La formule sub ascia — ou sub ascia dedicavit — apparaît sur de nombreuses stèles et cippes funéraires de l’Occident romain, notamment en Gaule et en Gaule cisalpine, dès le Iᵉʳ siècle ap. J.-C. Littéralement, elle signifie « [la stèle] a été consacrée sous l’herminette ». L’ascia désigne l’outil du tailleur — hache ou herminette, utilisée pour le bois ou la pierre — et indique que la pierre a été façonnée et consacrée. Cette mention accompagne généralement la formule païenne D(is) M(anibus), invoquant les dieux Mânes.
L’exemple de Dunnius, à Lyon, illustre bien cette pratique. Son épitaphe commence par D(is) M(anibus), et le texte indique qu’il a été enterré sub ascia. Dunnius était magistrat du culte impérial (Augustalis), ce qui montre la coexistence du paganisme civique et de rites funéraires particuliers, indépendamment de toute influence chrétienne. La mention sub ascia ne doit donc pas être lue comme un symbole chrétien : elle relève d’une pratique technique et rituelle pré-chrétienne, attestant que la stèle a été façonnée et consacrée par l’outil tranchant du tailleur, et non d’une appropriation chrétienne.
Au XIXᵉ siècle, certains ont tenté de voir dans sub ascia un symbole chrétien, mais cette interprétation est désormais jugée infondée : la formule est attestée dans un contexte essentiellement païen et civique, dès le Iᵉʳ siècle, bien avant la diffusion du christianisme en Gaule.