La lettre oghamique (tinne , correspondant à la lettre T de l'alphabet latin, est régulièrement associée au houx (ilex aquifolium), une espèce d'arbuste de la famille des Aquifoliacées. Il est bien connu pour ses feuilles persistantes aux bords épineux et ses baies rouges caractéristiques, qui sont souvent associées à l'hiver et à Noël dans la culture européenne. En irlandais tinne signifie "lingot, barre de métal". Houx en irlandais s'écrit cuilenn.
Dans la littérature irlandaise ancienne, les oghams sont décrits par des bríatharogaim (singulier : bríatharogam). Chaque bríatharogam (kenning en anglais) est composé de deux mots expliquant la signification de chaque ogham. Trois versions nous sont parvenues : Le Bríatharogam Morainn mac Moín, le Bríatharogam Maic ind Óc, Le Bríatharogam Con Culainn.
Les bríatharogaim (ou "kennings") sont vraiment des joyaux de la poésie ancienne irlandaise, permettant de capturer de manière concise et imagée des significations profondes liées aux lettres et aux symboles. Le travail des copistes médiévaux a vraiment contribué à transmettre cette culture ancienne, mais on peut se demander si ces associations sont le fruit d'une vision plus mystique et poétique du langage.
Bríatharogaim de Tinne
Dans le cas de Tinne (le houx), les métaphores des Bríatharogaim se réfèrent directement à des éléments fabriqués tels que la roue, le char, et l'arme, nécessitant l'utilisation de bois et de métal. Toutefois, le houx n'a pas d'usage spécifique ou largement reconnu dans les pratiques de la charronnerie, de la fabrication d'outils, ou de fabrication d'armes. Encore une fois, l'association ogham/arbre semble problématique. En effet, comme mentionné précédemment, le terme irlandais tinne se traduit par "lingot de métal" et non par "houx".
Bríatharogaim
Gaélique
Traduction
Bríatharogam Morainn mac Moín
trian roi
tiers de roue
Bríatharogam Maic ind Óc
smiur gúaile
moëlle de char
Bríatharogam Con Culainn
trian n-airm
tiers d'une arme
📌 (*) Remarque historique : L'assimilation des Ogham aux arbres a été établie par les copistes médiévaux, et ce n'est pas une caractéristique originelle de l'écriture oghamique elle-même. En fait, parmi les 20 caractères de base et les 5 ajouts plus tardifs, seulement 8 sont réellement liés à des arbres.