Dis Pater À Rome, Dis Pater est une divinité chthonienne associée au monde souterrain, à la mort et aux richesses enfouies dans la terre. Il est parfois désigné sous les formes Dis, Ditis, Dispater ou Ditis Pater. Son nom provient du latin dis, qui, en raison d'une homophonie peut signifier « riche, fortuné, trésor », ou dériver de dius, « divin », associé à pater, « le père ». Il est souvent considéré comme une figure principale dans la mythologie romaine liée à l'au-delà, et sa fonction était proche de celle de Pluton (le dieu romain des Enfers), mais Dis Pater représente plus spécifiquement l'aspect des ancêtres et des possessions des morts.
Dis Pater est conçu comme un souverain des Enfers, garant du monde des morts et du retour des corps et des richesses à la terre. Il est associé à deux dimensions principales : le monde des morts et la souveraineté chthonienne, les richesses souterraines (minerais, fertilité du sol, biens enfouis). Dans certaines interprétations, il est aussi lié à la mémoire des ancêtres et à la continuité familiale. Proserpine est parfois considérée comme sa parèdre dans les représentations mythologiques et cultuelles tardives, en tant que figure associée au monde souterrain et aux cycles de retour.
Bien que Dis Pater soit parfois confondu avec Pluton, il est plus précisément lié aux éléments ancestraux et à la richesse cachée dans le sol, associée aux morts. Dis Pater renvoie davantage à une tradition italique ancienne, centrée sur la terre, les richesses cachées et les morts ancestraux, alors que Pluton correspond plus directement à l’adaptation romaine du dieu grec Hadès. L’identification entre les deux est donc progressive et surtout littéraire ou théologique.
Le culte de Dis Pater est peu documenté comme culte public autonome, mais il apparaît dans des contextes funéraires et chthoniens. Il est notamment associé aux rites liés aux morts, comme les Parentalia (13–21 février) et les Feralia (21 février), qui clôturent les commémorations des défunts. On le retrouve également dans des inscriptions et pratiques liées aux tombes et à la gestion du monde funéraire.
Cicéron, De la nature des dieux, II, 26 :"Tout ce qui est d'essence terrestre et dont la nature est celle de la terre est revenu au prince du monde souterrain qu'on appelle Diues (riche), de même que les Grecs le nomment Πλούτων, parce que les richesses ont toutes la terre pour origine et y font retour. Il a pour femme Proserpine qui est un nom grec la déesse que les Grecs appellent Περσεφόνη est, d'après eux, la semence de blé qui est cachée et sa mère (Cérès), dans leur imagination, la cherche."
Varron, De la langue latine, V, 66 :"L'ancien nom de Jupiter confirme cette étymologie; car on l'appelait anciennement Diopis et Diespiter, c'est-à-dire père du jour. De là les noms de Dies et Divos, et les expressions sub divo, Dius Fiditus. C'est pourquoi son temple est ouvert par le haut, afin que par cette ouverture on puisse voir le ciel (divom). Quelques-uns prétendent qu'il n'est pas permis de jurer par lui dans un édifice couvert, Suivant Aelius, Dius Fidius veut dire fils de Diovis, de même que le surnom de Διόσκορος, fils de Jupiter, que les Grecs donnent à Castor. Le même auteur pense que ce dieu est le Sancus des Sabins, et l'Hercule des Grecs. Jupiter est encore appelé Dis pater, en tant que dieu des lieux bas de la terre, où tout retourne après la vie; et comme il préside à la fin de l'existence (ortus), on l'appelle aussi Orcus."
Sources: • Julien Quiret pour l'Arbre Celtique
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique