Les Avilenses sont une communauté territoriale du pays des Vettons, connue par trois inscriptions conservées. Ils sont généralement identifiés avec la région d’Ávila (province d’Ávila, Castille-et-León, Espagne), dont le nom moderne semble conserver la continuité du toponyme antique. La plus importante de ces inscriptions est un terminus augustalis découvert dans la région de Jarandilla de la Vera (province de Cáceres Estrémadure, Espagne), daté des premières années du règne d'Auguste (vers 5–6 apr. J.‑C.), qui délimite leur territoire face à un groupe dont le nom n'est pas entièrement conservé dans le texte. Les Avilenses apparaissent également dans une inscription votive (AE 2004, 733) et dans une inscription funéraire (AE 1992, 1066).
Cependant, l’éloignement entre Jarandilla de la Vera et Ávila rend difficile l’interprétation de la borne comme marqueur d’une frontière locale entre deux territoires contigus. Une relation plus large entre les communautés mentionnées peut être envisagée, mais elle ne peut être démontrée sur la seule base du texte épigraphique.
Borne-frontière de Jarandilla de la Vera (AE 2011, 485) [IMP(ERATOR)] CAESAR AVG(VSTVS) PONT(IFEX) MA[X(IMVS) TRIB(VNICIA)] POTE(STATE) XXIIX CO(N)S(VL) XIII PATER [PAT]RIAE TER(MINVS) AVGVST(ALIS) INTER [...]OBRI(GENSES) ET AVILE(N)S(ES)
"L'empereur César Augustus, grand pontife, 28 fois revêtu de la puissance tribunicienne (1), 13 fois consul, père de la patrie (a posé) la borne augustale entre les [...]obrigenses et les Avilenses."
(1) Auguste fut détenteur de sa 28e puissance tribunicienne entre le 26 juin 5 et le 25 juin 6 ap. J.‑C.
Narros del Puerto (AE 2004, 733) ATTA LVGVA CARAECICVM EBVREIN[I] VXOR AVIL(ENSI?) VOTVM S(OLVIT) L(IBENS) M(ERITO)
"Atta Lugua des Caraeciques, épouse d’Ebureinus Avilense, a accompli son vœu volontiers et à juste titre."
La Nava de Ricomalillo (AE 1992, 1066) MAESO BVRRI F(ILIVS) AVILE(NSIS) H(IC) S(ITVS) E(ST)
"Maeso, fils de Burrus, Avilense, repose ici.".
Un ethnicon en -enses est une désignation collective latine formée sur un toponyme (ville, centre urbain, territoire), servant à nommer les habitants d’une cité ou d’une communauté civique dans le cadre de l’administration romaine. Leur usage, bien que généralisé à l’époque impériale, se diffuse largement dans les contextes urbains et provinciaux caractérisés par une forte diversité de populations, où l’identification civique tend à se substituer aux désignations d’origine ethnique dans les cadres administratifs et épigraphiques. Morphologiquement, ces formes reposent sur un suffixe adjectival en -ensis, décliné au singulier (-ensis) et au pluriel (-enses).
Sources: • Julien Quiret pour l'Arbre Celtique
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique