Le nombre sept occupe une place privilégiée dans les traditions celtiques insulaires, où il apparaît fréquemment sous la forme d'heptades : sept fils, sept chefs, sept druides, sept poètes, sept portiers, sept chevaliers, mais aussi sept ans de règne ou de pénitence, sept lacs, sept troupeaux, etc. Ces occurrences, nombreuses tant dans les récits irlandais que gallois, suggèrent que le sept fonctionne avant tout comme un nombre de plénitude et d'accomplissement, désignant un groupe constitué, une institution complète ou un cycle achevé, plutôt qu'une quantité strictement arithmétique. Le fait que le sept soit un nombre premier, donc indivisible, renforce sans doute cette idée de plénitude : il représente un tout cohérent et achevé, qui ne se prête pas naturellement à une subdivision en ensembles plus petits.
Jouët (2012) évoque plusieurs pistes susceptibles d'expliquer la valeur symbolique du sept : les sept jours de la semaine, les sept étoiles de la Grande Ourse ou encore le fait que la somme des sept premiers nombres (1 à 7) soit égale à 28, durée approximative d'une lunaison. Aucune de ces hypothèses ne trouve toutefois de confirmation explicite dans les textes celtiques, qui ne permettent pas d'établir un lien direct entre ces correspondances numériques et l'emploi récurrent des heptades.
• Sept ans de règne sur l'Irlande (Eochaidh mac Oiliolla Finn, Lughaidh Laighdhe, Modh Corb mac Cobhthaigh Caoimh, Nia Sedhamain mac Adhamair) • Durant sept ans les oiseaux de Rhiannon chantèrent aux sept hommes chargés d'enterrer la tête de Bran. • Rhiannon, pour pénitence, dut raconter sa mésaventure durant sept ans à chaque passant. • Durant sept ans Kilydd s'occupe correctement de la tombe de Goleudydd. • C'est sept ans avant la naissance de son fils Ol, que Olwydd se fait voler ses porcs. • La vision de Sioda (voir : vaches) annonce sept ans d’abondance, suivi de sept années de disette. • Après sept ans d'absence, Rome détrône l'empereur Maxen.
• Lors de l'expédition chez Matolwch, sept chevaliers restent pour veiller (Caradawc, Ffodor, Heveydd Hir, Iddic, Llasar et Unic, Wlch Minasgwrn)
Coudées
• Clust, enterré à sept coudées de profondeur, pouvait entendre une fourmi sortir de son trou à cinquante milles de distance.
Cumals
• Sept cumals correspondent à l'éraic (composition) pour un homicide dans plusieurs textes juridiques. • Dans la Lex Innocentium d'Adomnán, sept cumals deviennent également la valeur légale de la vie d'une femme libre (ainsi que celle d'autres personnes protégées), ce qui constitue une innovation importante. • Le prix d'honneur (lóg n-enech) d'un roi de túath est également fixé à sept cumals dans les traités de statut.
• Du temps de Partholón, sept lacs jaillirent en Irlande (Loch Con, Loch Cuan, Loch Echtra, Loch Laiglinne, Loch Mesc, Loch Rudraige, et Loch Techet).
Objets
• Les fils de Tuireann (Brian, Iuchar, Iucharba), comme prix de composition pour le meurtre de Cian, doivent amener sept choses à Lugh (trois pommes, une peau de porc, une lance, deux chevaux, un char, sept porcs, un jeune chien, une broche à rôtir et trois cris sur une colline) • Les sept choses qu'Arthur a décidé de ne jamais céder sont : le bateau d'Arthur, le bouclier d'Arthur, le couteau d'Arthur, l'épée d'Arthur, la femme d'Arthur, la lance d'Arthur, le manteau d'Arthur.
• C'est sous sept troupeaux, qu'Ol ramène les porcs dérobés à son père Olwydd, sept ans avant sa naissance.
Vaches
• Dans le Cath Mhuighe Léana, Sioda mère d'Eógan Mór, voit d’abord sept vaches blanches aux oreilles rouges, belles et abondantes (sept ans d'abondance), puis sept vaches noires, sombres et terribles (sept ans de disette)
Sources: • Ph. Jouët, (2012) - Dictionnaire de la Mythologie et de la Religion Celtiques, Yoran embanner, Fouesnant, 1039p.
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique