NGETAL (ROSEAU)

ng

L'alphabet des arbres (*)
'
Nom:Ngetal

En Ogam:

Arbre:Roseau

La lettre oghamique (ngetal , est régulièrement associée au roseau, terme générique couvrant plusieurs espèces et désignant un type de végétal largement répandu. Ngetal, tout en étant une lettre à part entière de l'alphabet oghamique, est translittérée par le digramme ‘NG' en alphabet latin. Elle représente un phonème /ŋ/, prononcé comme le ng final de mots anglais tels que dancing ou parking.

L'irlandais getal (avec ses variantes gedal, gétal, ngetal, ngetol, ngedar, ngéadar) peut effectivement être interprété comme désignant un roseau ou un genêt, ce qui explique son association à un végétal dans certaines traditions alphabétiques ou poétiques. Cependant, cette interprétation végétale est secondaire par rapport à sa valeur symbolique et verbale : getal est étroitement lié au verbe gonid, qui signifie "blesser, tuer".

Dans la littérature irlandaise ancienne, les oghams sont décrits par des bríatharogaim (singulier : bríatharogam). Chaque bríatharogam (kenning en anglais) est composé de deux mots expliquant la signification de chaque ogham. Trois versions nous sont parvenues : Le Bríatharogam Morainn mac Moín, le Bríatharogam Maic ind Óc, Le Bríatharogam Con Culainn.

Les bríatharogaim (ou "kennings") sont vraiment des joyaux de la poésie ancienne irlandaise, permettant de capturer de manière concise et imagée des significations profondes liées aux lettres et aux symboles. Le travail des copistes médiévaux a vraiment contribué à transmettre cette culture ancienne, mais on peut se demander si ces associations sont le fruit d'une vision plus mystique et poétique du langage.

Bríatharogaim de Ngetal

Dans le cas de Ngetal (le "roseau"), il est important de noter que le nom de la lettre n'indique pas le sens littéral d'un végétal. Les métaphores associées à Ngetal dans les bríatharogaim - telles que lúth lego ("nourriture de la sangsue"), étiud midach ("verité du médecin (agent du sang)") ou tosach n‑échto ("début de l'acte de tuer") - ne renvoient pas au roseau lui-même, mais à ce que la tradition médiévale percevait comme le second sens de ngéadal / ngetal, c'est‑à‑dire l'acte de blesser ou de tuer.

Autrement dit, la lettre Ngetal a été représentée par un roseau pour des raisons mnémotechniques et alphabétiques, mais la valeur poétique et symbolique de la lettre repose entièrement sur la dimension sanguine et violente de son nom. Le roseau n'est qu'un support graphique, tandis que le véritable "contenu" des kennings évoque le sang, la blessure et le meurtre, transformant l'élément naturel en un symbole actif de médiation entre vie et mort.

BríatharogaimGaéliqueTraduction
Bríatharogam Morainn mac Moínlúth legonourriture de sangsue
Bríatharogam Maic ind Óccarae cethraevérité de médecin
Bríatharogam Con Culainntosach n-échtodébut d'assassinat

📌 (*) Remarque historique : L'assimilation des Ogham aux arbres a été établie par les copistes médiévaux, et ce n'est pas une caractéristique originelle de l'écriture oghamique elle-même. En fait, parmi les 20 caractères de base et les 5 ajouts plus tardifs, seulement 8 sont réellement liés à des arbres.


Sources:
• Ph. Jouët,(2012) - Dictionnaire de la Mythologie et de la Religion Celtiques, Yoran embanner, Fouesnant, 1039p.
• D. McManus, (1988) - "Irish letter-names and their kennings", Ériu n°39 (1988), pp. 127-168.
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique