La lettre oghamique (beth / beithe ), correspondant à la lettre B de l'alphabet latin, est régulièrement associée au bouleau (latin : betula, gaulois : *betuo-).
Dans la littérature irlandaise ancienne, les oghams sont décrits par des bríatharogaim (singulier : bríatharogam). Chaque bríatharogam (kenning en anglais) est composé de deux mots expliquant la signification de chaque ogham. Trois versions nous sont parvenues : Le Bríatharogam Morainn mac Moín, le Bríatharogam Maic ind Óc, Le Bríatharogam Con Culainn.
Les bríatharogaim (ou "kennings") sont vraiment des joyaux de la poésie ancienne irlandaise, permettant de capturer de manière concise et imagée des significations profondes liées aux lettres et aux symboles. Le travail des copistes médiévaux a vraiment contribué à transmettre cette culture ancienne, mais on peut se demander si ces associations sont le fruit d'une vision plus mystique et poétique du langage.
Bríatharogaim de Beth
Dans le cas du Beth, les métaphores se réfèrent à des éléments physiques ou esthétiques du corps humain (comme "pied flétri", "cheveux fins", et "beauté du sourcil"), ce qui pourrait symboliser des caractéristiques perçues comme délicates ou subtiles, à l'image du bouleau.
Bríatharogaim
Gaélique
Traduction
Bríatharogam Morainn mac Moín
féochos foltchain
pied flétri, cheveux fins
Bríatharogam Maic ind Óc
glaisem cnis
plus gris de peau
Bríatharogam Con Culainn
maise malach
beauté du sourcil
📌 (*) Remarque historique : L'assimilation des Ogham aux arbres a été établie par les copistes médiévaux, et ce n'est pas une caractéristique originelle de l'écriture oghamique elle-même. En fait, parmi les 20 caractères de base et les 5 ajouts plus tardifs, seulement 8 sont réellement liés à des arbres.
Sources: • Ph. Jouët,(2012) - Dictionnaire de la Mythologie et de la Religion Celtiques, Yoran embanner, Fouesnant, 1039p.
• D. McManus, (1988) - "Irish letter-names and their kennings", Ériu n°39 (1988), pp. 127-168.
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique