Fergnia mac Partholain — Dans la tradition juridique irlandaise ancienne, telle qu’elle est conservée dans les gloses du Senchus Mór, Fer et Fergnia apparaissent comme deux frères, fils de Partholón, engagés dans un conflit relatif à l’autorité familiale et au contrôle des droits liés au mariage de leurs sœurs (Ain et Iain). Fergnia épouse Iain, tandis que Fer épouse Ain. La question qui les oppose n’est pas d’ordre familial au sens mythologique large, mais juridique : elle concerne la répartition de l’autorité du chef de famille et la part du prix matrimonial revenant à cette autorité. Le désaccord entre les deux frères ne trouve pas de solution par arbitrage. Il est alors résolu par les armes, sous la forme d’un combat, présenté dans le texte comme un exemple ancien de duel judiciaire en Irlande.
Dans cette tradition, Fergnia, Fer, Ain et Iain ne sont pas intégrés à une généalogie mythologique stable comme celle du Lebor Gabála Érenn, où ils n’y apparaissent pas comme fils de Partholón. Leur présence se limite au cadre du commentaire juridique, où leur histoire sert d’exemple pour illustrer des règles de droit relatives au mariage, à la succession et à la résolution des conflits. Dans ce contexte, leur récit fonctionne comme un cas fondateur dans la logique des lois brehon : un exemple narratif mobilisé pour expliquer l’origine et la légitimation d’une procédure judiciaire, plutôt qu’un épisode appartenant à une tradition mythologique autonome.
Le nom Fergnia est généralement analysé comme une formation ancienne composée de fer (« homme ») (celt. viro-), et d’un second élément dont le sens n’est pas clairement établi. Fergnia peut être compris comme un « homme qualifié » ou un « homme spécialisé ». Dans le contexte du récit, où les deux frères s’opposent sur des questions d’autorité et de droit, cette distinction peut être interprétée comme une différenciation de statut ou de fonction.
Sources: • H. d'Arbois de Jubainville, (1883-1902) - Cours de littérature celtique, 12 vol., Paris, Ernest Thorin
• J.-P. Persigout, (2009) - Dictionnaire de mythologie celtique, Imago, Paris, 411p.
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique