SIODA INGEN FLAINN

Les personnages celtes
Nom: Sioda ingen Flainn
Peuple: Munster
Rôle: Épouse de Mogh Néid
Étymologie: soie, le soyeuse
Prononciation: SHEE-da : /ˈʃiːd̪ˠə/
Attesté(e): Cath Mhuighe Léana
Événement: Vision prophétique

Sioda ingen Flainn (Sioda, fille de Flann) — Figure de la mythologie irlandaise, elle apparaît comme une figure royale et prophétique liée au destin du Munster et de son mari Mogh Néid. Elle est la fille de Flann mac Fiachrach et la mère d’un grand chef connu sous deux noms, Eógan Mór et Mogh Nuadat, élevé par les nobles du Munster comme celui qui devait un jour régner sans partage.

Sa vie est marquée par une vision qui annonce le conflit à venir. Dans la nuit, elle voit d’abord sept vaches blanches aux oreilles rouges, belles et abondantes, dont le lait inonde l’Irlande entière, symbole de prospérité et de puissance. Puis surgissent sept vaches noires, sombres et terribles, aux yeux de feu et aux cornes de fer, qui attaquent les premières, les renversent et les détruisent.

Troublée, Sioda rapporte sa vision au roi Mogh Néid et à son druide Deargdamhsa. Celui-ci comprend qu’elle ne relève pas seulement du symbole, mais d’un ordre du temps qui s’annonce. Les sept vaches blanches aux oreilles rouges annoncent sept années d’abondance, où le lait débordera sur toute l’Irlande et où les hommes vivront dans la richesse et la stabilité. Mais cette prospérité sera suivie de son revers : les sept vaches noires signifient sept années de disette et de pauvreté, où les récoltes manqueront et où les peuples seront affaiblis.

C’est de cette rupture d’équilibre, née de la famine et des tensions qu’elle engendre, que naîtra le conflit entre les forces du Munster et leurs adversaires. Ainsi, la vision ne prédit pas un combat entre le bien et le mal, mais le passage inévitable d’un cycle d’abondance à un cycle de manque — et les guerres des hommes en seront la conséquence.

Le nom de Sioda vient du vieux irlandais síoda, qui désigne la soie. Dans la langue des anciens Irlandais, ce mot évoquait une matière précieuse, douce et brillante, associée au luxe et à la noblesse. Porté comme nom propre, il prenait une valeur descriptive : il ne désignait pas seulement une personne, mais suggérait une qualité, celle de la douceur ou de la délicatesse.



Sources:
• E. Curry, (1855) The battle of Magh Leana together witg The courtship of Momera, Dublin, Goodwin son and Netherxott, 196p.
• Royal Irish Academy. (1913-1976). Dictionary of the Irish Language, Based Mainly on Old and Middle Irish Materials, 7 volumes, Dublin, Royal Irish Academy.
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique