Le Incipit Borama, est principalement conservé dans le Book of Leinster (XIIᵉ siècle), qui constitue le principal témoin du texte. Le dernier feuillet du manuscrit étant perdu, la fin du récit, ainsi que quelques passages lacunaires, sont restitués à partir d'une recension conservée dans le Book of Lecan (XVᵉ siècle). Les éditions modernes reposent sur la confrontation de ces deux témoins.
Le Incipit Borama retrace l'histoire du lourd tribut imposé au Leinster par les hauts rois d'Irlande. Après avoir raconté son origine légendaire et les nombreuses tentatives des rois du Leinster pour s'y soustraire, le récit accorde une place centrale au roi Brandub, dont les exploits militaires et les ruses permettent de résister temporairement au pouvoir du haut roi. Toutefois, ce n'est que plusieurs générations plus tard que le saint Mo Ling, par son autorité spirituelle et une habile négociation avec Fínnachta Fledach, obtient la suspension du tribut. Le récit montre ainsi le passage d'une résolution par les armes à une résolution fondée sur la sainteté et la parole sacrée.
La dernière partie du récit, centrée sur Mo Ling, s'ouvre sur une Irlande encore dominée par les tensions politiques suscitées par le Bórama, toujours réclamé par les hauts rois, sous le règne de Fínnachta Fledach. Poursuivi par les hommes du roi, le saint traverse l'espace sacré et politique de l'Irlande en accomplissant des gestes chargés de pouvoir : il sonne sa cloche, protège les troupeaux du Leinster et détourne les forces hostiles.
Au fil de son chemin, Mo Ling transforme chaque rencontre en moment de révélation ou de miracle. Les frontières entre guerre et paix, royauté et sainteté s'effacent sous son autorité spirituelle. Même les affrontements prennent la forme de signes : visions, animaux symboliques et paroles poétiques. Le monde qu'il traverse devient progressivement soumis à une logique différente, celle de l'intercession et du jugement divin.
Lorsqu'il rencontre Fínnachta, la confrontation ne se résout pas par la force mais par la parole et la médiation. Face à la puissance spirituelle du saint, le roi accepte des compromis et des délais, notamment autour de la promesse d'un report « jusqu'au Jour du Jugement ». À travers cette négociation, le Bórama cesse d'être un simple tribut pour devenir un enjeu moral et eschatologique.
Dans les moments les plus intenses du récit, Mo Ling agit comme médiateur entre Dieu et les hommes. Il prie, obtient des résurrections, prononce des strophes protectrices et ordonne le monde par sa parole.
Le récit s'achève sur une transformation symbolique : le pouvoir royal demeure, mais il est désormais encadré, limité et interprété par l'autorité des saints. Le Bórama devient ainsi le lieu d'un basculement narratif où la violence politique est progressivement absorbée par un ordre chrétien, dans lequel la parole sacrée l'emporte sur la contrainte.
Incipit Bórama
Il y eut un haut roi sur l’Irlande, à savoir Túathal Techtmar mac Fíachach Finnfolaid meic Feradaig Findfechtnach. C’est ce Túathal qui prit l’Irlande par la force. Par lui fut tué Elim mac Conrach, dans la bataille d’Aichle, près de Tara ; et il mit en fuite les Ulates dans vingt-cinq batailles, et les gens du Leinster dans vingt-cinq autres, et les hommes du Munster dans trente-cinq, et les gens du Connacht dans vingt-cinq. Cela fut en vengeance pour le meurtre de son père et de son grand-père, que les tribus vassales d’Irlande avaient tués. Car ce furent les tribus vassales d’Irlande que Túathal Techtmar vainquit dans toutes ces batailles.
Ainsi, ensuite, il s’établit à Tara, et la Fête de Tara fut célébrée par lui. Vinrent à lui les hommes d’Irlande, hommes, femmes, garçons et filles. Et ils donnèrent une garantie de tous les éléments, qu’ils ne contesteraient jamais la royauté d’Irlande avec lui ni avec sa descendance.
Voici les rois des provinces qui étaient présents à cette fête : Fergus Febail, roi d’Ulster ; Eogan, fils d’Ailill Erand, roi de la province de Cúrói ; Eocho, fils de Dáire, roi de la province de Eocho mac Luchtai ; Conrach, fils de Derg, roi du Connacht ; Eochu, fils d’Eochu Domlen, pour le Leinster.
Or Túathal avait deux filles aimables, dont les noms étaient Fithir et Dárfine. Et Eochu fils d’Eochu Domlen, roi du Leinster, prit pour épouse la fille aînée, à savoir Fithir, car à cette époque ce n’était pas la coutume en Irlande que la plus jeune fût mariée avant l’aînée. Alors Eochu emmena son épouse à Raith Immil au Leinster. Or cette fille de Túathal était l’enfant adoptive bien-aimée du roi du Connacht. Cependant les gens du Leinster dirent à Eochu : « Meilleure est la fille que tu as laissée. » C’est pourquoi il retourna de nouveau vers le nord, à Tara, et dit à Túathal[[[ : « La fille que j’ai épousée est morte, et je désire que ton autre fille me soit donnée. » Alors Túathal répondit et dit : « Si j’avais cinquante et une filles, elles te seraient données jusqu’à ce que l’une d’elles convenne comme épouse. »
Après cela, la seconde fille lui fut donnée, à savoir Dárfine. Elle était l’enfant adoptive du roi d’Ulster, et Eochu l’emmena à Raith Immil, le lieu où l’autre fille avait été avant elle. Mais lorsque Fithir vit Dárfine, elle mourut aussitôt de honte. Lorsque Dárfine vit la mort de sa sœur, elle mourut de chagrin. Après cela, la toilette mortuaire des deux jeunes filles fut accomplie à Ath Toncha (« le Gué du Lavage »), si bien que chacun disait : « Rude est ce lavage ! » C’est pourquoi la forteresse voisine de Garb-thonach (« Lavage rude ») porte ce nom.
Après cela, la vérité de cette histoire parvint à Tara jusqu’à Túathal. Ensuite Túathal envoya la nouvelle au roi du Connacht, père adoptif de Fithir, et au roi d’Ulster, père adoptif de Dárfine. Ils rassemblèrent leurs armées et les conduisirent au lieu où demeurait Túathal Techtmar. Or, lorsqu’ils se rencontrèrent en un même endroit, Túathal dit : « Terrible est l’acte que le roi du Leinster a accompli : la mort de mes deux filles par sa trahison. »
Ainsi parlait-il, et il composa un poème :
Fithir is Dáirine da ingin Tuathail turaig. marb Fithir do nárine marb Dárine dá cumaid
At aidbli na hécóra atberim ropa détla. at tromma na tuicthena. a tabairt i ndáil n-éca.
D'oenlámnad ructhasom. da ingin Tuathail trétaig. at tréna na tuicthena in n-úair aile la hécaib.
Fithir álaind inmálla ingen ardríg na Temra; rob í a tochmarc dingbála in ben dorat rí Berba.
Má dorochair Dárine ac rig Lagen do línib. atbiursa ní máigine. is dimsa tic a dígail.
Ma ra thuit m'ingenrad rádim rib ni rád clithi; digéltar ar Lagnechaib arna laechaib a lLifi. F.
Alors les gens du Connacht dirent qu’ils ne quitteraient pas le Leinster sans une bataille. Les Ulates dirent la même chose. Cependant le roi d’Irlande déclara : « Je n’ai aucun désir, dit-il, de livrer bataille aux hommes du Leinster. Et si tel est votre conseil, que chacun attaque ceux qui sont en face de lui. »
Or tout leur nombre était de vingt-deux mille hommes. Alors les gens du Connacht avancèrent par Gualu jusqu’à Naas, et là ils établirent leur camp. Cependant les troupes de Tara, avec le roi d’Irlande, marchèrent par Grafrenn, par Buaidgein, par la rivière Rye, par Maynooth, jusqu’à Naas, et là ils établirent leur camp. Alors les Ulates marchèrent par Ésa, par Odba, par Fithairt, par Foendruim, jusqu’à Lethduma, et là ils établirent leur camp.
Alors les hommes du Leinster avancèrent à leur rencontre, et livrèrent bataille aux Ulates. Fergus Febail, roi des Ulates, tomba dans cette bataille, et avec lui les champions des Ulates. Le reste des troupes marcha plus loin et brûla Naas et Alinn, Maistiu et Ráiriu, et ils détruisirent Bairc Bresail (c’était une forteresse de bois imputrescible, qui avait été construite par Bresal Brathirchenn, le haut roi du monde). Les hommes du Leinster, au nombre de neuf mille, avancèrent à leur rencontre, et ils livrèrent bataille à Ráith Immil, qui aujourd’hui est appelée Garb-thonach. Un combat violent et guerrier fut livré entre eux, et les hommes du Leinster furent mis en déroute, car « l’équité du combat » ne leur fut pas accordée. Alors Eochu fils d’Eochu Domlen, roi du Leinster, fut tué dans cette bataille, et avec lui vingt rois.
Depuis le commencement de l’automne jusqu’au commencement de la fête de la Toussaint, Leth Cuinn ravagea le Leinster, jusqu’à ce qu’enfin les hommes du Leinster fassent la paix avec Túathal (et acceptent de lui donner) le prix du sang de ses filles. Et il laissa la royauté du Leinster à Eochu fils d’Eochu Domlen.
Or voici le prix du sang : Trois fois cinq mille vaches ; trois fois cinq mille porcs ; trois fois cinq mille manteaux ; trois fois cinq mille chaînes d’argent ; trois fois cinq mille moutons mâles ; trois fois cinq mille chaudrons de bronze ; un grand chaudron de bronze dans lequel douze porcs et douze bœufs pourraient entrer, dans la maison de Tara elle-même ; trente vaches blanches aux oreilles rouges, avec des veaux de la même couleur, avec des liens de bronze et des attaches de bronze, et avec leurs seaux à lait (?) de bronze en plus.
À ce sujet fut chanté :
Tuathal Techtmar techta in talman tictís co Tuathal dia thaig; deich cét do chathaib ro chuibsig cóic achaid Uisnig ro air.
Is é Tuathal tall a cinnu dena cóicedaib cen chleith; is é doringne flesc láma tinne dána tána eich.
Da ingin ac Tuathal Tectmar cumma cenco ructaís lib; siniu a meicc 'nat a méra giliu 'nát néla do nim.
Fithir is Dárine dondgel inniasat dúib immar bías. da ingin ac Tuathal Tectmar ba holc dúachad debtha in dias.
Fithir fúair tochmarc i Temraig tennáil tigi Rossa Rúaid; Eochu mac Echach a hAlind ba trebthach a ainim d'úail.
Álaind in ben ben meic Echach ingen Tuathail Taulcha Glaiss. curu briss a céile a connáil far sub Slébe Collain cais.
Gebidsium remi cu Temraig taebgel Trusten nirba thúr. anaidsi thess ar Maig Mugna budiu na mess cumra a cúl.
O rosiacht in fersain Temraig. tilach i tomled mid medb. innisid a mnaí do mochéc ra boí for drochsét co derb.
Ros frecair fírflaith fer funid atrubairt i Ráith Móir. rot fia Dárine ni daidbir cu lámire d'falgib óir
Tug leis a mnaí co Mastin máethnaediu Themra Da Thí; fuair sidéic a síair i slánti do chriaid fir na báirci hí
Rop olc le sárgud a sethar imma céile niro cheil. Atbail noedenán de náire cóegeran oc Sláne sein.
Mar atbath Dárine dondgel do décsin ar Fithir find. is dia cumaid is marb Fithir. uch ropo rithir in raind.
Nostic in sruithsain ria samain sruth mná Nechtain cussin neim. ro bóe longphort accu i nAlmain cu taite samraid iar sain.
Sirset in cóiced im Charman. o Charmun co Commur cass; ní hénairt immar doringned ruc héraic a ingen ass.
Adbol inn eraic ra hérim innises fer brec nach beo. tri . l. cét bó cach bliadna ba garit lán Liamna leo.
Tri . l. c. slabrad n-argait álaind ro thaitnítis thall. is adbal & ni sáebgo slabrad cacha oenbó and.
Tri . l. c. mucc no méttais i mmórchailtib i mbít luin. tri . l. c. moltrad mongach nucun olc in chongab chruid.
Tri . l. c. lendbratt Liffi ligda lettais dara lár. tri . l. c. n-anart n-imda co ndath n-adarc mirrda mán.
Tri . l. c. core n-uma i mberbthea mid Maige Móein; molt ris mbenad ucht araile ba hé lucht in choire chóeim.
Coire uma dib i Temraig dá muicc déc and sís 'ma sech. in da muicc déc nucu dírad iss ed ro línad a leth.
Cert comlin na mucsain d'aigib iss ed nos tailled aice thall. is desin ba lán in caire docurthea ár aige and.
O ré Thuathail dóib cá toboch. co ré Fínnachta na forc. da fichet ríg do chlaind Tuathail ros ben a bruachaib Bríg Molt. T.
Ensuite Túathal tomba en Dalaradia, à Móin in Chatha (« le Marais de la Bataille »), par Mál fils de Rochride, lorsqu’il eut accompli cent dix ans, dont il passa trente dans la royauté d’Irlande.
Après cela Mál fils de Rochride prit la royauté d’Irlande et leva le Bórama .
Après cela Fedlimid Rechtaid le leva sur Cú Corb, et Cú Corb fut tué par Fedlimid dans une bataille.
Alors Conn fils de Fedlimid le leva après de nombreuses batailles.
Conaire, le gendre de Conn, le leva.
Alors Art prit la royauté d’Irlande, et il réclamait le Bórama , mais ne l’obtint pas sans batailles.
Cormac mac Airt leva le Bórama .
Fergus Dubdétach le leva pendant une année.
Ensuite Carpre Lifechair prit la royauté d’Irlande, et il réclamait le Bórama aux hommes du Leinster. Mais Bressal Belach, fils de Fiacha Bacced, déclara qu’il ne le paierait pas sans bataille. Alors Carpre Lifechair fit un rassemblement complet de la moitié de Conn et marcha jusqu’à Cnámross au Leinster. Alors les hommes du Leinster se rassemblèrent et marchèrent jusqu’à Garb-thonach. Et Bressal leur demanda : « Comment livrerons-nous la bataille ? » Et il prononça un poème :
Denaid dún bar comairli a lucht in chóicid chnedaig. apraid rind a roLagniu in síd is lib vel in debaid.
Nim chomlín in cathasa d'feraib na Herend uile. atmaim dúib in fathsa noco chelim ar duine.
Sóid goí ar uathad sochaide acna feraib a Fanait. is nám i tuind rothuile ríge neich ica namait.
Is úanne na hécóra is sind ro briss in cóemna; is aire 'sam etána. ni fess nach form bus ráena.
A n-as ferr dot chomairlib a meicc Fiachach na tána. airisem ri roLagnib. fiss úait co Find inn ága.
Fíanna Find co faebraige tinóil a meic na flatha; bít acut i n-oenbaile remut i cend catha.
Find fer álaind uirnide. isat ilerda a scéla; da tora Find Almaine armslaide ár sain dena. D.
« Que quelqu’un soit donc envoyé par toi, ô Bressal », dirent les nobles de la province, « auprès de Find fils de Cumall. » « Ce ne sera personne d’autre que moi-même », dit Bressal, « et vos nobles avec moi. »
Alors il partit vers le sud, jusqu’à Rind Descirt, qui est aujourd’hui appelé Rind Dubain Ailithir, un lieu où se trouvait Find. On demanda des nouvelles du roi du Leinster dans la demeure du champion royal d’Irlande, à savoir Find fils de Cumall. Ensuite le roi raconta ses difficultés et dit : « Ce n’est pas pauvreté (?) pour celui qui viendra écarter ce tribut accablant de la province du Leinster ! » Et ainsi lui parlait-il, et il prononça un poème :
A Find in n-érgi ri báig. in bia & Lagin d'oenláim. ma thici erig fer chath, ra primthuathaib na Temrach.
In cualadais in cáin truimm; berair úain i lLeth Cuind; trícha bó nór mile do búaib cáema comdine.
In cualadaisiu Lagin. do thuttim i n-oenmagin nó'n cualadais fichit ríg do thuttim trísin migním.
Or memais mo chride cain. acht mani diglorsa m'athair; mani imriu a úabur ard ar Corpriu Liphi lángarg
Mairg triallas cen luing dar ler. mairg triallas a hard i n-isel; mairg bale bís ar da raind. mairg dobeir sar for saerchlaind.
A meic Cumaill aidble glond geib immot is imthigeom; gebid bar n-armu co grind & éirgid a fían Find. A Find.
Après cela Find se leva, et ses guerriers avec lui. Ils partirent, ayant leur gauche tournée vers la Barrow, jusqu’à Rind Roiss Bruicc, au-dessus de la Barrow. Le champion royal s’assit sur une hauteur au-dessus du bois. Il aperçut une troupe mélodieuse, flottant en bandes, montant au ciel et descendant.
« Quelle troupe est-ce là ? » demandèrent les Fianna. « Ce sont des anges », dit Find, « la maisonnée du Roi du ciel et de la terre. Et des hommes tonsurés viendront ici, à l’endroit où sont ces anges. »
Or il y avait là trois des frères nourriciers de Find, à savoir les trois fils de Fiacha fils de Conga. Voici leurs noms : Mo Ling Lúath, Cellach le Chauve, et Braen. Ils ne furent pas longtemps là avant de voir venir vers eux Mo Ling Lúath. Quand Find le vit, alors Find prononça ce poème :
Mo Lling Lúath Cellach Bróen bil. tri meic Fiacha cosin neim. Druim nDubglaisse i failet airm. níba úadib ainm fair sein.
Doragat sunda dá n-éis. bid glan a séis immon ross. bo chichlet angil ó Día niba lía dulli for doss.
Brénaind Birra Brenaind fáid. níba tláith ticfait in ross. daraga na ndíaid don glind. Mo Lling fáid co cétaib cros.
Dia dom dítin Dia dom fis. Dia dom chomét d'iplib doss. co ragba ra hanmain Find tairngires Mo Lling sin ross.
Tellach Brenaind sin Druim. in tellachsa tellach Find. in tres tellach as dech lem. tellach as ferr Teg Mo Lling. M.
Après cela demanda : « Pourquoi êtes-vous venus ici ? » Alors Find dit : « Le roi du Leinster est venu se plaindre auprès de nous de sa détresse et de son grand besoin, à savoir que les hommes d’Irlande avec Carpre Lifechair allaient lui déclarer la guerre ou lever le Bórama . Nous désirons aller dans la bataille des hommes du Leinster. » Mais Mo Ling dit à Find de ne pas marcher avec peu d’hommes contre le roi d’Irlande, avec tous les hommes d’Irlande autour de lui. Or voici le nombre que Find avait alors : quinze cents champions royaux, et trente hommes avec chacun de ces champions royaux. Cependant Mo Ling Lúath dit à Find : « Reste avec nous cette nuit, et tu recevras en abondance des provisions choisies. Même si les lieux d’où elles viennent sont éloignés les uns des autres, elles seront apportées en un seul endroit. »
Ainsi Mo Ling parlait avec Find, et il prononça un poème :
Rot fíasu i mBroccross a Find inn ága. mónaind na móna saill muicce Slánga.
Dercain a dithruib stáec thuirc na tuinne. eóin Airir Lemna. iaich Berba bruinne.
Fulocht Chind Tíre. íasc Inbir Feile. féoil daim Chnuicc Cláre. saill bruicc a Bérre.
Cnoi a lLettraig Faelchon a Fid Daruba. sméra gréne Sléibe da Duma.
Na hubla álli a fedaib Cua. na háirni a hÉblind fid foenglind Fua.
Suba a Sléib Bairchi rot bía co hálgen. léeig beca ar beraib. a fedaib Cáibden.
Gatal a Gatlaig. Bran o Thul Tuinne. Gúaire na háebe Dub Daele Duinne.
Ferscar is Cara ticfait dot chobair. Ferdomon failech. Cellach Cind Magair.
Cúanu ó Chreicc Escne Fer úaine a hAidne. Dubróit Dubdola Fer Aba a hAilbe.
Imcían is Rúadchú. Nertach is Lía. triar tend dorat roa is ferr rot fia. Rot fiasu.
Après cela la Fían se leva et lâcha ses chiens. Le champion royal regarda ses chiens et son armée, et alors il dit : « Un chemin de meutes de chiens est Ross Brocc cette nuit », et il prononça un poème :
Ross mBrocc indiu is conair chúan. romuir rúad etar da hall. cian garit ticfait naím ind. bid Teg Mo Lling a hamm.
Báethlaig mera nach mín céim. cailig feda 'man fid ngluair. giugraind gergga cocrait gáir. sám ra brocnait beith na úaim.
Uanbach tond tarclaim ra hor. condál con fa chétaib cúan. rosbía talcind dar lind láin. focerdfet imme ar n-úair.
Gáir na Gairbe clithar fid. maigre na srib súas do ráith. allgaire cúach mellach lind eicet cor find foscod tráid.
Taídiu gríanach géntar leis. beith ara greiss bid maith lem; cian garit ticfat naím ínn. Molling ainm intí 's a cell.
Ar cúl ra doithnennán dían. ar n-aiged ra Slíab da Róen. arráir dúin i Sléib dá Thorc. innocht co Ross mBrocc na mbróen.
Foimsid a Núado dubnóin duind. dar tuind sruthra sále sing. i fíad Femin. i Fid Crott fácaib Ross mBrocc ná bí ind.
Ébind lem réclam daim dein. resin féin i Fid da Dall. rémteán tuinne dar taíb cúain fogur essa uair ra hall.
Ille alle da cét náem. doria don ráen co Ross mBrocc. . lx. bliadan cethri chét co torset in port.
Niba sind dobéra in císsa co grind. níba cath níba crech. niba nech acht mad Mo Lling.
Dofáeith lind. Fathaid tualaing comól grind i ndígail meic Bresail báin. dofaethsat flaithe Fáil find.
Glórach for Dubglaiss innocht. feraid folc Fid da Brón. nocon hi cheiles a tairm sniges risin Gairb a glór.
Glór na gáethi tresin sín. mar is déoin ra ríg na mbreth. in t-usce sís ina rám. n sále anís immasech.
Snigid snechta do cech róen. d'indaib cráeb a caillid cúan; atracht snechta d'ianaib Fáil. is ard gáir in mara múad.
Enguba essa ra hail. fuaim crotti Brain broscor niad. caísecha Duib Dithruib déin. fodorddán Céin meic da rían.
Comnuall na n-ela don tuind. esnad daim duind digrais band. fodord féne ra fúaim sreb éngair ra gren gním nad gand.
Bid adba caingen can chacht. bid adba anngel 'man port. adba íath adba én mbec. adba lecc ngér Ross na mBrocc. R.
Ils se rendirent ensuite à la résidence royale de Mo Ling Lúath. Ils furent disposés, chacun d’eux, selon ses dignités et ses honneurs. Des mélodies furent chantées, jusqu’à ce que toute cette demeure fût un son (?) de musique d’un coin à l’autre.
Il y avait trois guerriers en présence du champion. Voici leurs noms : Miledán, Ethladan, et Énan de la Cabane froide. Énan de la Cabane froide était au milieu d’eux.
Voici la vision d’Énan concernant le Bórama . Voici ce qu’il vit : des clercs devant lui à la messe, avec autour d’eux des vêtements de satin fin, et lui-même parmi eux, célébrant la messe avec eux. Les clercs qui étaient là étaient ceux-ci : [Saint] Mo Ling, avec sa communauté ensuite. Après cela Énan se leva et regarda autour de lui l’armée. Et l’armée qu’il vit là lui sembla une merveille. Et il prononça un poème, et il annonça que des clercs viendraient :
Ross mBruicc bale buredach os tuind Berba bánglaine. Talcind ina tromdámaib contrebfat re thaíb; Bid é in t-inad ardúasal bid cend uide ailithrech i n-amsir na náem.
Aille uathmar eidnenach inad na n-oss n-altaide ros bia Brénaind borrfadach atchonnarc im súan. gáir na Gairbe gainmige ra tul tunne tulgurme glend ailenach úar.
Taidiu corach camlintech ba hur cairrggi cráebglassi doroset sund sochaide da himthecht ar Día. da cét náem co nárglaine munter Comded cumachtaig Mo Lling lúam na fírinne cid fota daría.
Atchuala na haiffrenna atchondarc na saltracha na sreith táeb ra táeb. cromcind ataconnacsa cona crannaib cromcenna. atchonnac na Talcenna taidbsiu na náeb.
Mo Lling luam na fírinne fáid Meic Maire mórglonnaig. misse fora chomairge co bráth o 'ndiu immach. beit clerig na comnaide úas altorib anglide. doraga fer foluamnach atúaid a mMaig Rath.
Taige ardda airerda cruaidi & comnarta filet sund innocht. epscuip & ancharait uasail. & ailethraig dá n-éis i rRoss mBrocc. R.
Trois jours et trois nuits Find fut en ce lieu avec sa Fían, jusqu’à ce que les champions d’Irlande vinssent à lui de tous côtés.
Après cela ils marchèrent tous vers Ráith Immil, qui aujourd’hui est appelée Garb-thonach. Alors le champion royal, Find fils de Cumall, demanda : « Où, dit-il, sont mortes les jeunes filles à cause desquelles ce tribut est levé sur le Leinster ? » Alors on lui indiqua le lieu. Et Find s’y assit et prononça un poème :
Mor in gním daringned sund. ma fuaratar fir forlund. da ingin ríg Temrach túaid ropsat mairb and fri oenuair.
Eocho mac Echach na nath. ranic reme tech Temrach; ropa chliamain ro baí than do ríg Themra do Thuathal.
Da ingin ic Tuathal trén. Fithirt is Dáirine atér; Dárine is Fithirt cen ail. da ingin Tuathail Techtmair.
Tucad d'Eochaid Fithirt find. i Temraig os raenaib rind. ba roga nuachair cen ach ingen Tuathail na Temrach.
Ceisid in rí ar Fithirt find. ropa gním ecóir imgrind. nó co tuc Dárine lais. anall o Themraig thaebglais.
Mar dorocht Dárine dond. rop adbol in t-anforlond; marb Fithirt de náre de. marb do chumaid Darine,
Danither tanach co trén. i tig meic Echach Domlén. d'ingenaib in ríg co rath. conid de atá Garbthonach.
Rasoich Temraig fis in scéoil. ropa gním áigsech acbéoil. tricha ar tri coícdaib ammaig. marba do mnáib da cumaid.
Ergit slúaig Ulad inn áig. & a n-ardrí d'óenláim; érgit slúaig Temrach na tlacht. & sluaig cóicid Connacht.
Conrach mac Deirg ba trén smacht. is é ropa ri Connacht; Fergus Febail fáth co ngail, is é ropo rí d'Ultaib.
Dalta ríg Connacht na cath rop hí Fithirt na primrath; dalta ríg Ulad na n-ech. rop hi Dárine dondgel.
Rí Temrach dá mile déc. iss ed tanic sund ar sét; sé míle d'Ultaib cen ach. se mile do sluag Connacht
Comraicit i Temraig tréin immon ngním n-aigsech n-acbeil; daniat comairle co mblad. la rig Temra la Tuathal.
Is ferr lemsa na cath. atubairt rí na Temrach; ní háil dam cath co crúadi. do slúag Berba brattúani.
Atubairt rí na Cruachna. a aithesc febda fuachda; niba coma acht cath mór mer. gebat o rígraid Lagen.
Atrubairt rí na hEmna. a athesc fuachda febda; conna gébad acht mad cath o Lagnib arna barach.
Ro raid rí Temrach cen tár. athesc allata imlán. táet cach úaib ina chomair. fo Lagnib in laechdolaid.
Ro gabsat sluaig na Cruachna. dar Gualu ba gnim fúachda. ráncatar Nás línaib nath sin matain arna bárach.
Ro gabsat sluaig na Temrach. dar Grafrend ba gním febda; dar Mag Múagend lith nad lac. dar sruth Rige dar Mag Nuadat.
Ro gabsat sluaig Ulad ré cách dar Esa dar Odba ngnáth. dar Fithart cusna fonna dar faenlergaib Faendromma.
Cengait Lagin ina ndail. fó chomrepind fo chombáig; coro thuitt Fergus fath nguba. arin leirg ós Lethduma.
Innister do ríg Themra. mar dorochair rí Emna; iss ed atrubairt rí Breg. is ascult ríg a munter.
Loiscther Nás is Ailend án. loscther Maistiu milib dál; loscther Roíriu ba rúad d'fuil. & múrther Barc Bresail.
Gabsatar na sluaig iar sain. co ráncatar Ráith Immil; slúaig na Temra tolaib tlacht. & sluaig cóicid Connacht.
Cengait Lagin ina ndáil. da ríg Temra ba trénbáig; coro fersatar cath crúaid. ra Ráith nImmil anairtúaid.
Tinól Lagen lathar nglé coic mile is cethri mile; . xii. mile mor ind neim. is . ui. mile na n-aigid.
Brister ar Laignib na llong. úair fuaratar ecomlond; marbthair rí Lagen sin chath. & térnaid ri Temrach.
Impáid rí Temrach fathúaid. co riacht Temraig in tromslúaig; iar marbad in fichet ríg. ruc leis éraic cen imsním.
Trícha bó findfergga. bat imlána oídergga; noí míle bó do ríg Breg i n-eraicc a da ingen.
A trian isin Temuir truim. is amlaid rainnit Leth Cuind; a trian i nEmain cen acht. a trían i Cruachain Connacht.
Mór de rígaib tiar & tair. ras teclaim co Temraig; in tsechtmad bliadain ba brón is and berair in chain mór. M.
Or la Fían était cette nuit-là à Garb-thonach. Ils se levèrent tôt le lendemain pour aller à la rencontre du roi du Leinster. Alors le corps principal de la Fían et le corps principal de la province des Galiáin (Leinster) vinrent et avancèrent en même temps contre la moitié de Conn. Ils étaient à Cnámross. Une bataille dure, guerrière, pleine de dépouilles, fut livrée entre eux, rang contre rang. Cependant la moitié de Conn ne put la supporter, si bien qu’elle fut mise en déroute, et neuf mille d’entre eux furent tués, y compris les trois fils de Carpre Lifechair : Eochaid, Eochaid Domlén et Fiacha Roptene. À ce sujet fut dit :
In cath ac Cnámros ni chelam coscrad síde. im thrí rígu docerddatar and tri trí míle.
Or après cela le Bórama ne fut pas levé sur le Leinster, jusqu’à ce que les trente princesses, et cent jeunes filles avec chaque princesse, fussent tuées à Tara par Dunlaing fils d’Enna Nia, (et de là viennent les Cloenferta à Tara), si bien que le Bórama fut de nouveau imposé au Leinster.
Depuis ce temps, les hommes du Leinster livrèrent de nombreuses batailles au sujet du Bórama , jusqu’à ce que Loegaire fils de Niall prît la royauté d’Irlande. Et voici ces batailles et ces exploits : la bataille de Maynooth, remportée de nouveau par Bresal Bélach ; la bataille de Cruachan Claenta, gagnée par Labraid contre Eochaid Mugmedoin ; douze batailles dans lesquelles Énna vainquit Niall aux Neuf Otages. Il y eut aussi la mort de Niall aux Neuf Otages à la mer d’Ictia, par le fils d’Eochaid Enna.
Après cela Loegaire fils de Niall prit la royauté d’Irlande, et rassembla avec lui la moitié de Conn pour lever le Bórama . Et il vint avec une armée dans le Leinster. Le roi du Leinster alors était Enna Cennselach, fils de Labraid, fils de Bresal Belach. Alors les hommes du Leinster se rassemblèrent autour d’Enna et livrèrent bataille à Loegaire, à savoir la bataille d’Ath Dara sur la Barrow. Loegaire y fut mis en déroute, et un massacre rouge de la moitié de Conn fut accompli. Et leurs têtes furent rassemblées, si bien qu’un tertre fut construit avec elles sur la rive de la Barrow, à Moyalvy.
De plus, Loegaire fils de Niall lui-même y fut pris. Alors il promit que s’il obtenait la vie sauve, il ne réclamerait jamais le Bórama . Puis il donna la garantie des Éléments en son nom, qu’il n’entrerait jamais dans le Leinster pour le réclamer. Mais cette promesse, il ne l’accomplit pas. Car au bout de deux ans et demi, il vint et enleva du bétail à Síd Nechtain. C’est pourquoi les Éléments prononcèrent une sentence de mort contre Loegaire près de Casse : à savoir, que la terre l’engloutirait, que le soleil le brûlerait, et que le vent l’abandonnerait. À ce sujet il est dit :
Atbath Loegaire mac Neil i taeb Chaisse glass a tír dúle Dé dars tanic dáil rucsat dáil báis forsin ríg.
Après cela Ailill Molt fils de Dáithí prit la royauté d’Irlande et réclama le Bórama . Voici donc les batailles dans lesquelles les hommes du Leinster mirent en déroute Ailill Molt et les autres rois qui régnèrent après Ailill Molt jusqu’à Aed fils d’Ainmire : la bataille de Luachair Breg ; la bataille de Duma Acher ; la bataille d’Ochas : celle-là fut contre Ailill Molt. Dans la dernière bataille, Ailill Molt tomba par Crimthann fils d’Enna. La bataille de Granne. La bataille de Tortu. La bataille de Druimm Ladgainn. La bataille de Breg Éle. La bataille de Fremu Mide, remportée par Falgge Rot fils de Cather. Vingt-huit batailles par le fils de Dunlang, par la bénédiction de Brigit. La bataille de Magh Ochtar contre Lugaid fils de Loegaire. La bataille de Druimm dá Maige. La bataille de Dún Masc. La bataille d’Ocha, la seconde bataille. La bataille de Slabre. La bataille de Cenn Srathe. La bataille de Findabair par Ailill fils de Dunlang. Une bataille par Corp Illadan ([« le corps d’Illadan ? »]). La bataille de Druimm Loegairi par Oengus et Fergus, deux fils de Crimthann fils d’Enna, contre Diarmait fils de Cerball.
Bien que les rois qui prenaient Tara aient l’habitude de réclamer le Bórama , beaucoup d’entre eux ne l’obtinrent pas sans une bataille.
Aed fils d’Ainmere prit la royauté d’Irlande. Voici les fils d’Aed : Domnall et Maelcoba le clerc, Gabrán et Cummascach. Ce Cummascach vint parler à son père, et il lui dit ceci : « Je voudrais faire le libre circuit de jeunesse à travers toute l’Irlande, et l’épouse de chaque roi d’Irlande passera une nuit avec moi. » Alors Cummascach partit pour le libre circuit d’Irlande, jusqu’à ce qu’il franchisse Rige, venant de ce côté vers le Leinster. Son nombre était de quatre bataillons. À cette époque, le roi du Leinster était Brandub mac Echach maic Muridaig maic Oengusa Brugaig maic Feidlimtbeo maic Ennai Chendselaig. Alors on annonça à Brandub que le fils du roi d’Irlande venait vers lui pour un « libre circuit ». Brandub dit : « Qu’un messager aille vers eux, et qu’on leur dise que je ne suis pas ici, mais que je suis allé en Bretagne pour lever des loyers et des tributs. Et qu’ils soient cantonnés depuis la Boyne jusqu’à Indeoin, et que chacun de nous tue l’homme qui sera logé chez lui. Que Cummascach lui-même vienne à moi avec trois cents fils de rois autour de lui, et je lui donnerai ma femme, comme les rois des autres provinces ont donné les leurs. »
Ainsi le cantonnement des gens de Cummascach fut effectué, et leur quatrième bataillon vint à la demeure de Brandub, à Belach Dubthaire, qui est aujourd’hui appelé Belach Conglais. Alors Cummascach s’assit sur le vert de la place. Des gens vinrent s’occuper de lui, et ils furent tous conduits dans une seule maison.
Ce jour-là vint Maedóc petit-fils de Dunlang rendre visite à Brandub, apportant des présents, à savoir : une fourche à viande et un chaudron, un bouclier et une épée. Il les montrait au roi, et il prononça un petit poème :
Failet sund aisceda ríg. a meic Echach cen imsním; aél co mbennaib braine. sciath is chlaidem. is chaire.
In t-aél a llus in bíd. iss ed as chubaid ra hardríg. in coire do bruith na n-om. ra orddaig Crist in comgor.
In sciath ra hucht in chatha. i n-agid na n-anflatha. in claideb do chlód na cath. bíd acut a meic Echach.
Condlaíd cerd Brigti ní chel. is é doringni in n-aél. Grésach doringne in caire do mac Néill do Láegaire
Claideb Crimthaind scíath Ennai. is uaimse darogébai aél meic ind éicis find. Coire Dubthaig ó Duiblind.
Dorat Laegaire na lend do Dubthach d'ollom Herend. Dorat Dubthach dían a gal. d'Fíac do mac a sethar.
Tuc Fíac do Dunlang don reimm. dorat Dunlang é do Ailill. Dorat Ailill damsa iar sain dosbiurtsa duitsiu a Branduib.
Mathi na cruid beri latt. aél is chore comnart; claideb Crimthaind arnat chuir. scíath Ennai is comderg ra fuil.
Is messi M'Aedóc na mmed. tussu Brandub rí Lagen; missi ac crábud 'sa comaid. tussu ic éirge ra folaid. F.
Ensuite Maedóc prit congé de Brandub, et composa ces quelques paroles :
M'aél trébend torcbálach. tucad lem do Brandub borbdálach. mo chore dron dergdualach. tucad uaim do mac Echlach ardbuadach. cet tinne rofíala. talla and fri béim n-aéla. M.
Après cela Maedóc partit.
Alors Brandub revêtit un vêtement d’esclave et appela Oengus fils d’Airmedach, roi d’Offaly, et lui dit : « Allons, dit-il, et mettons ce chaudron sur un feu et le remplir de porcs et de bœufs. Alors ils soulevèrent le chaudron sur un feu et le remplirent de sangliers et de bœufs. Un feu immense et violent, rouge et flamboyant, fut allumé autour de lui et les fit bouillir.
Alors le fils du roi d’Irlande dit : « Où est la femme de Brandub ? » Un message fut envoyé par lui à la reine. La reine vint parler avec lui et souhaita la bienvenue au fils du roi d’Irlande. Alors le fils du roi d’Irlande dit à la femme de Brandub : « Qu’une faveur me soit accordée par toi. » « Quelle faveur demandes-tu ? » dit la dame. « Ce n’est pas difficile à dire, répondit-il : que tu restes avec moi afin que je dorme avec toi. »
« Accorde-moi une faveur ! » dit-elle. « Quelle faveur demandes-tu ? » dit le fils du roi d’Irlande. « Ce n’est pas difficile, répondit-elle. Un délai : ne me retiens pas jusqu’à ce que j’aie fini de distribuer la nourriture à l’armée, afin que je puisse acheter mon honneur auprès d’eux. »
En vérité cette faveur lui fut accordée. Après cela elle partit jusqu’à ce qu’elle arrive au refuge secret de Dún Buchet. Et elle quitta complètement le lieu.
Alors Glasdám, le satiriste attaché au fils du roi d’Irlande, vint avec ses huit satiristes autour de lui, pour demander aux cuisiniers des provisions choisies. Brandub lui dit : « Veux-tu toi-même faire une poussée avec la fourche à viande, ou dois-je le faire ? » Le satiriste répondit : « Fais-le toi-même. » Alors Brandub enfonça la fourche à viande dans le chaudron, et d’une seule poussée il en retira d’en bas neuf morceaux. Il les donna au satiriste qui le regardait. « Par ma parole, dit le satiriste, ceci n’est pas un don d’esclave, mais un don de roi. » Et il l’emporta avec lui jusqu’à la maison où se trouvait le fils du roi d’Irlande, et là il dit la même chose.
Alors Brandub dit à Oengus fils d’Airmedach : « Remplissons une hotte et portons-la au fils du roi d’Irlande. » Ainsi fut fait. Les deux rois, à savoir Brandub et Oengus, soulevèrent la hotte sur leurs épaules, et ils laissèrent tomber son contenu en présence du fils du roi d’Irlande. Puis ils sortirent dehors et fermèrent derrière eux le grand battant royal de la porte du palais, car la force de neuf hommes était en chacun d’eux.
Après cela quatre feux furent placés dans la maison, un feu de chaque côté. Alors Cummascach dit : « Qui attaque la maison ? » « Moi », dit Brandub.
Alors Glasdám le satiriste dit : « Qu’aucune ruse ne soit exercée contre moi, dit-il, car j’ai mangé ta nourriture. » « Aucune ne sera exercée », dit Brandub. « Monte sur la maison, saute par-dessus le faîte, et élance-toi au-dessus du sommet de la flamme, et tu seras en sécurité loin de nous. » « Tu entends cela, ô Cummascach ? » dit le satiriste. « Revêts mon vêtement, dit le satiriste, et va-t’en dehors. »
Alors, de cette manière, Cummascach sortit, et il était très brisé. Ensuite il avança très faiblement jusqu’à Móin Cummascaig, près du vert de Cell Rannairech. Là Lochine Land, ancêtre des O’Lonáns, l’erenach de Cell Rannairech, le rencontra par hasard. Et après que Cummascach eut dit son nom, il lui coupa la tête. Et Lochine porta la tête au lieu où Brandub demeurait, et lui montra la tête. C’est pourquoi la liberté (l’exemption de coutume ou de tribut) est accordée à Cell Rannairech pour toujours.
Ce fut à cette époque que l’évêque Aedáin, l’évêque de Glendalough, vint leur rendre visite. Il était un frère utérin de Aed fils d’Ainmere. Le clerc dit ceci : « Terribles, dit-il, sont ces actes qui ont été accomplis. » « Sur qui seront-ils vengés ? » dit Brandub. Le clerc répondit : « Je le veux, même si c’est sur le fils de ma mère, à savoir Aed fils d’Ainmere. » Et il prononça un poème :
Guidim Comdid cumachtach comsid Cille Rannairechl^ rob é dígal Chummascaig guin Aeda meic Ainmirech
Guin Aeda meic Ainmerech atá duib i tairngire; rí in talman do thurchairthi is adbal ind anbthine.
Tri catha meic ardEchthach cu Aed inna urnaide. ticfa uair na dergmaitne is bud crúaid in comraicthe.
Guin Aeda iar nguin Chummascaig dagentar mar ármimse; sé míli mar maidimse scél firi radimse.
Bud garb gleo na cétaine do Themraig na torcraide. niba suail in lechtlaige bias re rígaib Lorcmaige.
Betit mnaa cana muntera betit fir i fuledaib betit meic for merugud du sceol meic meic Muredaig.
Bud cotach bud comfossad ce beit catha comdine bud cumthach bud comraichne ra hUltaib inn erslébe.
Is í seo mo chomairle do mac Echach anbthenach; na bíd in rí robladach. im síd ra mac Ainmerech.
Is ímo chomairle mairg nech doní dormaine; mairg faemas a anfine mairg móras a mogduine.
Dar Scadarc re sciathbudin doria mac meic Muridaig; dar Muntech dar Munigin dar Dámne co ndubfedaib.
Dar Étur dar Ardchaillid doria forgla ar tinoilni. dar Ard mBresta mbladaíbi dar sess Slane sribúaine
Dar Fé cusna fidlessaib dar romag re roslagaib; doria rena rodirmaib bud comraicthe comuabair.
Beit fir ina faenligi. re mac Echach erbadaig. snigfid fuil dar fidrengaib suidfit brain for bernadaib.
Atchiu goo gergorma osa slúag co llinmuire. atchiu adbar ármaige os rennaib a rigruide.
Atchiu chath can chuntabairt. atchiu in Badb ca thairngire. atchiu adbar irgaile ac sluag Berba barrglaine.
Atchiu maidm ar mórsluagaib. noco lem nach duanmebair. atchiu bróen dar sárslegaib atchiu Aed i n-úarilaid.
Atchiu ár ar Eoganchaib. atchiu lén ar aignechaib atchiu Leth Cuind comchubaid do thuttim re Laignechaib.
Atchiu ár i n-óenbaile ar Leth Cuind in chomlongaid atchiu chlaind Neill níamchoraig is a n-aigthe i n-oenchonair.
Atchiu mana morchatha for Leth Cuind co comramaib. atchiu degríg ndegLagen do dreim dara n-ormanaib.
Cretim Ísu n-archanglech in Rure ca rubimse; Rí nime ní chelimse is é in Comdiu gudimse. G.
L’évêque Aedáin dit ceci à Brandub : « Que des envoyés partent de chez toi vers Ailech, vers la demeure de Aed fils d’Ainmere, et qu’on lui dise que son fils a été tué dans le Leinster à cause de ses propres méfaits là-bas. » C’est pourquoi Brandub dit : « Ils seront envoyés. » Et il prononça un poème :
Tiagat techta úain co hAilech co rig nHerend n-irradach; inniset do ríg in tochair mar dorochair Cummascach.
Rop í in choinnem nemnech námat mac in dagríg deoradaig; is ed tánic ar sét tri . xx. cét d'Eoganchaib.
Doberthe chuice na lepaid do mac ríg na Samúaire; ben cach ardríg fúair i nHére do ríg Erne aduaire.
Téiged Munchorach is Murchad co teg Aeda degfledaig; teiged Cíar Caille & Daelgus is Oengus mac Airmedaig.
Inniset ar colbo Ailig in dáil imma tíagatsom; & na léicet sech láim in mbáig imma tiagatsom. T.
Alors les envoyés partirent vers le nord à travers l’Irlande, jusqu’à ce qu’ils arrivent à Ailech des Rois, où le roi d’Irlande et les nobles de la moitié de Conn avec lui buvaient leurs festins et leurs bières. Le roi d’Irlande demanda aux envoyés quelles étaient leurs nouvelles. Ainsi était le roi, buvant de l’hydromel, avec une corne de buffle belle comme une fleur dans sa main. Les envoyés dirent : « La nouvelle que nous avons, nous ne la dirons pas sans une récompense. » « Voici la corne pour vous », dit Aed. C’est pourquoi la « Corne des hommes du Leinster » est ainsi appelée à Ailech.
Après cela ils racontèrent leurs nouvelles : « Nous avons tué ton fils et massacré ses gens. » « Nous avions déjà entendu ces nouvelles », dit Aed. « Et pourtant vous partirez indemnes. Et nous irons après vous, vous le verrez. »
Après cela les envoyés repartirent du nord, jusqu’à ce qu’ils atteignent le lieu où Brandub demeurait. Et ils lui dirent que l’armée du roi d’Irlande venait dans le Leinster pour venger son fils et lever le Bórama .
Alors un grand rassemblement de la moitié de Conn fut fait par Aed fils d’Ainmere, et ils marchèrent en avant jusqu’à Rige des Laigin pour venger Cummascach et lever le Bórama , qui avait été payable comme tribut aux rois des descendants de Conn depuis le temps de Túathal Techtmar jusqu’alors. On annonça à Brandub que les hommes d’Irlande étaient à Rige. À cette époque Brandub était à Scadarc, dans le sud d’Uí Cennselaig. Et il marcha vers le nord, par Muntech, par Munichen, par Dáimine, par Étar, par Ard-chaill, par Ard Bresta, par la Slaney, par Fé, jusqu’à Belach Dubthaire, qui est maintenant appelé Baltinglass, à sa propre forteresse.
Alors l’évêque Aedáin vint auprès de Brandub. « As-tu des nouvelles, ô clerc ? » dit Brandub. « La moitié de Conn est à Baeth Eba, à Dún Búaca, dit l’évêque Aedáin, et là ils ont établi une forteresse et un campement. » « Va, ô clerc, dit Brandub, vers le fils de ta mère, à savoir Aed fils d’Ainmere. Et demande-lui une trêve demande-lui une trêve pour nous, afin que nos armées puissent venir jusqu’à nous. Et ensuite il obtiendra la paix ou le combat. »
Le clerc partit ensuite vers la tente du roi d’Irlande, et il fut accueilli. On lui demanda des nouvelles, et le clerc dit que Brandub était à Ráith Branduib sur la Slaney. « Pourquoi es-tu venu ? » dit Aed. « Pour te demander une trêve, avant la paix ou avant la bataille », dit le clerc. « Tu n’obtiendras pas cette trêve, » dit Aed, « jusqu’à ce que tu mettes ta main sur les trois membres que tu as lorsque tu engendres tes enfants. »
Alors le clerc fut irrité. Et il dit : « Comme Dieu me connaît, dit-il, qu’une louve emporte ces trois membresque tu as, jusqu’à cette colline là-bas ! » Et cela fut vrai : c’est pourquoi Tré-ball (« trois membres ») est appelé ainsi depuis ce temps.
Après cela le roi d’Irlande se leva, et la fureur s’empara de lui. Et les hommes d’Irlande se levèrent avec lui et marchèrent en avant, ayant l’évêque Aedáin avec eux.
Après cela ils arrivèrent à Belach Dúin Bolg (le « Passage du Fort des Sacs »). Le roi demanda : « Quel est le nom de ce passage ? » « C’est le Passage du Fort des Sacs. » « Quels sacs sont-ce ? » dit le roi. « Les sacs de provisions des hommes d’Irlande, qui seront laissés là cette nuit avec les hommes du Leinster », dit le clerc.
Après cela ils arrivèrent jusqu’à la Dalle. Le roi demanda : « Quel est le nom de cette dalle grise ? » « C’est la Dalle de la Brisure des Os », dit le clerc. « Quels os sont-ce ? » dit le roi. « Parce que c’est sur cette dalle que tes os seront brisés et que ta tête sera coupée de ton corps cette nuit », dit le clerc.
Ils arrivèrent au Passage des Boucliers. « Quel est le nom de ce passage ? » dit le roi. « C’est le Passage des Boucliers », dit le clerc. « Quels boucliers sont-ce ? » dit le roi. « Les boucliers de Tirconnell et de Tyrone, qui seront laissés là cette nuit. »
Les hommes d’Irlande franchirent ce passage. Et là ils établirent une forteresse et un campement.
L’évêque Aedáin partit vers le lieu où Brandub demeurait. Brandub lui demanda des nouvelles. Le clerc répondit que les hommes d’Irlande avaient établi un camp à Cell Bélat. Et il dit que lui-même n’avait pas reçu d’honneur. Alors Brandub dit : « Quel conseil as-tu pour nous, ô clerc ? »
« Ce n’est pas difficile à dire », dit l’évêque Aedáin. « Que par toi soit dressée une immense torche royale sur le rempart de cette forteresse, à l’extérieur, et que trois cents attelages soient amenés à toi, avec douze bœufs dans chaque attelage. Et que des paniers blancs soient placés sur eux, avec de nombreux guerriers dans ces paniers, et du chaume au-dessus de leurs têtes, et de la nourriture posée sur le chaume. Que trois fois cinquante chevaux non brisés soient amenés à toi, et que des sacs soient attachés à leurs queues, et que ces sacs soient remplis de petites pierres, afin d’effrayer les chevaux des hommes d’Irlande. Que cette grande torche soit devant toi, avec le chaudron royal autour de son sommet, jusqu’à ce que tu atteignes le milieu du camp des hommes d’Irlande. En même temps, envoie des messagers au roi d’Irlande et dis-lui que la nourriture des hommes du Leinster lui sera apportée cette nuit. » Ce conseil fut exécuté par Brandub.
Pendant qu’ils étaient ainsi occupés, Brandub dit : « Il vaut mieux que j’aille moi-même reconnaître l’armée ; et toi, viens avec moi, ô clerc. » « J’irai », dit le clerc.
Après cela Brandub partit avec six vingtaines de guerriers et un cheval, à savoir le cheval que Brandub avait. Et le clerc partit avec eux dans son char, jusqu’à ce qu’ils atteignent un côté de Síd Nechtain. Le clerc regarda en bas vers le camp et aperçut ce qui lui sembla être de nombreux troupeaux d’oiseaux de toutes couleurs, immobiles au-dessus du camp. Le clerc demanda : « Quels sont ces nombreux troupeaux d’oiseaux que nous voyons ? » « Ce sont les bannières des hommes d’Irlande », dit Brandub, « sur des hampes et des lances, au-dessus des abris des hommes d’Irlande. » Et le clerc dit qu’il ne les avait pas reconnues. Alors le clerc prononça ces vers :
Itchíusa na merggi is mana catha. mar bít éoin ar luamain co ndeilb cach datha.
Mairg táinic a turus Hua Neill asa taigib bid gním co ngonaib. dathaeth rigrad Ailig.
Noco n-assa a n-árim gním Lagen ard unchaig; dara thuit da ndebthaib Ailill mór mac Crimthain
Cid Crimthan a athair re táeb Ennai Aignig. nocorbo gním dochair dorochair ic Laignib.
Nocorb assa a n-árim gním Lagen ard amra; dar chuirset a Temraig Cond Cetchathach calma.
Mairg benas ra Brandub. borrfad mara romra; ra fínscoith na Temra. ra bile n-ard nOdba.
Is aice darochair Fíngin flaith na Muman; is aice darochair Mael Mada & Mael Mudach.
Is aice dorochair. Írladach mac Cobthaig; is aice dorochair Flannacan mac Dondchaid.
Dobarficfa imbárach in t-ardrí gatbíusa; bid comraicthe flatha. d'fis in chatha atchíusa. It.
L’évêque Aedáin se sépara d’eux et partit vers sa propre église.
Après cela Brandub vit la montagne remplie de jeunes gens. Et voici quels étaient les jeunes gens qui s’y trouvaient : les jeunes gens des Ulates, parmi lesquels Diarmait fils d’Aed Rón. Les fils du roi du Leinster et la maisonnée de Brandub les encerclèrent et les firent prisonniers. « Qui êtes-vous ? » demandèrent-ils (les hommes du Leinster). « Nous sommes les garçons des Ulates », répondirent-ils, « avec le fils du roi des Ulates. » Cela fut annoncé aux Ulates. Après cela les Ulates se levèrent, au nombre de sept cents et sept mille, laïcs et clercs ensemble. Ils vinrent près de Brandub et dirent : « Pourquoi as-tu capturé nos garçons ? » « Pour vous enlever votre besoin (?) de bataille contre moi », dit Brandub. « Cela te sera enlevé pour toujours », dit le roi des Ulates, « et un pacte et une union seront faits entre nous avec notre sang. » Et cela avait été annoncé par la vision de Conchobar fils de Fachtna.
Et le roi des Ulates raconta la vision et dit :
Atchonnarc aslingthi n-ingnad da mbá im súan. in fitir nech úaib a fidrad issin tSlúag.
Atchonnaccus dabaich nglaine co néim n-óir; acum ar certlár mo thaige ic Brega ic Bóinn.
Trian na dabcha d'fuilib dóene ingnad dál; ni rabi acht oentrian do lemnacht ara lár.
Trían aile ba fín forclid ingnad lemm; daíne cromcenna ros timchell dar Muir Mend.
Lagin uile ciarsat ile línib glond; tucussa dóib serc mo chride & mo chond. Atchonnairc.
Alors Conchobar eut cette vision. Et ainsi il vit les hommes du Leinster et les Ulates, autour de la cuve, buvant son contenu. « Et je sais », dit-il (le roi des Ulates), « que ceci est le pacte qui avait été annoncé par cette vision. Car voici le sang qui fut vu dans la cuve : le sang des deux provinces lors de leur rencontre. Voici le lait nouveau : la loi du Seigneur, que les clercs des deux provinces récitent. Voici le vin : le Corps du Christ et Son Sang, que les clercs offrent. » Et il expliquait cela de cette manière, et il prononça un poème :
Dénaid dún ar cotach. rop cotach tri bithu. risna fedaib fína. risna rígu a lLifiu.
Brigit aca chomét M'Aedóc o Dún Inne. Mo Lling thes na Táeden. Abbán. Caemgen Glinne.
Epscop Sinchean sochla Mo Chalmóc on Chaba; is Mo Biu na rográd. Comgall Colman Ela.
A lucht na da chóiced clothaige in bar scélaib. narap dál bas sía. ra taíb día denaid. Denaid.
Les saints du Leinster et des Ulates s’assirent sur la colline, et firent leur pacte, qui ne devait jamais être rompu.
Après cela Brandub dit au roi des Ulates de séparer son camp de celui du roi d’Irlande. « Comment pourrons-nous faire cela ? » dit le roi des Ulates. « Ce n’est pas difficile », répondit Brandub. « Établissez un camp là où se tient le camp du roi d’Irlande. Ils entreront en dispute avec vous, et vous, ne le supportez pas, et ainsi séparez-vous d’eux. »
Les Ulates firent comme Brandub leur avait dit. Les hommes de Tirconnell et de Tyrone les attaquèrent et en tuèrent deux cents avant que leur séparation ne fût achevée. Les Ulates partirent de là vers Inis Ulad, et là ils creusèrent un fossé avec leurs lances, et ils placèrent leurs chevaux entre eux et Dangen na Móna (la forteresse du marais).
L’évêque Aedáin revint auprès de Brandub et dit ceci : « Grande en vérité est la honte que le fils de ma mère, à savoir Aed fils d’Ainmere, m’a montrée, et Dieu se vengera de lui. » Et il prononça cette prophétie :
Lussán Aeda meic Ainmerech faicebthair ic Laignib in líagmaire. Béraid fíach cíar ara úlind co Cill Culind siaramain.
« Il tombera du corbeau sur le vert de Kilcullen, et les enfants de Kilcullen en feront une balle jusqu’à la fin de sept années. L’école de Kildare viendra, et l’un d’eux emportera cette balle. Il en fera un goupillon, et il l’aura jusqu’à la fin de sept autres années. L’école de Cluain Mór Máedóic viendra à Kildare, et l’un d’eux emportera ce goupillon. Et je ne vois pas son destin à partir de là. Mais cette colline où le pacte fut conclu, Sliab in Chotaig — « la Montagne du Pacte » — sera son nom désormais. » Et Sliab Nechtain était son nom jusqu’à ce moment. Le clerc partit ensuite.
Alors Brandub partit sur son unique cheval pour provoquer les hommes d’Irlande au combat. Celui qui vint des hommes d’Irlande à sa rencontre fut Bláthach, le chef de la cavalerie du roi d’Irlande ; et il montait le cheval du roi d’Irlande. Ainsi était Bláthach : venimeux, hostile, (et) jamais il ne lançait une lance en vain. Pourtant cela ne lui servit à rien, car il tomba par Brandub, et sa tête lui fut coupée à Ath Blátachta, qui est appelé aujourd’hui Ath Blatcha (« le gué de Blátach »). Après cette victoire, Brandub partit, emportant le cheval du roi d’Irlande.
Après cela ses bœufs et ses troupeaux de chevaux furent rassemblés auprès de lui, comme l’évêque Aedáin l’avait ordonné. Alors Brandub dit : « Puis-je trouver quelqu’un qui voudrait aller espionner le camp et le roi, et qui serait là avant nous jusqu’à ce que nous arrivions ? Et pour cela il aura une récompense : s’il est tué, il aura le ciel grâce aux clercs du Leinster ; mais s’il s’échappe, il gardera son propre territoire libre (de tribut), et lui et son successeur auront ma propre part. » Des garanties furent données pour cela.
« J’irai là-bas », dit Rón Cerr fils de Dubanach, fils du roi des Uí Máil. « Alors qu’on apporte du sang de veau et de la pâte de seigle, et qu’on m’en frotte. Donnez-moi une capuche et une besace. » Cela fut fait, de sorte qu’il ressemblait à n’importe quel lépreux. On lui donna une jambe de bois, et il mit son genou dans l’emboîture.
Il partit ainsi, avec son épée sous son vêtement, jusqu’au lieu où les nobles d’Irlande se tenaient, devant le pavillon de Aed fils d’Ainmere. Ils lui demandèrent ses nouvelles, et il dit qu’il venait de Cell Bélat. « Je suis allé au camp des hommes du Leinster ce matin, et quelqu’un est venu après mon départ, et ma cabane a été détruite, ainsi que ma meule, ma bêche, et mon église. »
« Vingt vaches laitières de ma part en paiement pour cela », dit le roi d’Irlande, « si je m’échappe de cette expédition ! Et va donc dans le pavillon : là tu auras la place du neuvième, et le dixième de ma ration, et les morceaux choisis de la maison. Que font les hommes du Leinster ? » dit le roi.
« Ils préparent de la nourriture pour vous, et jamais vous n’avez reçu une nourriture dont vous auriez été plus satisfaits. Ils font bouillir leurs porcs, leurs bœufs et leur lard. »
« Malédiction sur lui ! » dirent les parentés d’Eogan et de Conall.
« Deux yeux de héros dans la tête du lépreux, je les vois », dit le roi.
« Malheur à toi ! Manquer de courage avec la royauté d’Irlande, si c’est de mes yeux que tu as peur ! »
« Ce n’est pas de cela », dit le roi. « Envoie un messager à Dub-dún, roi d’Oriel. »
Après cela Dub-dún arriva. Le roi d’Irlande lui dit : « Va avec un bataillon des hommes d’Oriel vers le sud jusqu’à Bun Aife, jusqu’à Cruad-aball, et surveille là-bas, afin que les hommes du Leinster ne fassent pas une attaque de camp contre nous. »
Ils partirent comme Aed le leur avait ordonné.
Alors Aed fils d’Ainmere dit à son serviteur : « Apporte-moi le capuchon de Colomb Cille, afin qu’il soit autour de moi cette nuit, et qu’il me serve de protection contre les hommes du Leinster », car Colomb Cille lui avait promis qu’il ne serait pas tué tant qu’il porterait ce capuchon.
Une autre fois, Aed avait demandé à Colomb Cille : « Combien de rois que toi-même tu as rencontrés iront au ciel ? »
Colomb Cille répondit : « Il est certain que je n’en ai connu que trois de cette sorte : Daimin Dam-argait, roi d’Oriel, Ailill Inbanna, roi de Connacht, et Feradach le Beau, fils de Dua, du Corco Láigde, roi d’Ossory. »
« Quel bien ont-ils fait, dit Aed, de plus que les autres rois ? »
« Ce n’est pas difficile à dire », répondit Colomb Cille. « Quant à Daimin Dam-argait : jamais un clerc ne partit de chez lui avec un refus, jamais il ne reprocha quoi que ce soit à un clerc, jamais il ne causa de tort à une église ou à une chapelle, et il fit de nombreux dons au Seigneur. Ainsi il alla au ciel à cause de cette miséricorde qu’il montra envers le peuple du Seigneur, et les clercs chantent son office des morts depuis ce temps jusqu’à aujourd’hui », dit Colomb Cille.
« Ailill, de même, obtint la miséricorde du Seigneur pour cette raison : il livra la bataille de Cuil Conairi contre les clans de Fiachra, et il fut vaincu dans cette bataille. Alors il dit à son conducteur de char : « Regarde derrière toi et vois si le carnage est grand et si les tueurs sont proches de nous ? » Le conducteur regarda derrière lui, et dit : « Le massacre de ton peuple est insupportable », dit-il. « Ce n’est pas leur propre faute qui s’abat sur eux », dit Ailill, « mais la faute de mon orgueil et de mon injustice. Tourne le char vers eux, car si je suis frappé et tué, une multitude sera sauvée. » Alors le char fut tourné vers les ennemis, et ensuite Ailill fit un prompt repentir, et il tomba sous les coups de ses adversaires. « Ainsi cet homme obtint la miséricorde du Seigneur », dit Colomb Cille.
« Quant à Feradach le Beau, fils de Dua, le roi d’Ossory, c’était un homme avide et sans conscience. Et s’il apprenait que même une seule petite pièce d’or ou d’argent appartenait à quelqu’un dans son pays, il la prenait de force pour lui-même, afin de l’employer à garnir des étuis de cornes à boire et de coupes, des épées et des plateaux de jeu. Alors une maladie insupportable le saisit. Ses trésors furent rassemblés auprès de lui, de sorte qu’ils étaient dans son lit à côté de lui. Après cela, ses ennemis, les clans de Condla, vinrent attaquer la maison où il se trouvait. Alors ses fils vinrent à lui pour emporter les trésors avec eux. “Vous ne les emporterez pas, mes fils”, dit-il ; “car j’ai fait souffrir beaucoup de gens à cause de ces trésors. Je désire souffrir moi-même à cause d’eux, pour l’amour de Dieu, ici même, et qu’elles me soient enlevées par mes ennemis, afin que le Seigneur ne me tourmente pas là-bas. ” » Ses fils le quittèrent ensuite, et lui-même commença un prompt repentir, puis il reçut la mort de la main de ses ennemis, et après cela il obtint la miséricorde du Seigneur.
« Moi-même alors », dit Aed, « est-ce que j’obtiendrai la miséricorde du Seigneur ? »
« Tu ne l’obtiendras en aucune façon », dit Colomb Cille.
« Ô clerc, alors », dit-il, « obtiens pour moi du Seigneur que les hommes du Leinster ne triomphent pas de moi. »
« Cela est difficile pour moi », dit Colomb Cille, « car ma mère était du Leinster, et les hommes du Leinster vinrent à moi à Durrow, et ils commencèrent à jeûner contre moi afin que je leur accorde le don d’un fils de sœur. Ce qu’ils me demandaient était ceci : qu’aucun roi étranger ne triomphe d’eux. Et je leur ai promis cela. Cependant, voici mon capuchon pour toi, et tu ne seras pas tué tant qu’il sera sur toi. »
Or c’était ce capuchon que Aed avait demandé à son serviteur à ce moment-là. Le serviteur répondit : « Nous avons laissé ce capuchon à Ailech. » Alors Aed dit : « Il est donc plus probable que je sois laissé mort cette nuit chez les hommes du Leinster, le capuchon n’étant pas à portée de main. »
Quant à Brandub : Ses chevaux et ses bœufs furent préparés, et il rangea ses bataillons, puis il marcha dans l’obscurité de la nuit, jusqu’à ce que les hommes d’Oriel entendent le tumulte et le bruit de la puissante armée, le souffle des chevaux, et l’effort des bœufs sous leurs chariots.
Les hommes d’Oriel avancèrent, sous leurs armes de guerre. « Qui sont ceux-là ? » demandèrent les hommes d’Oriel. « Ce n’est pas difficile à dire : ce sont les serviteurs des hommes du Leinster, avec de la nourriture pour le roi d’Irlande. » Les hommes d’Oriel s’approchèrent, et la main que chacun d’eux tendait au-dessus d’un panier trouvait dessous un bœuf ou un porc. « C’est vrai pour eux ! » dit le roi d’Oriel. « Laissez-les passer. » « Allons-y nous aussi », dirent les hommes d’Oriel, « de peur que nous soyons oubliés dans cette distribution. »
Les hommes d’Oriel avancèrent jusqu’aux cabanes du camp. Les hommes du Leinster marchèrent jusqu’à la colline de la torche, au milieu du camp, et ils enlevèrent le chaudron de la torche.
« Quelle grande lumière voyons-nous ? » demanda le roi. « Ce n’est pas difficile à dire », répondit le lépreux : « C’est la nourriture qui est arrivée. »
Alors le lépreux se leva, arracha sa jambe de bois, et sa main atteignit son épée. Les bœufs furent déchargés, et les chevaux furent lâchés parmi la cavalerie des hommes d’Irlande, si bien qu’ils s’enfuirent pris de panique, et renversèrent les huttes et les pavillons des hommes d’Irlande.
Alors les hommes du Leinster sortirent de leurs paniers comme un torrent jaillissant entre des falaises, les mains sur les poignées de leurs épées et les attaches de leurs boucliers, la tête sous les capuchons de leurs cottes de mailles.
« Qui sont ceux-là ? » demandèrent les parentés de Conall et d’Eogan. « Les gens qui ont apporté la nourriture », répondit le lépreux.
« Hélas ! » dirent-ils tous, « c’est une armée ! » Alors les hommes de Tirconnell et de Tyrone se levèrent, et eux aussi furent comme « des mains dans un nid de vipères ».
Alors ils formèrent une haie de lances et de boucliers autour du roi d’Irlande, et on le fit monter sur son cheval. Puis ils l’emmenèrent à Berna na Sciath (« la brèche des boucliers »). Les boucliers des hommes d’Irlande furent laissés devant cette brèche.
Rón Cerr lança une attaque (?) contre le roi d’Irlande, et il tua neuf hommes en chargeant. Alors Dub-dún, roi d’Oriel, vint entre eux, et lui et Rón Cerr combattirent en duel, et Dub-dún tomba sous la main de Rón Cerr.
Rón Cerr lança de nouveau une attaque (?) contre le roi d’Irlande, et Fergus fils de Flathrae, roi de Tulach Óc, vint entre eux. Et Fergus tomba sous la main de Rón Cerr.
Après cela, Rón Cerr lança une attaque contre les rois, et cette fois il saisit son pied, le tira de son cheval, et lui coupa la tête sur la Lecc Commaig Cnám (« la pierre de la rupture des os »). Alors Rón Cerr prit sa besace, en renversa les morceaux de nourriture, y plaça la tête, puis avança furtivement (?) par les pentes de la montagne, et resta là jusqu’au matin.
Alors les hommes du Leinster poursuivirent les hommes de la moitié de Conn, et leur infligèrent un grand massacre sanglant.
Le lendemain chacun alla, avec triomphe et avec vantardise, ensemble, jusqu’au lieu où Brandub demeurait. Alors Rón Cerr vint et déposa devant lui la tête d’Aed fils d’Ainmere. Ainsi fut la bataille du Passage de Dún Bolg pour la Bórama, et la mort tragique d’Aed fils d’Ainmire. Mais bien qu’Aed fût tombé à cause de la Bórama, il l’avait levée deux fois sans bataille.
Dans cette bataille Becc fils de Cuana fut tué, après avoir remporté la victoire. De là fut dit : À Buach, la vague se brise contre la rive. Elle raconte la nouvelle, bien qu’elle soit triste : Aed fils d’Ainmere a été tué. Et la femme d’Aed dit : Chers pour moi étaient les trois côtés sur lesquels je ne regarde plus jamais : le petit côté de Teltown, le côté de Tara, et le côté d’Aed fils d’Ainmere.
Ensuite ils levèrent la Bórama, à savoir Colmán Rímid et Aed Uaridnach, Mael-coba, Suibne Menn, Domnall fils d’Aed, Cellach et Conall le Mince, les deux fils de Moel-coba : Blaithmac et Diarmait.
Ensuite Sechnasach fils de Blaithmac prit la royauté d’Irlande, et il ne rapporta pas la Bórama (hors de Leinster) avant d’avoir rassemblé les hommes du nord de l’Irlande, et de les avoir encouragés, en disant :
Dénaid dúin bar comairle a Chenel Eogain Ailich in ragam fó roLaignib vel 'n anfam 'car taigib.
Tabram lind ar mbóromai imma ndernad in debaid. Tiagam i lLeth mor Moga na sluaig na saiget segair.
Denam sluaged sirbaga innised cách dá cheile leicem ní dar n-armchrechaib for Lagnib co ndéne. D.
Il prit alors avec lui les hommes de Tirconnell, de Tyrone et d’Oriel, les hommes de Bregia et les hommes de Meath, jusqu’à Lerg mná Fine. Les Leinstermen marchèrent à leur rencontre. À cette époque le roi de Leinster était Faelán fils de Colmán. Il livra bataille. Sechnasach fut mis en déroute et s’échappa furtivement du combat, et un massacre fut infligé aux hommes de la moitié de Conn. La Bórama resta avec les Leinstermen.
Cennfaelad fils de Crundmael prit la royauté d’Irlande pendant quatre ans, jusqu’à ce qu’il tombe par la main de Fínnachta.
Ensuite Fínnachta Fledach mac Dúnchado, prit la royauté d’Irlande pendant vingt ans, et emporta la Bórama deux fois sans résistance. Mais la troisième fois qu’il vint pour la lever, les Leinstermen se dressèrent contre lui. Alors il fit une grande levée des hommes de la moitié de Conn jusqu’à Lathrach Muridaig, aux frontières de Leinster et de Meath. La nouvelle en parvint à Bran fils de Conall, le roi de Leinster. Par lui les Leinstermen furent rassemblés, jusqu’à ce qu’ils fussent, laïcs et clercs, à Alinn.
Cependant (saint) Mo Ling ne vint pas avec eux, alors ils lui envoyèrent un messager, et il était alors à Ross Bruicc, qui à présent est appelé Teg Molling. Car lorsque Mo Ling vint de Sruthair Guaires, il ne trouva aucun lieu de résidence jusqu’à ce qu’il arrive à Ross Bruicc. C’est pourquoi Mo Ling chanta :
Cuce seo ro dalus is and dogén mo thrátha; ní scér rissin n-árusa naco tí lathe brátha.
Is andso bías m'accarda. mo thaídiu úasin tuile; ní mór mo sáith cotulta cot attach a Meic Muire.
Ross nEidnech na habnaire. Ross nDubglassi co ndremna; Druim nDaíle Druim nDamgaire Ross Bruic ar brú na Berba.
Me Mo Lling na firinne Teg Mo Lling bías ar m árus; do déoin rig na dilinne is cuceseo ra dálus. Cuce.
Lorsque ce message parvint à Moling, il était en train de construire des tombeaux et des autels, ainsi que ses habitations pour les foules ; mais il rassembla sa communauté, commença à se préparer à partir vers Leinster, et prononça ces vers :
Inmain tríar a Christ grind glúair. ragas lemsa ar cend in búair; Forannán Aed mac Senaig. is Colmán ó Chluain Chredail.
Inmain tríar na tarraill cess doragat lemsa rom less; Dubthach Dubán díchlis brón & Cuán o Chluain Mór.
Inmain cóiciur comol nath. Álgenach is Fulartach; Mo Menóc Miloc na mind & Findbarr fíal forfind.
Inmain cethror comol n-án. Elchomach & Aedán; Sárnatan Colmnatan cain. noco limsa nach inmain. In.
Après cela Mo Ling se mit en route vers Alinn, le lieu où les Leinstermen étaient rassemblés, et ils lui firent un accueil très honorable. Et Mo Ling s’assit à la droite du roi de Leinster.
Alors Bran dit : « Quel conseil devons-nous suivre ? Devons-nous livrer bataille à la moitié de Conn, ou devons-nous charger nos saints de demander la remise de la Bórama ? Et si nous chargeons nos saints, lequel des saints de Leinster devons-nous envoyer pour demander cette remise ? » Les nobles dirent qu’ils ne le savaient pas. Mais Túathal mac Ailella, roi des Uí Muredaig, dit : « Je sais qui devrait y aller : Mo Ling fils de Faelán. » Ainsi parlait-il, et il prononça le poème :
Turchan duin a Thuathail maic Ailella uathmair cia gebas Laigniu a lLuathmaig tacair rind tria baig. Cia do náemaib Lagen. fedaib maigib maigen cia náem don dreim dagfer dingbas dind in plaig.
Inn í Brigit buadach. vel inn e Fintan sluagmar. vel inn é M'Aedoc ruarach. vel Mo Lasse stuagmar vel inn é [. . . ]
Inn é Brenaind Gabra vel inn e Cainnach amra. vel inn é Lachtáin láingel dingbas ní assar cind. No inn é Fiac Temrach vel Tigernach trednach. vel inn é Fiachra find.
Cia don chóiciur chéolach. a hoentelluch thréorach; Dagán epscop Eogain & Abbán aíngel & Caimgen cóir.
Inn é Mo Chua Chlúana. Dolcain cosna bua. cona sessiur buad. béras úan in cis; inn é Colum Tire vel inn é Baethín brigach. vel inn é M'Oedóc Ferna febda in fer cen scís
Inn é in Gall cráibdech. vel Ithairnaisc álgen. vel inn e epscop Colmán vel Comgán na glindi
Nó inn e Berchan rocháid. vel Emin cen fodáil. vel Mo chua mac Lonain. vel inn é Mo Lling.
Nó inn irscartad comlaind. vel inn aiged ra dodraing ra Fínnachta in tsluaig. No inn é crúas ar catha. 'ma tuitfet meic flatha béras anfír úaind.
Mo Lling lassar daiged tond línta na n-airer dogena less cáich. Is é in torc dar trétaib. is e in barr úas gécaib. mac Failleain in faid.
Is é in sról dar slúagaib. is é in long ar lúamain. is e in kalaind mís. Retlu bruicc búada atchlunim atchúala béras úain in cís.
Is é in t-usce fichthech is í in chaindel chridrech is uapar in rád. Is é Daniel Gaedel. is é lúam na Taiden. hua Dega na ndám.
Ech cacha ríg ruirech. screpol cacha cuiled uam do mMo Lling. unge d'ar cach aiccme in n-acme d'u Feradaig Find.
Screpol cacha deoraid. nochon ar eter tair is tíar. caeru cach mná cerna. samasc cacha selba do mac Failleáin fial.
Ragaid missi ria. corop deoin re Dia. coro gabor mo dúain. In bórama saidbir. berar úaib bar Lagnib co bráth nocho nerthar
Rosíasa tír nAeda. nocho nfaigíub caemna ic iarraid bar cruid. ragatsa bar conair corop soraid dar toraib cach tuir. Turchan.
Alors Bran Haut-chef dit, encourageant Mo Ling :
Érig a Mo Lling. co mbúaid chrábuid grind; dena ní is less lind & eirgg fathúaid; narap grían tria thech. narap dál ma sech. corop sochor sluaig.
Corop rathmar ciúin. narap é in lá liúin. narap dígair dúairc. nira trágbas cess nirap fes na cúairt.
M'echsa is m' erriud gnáth. béra úaim re cách. co tí bráth bid búaid. rot fia Ros Cain. is rot fia Dún mBrain. rat fia Gaísit Glúair.
Dot mac is dott ua. ríge dóib dorua. ní chelim ar cách; ina tardais dam. bid móte do blad. nóco tora in bráth.
Borrama bar mbúair. noco berthar úaib a Brain Ardchind áin; céin bersa for nim nís bérat na fir. do chlannaib Néill náir.
Derggfaide bar rind. itbeir rib Mo Lling bid áigsech bar n-ord; Fínnachta ro fáeth. mar ra thuitt Aed i mBelaig Dúin Bolg.
Ra thuitt Faelchu féig. & Róen mac Néill. fácsat a fadb; dofaeth Dáre dían la Bran Find na ngiall. i cath Ruis da Charn.
Na furig do báig. acht érig ra dáil. do briathar bláith bind; rot fia cocholl sróil. bia armo lethláim lóir is érig a Mo Lling. E.
Ensuite Mo Ling se leva et dit à Tollchenn de Cluain Ena, le poète, de venir avec lui à la maison du roi, afin qu’il récite le poème de louange que Mo Ling avait composé pour le roi. Car il avait été annoncé que, parmi les Leinstermen, viendrait un saint qui enlèverait la Bórama par des demandes répétées ; et cela avait été prophétisé longtemps avant Mo Ling. Alors Mo Ling prononça ces paroles, comme il resserrait son vêtement :
In-anmum na Trinóiti. Trínóit 'cá tá nem; Athair Mac i spirst náeb is aroen dom reb
I n-anmum a dóenachta Meic in Chomded cáid; i n-anmum a deachta Ísu uasail áin.
I n-anmum na n-árchangel atát aice ar nim. i n-anmum na n-árdapstal filet 'ma gnuis gil.
Leis commus ar mbethaigthe ra comsid na cland. Leis commus ar marbthane in tan tic in t-amm. IN.
Ensuite ils se mirent en route vers la maison de Cobthach fils de Colmán, chez les Uí Faelain, et un festin fut préparé pour eux, si bien qu’ils furent rassasiés. Sa suite dit au poète : « Il nous semble mesquin, » dirent-ils, « que tu sois dans la suite d’un clerc. » « S’il en est ainsi, » dit le poète, « quittons les clercs et allons à la maison du roi d’Irlande. » Alors ils se rendirent à la maison de Fínnachta. Quand ils arrivèrent, le poète récita l’éloge de Mo Ling et dit que lui, Tollchenn, l’avait composé.
Quant à Mo Ling : il se leva le lendemain, mais la suite ne fut pas trouvée. « C’est bien vrai, dit-il, l’homme de poésie s’est enfui avec mon éloge, et il le vendra (comme étant le sien) au roi d’Irlande. »
Mo Ling s’avança jusqu’à Munél Findmaige (« le Col de la Plaine Claire »), qui est aujourd’hui appelé Magh n-Echain, puis monta dans Magh Claraig, jusqu’à ce qu’il arrive à Lathrach Muridaig. Les jeunes guerriers des hommes d’Irlande, parmi lesquels Donngilla fils de Fínnachta, vinrent à leur rencontre, ayant entendu parler d’eux auparavant. Ils leur lancèrent une pluie de mottes de terre, de pierres et de morceaux de bois, si bien que pas deux clercs ne restèrent au même endroit. Cependant Mo Ling continua son chemin jusqu’à la maison du roi, et il ne trouva personne qui se levât là pour lui rendre honneur. Il regarda l’assemblée, et il eut honte de ne pas recevoir cet hommage. Il vit alors Colgu fils de Maenach, fils de Dubanach, fils du roi des Uí Colgan, et celui-ci se leva devant lui. Diarmait fils de Colmán leva aussi le genou devant lui. Ils se trouvaient à l’endroit du montant d’angle de la traverse du lit.
Ensuite Mo Ling bénit ce Colgu et Diarmait fils de Colmán.
Alors un cerf vint vers les garçons, et ils lancèrent leurs armes contre le cerf. L’un des traits entra dans la tenga orcan (la gorge) du fils de Fínnachta, Donngilla, si bien qu’il mourut aussitôt, pour avoir offensé Mo Ling et à cause de sa malédiction. Alors une grande clameur de lamentation fut poussée par les hommes d’Irlande.
« Quelle est cette grande lamentation ? » demanda ||Fínnachta. « Ton fils Donngilla est tombé là pour avoir outragé mon honneur », répondit Mo Ling. « Ramène le garçon à la vie, ô clerc, dit ||Fínnachta, et tu recevras une récompense pour cela. » « Pour mon poème, dit Mo Ling, pour avoir ramené ton fils à la vie, et pour t’avoir obtenu le salut à toi-même, je ne demande rien d’autre qu’une trêve concernant le Bórama jusqu’à Luán. » « Tu l’auras », dit le roi.
Alors Mo Ling vint auprès de lui, et il le lia par la Trinité et par les quatre Évangiles du Seigneur. Il le mit sous engagement. Le clerc récita son poème :
Fínnachta a Huíb Néill amal gréin atrácht. is í in bárc úasin tuind is í in tond úas tracht.
Is é in cath ar tír arná lamat ríg a ngress; is é rí Temra ca tíath. iss é in tríath da tic a lles.
Is é tuile glond ri gail. is é in tond immaig 's amach; is é rí na Temrach túaid. is é int íarn cruaid resin cath.
Is é cride cerna Cuind. bile Temra tind i tind. is é in Fínnachta nach fand. is é in crand fíngarta find.
Atchuala ra senaib sund. ferr molad na cech mod ná fitir Fínnachta fíal connach cían maras in crod.
Téit in crod a seilb cach aín. ac síl nÁdaim im garuair. báegul cach nech fo nim nár. téit 'ma sech in saegul suail.
Corpre is Cormac is Art Cond ra riced rígleptha ciar gabsat Temair co tend dar lem is ferr Fínnachta. F.
« Ce qui nous semble pire que tout, c’est que tu as dit un mensonge, en vendant comme étant le tien le poème que le poète Tollchenn a composé. »
Mo Ling dit : « S’il l’a composé, qu’il se lève et qu’il récite son poème. »
Le poète se leva, vint vers eux, et dit :
Dríbor drábor cerca is cábail. lachain odra. lodra lomna áraig.
Ciall ar esbaid grian ard uismid. gaeth na sidi Liffi lusmair.
Mo Lling lúamnech lúam na fírbreth. feidm tend tréorach ic deilb fírbreth.
Misse romom co muir mideng. ticfa thorom grogoll triball.
Messe imbárach co muir mílach. d'Ess Rúaid rámach iar n-úaim trílech. D.
Après cela, l’homme de poésie partit et se jeta avec une course furieuse dans les vagues de Dún maic Fanat, au nord d’Assaroe, et là il se noya.
Quand ||Fínnachta vit cela, il mit sa jambe sous les clercs (en signe de supplication), et demanda à Mo Ling de ne plus être irrité contre lui, de ramener son fils à la vie, et promit que Mo Ling obtiendrait tout ce pour quoi il était venu.
Ensuite Mo Ling alla se placer au-dessus du garçon ; et il supplia le Seigneur avec ferveur, jusqu’à ce que Dieu rendît la vie au fils de ||Fínnachta par ses propres miracles. Alors Mo Ling dit :
Crist conic mo chrí nachum thair tríst tré corop glan mo gléo céin beo for bith ché
Dondgilla co tí a rí 'ca tá in réo. mad cet ra Mac nDé corop é in mac béo.
Corop é in mac béo mac Fínnachtai in tslúaig. mad béo mac in mail ar dáil co dia lúain.
Cían garit co bráth bud é in guth gnáth grind. in lúansa ra lúad bid é lúan Mo Lling.
Bid dál fota hí niba dál dar aiss. ní lúan tratha foiss. acht lúan bratha braiss.
Erig suas co héim do réir Chomded cáid. a Dondgillai déin. narap léim sech láim.
Ar Dia dogní in síd. narap díl iar scís. is teg atá in pháis conna dig darís.
Oenmac Muire is mó uas cach cuire itchí Comde nimi nuí mo chomge is mo chri. C.
Ainsi, après la remise du Bórama, Mo Ling revint du nord vers le Leinster. Or Adamnán fils de Ronán apprit cette nouvelle : que le Bórama avait été remis à Mo Ling, et qu’une trêve à son sujet avait été accordée jusqu’au lundi. Il se rendit donc à l’endroit où ||Fínnachta séjournait. Adamnán envoya un clerc de son entourage demander à ||Fínnachta de venir parler avec lui. ||Fínnachta jouait alors au fidchell. « Viens parler avec Adamnán », dit le clerc. « Je n’irai pas, répondit ||Fínnachta, avant que cette partie soit terminée. »
Le clerc retourna auprès d’Adamnán et lui rapporta cette réponse. Adamnán dit : « Va, et dis-lui que je vais réciter cinquante psaumes pendant ce temps, et que parmi ces cinquante psaumes il y en a un qui privera ses enfants, ses petits-enfants et les hommes de sa lignée de la royauté. » Le clerc vint à ||Fínnachta et lui annonça cela. Mais ||Fínnachta n’y prêta aucune attention jusqu’à ce qu’il ait terminé cette partie.
« Viens avoir un entretien avec Adamnán », dit le clerc. « Je n’irai pas, dit ||Fínnachta, avant que cette partie ne soit terminée. » Le clerc rapporta cela à Adamnán. « Retourne encore auprès de lui, dit Adamnán, et dis-lui que je vais réciter encore cinquante psaumes, et que parmi eux il y en a un qui lui infligera une vie courte. »0
Le clerc alla trouver ||Fínnachta et lui rapporta cela, mais ||Fínnachta n’y prêta aucune attention jusqu’à ce que cette partie fût terminée.
Pour la troisième fois, le clerc parla à ||Fínnachta. « Je n’irai pas, dit ||Fínnachta, avant que cette partie ne soit terminée. » Le clerc retourna auprès d’Adamnán et lui rapporta cela. « Va le chercher, dit Adamnán, et dis-lui que cette fois je vais réciter une cinquantaine de psaumes, et que parmi eux il y en a un qui le privera de trouver la miséricorde du Seigneur. » Le clerc alla rapporter cela à ||Fínnachta.
Lorsque ||Fínnachta entendit cela, il rangea rapidement et précipitamment le plateau de jeu, puis vint à l’endroit où Adamnán se trouvait.
« Quelle raison avais-tu, ô ||Fínnachta, dit Adamnán, de ne pas être venu dès le premier message ? »
« Ce n’est pas difficile à dire, répondit ||Fínnachta. Ce dont tu me menaçais, à savoir qu’aucun de mes enfants et qu’aucun homme de mon nom ne prendrait la royauté d’Irlande, cela me semble une bonne chose. Ce que tu m’as alors promis, à savoir une vie courte, me paraît de peu d’importance, car Mo Ling m’a promis le ciel. Mais la troisième chose que tu m’as promise, à savoir que je ne trouverais pas la miséricorde du Seigneur, je ne pouvais supporter de l’entendre sans venir à ton appel. »
C’est pour cette raison que Dieu agit ainsi : car Il ne permit pas à Adamnán de priver ||Fínnachta de ce que Mo Ling lui avait promis en échange de la remise du Bórama.
« Est-il vrai que tu as remis le Bórama jusqu’à lundi ? » dit Adamnán. « C’est vrai », répondit le roi. « Tu as été trompé par cela », dit Adamnán, « car ce que le clerc a dit était le lundi du Jugement dernier. À moins que tu ne révoques (la remise) aujourd’hui, elle ne sera jamais révoquée. »
Or Adamnán et ||Fínnachta étaient amis depuis que ||Fínnachta était encore prince héritier et qu’Adamnán était un jeune étudiant.
Alors Adamnán composa ces vers :
Andiu cia chenglaid chuaca. in rí crínliath cen déta. in dál ro maith do Mo Lling deithfir don ching nis n-éta.
Damad messe Fínnachta. flaith Temra. co bráth nocho tibéraind nocho dingenaind na nderna.
Cach rí nach maithend a chís. is fata bít a scéla mairg dorat in dáil dorat intí is lac is dó is méla.
Doarnactar do gáesa is ar baesa co mbine. mairg rig ro maith in císa a Ísu nemda nime.
Sochla cach nech ó threbas is mairg lenas do líathu. is fata in dálsa ma cate bid fate comma fíachu.
Damsam rísea ruadas chrú ro thairnfind mo bidbadú ra thócebaind mo dindgna. ropsat imda m'airgalú.
Roptaís imda m'airgala, mo bretha niptis gúacha; roptís fíra mo dála roptis lána mo thuatha.
Roptis imfaicsi m'airde roptís daingne mo daingne. in dálsa cia ma tecmaing noco lecfaind re Laigne.
Guidimse itgi for Dia nachom tháir bás vel baegul; coro thérna indiu Mo Lling. ní thaeth do rind vel d'faebur.
Mac Faelleáin fer dar múru ní claifider for cúlu. ra fitir rúna Meic Dé rofitir Mac Dé a rúnu.
Tri . l. salm cach día iss ed geibes ar Dia. tri . l. bocht séol sairthe iss ed biathas cach n-aidche.
In bile búada bissig in fissid cosna fessaib; long lerda fofúair fáilte tond Berba barce Bresail.
In long d'ór is án inne in clár d'ór osna clanna. écne Dubglaisse duinne fúaim tuinne fri halla. A.
Alors le roi d’Irlande, Adamnán, les nobles des descendants méridionaux de Niall, les clans de Colmán, et les descendants d’Aed Sláine se levèrent, et ils prirent une décision au sujet du Bórama et de la remise que ||Fínnachta avait accordée à Mo Ling. La décision que prirent les clans de Niall, ||Fínnachta, Adamnán et les hommes d’Irlande fut de le poursuivre. Alors les hommes d’Irlande partirent à la poursuite de Mo Ling. À ce moment-là, Mo Ling était à Fornocht, en train de tracer l’emplacement d’un moulin. Ils aperçurent ||Fínnachta venant vers eux avec les hommes d’Irlande. Lorsque Mo Ling les vit, il dit :
A mo Chomdiu cumachtach. dorigne gach rig a rí rofitir cach rún conic ar cul Fínnachta
Fínnachta tarnactar a rigleptha. mo mallacht is mallacht rig nemda for ríg Temra. for Fínnachta.
Fínnachta tarncatar a rigleptha. a ríge sech cach ro therind ní chelim for Fínnachta.
Tairnebtait na hanflathe tocébdait na fíngarta. bennacht ar síl Diarmata mallacht ar síl Fínnachta.
. X. ruc in mboroma dá . xx. fíngarta. ó Thuathal Techtmar na ndíne nó co rige Fínnachta.
Messe ruc in mbórramai do Lagnib ca fulachtain. ó Uíb Néill can nert doilge amo Chomde cumachtach. A.
Mo Ling avança en traversant le gué, frappa sa cloche, et répandit la panique parmi tout le bétail de Leinster, de sorte que chacun des animaux atteignit son abri et son refuge. La moitié de Conn forma autour d’eux une « enceinte de guerre ». Alors Mo Ling dit : « Jusqu’à ce que les rochers soient sur les chênes bruns, jusqu’à ce que les vagues soient dans les étangs verts, jusqu’à ce que les clochers soient au-dessus des églises, qu’il n’y ait aucune vision. »
Mo Ling alla vers l’ouest jusqu’au lieu où se tient aujourd’hui la Croix de Molling. Là il s’assit et composa ce chant :
Suidem sund suide n-ága. éirgem ra bága búada. cip é bess for greiss Colaim ní bía a choland fo chúana.
Mo mallacht ar Finnacht & mallacht Ríg nime; ro impá form Fínnachta niba airdite a fine.
A Brigit Chilli Dara a Meic Thail ó Chill Chuilind. & a Meic Muire is let cech suide suidim. S.
Ensuite Mo Ling dit qu’il serait nécessaire de lui venir en aide à ce moment-là. Cela fut révélé à Mothuairén, qui se trouvait dans l’assemblée du roi de Leinster. « Mo Ling, dit-il, est en grande difficulté maintenant. Et si cela semble bon au Seigneur, nous voudrions jeter un brouillard sur eux. »
Alors le brouillard fut amené sur eux, et bien qu’il eût été amené, ils ne savaient pas qu’il l’avait été, et ils pensaient que leurs ennemis les voyaient. Ils arrivèrent jusqu’au gué de Loegaire, le lieu où Labraid Longsech était né. Alors Mo Ling dit : « Qu’y a-t-il dans cet endroit où nous entendons une cloche ? » Colmnait la religieuse lui répondit : « Hélas, clerc, il me semble que la peur t’a troublé. C’est Killossey », dit la religieuse.
Mo Ling dit : « Quelle est cette grande maison au toit orné de pignons que nous voyons dans le renfoncement du quadrilatère ? » « C’est Kildare », répondit la religieuse.
Alors Mo Ling fit cette prière :
A Brigit bennach ar sét nachar táir bét arar cúairt; a challech a lLifi lán co rísem slán ar tech úait.
A Brigit bennach ar sét bí féin 'car n-imchomet. cid cian cid garit ar techt da spirut nar comaitecht.
A Brigit bennach rédig mu rót a challech óg émid út; tair dar cobair cu ba chét corop soraid ar sét cút.
Bladfocul a Christ tair dom anaccul. A Brigit scar ósmo chind do bratt find dom anacul.
A Meic Tháil a chlerig urddinti áin. a Brigit i lLifi Luirc meic uilc ní thiset nar ndáil.
A Mael Ruain a Míchil árchangil úaig. nírbar lobair corbar tréin corop éim ar cobair úaib.
Itge thend Mo Chua Cluana Dolcáin lem; ma tá Uxaille na chill táet co gluc bind arar cend.
Béo mo rí marid méraid Mac Dé Bi. ar cach rámut ar bith che ría slúag namat conar ti.
Nert Dé lend arná ragbaiter ar n-ell. a Chaimgin cháid ma taí it glind ra báig Mo Lling tócaib cend.
Comgan béo dom anacul ar cach ngléo. Mu Lassi cu cétaib náem & ar nín araen leo.
Lestar óir Aed mac Eogain Cluana Móir. imda rigrad imma lecht rop línmar oc techt 'nar tóir.
Tipra glain Dílgedach mac Cairpri chain. do mathib domain in fer mo chen a chobair ind fir.
Sruith in dám Dagán & Baethín bán. dar n-anacol ar cach ngort na hágumar olc na hág
Epscop Ith. Cruad & Elcho cen chleith; guidet in Comdid fo leith dar mbreith sech coibdin sech creich.
Epscop Ith Atha Fadat sechna sluagu nar sagat immaind acaind ar cach ngléo epscop Ith dar n-imdegleo
Admoniursa Mothaireán a chommairge is robalc. rom ainse cacha trátha epscop Atha Fadat.
Ar cach n-olc itágursa bágursa mac nOengussa. álim Mothaireán an bréo tabrad céo darm chaímusa.
A chalech ón Chetharlocht a dind callech sonaide. a Crón ingen Setnai bennach sét mo chonaire.
A Thacain ailithir áin fail i tír Hua Crimthannáin; ní thiset námait nar ndáil ni rabat 'car n-imgabáil. [ Cluin ar núal a M'Enoc Ruis Muchnig múaid. a Choluim meic Cathbaid áin a Choluim cháid o Chlúain Úail
In buarsa thucus atúaid slán rom faícfe slán rom fúair. a Chelláin a chell for sléib tair fo béim in bennáin búain.
M'Aedóc mín ticed dar cech saebrót sáer. Colum Cilli Comgall cáid Mo Lling na ndáil mas hí chóir.
A Mundu rédig mu rót a Abbáin caímaig ar sét; a M'Aedóc dar toraib túath na hágam úath na héc.
Cross Dé bí ra bruinne cach uilc fo thrí [MS folio 308b 40] úair nat ágammar Mac nDé cia bé ni ágammar ní
Atrácht ummum as cach aird Atrácht d'imdegail mo luirg. ingen Taláin ard a grád Atracht do lár Maigi Luirg.
A Cholmain Sléibe in Messa. atát i péin mo cho (ssa) a epscuip Átha Fadat is úair charat innossa.
A Rí rún a náemPatraic fil i nDún. cepeth leth tíasom ar sét rop sora [. . . ] cach ráen rún.
Tair dar ndín a Muiri a mathair in Ríg. a Émnat. a Fidnat án. a Cholmnat bán is a Bríg. A.
Or Fínnachta Fledach mac Dúnchado, maudit par Mo Ling après avoir accordé la remise du Bórama, tomba au combat à Grellach Dollaid, par la main d’Aed fils d’Ailill, fils d’Aed Slane, et de Congal fils de Conang, fils de Congaile, fils d’Aed Slane. Mo Ling de Luachair composa ce vers sur Fínnachta :
Fa dirsan do Fhindachta indiu ligi chroligi, rombæ la firu nime [dílgud] ina mBoroime.
Adamnán chanta :
Findachta mac Dunchada romaith mor do næm tri cóicait cét bo slabraid, ocus cach bo cona læg
Molling chanta :
An bern forsmbíth Findachta immo reithdís ríg ria gaí, ed co ndoirchernnsa do choill ocus atás rolaic nis ríada.
Ainsi se termine le Bórama.
Sources: • Ph. Jouët, (2012) - Dictionnaire de la Mythologie et de la Religion Celtiques, Yoran embanner, Fouesnant, 1039p.
• W. Stokes, (1892) - "The Bóroma", Revus Celtique, n°13, pp. 32-124
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique