La lettre oghamique (huath / uath , correspondant à la lettre H de l'alphabet latin, est régulièrement associée à aubèpine (Crataegus monogyna). L'aubépine est un arbuste ou un petit arbre appartenant à la famille des Rosacées. L'aubépine commune est très courante en Europe occidentale et méridionale, mais on la trouve également dans les régions tempérées du Nord. Elle préfère les haies, les bois clairs, les bords de routes, les parcs, et les zones ensoleillées. Mais le gaélique úath a plusieurs acceptations : l'aubépine, mais également la peur, la terreur.
Dans la littérature irlandaise ancienne, les oghams sont décrits par des bríatharogaim (singulier : bríatharogam). Chaque bríatharogam (kenning en anglais) est composé de deux mots expliquant la signification de chaque ogham. Trois versions nous sont parvenues : Le Bríatharogam Morainn mac Moín, le Bríatharogam Maic ind Óc, Le Bríatharogam Con Culainn.
Les bríatharogaim (ou "kennings") sont vraiment des joyaux de la poésie ancienne irlandaise, permettant de capturer de manière concise et imagée des significations profondes liées aux lettres et aux symboles. Le travail des copistes médiévaux a vraiment contribué à transmettre cette culture ancienne, mais on peut se demander si ces associations sont le fruit d'une vision plus mystique et poétique du langage.
Bríatharogaim de Huath
Dans le cas de Huath (l'aubépine), les métaphores des Bríatharogaim se réfèrent plutôt à des concepts liés à la peur qu'à l'aubépine elle-même. Un grand nombre de chiens peut faire peur, ce qui est illustré par l'expression "condál cúan" ("assemblage de meutes"). Cependant, dans de nombreuses traditions celtiques, le mot "chien" est également utilisé pour désigner un guerrier ou un héros de guerre, et "condál cúan" pourrait donc désigner un grand rassemblement d'hommes en armes, tout aussi anxiogène. Cette peur peut provoquer un teint blafard "ánad gnúise" ("blanchiment de face"). Enfin, "ansam aidche" ("plus difficile la nuit") évoque le fait que la peur est encore plus marquée la nuit, lorsque l'obscurité amplifie le sentiment de vulnérabilité et d'inconnu.
Bríatharogaim
Gaélique
Traduction
Bríatharogam Morainn mac Moín
condál cúan
assemblage de meutes
Bríatharogam Maic ind Óc
ánad gnúise
blanchiment de face
Bríatharogam Con Culainn
ansam aidche
plus difficile la nuit
📌 (*) Remarque historique : L'assimilation des Ogham aux arbres a été établie par les copistes médiévaux, et ce n'est pas une caractéristique originelle de l'écriture oghamique elle-même. En fait, parmi les 20 caractères de base et les 5 ajouts plus tardifs, seulement 8 sont réellement liés à des arbres.