GORT (LIERRE)

g

L'alphabet des arbres (*)
'
Nom:Gort

En Ogam:

Arbre:Lierre

La lettre oghamique (gort , correspondant à la lettre G de l'alphabet latin, est régulièrement associée au lierre (hedera helix). Le lierre est parfaitement autochtone en Irlande depuis la préhistoire. Il ne nécessite aucune introduction agricole (contrairement à la vigne). Sa présence est banale, continue et ancienne dans le paysage insulaire. C'est une plante lignifiée mais non arborescente (ni arbre, ni herbe)

Dans le vieux gaélique, gort signifie "champ, terrain cultivé, champ labouré, enclos", terme apparenté au gallois garth ("enclos, jardin, champ"), au gaulois *gorto- et au latin hortus ("jardin"). Le sens premier n'a rien d'une plante grimpante : il désigne la terre cultivée ou un champ enclos - un élément central du paysage agraire ancien.

Dans la littérature irlandaise ancienne, les oghams sont décrits par des bríatharogaim (singulier : bríatharogam). Chaque bríatharogam (kenning en anglais) est composé de deux mots expliquant la signification de chaque ogham. Trois versions nous sont parvenues : Le Bríatharogam Morainn mac Moín, le Bríatharogam Maic ind Óc, Le Bríatharogam Con Culainn.

Les bríatharogaim (ou "kennings") sont vraiment des joyaux de la poésie ancienne irlandaise, permettant de capturer de manière concise et imagée des significations profondes liées aux lettres et aux asymboles. Le travail des copistes médiévaux a vraiment contribué à transmettre cette culture ancienne, mais on peut se demander si ces associations sont le fruit d'une vision plus mystique et poétique du langage.

Bríatharogaim de Gort

Les kennings médiévaux associés à gort ne parlent pas d'un arbre, mais continuent la thématique de la terre, de l'abondance et du pâturage. Ces métaphores renvoient à pâturage, herbe nourricière, abondance de nourriture dans les champs - ce qui est cohérent avec le sens de gort comme terre cultivée / champ fertile, plutôt qu'à un arbre symbolique.

BríatharogaimGaéliqueTraduction
Bríatharogam Morainn mac Moínmilisu féraibherbe très douce
Bríatharogam Maic ind Ócen erclieu pour les vaches
Bríatharogam Con Culainnsásad ilesatiété du plus grand nombre

📌 (*) Remarque historique : L'assimilation des Ogham aux arbres a été établie par les copistes médiévaux, et ce n'est pas une caractéristique originelle de l'écriture oghamique elle-même. En fait, parmi les 20 caractères de base et les 5 ajouts plus tardifs, seulement 8 sont réellement liés à des arbres.


Sources:
• Ph. Jouët,(2012) - Dictionnaire de la Mythologie et de la Religion Celtiques, Yoran embanner, Fouesnant, 1039p.
• D. McManus, (1988) - "Irish letter-names and their kennings", Ériu n°39 (1988), pp. 127-168.
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique