AMBIORIX ÉCHAPPE DE JUSTESSE À MINUCIUS BASILUS [PRINTEMPS / ÉTÉ -53]
Ambiorix échappe de justesse à Minucius Basilus (printemps / été -53)
Printemps / été -53 av. J.-C. César traverse la vaste forêt des Ardennes pour mener une campagne contre Ambiorix. Il avance rapidement et en secret, envoyant sa cavalerie en éclaireur sous les ordres de Minucius Basilus, avec consigne de ne pas allumer de feux afin de ne pas signaler leur présence.
La cavalerie surprend de nombreux ennemis dispersés et atteint Ambiorix lui-même par surprise. Celui-ci échappe de justesse à la capture grâce à la configuration des lieux : sa résidence est située en zone boisée, ce qui permet une résistance temporaire de ses proches et surtout sa fuite grâce aux forêts environnantes.
Suite à cette attaque soudaine, Ambiorix ne tente pas de rassembler une armée. Il choisit plutôt de se disperser en envoyant des messagers pour ordonner à chacun de se mettre à l’abri. Les habitants de la région fuient alors massivement : certains se réfugient dans la forêt des Ardennes, d’autres dans les marais, d’autres encore dans les îles côtières, et beaucoup quittent même leur territoire pour se disperser ailleurs avec leurs biens.
Sources littéraires
César, Guerre des Gaules, VI, 29 :"Comme les blés commençaient à mûrir, il partit lui-même pour la guerre d'Ambiorix, par la forêt des Ardennes, qui est la plus grande de toute la Gaule, et qui, s'étendant depuis les rives du Rhin et le pays des Trévires jusqu'à celui des Nerviens, embrasse dans sa longueur un espace de plus de cinq cents milles ; il envoya en avant Minucius Basilus avec toute la cavalerie, dans l'espoir de profiter au besoin de la célérité des marches et de quelque circonstance favorable. Il lui recommanda d'interdire les feux dans son camp, afin de ne pas révéler de loin son approche ; et lui annonça qu'il le suivrait de près."
César, Guerre des Gaules, VI, 30 :"Basilus suivit exactement ses instructions ; et, après une marche aussi prompte qu'inattendue, il prit au dépourvu un grand nombre d'ennemis répandus dans la campagne : sur leurs renseignements, il se dirigea vers le lieu où l'on disait qu'était Ambiorix avec quelques cavaliers. La fortune peut beaucoup en toute chose, et surtout à la guerre. Car si ce fut un grand hasard de surprendre Ambiorix sans préparatifs de défense, et avant qu'il eût rien appris de l'approche des Romains par le bruit public ou par des courriers, ce fut aussi pour lui un grand bonheur, qu'après s'être vu enlever tout l'attirail de guerre qu'il avait autour de lui, et prendre ses chars et ses chevaux, il pût échapper à la mort. C'est pourtant ce qui arriva, parce que sa maison étant située au milieu des bois (comme le sont généralement celles des Gaulois, qui, pour éviter la chaleur, cherchent le voisinage des forêts et des fleuves), ses compagnons et ses amis purent soutenir quelque temps, dans un défilé, le choc de nos cavaliers. Pendant ce combat, quelqu'un des siens le mit à cheval ; et les bois protégèrent sa fuite. Ainsi la fortune se plut à la fois et à le jeter dans péril et à l'y soustraire."
César, Guerre des Gaules, VI, 31 :"Ambiorix ne rassembla point ses troupes ; était-ce à dessein, et parce qu'il ne jugea pas à propos de combattre, ou faute de temps, et à cause de l'obstacle qu'y put apporter l'arrivée subite de notre cavalerie, qu'il crut suivie du reste de l'armée ; c'est ce qu'on ne peut décider ; il est toutefois certain qu'il envoya secrètement des messagers dans les campagnes pour ordonner à chacun de pourvoir à sa sûreté. Les uns se réfugièrent dans la forêt des Ardennes, les autres dans les marais voisins. Ceux qui étaient le plus près de l'Océan se cachèrent dans ces îles que forment d'ordinaire les marées ; un grand nombre, quittant leur pays, se fixèrent, avec tous leurs biens, dans des contrées tout à fait étrangères."
Sources: • Julien Quiret pour l'Arbre Celtique
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique