Ad Cepasias — Apparaît dans l’itinéraire d’Antonin d'Oderzo à Trente, comme une station située entre Opitergium (Oderzo) et Feltria (Feltre), à une distance de XXVIII milles (environ 41 km) de chacune de ces étapes. Le toponyme, formé avec la préposition ad, indique typiquement une station localisée “au niveau de” ou “près de” un lieu ou d’un repère, souvent d’origine locale.
Dans les reconstructions modernes, Ad Cepasias est parfois rapproché de la région de Valdobbiadene, dans les Préalpes vénitiennes, sur la base de la cohérence des distances et du tracé supposé des voies antiques dans cette zone.
Cette identification demeure toutefois hypothétique. Aucun élément épigraphique ou archéologique ne permet d’associer de manière certaine le toponyme à un site précis, et Ad Cepasias doit être considéré avant tout comme un point du réseau routier antique, sans statut urbain connu.
Le toponyme peut, au premier abord, suggérer une étymologie latine fondée sur cepa (« oignon »), conduisant à y voir un lieu de culture ou un espace agricole. Cette interprétation, bien que séduisante par sa transparence, apparaît toutefois fragile, tant par la forme du mot que par l’absence de parallèles réellement convaincants dans la toponymie routière.
En revanche, la présence de formes proches — Cepasia à Verceil, Cepasius en Pannonie supérieure ou encore Cepula à Lyon — invite à envisager une autre piste. Dans cette perspective, et suivant notamment les analyses de Xavier Delamarre (2019), le toponyme pourrait être rapproché d’une racine indo-européenne *kekʷ(o)-*, à l’origine d’un radical *cep- en domaine celtique, désignant la boue, les terrains humides ou marécageux. Cette hypothèse, formulée avec prudence, présenterait l’avantage de rendre compte à la fois de la diffusion géographique du radical et de son association fréquente avec des milieux alluviaux.
Dans ce cadre, Cepasias pourrait ainsi désigner un espace humide ou marécageux, interprétation compatible avec la logique des stations routières, souvent situées à proximité de zones de franchissement ou de terrains difficiles. Il convient toutefois de souligner que cette étymologie reste hypothétique : en l’absence de documentation directe, elle ne peut être retenue que comme une proposition plausible parmi d’autres, sans exclure totalement une réinterprétation latine secondaire du nom.