La Pannonie Première (Pannonia Prima) — Province de l’Empire romain créée à la fin du IIIᵉ siècle apr. J.-C., dans le cadre des réformes administratives de Dioclétien, à la suite de la réorganisation des anciennes provinces pannoniennes. Elle constitue l’une des subdivisions issues du démembrement de la Pannonie supérieure et Pannonie inférieure en plusieurs entités provinciales destinées à renforcer le contrôle administratif, fiscal et militaire de la région danubienne.
Lors des réformes administratives de Dioclétien, la Pannonie supérieure fut démantelée et ne donna pas lieu à un simple partage bipartite : si ses parties occidentales et méridionales formèrent respectivement la Pannonia Prima et la Pannonia Savia, certaines zones orientales furent réattribuées à la Valeria, issue principalement de la Pannonie inférieure ; le cas de Brigetio, ancien centre majeur de Pannonie supérieure intégré à la Valeria, illustre ainsi le caractère profondément recomposé — et non conservateur — de ce nouveau découpage administratif.
Elle occupait une région correspondant aujourd’hui principalement à des parties de la Hongrie occidentale et de l’Autriche orientale, s’étendant le long du cours moyen du Danube et des marges alpines orientales. Son territoire englobait des axes de communication stratégiques reliant le monde danubien à l’Italie et à la Norique. Parmi les centres urbains figurait notamment Savaria (Szombathely, Hongrie occidentale), qui joua un rôle administratif important, ainsi que les réseaux urbains et militaires hérités de l’ancienne Pannonie supérieure, intégrés dans le système défensif tardif.
Province fortement liée au dispositif frontalier du Danube, la Pannonie Première participait au maintien du limes pannonien, même si son exposition directe aux zones de combat était moindre que celle des provinces plus orientales. Elle servait de zone de contrôle, de transit et de soutien logistique, articulant les échanges entre l’arrière-pays provincial et les frontières militaires.
Comme dans les autres provinces pannoniennes tardives, le substrat culturel ancien, notamment celtique, n’y subsiste plus qu’à l’état très résiduel. Les processus de romanisation, puis les transformations du IIIᵉ siècle, ont profondément modifié les structures sociales et culturelles. Les traces celtiques ne sont perceptibles que de manière indirecte, dans quelques toponymes fossilisés et certains éléments onomastiques, sans continuité culturelle réelle.
À partir du IVᵉ siècle, la Pannonie Première subit les effets des crises impériales et de la pression croissante des peuples extérieurs. Dès le début du Vᵉ siècle, l’affaiblissement du contrôle romain sur le Danube entraîne une désorganisation progressive des structures provinciales. Après la mort de Attila en 453, la région échappe définitivement à l’autorité romaine.
En pratique, la Pannonie Première cesse d’exister comme entité administrative au cours du Vᵉ siècle, entre 430 et 470 apr. J.-C., dans le cadre de la désagrégation de l’Empire romain d’Occident et de la recomposition politique de la région danubienne.
Festus Historicus, Abrégé des hauts faits du peuple romain, VII :"Les Marcomans et les Quades furent chassés des cantons de Valeria situés entre le Danube et la Drave, et les limites qui devraient séparer les Romains des barbares furent fixés par Auguste, dans toute la Vindélicie, la Norique, la Pannonie et la Mésie. Trajan vainquit les Daces, sous le roi Décibale, et fit une province romaine de la Dacie, au delà du Danube, sur le territoire même des barbares ; cette conquête, qui avait un million de pas de circuit, fut perdue par l'empereur Gallien ; Aurelien tira les Romains de ces parages, et l'on eut alors alors deux Dacies, l'une en Mésie, et l'autre en Dardanie. L'Illyrie renferme dix-sept provinces : les deux Noriques, les deux Pannonies, la Valeria, la Save, la Dalmatie, la Mésie, deux Dacies. On en compte sept dans le diocèse macédonien : la Macédoine, la Thessalie, l'Achaïe, les deux Epires, la Prévalis et la Crète."
Sources: • Julien Quiret pour l'Arbre Celtique
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique