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Vous êtes dans Encyclopédie de l'Arbre Celtique > médecine par les plantes / plantes certainement utilisées par les Gaulois / absinthe (santonicon)
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Encyclopédie Celtique

absinthe (santonicon)

La médecine chez les Celtes
Nom commun:Absinthe
Scientifique:Artemisia absinthium L. (Composées)
Nom gaulois:Santonicon
Autres noms:Alvine, herbe sainte, herbe aux vers, herbes des vierges

L'absinthe fut, dans l'antiquité, largement connue. Et s'il est une région qui sut tirer profit de son absinthe et surtout de l'usage que localement il en était fait, c'est bien la région de Saintes. En effet, l'absinthe de Saintonge, l'herba santonica était fort réputée.

Dioscoride distingue plusieurs variétés d'absinthe, parmi elles, "on trouve une autre espèce d'absinthe qui pousse en Gaule au-delà des Alpes et qu'on appelle santonion du nom du pays dans lequel elle croit: la Saintonge..." (Dioscoride, Sur la matière médicale, III, 24). Pour lui, elle possède des propriétés anti-parasitaires digestives ("tue les vers tant larges que ronds"), elle purifie le sang, guérit la jaunisse, soigne les yeux et les oreilles, calme les maux de tête, et s'utilise en gargarisme...

Pour Pline: "Il y a plusieurs espèces d'absinthe: la santonique ainsi appelée d'une cité de la Gaule... [...] Elle fortifie l'estomac, aussi fait-on... un vin au goût d'absinthe. On la donne aussi en boisson, bouillie dans l'eau et laissée refroidir ensuite un jour et une nuit à l'air libre; six drachmes de feuilles avec leurs hanches étant mises à bouillir dans trois setiers d'eau de pluie, il ne faut pas ajouter de sel; trop vieille, cette potion est sans effet. On l'emploie aussi en infusion, c'est le nom qu'il faut donner à ce remède. Pour préparer cette infusion, il faut, quelle que soit la quantité d'eau, la laisser couverte pendant trois jours [...] La décoction est très bienfaisante [...] En effet, elle resserre l'estomac et fait évacuer la bile. Elle est diurétique, elle amollit le ventre et en guérit les douleurs, chasse les vers de l'intestin, dissipe l'atonie de l'estomac et les flatuosités, jointe au sil et au nard celtique, additionné d'un peu de vinaigre. Elle fait disparaître les dégoûts, elle aide à la digestion. Les anciens la donnaient pour purger, à la dose de six drachmes de la graine dans un setier de vieille eau de mer, avec trois drachmes de sel et un cyathe de miel [...] Cette purgation fait plus d'effet si on double la dose de sel [...] Prise avec de l'iris, l'absinthe nettoie la poitrine. Dans la jaunisse, on la donne crue [...] Contre les flatuosités on l'absorbe à petites gorgées, chaude dans de l'eau; pour le foie avec du nard celtique" (Pline, Histoire Naturelle, XXVII, 45-49).

Pline est intarissable: "Pour les fluxions des yeux (autre usage en ophtalmologie "en cas de chassie accompagné d'enflure, il conviendra d'user d'absinthe, broyée avec du miel, ainsi que de la poudre de bétoine" (Pline, Histoire Naturelle, XXV, 145), "on en fait un topique avec le vin cuit, pour les bleus avec du miel. Comme diurétique et emménagogue on prescrit trois ou quatre petites branches d'absinthe avec une racine de nard gaulois, et six cyathes d'eau; pour les règles en particulier on la prend avec du miel, ou en pessaire dans de la laine [...] On l'emploie en outre contre les ulcérations de la tête. Elle guérit aussi les démangeaisons. Il ne faut pas en donner dans la fièvre" (Pline, Histoire Naturelle, XXVII, 50-51).

Scribonius Largus (Des compositiones), médecin romain qui voyagea en Gaule au Ier siècle après J-.C, mentionne, dans son chapitre CXLI, l'action anti-parasitaire de l'herbe de Saintonge.

Marcellus retrouve cette propriété, et, comme Scribonius Largus, nous donne la composition d'un remède aux vertus anti-parasitaires à base d'absinthe et de corne de cerf brûlée: "Mêlez un cyathe d'absinthe de Saintonge sèche brûlée, un cyathe de corne de cerf brûlée et un cyathe de graines de persil broyées; et donner à boire à celui qui souffre de vers, à jeun dans de l'eau chaude, en adaptant la quantité à l'âge de celui qui prend ce remède" (Marcellus, De medicamentis liber, XXVIII, 37). Marcellus retrouve cependant une autre indication puisque dans le chapitre traitant des angines, des écrouelles, des catarrhes et des amygdales, il nous donne la composition d'un bon remède contre les maux de gorge: "
- 1 obole de poivre blanc
- 4 oboles de graine de navet
- 6 scrupules d'absinthe gauloise
- 1 setier du meilleur miel
- 6 scrupules du meilleur laser
Ayant broyé et mélangé ces ingrédients, il faut en faire prendre à jeun une bonne cuillerée d'un coup ou en badigeonner la gorge" (Marcellus, De medicamentis liber, XV, 86).

Comme le suggérait Pline, on pouvait réaliser un vin d'absinthe, dont voici, parmi d'autres citées par Dioscoride, une recette: "Il y a d'autres qui prennent quatorze dragmes de nard celtique et quarante dragmes d'absinthe, et les ayant enveloppé dans un linge blanc et net, ils les mettent dans un baril de moult et après qu'ils ont laissé ainsi quarante jours, ils versent le vin dans un autre tonneau" (Dioscoride, Sur la matière médicale, V, 40, manuscrit A).

Les indications de ce vin aromatisé sont très nombreuses, son action est cependant principalement concentrée sur la sphère digestive. "Ce vin est utile à l'estomac, il provoque l'urine, il hâte la digestion. Il aide à ceux qui sont travaillés du foie, à la jaunisse et aux reins. Il engarde le désappétit et le rejet des viandes. Il profite aux estomacs débiles, aux vieilles ventosités qui enflent les parties précordiales, aux vers du corps et à provoquer le flux menstruel retenu... Bu en abondance et vomit, il aide à ceux qui auront bu le venin nommé Ixia" (Dioscoride, Sur la matière médicale, V, 34).

L'absinthe était donc connue dans l'antiquité pour son amertume (étymologie de son nom grec: littéralement "absence de plaisir") et pour ses deux actions thérapeutiques principales: action anti-parasitaire et action tonique digestive.

Tout au long de l'histoire, les médecins ont conservé ces deux indications; c'est le cas d'Avicenne, de Trousseau et de bien d'autres, et jusque Leclerc, qui, au XXème siècle, les cite dans son Précis de phytothérapie.

On ne dispose pas actuellement de donnée fiable sur la pharmacologie. Cependant l'utilisation prolongées de fortes doses de préparation peut provoquer des troubles digestifs et urinaires.



Sources:
  • H. Leclerc, Précis de phytothérapie, 5e ed, Masson, Paris, 1994.
  • Pierre Louarn pour l'Arbre Celtique

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