’Empire romain créée vers 103-107 apr. J.-C. sous l’empereur Trajan, à la suite de la division de la province de Pannonie en deux entités, la Pannonie supérieure à l’ouest et la Pannonie inférieure à l’est. Cette réorganisation répondait à des impératifs militaires liés à la sécurisation du limes danubien.

Elle occupait une position stratégique le long du Danube, dans une région correspondant aujourd’hui à des parties de la Hongrie, de la Serbie, de la Croatie et de la Bosnie-Herzégovine. Son territoire englobait la rive sud du fleuve, des zones des bassins de la Save et de la Tisza, ainsi que plusieurs centres urbains romanisés importants, notamment Aquincum, qui en devint la capitale provinciale (l’actuelle Budapest), et Sirmium, un autre pôle administratif et militaire majeur situé en actuelle Serbie. Elle comptait plusieurs villes d'importance : Acumincum (Slankamen, Syrmie, Serbie), Aquincum (Budapest, Hongrie centrale, Hongrie), Bononia (Banoštor, Syrmie, Serbie), Mursa (Osijek, comitat d’Osijek-Baranja, Croatie), Sirmium (Sremska Mitrovica, Syrmie, Serbie) et Vetus Salina (Adony, comitat de Fejér, Hongrie).

Province fortement militarisée, la Pannonie inférieure jouait un rôle essentiel dans la défense de la frontière danubienne face aux peuples voisins d’Europe centrale, tels que les Daces, les Sarmates ou les Marcomans. Elle constituait ainsi un segment clé du système défensif du limes pannonien, marqué par la présence permanente de légions et d’unités auxiliaires.

Par sa position et son importance stratégique, elle fut également une région propice à l’ascension de plusieurs figures impériales au IIIᵉ siècle, et elle se distingua par une activité économique dynamique reposant sur l’agriculture, les échanges fluviaux et l’économie militaire.

En Pannonie inférieure, les populations celtiques constituent un substrat ancien hérité de la période préromaine. Avant la conquête, la région est occupée par des groupes celtiques, notamment des Boïens et des Scordisques, installés le long du Danube et dans les bassins de la Save et de la Tisza, souvent en contact avec des populations illyriennes et pannoniennes partiellement celtisées. Ces communautés structurent le territoire autour d’habitats fortifiés et de réseaux d’échanges qui seront ensuite intégrés dans l’organisation romaine.

Après l’annexion à l’Empire, ce substrat celtique perdure sous des formes variées. Il se manifeste dans la toponymie, avec des noms de lieux d’origine celtique maintenus ou adaptés au latin, dans les anthroponymes attestés par les inscriptions, ainsi que dans la survivance de cultes locaux parfois intégrés au cadre religieux romain selon le principe de l’interpretatio romanaw. Dans les centres urbains comme Aquincum ou Sirmium, la romanisation est plus marquée, mais elle n’efface pas totalement les traditions locales. Ainsi, la Pannonie inférieure offre l’exemple d’une province où la culture matérielle, les pratiques religieuses et certains éléments linguistiques témoignent de la coexistence et de l’intégration progressive des héritages celtiques au sein du monde romano-provincial.

Elle fut divisée à la fin du IIIᵉ siècle, dans le cadre des réformes administratives de Dioclétien, en donnant naissance à deux nouvelles provinces : la Pannonie seconde (Pannonia Secunda), centrée notamment sur Sirmium, et la Valérie (Valeria), correspondant à la partie nord-est autour d’Aquincum et de la moyenne vallée du Danube. Cette division répondait aux mêmes objectifs que dans le reste de l’Empire : mieux contrôler les territoires, renforcer la défense du limes danubien et améliorer l’administration provinciale.

Sources:
• Julien Quiret pour l'Arbre Celtique
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique