Sotacos - Sur les pierres (Περὶ λίθων) - Ouvrage de lithologie de l’auteur grec Sotacos, que l’on ne connaît que par quelques citations, résumés ou paraphrases faites au IIᵉ s. av. J.‑C. par Apollonios le Paradoxographe (Histoires merveilleuses, 36), dans la seconde moitié du Iᵉʳ s. ap. J.‑C. Pline l’Ancien (Histoire naturelle, XXXVI, 128-130 ; 146-148 ; XXXVII, 35 ; 86 ; 90 ; 135 ; 158) et au IIIᵉ-IVᵉ s. ap. J.‑C. par Solin (Polyhistor, XXX, 16). Il est impossible de reconstituer le plan de cet ouvrage, mais les fragments montrent que le livre devait être beaucoup plus large qu'une simple liste de pierres précieuses. Il traitait vraisemblablement à la fois de pierres et minerais ordinaires, tels que l’aimant, l’hématite, la pierre carystienne (l’amiante ?), que des gemmes, tels que l’ambre l’onyx, le sardonyx, mais aussi le draconitis, et autres "pierres de foudre", tels que les céraunies et les bétyles. L’auteur s’intéressait aussi bien à leur provenance, ce qui l’a amené à faire mentions de régions aussi diverses et éloignées que l’Éthiopie, l’Afrique, la Béotie, l’Eubée, la Thessalie, la Troade, la Magnésie d'Asie, Chypre, l’Arabie, l’Inde et même la Bretagne, et témoigne du fait qu’il a collecté de nombreuses informations auprès de marchands, voyageurs ou d’autres traditions savantes. Sotacos s’est également intéresser aux propriétés physiques de ces roches (attraction, couleur, dureté, résistance au feu), à leurs usages thérapeutiques et enfin aux croyances merveilleuses ou magiques associées.
Si on se fie à la datation avancée pour la période d’activité de Sotacos (fin IVᵉ - début IIIᵉ s. av. J.-C), on notera que cet ouvrage conserve potentiellement l’une des plus anciennes mentions de l’île de Bretagne, à l’occasion de l’évocation des rochers dénommés Electrides, desquels proviendrait l’ambre (Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XXXVII, 35).
Sources littéraires anciennes
Pline, Histoire naturelle, XXXVII, 35 :"Cette opinion qui est partagée par Métrodore. Sotacus a cru qu'il découlait en Bretagne de pierres qu'il nomme électrides. Pythéas rapporte que les Guitons, nation germanique, habitent, dans un espace de 6.000 stades, les bords du Mentonomon (on nomme ainsi un bas-fond de l'Océan) ; qu'à une journée de navigation est l'île d'Abalus, où les vagues jettent le succin au printemps ; que cette substance est une sorte d'excrément de la mer congelée ; que les habitants s'en servent en guise de bois, et en vendent aux Teutons, leurs voisins."