Abillicedo — Nom de potier attesté par une estampille découverte à Xanten (Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Allemagne). Les formes Billicedo / Billicedona / Billicedonus sont également attestées dans le corpus onomastique. L’origine du « A » initial de la forme Abillicedo reste discutée.
Sur une estampille de potier, la lecture repose sur un support très contraint : quelques lettres seulement, imprimées dans l’argile encore fraîche puis durcies à la cuisson. Dans ce cadre, chaque signe est censé être significatif, et l’on pourrait a priori supposer qu’aucune lettre n’est superflue. C’est pourquoi la forme ABILLICEDO F(ecit) a été lue comme un tout stable, où le nom du potier serait Abillicedo. Cependant, lorsqu’on replace cette lecture dans l’ensemble des attestations connues — où apparaissent Billicedus, Billicedona et Billicedonus — un décalage apparaît. Le « A » initial devient alors un point d’interrogation : fait-il réellement partie du nom, ou relève-t-il d’un problème de lecture, d’une usure du support, ou d’une segmentation fautive de l’estampille ?
Le premier élément pourrait être rapproché d’un thème aballo- « pommier », comme dans l’anthroponyme Abillius. Cependant, si l’on ne retient pas le « A » initial, on obtient un thème billi-, qui pourrait être rapproché du gaulois bili- / billi-, attesté dans plusieurs anthroponymes et toponymes et généralement mis en relation avec le vieil irlandais bile « grand arbre, arbre sacré ». En revanche, le second élément, -cedo-, ne reçoit pas d’interprétation explicite chez Xavier Delamarre.
On peut dès lors se demander si ce second élément pourrait être rapproché d’une racine indo-européenne *ked- « aller, marcher, se mouvoir ». Une telle hypothèse conduirait à envisager, avec prudence, un composé évoquant l’idée d’un « arbre (éventuellement un pommier) en mouvement » ou d’une « forêt qui marche ». Cette interprétation trouverait un écho dans un motif bien connu des traditions narratives indo-européennes et médiévales, celui de la forêt mouvante, illustré notamment par la forêt de Birnam dans Macbeth.
Une telle lecture demeure toutefois conjecturale : elle suppose à la fois l'identification de -cedo- avec un thème issu de *ked- et l'acceptation d'une interprétation mythologique du composé, deux points qui restent à démontrer.