Irgus mac Umoir / Irgus — Personnage de la mythologie irlandaise mentionné dans le Lebor Gabála Érenn. Présenté comme l'un des fils — ou plus largement l'un des descendants — d'Umor, il compte parmi les rares Fir Bolg ayant survécu à la première bataille de Mag Tuired. Avec les autres survivants, il se réfugie dans les îles et les régions périphériques de l'Irlande, avant de connaître plusieurs phases d'errance et d'installation sous la protection successive des Cruithnes, de Cairpre Nia Fer, puis de Medb et d'Ailill, et finissent par recevoir des terres qui leur sont accordées par ces derniers.
La tradition manuscrite est toutefois ambiguë. Conall est présenté à la fois comme fils d'Umor et comme fils d'Óengus, ce qui ferait en réalité de lui le petit-fils d'Umor. Dans ce contexte, le terme « fils » semble être employé dans un sens générique, désignant un descendant plutôt qu'une filiation immédiate. Cette ambiguïté ne s'étend toutefois pas à Irgus, bien que le patronyme ne soit pas explicitement indiqué dans le texte, il est clairement annoncé comme étant le frère d’Óengus mac Umoir dans l’un des poèmes.
Irgus est associé à Cend Boirne (signifiant littéralement « la tête (ou l’extrémité) du Burren » et désigne un point géographique lié à la région calcaire du Burren).
Ces terres, accordées par Ailill et Medb, provoquent la colère de Conall Cernach, qui exige qu'on lui livre les têtes de leurs détenteurs. Óengus envoie alors trois de ses frères — Cime, Cing et Irgus — ainsi que son fils Conall pour leur faire face. Les quatre champions sont finalement tués par les héros de Conall Cernach. Le texte demeure en revanche silencieux sur le destin des autres frères.
Irgus, envoyé par son frère Óengus, affronta Cét mac Mágach dans un combat au cours duquel il perdit la vie. Il fut enterré avec ses frères Cime Ceithirchind et Cing dans le « tertre des Têtes » à Findmagh.
Irgus semble se composer de ir (« don ») et de gus (« force, vigueur, impétuosité »), donnant le sens possible de « don de force » ou « don de vigueur ». Une lecture par ír (« long, durable ») et gus (« force ») est également envisageable, mais moins adaptée au contexte anthroponymique. « Il envoya Irgus, riche en batailles » met précisément en avant une qualité guerrière : la puissance, la vaillance, l’impétuosité au combat. Il y a donc une cohérence entre le nom et l’épithète narrative
Sources: • R.A.S. Macalister, (1941) - Lebor Gabala Erenn. The Book of the Taking of Ireland IV, 356p.
• Royal Irish Academy. (1913-1976). Dictionary of the Irish Language, Based Mainly on Old and Middle Irish Materials, 7 volumes, Dublin, Royal Irish Academy.
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique