GWYDDBWYLL

gwyddbwyll

Le gwyddbwyll — Ancien jeu de société gallois médiéval dont on connaît l’existence grâce à des textes littéraires, mais dont les règles ne nous sont pas parvenues de manière complète. Le mot lui-même suggère une idée de « jeu de l’esprit » ou de « jeu de la sagesse », construit à partir de gwydd (connaissance, perception) et pwyll (esprit, discernement). Il apparaît dans plusieurs récits en moyen gallois, notamment dans le Mabinogion, où il est joué par des personnages de haut rang dans un contexte de cour, ce qui indique qu’il s’agissait probablement d’un divertissement aristocratique plutôt prestigieux.

Même si les sources ne décrivent pas précisément ses règles, les chercheurs pensent qu’il s’agissait très vraisemblablement d’un jeu de stratégie asymétrique joué sur un plateau quadrillé. Cette hypothèse vient du fait que le gwyddbwyll est souvent rapproché de la famille des jeux dits « tafl », très répandus dans le monde nord-européen médiéval, comme le hnefatafl scandinave. Ces jeux opposent généralement deux camps inégaux, avec un objectif d’évasion ou de capture, plutôt que la conquête symétrique que l’on retrouve dans les échecs.

Ce que l’on sait avec certitude reste cependant limité. Aucun ensemble de règles n’a été conservé dans les manuscrits gallois, et toutes les reconstructions modernes reposent sur des comparaisons et des hypothèses. Les textes médiévaux se concentrent davantage sur la dimension narrative du jeu que sur son fonctionnement technique, parfois même en lui donnant une portée symbolique ou intellectuelle. Ainsi, le gwyddbwyll est aujourd’hui moins un jeu reconstitué qu’un objet historique partiellement perdu, dont on peut seulement esquisser la logique à partir de ses cousins européens.

Sources:
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique