Feinius Farsaidh .i. fodhailtech, ar is é rofodhail in sgol fó ilchinelaibh in domain d'foghlaim na n-ilbérla, ar is inann fariseus & farsaid .i. focul gregda, diuisió a etarcert laidni.
Fenius Farsaid, i.e. the divider, for 'tis he that divided the school throughout the many kindreds of the world, to learn the many languages. For fariseus and farsaid are the same. It is a Greek word, divisio is its interpretation in Latin.
Feinius Farsaidh, c’est-à-dire fodhailtech (« le diviseur »), car c’est lui qui divisa l’école en de nombreuses branches à travers le monde afin d’enseigner les différentes langues, car Phariseus et Farsaidh sont identiques, c’est un mot grec, dont diuisió est l’équivalent en latin.
🧾fodailt "diviser, distribuer" / dil.ie (consulté le 15/04/2026). 🧾forsaid "établi" / dil.ie (consulté le 15/04/2026). ⚠️ forsaid/farsaid, qui signifie en fait “établi”, est ici interprété dans la glose à travers un rapprochement avec Phariseus, puis mis en équivalence avec le latin diuisio, dans un jeu de correspondances savantes entre langues prestigieuses. Ce réseau d’équivalences sert ensuite de base à une interprétation en termes de division, exprimée dans la glose par fodhailtech. Il ne s’agit pas d’une dérivation historique, mais d’une construction étymologique interprétative fondée sur l’analogie et la traduction entre langues.
222
Fíanna Fíanna a uenatione .i. on t-seilg dognidís isberthi fianna fríu. Nó fianna .i. finedha, ar is ina finib & ina n-aicmibh no bidís síat. Nó fianna .i. feinnedha rígh Erenn íat.
Fianna, from the venatio, i.e. from the hunting, which they used to practise fianna was said of them. Or fianna i.e. fineda for it is in their fini (families) and in their tribes they used to be. Or fianna, i.e. féinnedha ('champions') of the king of Ireland they were.
Fianna vient de uenatio, c’est-à-dire de la chasse qu’ils pratiquaient, d’où on les appelait “fianna”. Ou bien “fianna”, c’est-à-dire des groupes de parenté (clans), car c’est au sein de leurs familles et de leurs lignées qu’ils vivaient. Ou encore “fianna”, c’est-à-dire qu’ils étaient les guerriers du roi d’Irlande.
🧾fían "fénians" / dil.ie (consulté le 16/04/2026). 📌 Le nom des Fianna vient en réalité de Finn mac Cumhail, et certainement pas du latin uenatio. Cependant, cette étymologie, malgré son manque de sérieux, met le doigt sur un aspect essentiel : les fíanna vivent en dehors de l’économie agricole ordinaire. La chasse y joue un rôle central, à la fois comme moyen de subsistance, comme forme d’entraînement militaire et comme marqueur de statut. 📌 Les Fianna se divisent principalement en deux grandes composantes : Clann Baiscne et Clann Morna. Leurs membres sont le plus souvent désignés par leur tuath d’origine ou par leur filiation ; cela ne signifie pas pour autant qu’ils se regroupent sur une base strictement parentale. En français, le terme de « faction » rend plus précisément cette organisation que celui de « clan ». 📌 Les Fianna sont les guerriers de Finn mac Cumhaill, et non ceux du roi d’Irlande. Ils peuvent combattre à ses côtés, mais aussi, selon les circonstances, s’opposer à lui.
223
xxxFercheirdne .i. fer cearda ái .i. aircetail, nam ái .i. aircetal dicitur. Nó Ferchertne .i. fírchetal n-ai .i. noís, ar ní beredh [acht] bretha fíra. Nó Feircheirtní .i. fír cert nái .i. duine fircherte nam nái duine dicitur.
Fercheirdne, that is, fer cerda (an artisan), ái i.e. of poetry; for ái means aircetal. Or Ferchertne, that is, fír-chetal ('a true singing) n-ái, that is, of custom, for he delivered only true judgments. Or fer-chert-ní, that is, fír-cert-nái 'a truly just person', for nái means human being.
Fercheirdne, c’est-à-dire fer cerda (un artisan), ái, c’est-à-dire poésie ; car ái signifie aircetal (“chant / récitation poétique”). Ou bien Ferchertne, c’est-à-dire fír-chetal (“chant vrai”) n-ái, c’est-à-dire “de coutume”, car il ne prononçait que des jugements véridiques. Ou encore fer-chert-ní, c’est-à-dire fír-cert-nái (“personne correcte”), car nái signifie humain.
Fir Bholg .i. a m-bolgaibh do thairngidís uír fora muin día cur for leacaibh loma & for cairrgibh cloch i tíribh Grec, co m-bidís ina muighibh fó sgothaibh . Conid óna bolgaibh sin roraídhit Fir Bholg díbh.
Fir Bolg, that is, from the bags in which they dragged mould on their backs to cast it on bare flags and on crags of stones in the lands of the Greeks, so that they might be as flowerful plains. So that from those bags they were called Fir Bolg, 'men of bags.'
Fir Bholg : c’est-à-dire des hommes qui tiraient de la terre grecque de la poussière dans des sacs (bolgaibh) et la transportaient sur leur dos pour la déposer sur des plaines nues et des terrains rocheux, de sorte qu’ils vivaient ensuite en plein air sous des tentes. C’est de ces sacs (bolgaibh) qu’ils tirent leur nom de Fir Bholg.
📌 fér /fír : voir entrée 223. 🧾bolg "sac, sachet" / dil.ie (consulté le 16/04/2026) (celt. *bolga "sac de cuir"). 🧾Bolg "(peuple mythique)" / dil.ie (consulté le 16/04/2026). ⚠️ La divergence entre le texte irlandais et la traduction de Stokes porte sur l’interprétation du résultat : le premier décrit un recouvrement de surfaces nues par de la terre, tandis que Stokes transforme cet effet en paysage idéalisé de “plaines fleuries”, non explicitement présent dans l’original.
225
Fir Domnann .i. fir damnánn .i. don damnadh & don dáire tucad orro la Gregu rohainmniged Fir Domnann díbh. Ut dixit poeta:
Doluidh Sémíath sair for sét co tiribh finna fer n-Greg tugsat Greíg cís fergach fair, imurchur uíre a m-bolgaibh. De na bolgaib sin co m-brígh chlainne Semíath maic Sdairn mhín dogairter Fir Bholg co m-bladh, is Fir Domnann ón damnadh.
Fir Domhnann tra .i. fir domhain fonn .i. fir no-dhomhnai[g]dís in talamh .i. ba domain no théighdís isin talamhain ag tabairt uisci aisti dia chur for sleibtibh garba la Gréig.
Fir Domnann, that is, fir damnann, from the binding (damnad) and from the bondage inflicted upon them by the Greeks they were named Fir Domnann, as the poet said:
Sémíath went eastward on his way to the fair lands of the men of the Greeks. The Greeks imposed an angry tribute upon him—carrying of mould in bags. From those strong bags of the children of Semiath, son of gentle Starn, They are called Fir Bolg with fame, and Fir Domnann from the binding.
Fir Domnann, now, that is, fir domain-ḟonn 'men of deep fonns, men who deepened the earth, for it was deep they went into the earth bringing water thereout to' cast upon the rough mountains in Greece.
Fir Domnann, c’est-à-dire fir damnánn, c’est-à-dire qu’ils furent appelés ainsi par les Grecs en raison de la contrainte (damnadh) et de la servitude (dáire) qui leur furent imposées. Ainsi les Fir Domnann tirent leur nom de cela. Comme dit le poète :
Sémíath partit vers l’est sur son chemin vers les terres des hommes des Grecs les Grecs leur imposèrent un tribut cruel et le transport de la terre dans des sacs De ces sacs, avec force, de la descendance de Sémíath fils de Sídarn le doux ils sont appelés avec renom Fir Bholg et Fir Domnann vient de la soumission (damnadh)
Fir Domhnann, donc, c’est-à-dire fir domhain fonn, c’est-à-dire des hommes qui “travaillaient profondément la terre”, c’est-à-dire qu’ils pénétraient profondément dans le sol et allaient dans la terre en en retirant de l’eau pour la porter sur les montagnes escarpées des Grecs.
🧾damnad "condamnation" / dil.ie (consulté le 16/04/2026). 🧾daire "servitude" / dil.ie (consulté le 16/04/2026). 📌 Ce passage s’inscrit directement dans la tradition du Lebor Gabála Érenn (LGE), et même dans son noyau le plus typique : les pseudo-histoires étymologiques des peuples pré-gaéliques d’Irlande. ⚠️ damnad signifie généralement "condamnation", mais désigne ici une forme de contrainte imposée par les Grecs. ⚠️ Sémíath est employé comme éponyme d’un groupe plutôt que comme individu. 🧾domain "profond" / dil.ie (consulté le 16/04/2026). 🧾fonn "sol" / dil.ie (consulté le 16/04/2026).
226
Gaileóin didiu .i. ona gaib rohainmnighthi .i. gái lín ar lín a n-gái rohairimthí. Nó Gaíleoin .i. gail fíann, fían in ghaiscid, ar is síat doghabadh lamh forsin da trian aili. No gáel fíann .i. fiann ghaíl lochta na dáirsi.
Gaileóin, then, from the spears they were named, i.e. gái-lín, by the number (lín) of their spears (gái) they were reckoned. Or Gaileóin, i.e. gail-ḟíann, 'champions' of valour, for it is they that expelled the two other thirds. Or gáel-ḟiann, that is, the champions of the kindred (gáel) of the folk of slavery.
Gaileóin, donc, c’est-à-dire qu’ils sont nommés d’après les gaí (lances), c’est-à-dire “lance contre lance”, selon le lin (nombre total) de leurs lances qui est compté. Ou bien Gaíleoin, c’est-à-dire la vaillance des fianna : la troupe de combat, car ce sont eux qui prenaient le dessus sur les deux autres tiers. Ou encore gáel fiann, c’est-à-dire la fiann (troupe) gail (vaillante) des gens de la servitude.
🧾gae "lance, javelot" / dil.ie (consulté le 16/04/2026). 🧾lin "nombre, total" / dil.ie (consulté le 20/03/2026). 🧾gal "rage, ardeur guerrière" / dil.ie (consulté le 20/03/2026). 🧾fían : voir entrée 222.
227
Maine Aithremail .i. ba cossmail fría athair é .i. fría h-Oilill mac Máda.
Maine AithremailMaine Aithremail 'father-like', that is, he resembled his father, even Ailill son of Máta.
Maine Aithremail, c’est-à-dire qu’il était semblable à son père, à savoir à Ailill fils de Máta.
🧾athair "père" / dil.ie (consulté le 07/02/2026) (celt. *ater- "père"). 🧾cosmail "comme, similaire" / dil.ie (consulté le 13/03/2026). 📌 Dans les deux cas, -mail/-emal est un suffixe à valeur lexicale pleine, exprimant l’idée de “caractérisé par / relevant de / de type …”
228
Maine Maithremhail .i. fria mháthair bá cosmhail .i. fri Meidbh ingin Echach.
Maine Máithremail 'mother-like', that is, he resembled his mother, even Medb daughter of Eochaid.
Maine Maithremhail, c’est-à-dire qu’à sa mère il était semblable, à savoir à Medb, fille d’Eochaid.
Maine Mar Condagaibh Uile .i. cruth a máthar & a athar bái fair, ar bát cosmhail fríu díbh línaibh.
Maine mar condagaib uile, 'as he combines them all', that is, he had the form of his father and of his mother, for he resembled them both.
Maine Mar Condagaibh Uile, c’est-à-dire qu’il avait en lui la forme de sa mère et de son père, car il était semblable à eux tous deux.
📌 Il ne s'agit pas ici d'une analyse morphologique du nom, mais une construction explicative autour du nom. 🧾cruth "forme, aspect" / dil.ie (consulté le 22/02/2026). 📌 cosmail : voir entrée 227.
230
Maine Tái .i. Maine amhlabar .i. nír bhó raítech é sechach chách.
Maine Tái, that is, Maine the Mute, for he was not talkative more than every (other Maine).
Maine Tái, c’est-à-dire Maine le muet, c’est-à-dire qu’il n’était pas bavard, mais réservé envers tous.
🧾tái, tóe "silence" / dil.ie (consulté le 16/04/2026). 🧾amlabar "muet" / dil.ie (consulté le 16/04/2026).
Traduction française par nos soins d'après la version bilingue de W. Stokes (1891).
Sources: • X. Delamarre, (2003) - Dictionnaire de la langue gauloise, Errance, Paris, 440p.
• X. Delamarre, (2019) - Dictionnaire des thèmes nominaux du gaulois (I. Ab- / Ixs(o)-), Les Cent Chemins, 398p.
• X. Delamarre, (2023) - Dictionnaire des thèmes nominaux du gaulois (II. Lab- / Xantus), Les Cent Chemins, 570p.
• F. Le Roux - Ch.-J. Guyonvarc'h, (1986) - Les Druides, Ouest-France, 448p.
• W. Stokes, (1895) - "Coir Anmann (The Fitness of Names)"; Revue Celtique, n° 16, pp. 461–
• W. Stokes, (1897) "Cóir Anmann (texte irlandais)". Irische Texte mit Wörterbuch, Dritte Serie, Heft 2. Leipzig, Verlag von S. Hirzel, pp. 288–411.497
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique