PANNONIA SAVIA / SAVIA (PANNONIE SAVIE / SAVIE)

La Pannonie Savie
(Pannonia Savia)

La Pannonie Savie (Pannonia Savia) — Province de l’Empire romain créée à la fin du IIIᵉ siècle apr. J.-C., dans le cadre des réformes administratives de Dioclétien, à la suite démembrement de la Pannonie en plusieurs provinces. Elle tire son nom de la rivière Save (Savus), autour de laquelle s’organise l’essentiel de son territoire.

Elle occupait une région correspondant aujourd’hui principalement à des parties de la Croatie et de la Slovénie, s’étendant dans le bassin de la Save et les zones de contact avec les Alpes orientales et les Balkans. Son territoire englobait des axes de communication importants reliant le monde danubien à l’Italie et aux provinces balkaniques. Parmi les centres urbains figurent notamment Siscia (Sisak, Croatie), qui joua un rôle administratif et économique majeur, ainsi qu’Emona (Ljubljana, Slovénie), carrefour stratégique entre l’Italie et le Danube.

Province moins directement exposée au limes que les Pannonies danubiennes, la Pannonie Savie n’en demeurait pas moins intégrée au dispositif défensif régional, servant de zone de soutien logistique et de relais entre les provinces frontalières et l’arrière-pays. Elle bénéficiait d’un réseau routier dense et d’une activité économique reposant sur l’agriculture, l’artisanat et les échanges commerciaux.

À cette époque, le substrat celtique est déjà devenu très résiduel : il ne subsiste plus vraiment comme réalité culturelle structurante. La romanisation, puis les crises du IIIᵉ siècle et les restructurations du Bas-Empire, ont profondément transformé les populations et les identités locales. Concrètement, les éléments celtiques ne sont plus perceptibles que : dans quelques toponymes anciens, dans certains anthroponymes, et de façon indirecte, comme héritage lointain sans continuité culturelle claire. On ne peut donc plus parler, pour la Pannonie Savia tardive, d’un substrat celtique vivant, mais seulement d’un héritage linguistique et toponymique largement fossilisé.

Les sources tardives témoignent de l’intégration de la Pannonie Savie dans un ensemble administratif plus large issu de la fragmentation des anciennes provinces danubiennes. Elle fait ainsi partie des subdivisions mentionnées dans l’organisation provinciale de l’Illyrie tardive.

À partir du IVᵉ siècle, la province subit les effets des crises de l’Empire et des pressions extérieures croissantes. Dès le début du Vᵉ siècle, la progression des peuples germaniques et des Huns fragilise durablement la région. Après la mort de Attila en 453, le contrôle romain disparaît progressivement.

En pratique, comme pour l’ensemble des provinces pannoniennes, la Pannonie Savie cesse d’exister en tant qu’entité administrative au cours du Vᵉ siècle, entre 430 et 470 apr. J.-C., dans le contexte de la désagrégation de l’Empire romain d’Occident et de l’installation de nouveaux pouvoirs dans la région.

Festus Historicus, Abrégé des hauts faits du peuple romain, VII : "Les Marcomans et les Quades furent chassés des cantons de Valeria situés entre le Danube et la Drave, et les limites qui devraient séparer les Romains des barbares furent fixés par Auguste, dans toute la Vindélicie, la Norique, la Pannonie et la Mésie. Trajan vainquit les Daces, sous le roi Décibale, et fit une province romaine de la Dacie, au delà du Danube, sur le territoire même des barbares ; cette conquête, qui avait un million de pas de circuit, fut perdue par l'empereur Gallien ; Aurelien tira les Romains de ces parages, et l'on eut alors alors deux Dacies, l'une en Mésie, et l'autre en Dardanie. L'Illyrie renferme dix-sept provinces : les deux Noriques, les deux Pannonies, la Valeria, la Save, la Dalmatie, la Mésie, deux Dacies. On en compte sept dans le diocèse macédonien : la Macédoine, la Thessalie, l'Achaïe, les deux Epires, la Prévalis et la Crète."

Sources:
• Julien Quiret pour l'Arbre Celtique