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Vous êtes dans Encyclopédie de l'Arbre Celtique > archéologie / grands sites archéologiques / sanctuaire de Gournay-sur-Aronde
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Encyclopédie Celtique

Le sanctuaire de Gournay-sur-Aronde

Lieu:Gournay-sur-Aronde
Type:Sanctuaire
Localisation:Nord-Ouest de Compiègne


Description:

Ce site est tout simplement exceptionnel. Il l'est en soi, pour le "matériel" qu'il a livré; il l'est aussi parce que c'est un site gaulois qui a été entièrement fouillé et auquel on a attribué plus d'intérêt qu'un simple sauvetage partiel dans l'urgence. Non seulement le site est exceptionnel mais tout le coin, l'est.... Nous sommes chez les Bellovaques, une des plus puissantes et des plus populeuses tribus du Nord de la Gaule, pas très loin de chez les non mois fameux Ambiens, à deux pas des Viromanduens; les Suessions ne sont pas très loin non plus... A trois kilomètres de Gournay, on trouve la résidence aristocratique de Montmartin et à six kilomètres le site d'Estrées Saint Denis, nous sommes très manifestement au coeur d'une zone "celtico-sensible".

Les fouilles minutieuses, suivies d'un travail d'analyse des armes et des dépouilles retrouvées ont permis de reconstituer de façon surprenante l'histoire de ce sanctuaire et on se prend à rêver en se disant qu'il ne s'agissait pourtant là "que" d'un sanctuaire de pagus... Le travail d'analyse nous a été livré essentiellement par Jean Louis BRUNAUX dans deux ouvrages déjà souvent cités - LES RELIGIONS GAULOISES - Errance - 2000; GUERRE et RELIGION EN GAULE - Errance 2004. Je ne ferais ici qu'un petit résumé en évitant le travail d'interprétation de l'auteur....On pourra également se reporter au Dictionnaire de Venceslas KRUTA (Les CELTES - Histoire et dictionnaire - Robert Laffont, collection Bouquins - 2000) et à l'ouvrage de Barry CUNLIFFE (Les Celtes - Errance 2001).

En tout état de cause, quiconque se prétend, même simplement amateur d'histoire antique concernant les Celtes, ne peut faire l'impasse d'une connaissance de ce site, jugez en plutôt... Gournay est situé à quelques kilomètre au NO de Compiègne sur un grand axe Nord-Sud (N17) d'ailleurs parallèle à l'autoroute A1. Le sanctuaire est situé dans la vallée de l'Aronde à proximité d'un marais et sur un chemin qui était (déjà) la principale route traversant le pagus. A proximité du sanctuaire on a découvert une enceinte fortifiée de 3 ha, occupée à la Tène Ancienne mais abandonnée au III° siècle av JC. On ne retrouvera pas, dans le secteur, d'agglomérations, meme de faible importance, avant le milieu du Ier siècle av JC. A coté du sanctuaire on a également découvert une fosse contenant une vingtaine de vases, datés du IV° siècle av JC. Il s'agit probablement de traces d'un petit lieu de culte préalable à la construction du grand sanctuaire. A l'emplacement du site proprement dit, on a trouvé la trace du tout premier fossé de la Tène Ancienne ce qui démontre que ce sanctuaire à une origine antérieure à l'installation des Belges sur ce territoire vers 280 - 260 av JC.

Le sanctuaire de Gournay se caractérise avant tout comme un "morceau de terre" découpé au sol d'une superficie d'environ 1500 m2. Il s'agit d'un rectangle aux angles arrondis matérialisé par un fossé de 2,50 m de largeur pour 2 m de profondeur. Le fossé, lui même, est entouré d'une palissade très soignée aux poteaux joints et qui fut édifiée ultérieurement. Le fossé, le morceau de terre du dieu est lui même englobé et masqué de l'extérieur. L'ensemble de ces travaux sont datés de la première partie du III° siècle et sont cette fois-ci contemporain de l'installation Belge. Autour de la palissade, un nouveau fossé extérieur est creusé. Au centre de l'enclos, on trouve un complexe de 9 fosses de dimension réduite ( 1,20 m de largeur pour 1,40 m de profondeur) entourant une fosse importante de 3x4 m et de 2m de profondeur. Les petites fosses sont groupées par 3 au N, au S et à l'O de la grande fosse qui est donc "ouverte" sur le levant. Un espace d'environ 1,50 m permet la déambulation autour de la fosse principale... Au Nord de ce complexe se trouve une surface boisée d'environ 400 m2...

Les structures en fosse ont été remplies, vidées et nettoyées à plusieurs reprises et les déchets essentiellement animaux ont été retrouvés dans le fossé intérieur ( 45 bovidés, une centaine d'agneaux, une quarantaine de porcelets ). On a retrouvé une chaîne de fourreau d'épée dans l'une des petites fosses qui pouvaient donc aussi servir de réceptacles aux armes. Les restes de boeufs retrouvés ne présentent pas de découpe; ils étaient donc livrés entiers dans la grande fosse pour y pourir naturellement puis on récupérait les restes que l'on redéposait ensuite dans le fossé. L'autel creux central est donc interprété comme un vase d'alimentation, une bouche divine. Cette fosse avait des parois recouvertes de bois, comme un tonneau et était fréquemment entretenue après le séjour de chaque victime. Les petites fosses semblent avoir également connu des opérations de remplissage et nettoyage, même si elles semblent avoir eu pour principale fonction de marquer les contours de l'autel et de sa périphérie; elles serviront d'ailleurs ensuite de bases aux poteaux de soutainement de l'édifice qui abritera l'autel dès la seconde moitié du III° siècle av JC...

Dans le courant du II° siècle, la sanctuaire fait l'objet de réaménagements : reconstruction de la palissade, du porche d'entrée, de l'édifice de protection de l'autel, réajustement du batîment dans un axe quasi parfait avec la porte d'entrée... Justement, le porche d'entrée dont on connaît bien la configuration à cette époque est l'un des éléments essentiels de Gournay. C'est un rectangle à étage qui occupe la passage de l'entrée et qui vient couvrir le fossé extérieur ( 8 m de long pour 5 m de large ). Il se présente comme une véritable porte d'oppidum très richement ornée.

On a découvert à proximité 200 à 300 éléments de chaque type d'armes (boucliers, épées, fourreaux et chaînes...) L'idée de JL BRUNAUX est en fait de la présence de panoplies complétes offertes au dieu de l'endroit. On trouvait également en décoration des cranes de bovidés et des crânes humains ce qui devait donner à l'ensemble du porche un esthétisme assez particulier.....

Pour ajouter à la description du site à l'époque de son "âge d'or", il importe de souligner qu'au II° siècle l'abri de l'autel en creux s'est trouvé pourvu de murs en torchis commençant à donner ainsi au centre du sanctuaire l'aspect d'un temple au sens classique... Les armes retrouvées à Gournay en grand nombre ont fait l'objet d'analyses très fines qui ont permis de réaliser que les chercheurs étaient confrontés à un ensemble de panoplies étalées dans le temps, apportées dans le sanctuaire par paquets de plusieurs dizaines. IL ne s'agissait pas d'armes neuves car celles-ci portaient généralement des traces de combat. L'hypothèse la plus vraisemblable est celle de prises de guerre. L'étude de la datation des fourreaux a notamment permis de réaliser que les guerriers Bellovaques de Gournay ont d'abord fait beaucoup de prises, puis de moins en moins et ce, sur une période qui court entre 280 et 200 av JC.

Au total, l'aspect monumental du site ne tient pas tant à son autel central ou au bois sacré mais bel et bien à l'enclos lui-même dans son ensemble avec sa palissade très soignée et surtout son porche d'entrée emblématique. Il importe de préciser que ce dernier reposait sur une dizaine de poteaux pour une longueur de huit mètres et une largeur de cinq; qu'il avait un étage et devait se présenter comme une porte d'oppidum telle qu'on la représente aujourd'hui dans nos figurations reconstituées. Cette porte était chargée d'offrandes, armes surtout mais aussi fragments de chars, têtes humaines et animales...

Les offrandes demeuraient accrochées au porche, souvent à l'étage, jusqu'à oxydation ou pourrissement et les armes tombées à terre étaient pliées et jetées dans le fossé. PLutôt qu'un sacrifice des armes, Brunaux voit dans cette opération, une opération de désacralisation après une suspension en l'air bénéfique et bienfaitrice, l'arme tombée au sol perd sa dimension d'offrande et est repoussée dans le fossé.....

Sur les os humains, on peut penser qu'ils sont révélateurs de pratiques sacrificielles également... Il s'agit en effet principalement d'adultes (sauf 1) de petite taille (sauf 1) Sur une douzaine de cadavres exposés on trouve donc un adolescent et un guerrier (vraisemblablement) et sans doute des femmes. L'hypothèse de guerriers tués au combat s'effacent au profit de sacrifices sur place... Certains cadavres étaient exposés affublés de panoplies complétes, semblent ils... Les rituels guerriers de Gournay vont s'effacer et s'assagir avec le temps au cours du II° siècle av JC, jusqu'à ce que le sanctuaire soit consciencieusement fermé entre 125 et 100 av JC pour... être réouvert au début de la romanisation.

Les bâtiments cultuels ont été brulés délibérément lors du premier abandon contemporain de la création du sanctuaire d'Estrée St Denis, contemporain également de la désertion de l'habitat aristocratique de Mont martin situé à trois kilométres de là... (Effet de la jonction des Cimbres et Teutons précisément dans cette zone "Sud Belgium" en 103 av JC ? Changements sociaux et politiques -fin d'une prédominante aristocratie guerrière ? les deux...?)


Photo fournie par Jean-René Chatillon du site arkeomaket.ifrance.com


Sources:
  • Thierry Levesques pour l'Arbre Celtique

  • Autres fiches en rapport

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    Bellovaques [ Les peuples de Gaule Belgique ]
    Brunaux (Jean-Louis) [ auteurs actuels ou récents ]
    Gournay I : les fouilles sur le sanctuaire et l'oppidum (1975-1984) [P. Méniel, J.-L. Brunaux, F. Poplin] [ ouvrages sur l'archéologie ]
    Gournay III. Les Fourreaux d'épée [T. Lejars] [ ouvrages sur l'archéologie ]
    Rossontenses [ Bellovaques ]
    sanctuaires [ Les vestiges archéologiques ]
    Liens sur d'autres pages
  • A. Rapin, "L'armement du guerrier de Gournay-sur-Aronde" in Revue archéologique de l'Oise, 1978, n°13 (persee.fr, consultée le 09/11/2017)
  • A. Rapin, "Les umbos de boucliers de Gournay-sur-Aronde", in Revue archéologique de Picardie, 1983, n°1 (persee.fr, consultée le 09/11/2017)
  • J.-L. Brunaux, "Fouille de sauvetage à Gournay-sur-Aronde (Oise)", in Revue archéologique de l'Oise, 1975, n°6 (persee.fr, consultée le 09/11/2017)
  • J.-L. Brunaux, "Les sanctuaires celtiques de Gournay-sur-Aronde et de Ribemont-sur-Ancre, une ...", in Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1997, n°141/2 (persee.fr, consultée le 09/11/2017)
  • J.-L. Brunaux, P. Méniel, "L'importation du b?uf à la période romaine : premières données, les fouilles de Gournay-sur-Aronde", in Revue archéologique de Picardie, 1983, n°4 (persee.fr, consultée le 09/11/2017)
  • J.-L. Brunaux, P. Méniel, "Le sanctuaire de Gournay-sur-Aronde (Oise) : structures et rites, les animaux du sacrifice", in Revue archéologique de Picardie, 1983,n°1 (persee.fr, consultée le 09/11/2017)
  • J.-L. Brunaux, P. Méniel, F. Poplin, Gournay I : Les fouilles sur le sanctuaire et l'oppidum (1975-1984), Revue archéologique de Picardie, 1985 (persee.fr, consultée le 09/11/2017)
  • J.-L. Brunaux, P. Méniel, M. Rapin, "Salle de Gournay-sur-Aronde (Oise), sanctuaire gaulois", in Revue archéologique de l'Oise, 1979, n°17 (persee.fr, consultée le 09/11/2017)
  • J.-L. Brunaux, P. Méniel, M. Rapin, "Un sanctuaire gaulois à Gournay-sur-Aronde (Oise)", in Gallia , 1980, n°38/1 (persee.fr, consultée le 09/11/2017)
  • J.-L. Brunaux, Ph. Marquis, P. Méniel, "Les recherches à Gournay-sur-Aronde : bilan et perspectives", in Revue archéologique de l'Oise 1978, n°13 (persee.fr, consultée le 09/11/2017)
  • M. Jaussaud, N. Caudro, A. Rapin, L. Uran, "La restauration des armes gauloises provenant du dépôt de Gournay-sur-Aronde", in Revue archéologique de l'Oise, 1978, n°13 (persee.fr, consultée le 09/11/2017)
  • P. Lévêque, "Un sanctuaire bellovaque : pourriture de la chair et genèse de la nation", in Dialogues d'histoire ancienne, 1986, n°12 (persee.fr, consultée le 09/11/2017)
  • Th. Lejars, "Les armes en fer : une source d'information privilégiée pour l'étude du fonctionnement des sanctuaires celtiques", in Mélanges de l'Ecole française de Rome, 1996, n°108 (persee.fr, consultée le 09/11/2017)
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