L'épitaphe (CIL II, 880) atteste deux gentilés distincts, attribués respectivement à la défunte et à son mari survivant. La défunte est qualifiée d'Albocolensis, terme particulièrement rare (hapax) et très probablement dérivé d'un toponyme local aujourd'hui disparu. (Pour le mari, voir Celticoflavienses).
"Consacré aux dieux Mânes d'Amma, fille de Festus, albocolense, âgée de 23 ans. Cassius Vegetus, celtoflaviense, à sa pieuse épouse, a pris soin de faire (ce monument)."
Le lieu de découverte de l'épitaphe où apparaît Albocolensis correspond à l'actuel village d'Aldeatejada (province de Salamanque, Espagne). Aucun toponyme antique n'est attesté pour ce site. Le nom moderne dérive des formes médiévales Aldea Teiada (1186) et Aldea Tellada (XIIIᵉ s.). Toute tentative de restitution d'un nom préromain ou antique serait donc purement conjecturale.
Cependant, dans le même secteur géographique, trois noms, de nature différente mais morphologiquement apparentés, sont documentés :
Un ethnicon en -enses est une désignation collective latine formée sur un toponyme (ville, centre urbain, territoire), servant à nommer les habitants d’une cité ou d’une communauté civique dans le cadre de l’administration romaine. Leur usage, bien que généralisé à l’époque impériale, se diffuse largement dans les contextes urbains et provinciaux caractérisés par une forte diversité de populations, où l’identification civique tend à se substituer aux désignations d’origine ethnique dans les cadres administratifs et épigraphiques. Morphologiquement, ces formes reposent sur un suffixe adjectival en -ensis, décliné au singulier (-ensis) et au pluriel (-enses).
Sources: • Julien Quiret pour l'Arbre Celtique
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique
LIENS ANALOGIQUES
• Albocela (Villalazán) [villes celtiques d'Hispanie & hispano-romaines [de Abobriga à Augustobriga]]
• Albocelus [divinités gauloises & gallo-romaines (de Abandinus à Axsinginehae) (Les)]
• hapax [glossaire]