Iciodorum — Nom antique d'Issoire, attesté notamment dans le Liber in gloria confessorum de Grégoire de Tours. La ville actuelle est situé dans la plaine de la Limagne au sud de Clermont-Ferrand, au confluent du Couze Pavin, affluent de l'Allier. Le toponyme est généralement interprété comme un composé gaulois iccio-dūron, « forteresse d’Iccios » (Dauzat & Rostaing, 1963, p.363 ; Nègre, 1990, p.176). Delamarre se basant sur le Glossaire de Vienne qui traduit le gaulois doro par )osteo, ostium « porte, entrée » (Gaffiot, 1934, p.1097) rejette cette interprétation de forteresse , préférant y voir : « porte,marché » -> « marché d’Iccios » (Delamarre, 2003, pp.156-157 ; 2012, p.163 ; 2019, pp.379-380 ; Lacroix, 2021,p 64). Iccios serait un nom de personne gaulois, tandis que dūron est un élément toponymique désignant un marché, une place ou un lieu clos. Cette analyse, à la fois morphologiquement et sémantiquement cohérente, paraît préférable à l’hypothèse faisant dériver icio- de (s)piko- « pic », qui repose sur une évolution phonétique et une interprétation sémantique beaucoup plus discutables. Cette dernière hypothèse est toutefois maintenue par P.-H. Billy, qui voit dans Icio- un dérivé en -io- de (s)piko- et explique la disparition du p- initial par un traitement phonétique propre au gaulois (Billy, 2011, p.300). Lacroix voit un composé iss-io-duro(Lacroix, 2021, p.64), qu’il interprète comme « bourg-marchand-de-la-basse-frontière » (Lacroix, 2023, p.198)). Pour étayer cette interprétation, il suppose que le c intervocalique des formes du VIᵉ siècle pourrait noter [s]. Cette interprétation est toutefois phonétiquement problématique : à cette époque, c conserve normalement sa valeur occlusive [k] dans la tradition latine, et la seule graphie c ne suffit donc pas à établir une réalisation [s].
Attestations littéraires
Grégoire de Tours, Liber in gloria confessorum, XXX : "Saint Stremonius, compagnon de saint Gatianus et apôtre de la cité arverne (Clermont). Son tombeau est au Iciodorensis vicus (Issoire) où Cautinus alors diacre (et depuis évêque), chargé de gouverner l'église du lieu, s'aperçut que ce tombeau était sanctifié par des miracles."
Sources: • P.-H. Billy, (2011) - Dictionnaire des noms de lieux de la France, Errance, Paris, 640p.
• A. Dauzat, C. Rostaing, (1963) - Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France Paris, Larousse, 738p.
• X. Delamarre, (2003) - Dictionnaire de la langue gauloise, Errance, Paris, 440p.
• X. Delamarre, (2007) - Noms de personnes celtiques dans l'épigraphie classique, Errance, Paris, 240p.
• J. Lacroix, (2021) - Les frontières de peuples gaulois, Tome 2, Yoran, Fouesnant, 400p.
• J. Lacroix, (2023) - Le grand héritage des Gaulois, Yoran, 256p.
• E. Nègre, (1990) - Toponymie générale de la France : Formations préceltique, celtiques et romanes, t. II, Genève, Droz
Julien Quiret pour l'Arbre Celtique