LIVRE DES CONQUÊTES DE L'IRLANDE - TÚATHA DÉ DANANN
Mythes, légendes, textes mythologiques
Le livre des conquêtes de l'Irlande Túatha Dé Danann
Quatrième conquête de l'Irlande.
Le Lebor Gabála Érenn (Livre des Conquêtes de l’Irlande) est une compilation pseudo-historique médiévale qui raconte l’histoire mythique de l’Irlande comme une succession de « prises de possession » par différents peuples (depuis la création du monde jusqu’aux Gaëls), en les synchronisant avec l’histoire biblique et antique pour en donner une chronologie universelle.
Lebor Gabála Érenn nous est parvenu à travers plusieurs rédactions successives et une version remaniée dite Miníugud, ainsi qu’une adaptation moderne. Ces rédactions ont été conservées dans un ensemble de manuscrits médiévaux et post-médiévaux (notamment le Livre du Leinster, le Livre de Ballymote, le Livre de Lecan, Rawlinson B 512, les manuscrits Stowe, etc.), qui ne transmettent pas tous le même état du texte. Le texte a également été interpolé ou clarifié dans la version Miníugud, présente dans plusieurs témoins. L’ensemble de la tradition est reconstruit par les éditeurs à partir de ces témoins, en supposant des archétypes perdus et des copies intermédiaires aujourd’hui disparues. Ainsi, le texte actuel est le résultat d’une transmission complexe mêlant plusieurs couches de rédaction, de réécriture et de copie médiévale.
Les Túatha Dé Danann constituent le quatrième peuple à prendre possession de l’Irlande. Issus de la descendance de Betach mac Íarbonél, ils acquièrent dans les îles septentrionales du monde une maîtrise exceptionnelle du druidisme, du savoir, de la prophétie et des arts magiques. Ils gagnent ensuite l’Irlande, où ils affrontent les Fir Bolg et leur arrachent la royauté lors de la première bataille de Mag Tuired. Leur tradition associe étroitement généalogies, règnes, batailles, personnages et savoirs spécialisés, avant leur défaite finale face aux fils de Míl. Les différentes rédactions développent et réorganisent cette matière, en ajoutant notamment des généalogies détaillées, des listes de personnages et des synchronismes.
Míniugud et première rédaction
La première rédaction présente essentiellement l’arrivée et l’établissement des Túatha Dé Danann en Irlande, leur origine dans les îles septentrionales, leur savoir druidique, leur arrivée mystérieuse et leur affrontement avec les Fir Bolg. Elle développe ensuite la succession des rois et plusieurs épisodes concernant Núada, Bress, Lug et le Dagda, ainsi que diverses généalogies et listes de personnages. Elle contient également plusieurs poèmes destinés à mémoriser ou à commenter cette tradition.
Míniugud et première rédaction
304 — Par la suite, la descendance de Betach mac Íarbonél Fáid meic Nemid, se trouva dans les îles septentrionales du monde, où elle apprit la druidisme, le savoir, la prophétie et la magie, jusqu’à devenir experte dans les arts de la ruse païenne.
305 — Il y avait quatre villes où ils acquéraient le savoir, la science et les arts diaboliques. Voici leurs noms : Failias, Goirias, Findias et Muirias. De Failias fut apportée la pierre de Fál, qui se trouve à Temair et qui poussait autrefois un cri sous chaque roi appelé à régner sur l’Irlande. De Goirias fut apportée la lance que possédait Lug : la bataille ne pouvait jamais tourner contre celui qui la tenait en main. De Findias fut apportée l’épée de Núada : nul homme ne pouvait lui échapper ; une fois tirée de son fourreau de bataille, elle était irrésistible. De Muirias fut apporté le chaudron du Dagda : aucune troupe ne pouvait s’en éloigner insatisfaite. Il y avait quatre sages dans ces villes : Morfesa, était de Failias ; Esrus, était de Goirias ; Usicias, était de Findias ; et Semias, était de Muirias. Ce sont les quatre poètes auprès desquels les Túatha Dé Danann acquirent le savoir et la science.
306 — Ainsi, ce furent les Túatha Dé Danann qui vinrent en Irlande.
Par la suite, les Túatha Dé Danann arrivèrent en Irlande.
C’est ainsi qu’ils vinrent, enveloppés de nuages sombres. Ils débarquèrent sur les montagnes de Conmaicne Rein, en Connacht ...
C’est ainsi qu’ils vinrent, sans vaisseaux ni barques, dans de sombres nuages à travers les airs, par le pouvoir de la magie druidique, et qu’ils débarquèrent sur une montagne de Conmaicne Rein, en Connacht. [ c’est-à-dire sur la montagne des fils de Delgaid, en Conmaicne Rein ; autrement dit, Cuile.]
Une autre tradition rapporte que les Túatha Dé Danann vinrent par mer, à la suite d’une expédition navale, et qu’ils brûlèrent ensuite leurs navires. C’est à cause du brouillard de fumée qui s’éleva d’eux lorsqu’ils les brûlèrent que certains ont dit qu’ils étaient venus dans un brouillard de fumée. Mais il n’en est rien : car voici les deux raisons pour lesquelles ils brûlèrent leurs navires : afin que les Fomoire ne les trouvent pas et ne les leur dérobent pas ; et afin qu’eux-mêmes n’eussent aucun moyen de fuir l’Irlande, même s’ils venaient à subir une défaite face aux Fir Bolg.
... et ils plongèrent le soleil dans les ténèbres pendant trois jours et trois nuits.
Par la suite, les Túatha Dé Danann plongèrent le soleil dans les ténèbres pendant trois jours et trois nuits.
307 — Ils exigèrent des Fir Bolg qu’ils leur livrent bataille ou qu’ils leur cèdent la royauté. Une bataille eut lieu entre eux, à savoir la première bataille de Mag Tuired, ...
... au cours de laquelle cent mille des Fir Bolg périrent. Par la suite, les Túatha Dé prirent la royauté d’Irlande. Tels sont les Túatha Dé : leurs hommes de l’art étaient des dieux, leurs cultivateurs n’étaient pas des dieux. Ils connaissaient les incantations des druides, ainsi que l’art des conducteurs de chars, des chasseurs au piège et des échansons.
... et ils combattirent longtemps au cours de cette bataille. Le combat tourna à l’avantage des Fir Bolg, et le massacre se poursuivit vers le nord ; cent mille d’entre eux furent tués, depuis Mag Tuired jusqu’au rivage d’Eothail le charpentier.
308 — C’est là qu’Eochu mac Eirc, fut rejoint et qu’il tomba, sous les coups des trois fils de Nemed mac Badrai, à savoir Cessarb, Luach et Luachra. Cependant, les Túatha Dé Danann subirent de lourdes pertes au cours de la bataille. Tous ceux des Fir Bolg qui avaient survécu, ainsi que ceux d’entre eux qui ne voulaient pas être soumis aux Túatha Dé Danann, quittèrent l’Irlande et s’enfuirent. Ils gagnèrent Ara, Islay, Rachra, Man et d’autres îles de la mer. Ils demeurèrent dans ces îles jusqu’à l’époque où les rois des provinces régnèrent sur l’Irlande, et les Cruithnes les chassèrent des îles. Ils vinrent ensuite auprès de Cairpre Nia Fer, qui leur donna des terres ; mais ils ne purent rester auprès de lui en raison de la lourdeur du tribut qui leur était imposé. Après cela, ils s’enfuirent de chez Cairpre sous la protection de Medb et d’Ailill, qui leur donnèrent des terres. Tel est l’errance des fils d’Umor. Óengus mac Umoir, était leur roi en Orient. C’est d’eux que tirent leur nom plusieurs territoires : Loch Cimme, nommé d’après Cimme Ceithirchind mac Umoir ; Rind Tamain en Medraige, d’après Taman ; le Fort d’Óengus en Ara, d’après Óengus; le cairn de Conall sur le territoire d’Aidne, d’après Conall ; Mag Adar, d’après Adar ; et, Mag Assal, en Mumu, d’après Assal. Maen mac Umoir, était le barde. Les fils d’Umor demeurèrent dans ces lieux et dans les îles environnantes jusqu’à ce que les Ulates, accompagnant Cú Chulainn, les en chassent.
309 — Ce sont les Túatha Dé Danann qui apportèrent avec eux la Grande Fál, c’est-à-dire la Pierre de la Connaissance, qui se trouvait à Temair, d’où l’Irlande tire le nom de « Plaine de Fál ». Celui sous lequel elle devait pousser un cri était roi d’Irlande, jusqu’à ce que Cú Chulainn la frappât, car elle ne poussa aucun cri sous son règne, ni sous celui de son pupille, Lugaid, fils des trois Find d’Emain. À partir de ce moment, la pierre ne poussa de cri que sous Conn de Temair. Alors son cœur s’envola d’elle, de Temair, jusqu’à Tailtiu ; c’est pourquoi se trouve là le Cœur de Fál. Ce ne fut pas le hasard qui en fut la cause, mais la naissance du Christ : c’est elle qui brisa le pouvoir des idoles.
Míniugud
Première rédaction
310 — Or, Nuadu Airgetlám était roi des Túatha Dé Danann pendant les sept années qui précédèrent leur arrivée en Irlande, jusqu’à ce que son bras lui fût tranché lors de la première bataille de Mag Tuired. Edleo mac Alldai, fut le premier homme des Túatha Dé Danann à tomber en Irlande : il fut tué par la main de Nerceon uí Semoin, lors de la première bataille de Mag Tuired. Ernmas, Echtach, Etargal, Fiachra et Tuirill Bicrenn tombèrent également au cours de cette bataille. Bress mac Eladan, prit ensuite la royauté d’Irlande et la conserva pendant sept ans, jusqu’à ce que le bras de Nuadu fût guéri : Dian Cecht lui en fabriqua un bras d’argent, auquel il donna le mouvement de chaque doigt et de chaque articulation, avec l’aide de Credne.
Nuadu Airgetlám, C’est lui qui était roi des Túatha Dé Danann pendant les sept années qui précédèrent leur arrivée en Irlande, jusqu’à ce que son bras lui fût coupé lors de la première bataille de Mag Tuired. Edleo mac Alldai, fut le premier homme des Túatha Dé Danann à tomber en Irlande, sous les coups de Nerchon uí Semioin. Lors de la première bataille de Mag Tuired tombèrent également Ernmas, Echtach, Etargal et Fiachna. Bress mac Eladan, prit ensuite la royauté d’Irlande et la conserva jusqu’au terme des sept années, jusqu’à ce que le bras de Nuadu fût guéri. Ensuite, Nuadu Airgetlám régna pendant vingt ans. Il avait un bras d’argent, doué de toutes les facultés d’un bras véritable, dans chacun de ses doigts et chacune de ses articulations ; c’est Dian Cecht, le médecin, qui le lui avait fabriqué, avec l’aide de Creidne, l’artisan.
[Mais Miach mac Dian Cecht, ajusta articulation à articulation et veine à veine de son propre bras, et celui-ci fut guéri en trois fois neuf jours. C’est pour cette raison que son bras d’argent lui fut donné en récompense.]
311 — Tailtiu, reine des Fir Bolg et fille de Mag Mór, le roi d’Espagne, vint, après le massacre infligé aux Fir Bolg lors de cette première bataille de Mag Tuired, à Coill Cuan. Elle fit abattre la forêt, si bien qu’en moins d’une année l’endroit devint une plaine couverte de fleurs de trèfle. C’est cette Tailtiu qui était l’épouse d’Eochu mac Eirc, roi d’Irlande, jusqu’à ce que les Túatha Dé Danann le tuent, comme nous l’avons dit plus haut. C’est lui qui l’avait prise à son père, en Espagne. C’est elle qui coucha avec Eochu Garb mac Duach Daill, des Túatha Dé Danann. Et Cian mac Dian Cecht, qui avait pour autre nom Scál Balb, lui confia son fils en fosterage, à savoir Lug, dont la mère était Eithne ingen Baloir. Ainsi Tailtiu mourut à Tailtiu, et son nom demeura attaché à cet endroit ; son tombeau s’étend depuis le siège de Tailtiu vers le nord-est. On célébrait chaque année ses jeux et, avec Lug, son chant de lamentation. Ils étaient célébrés avec des défis et des épreuves d’armes, pendant quinze jours avant Lugnasad et quinze jours après. D’où l’on dit Lugnasad, c’est-à-dire la célébration (?) ou la fête de Lug. Plus tard, Óengus disait : « le nasad de Lug, ou le nasad de Beoan [mac] Mellain. »
Quant à Tailtiu, reine des Fir Bolg et fille de Mag Mór, le roi d’Espagne, elle vint, après que le massacre eut été infligé aux Fir Bolg lors de la première bataille de Mag Tuired, à Coill Cuan ; et elle fit défricher la forêt, si bien que l’endroit fut une plaine fleurie de trèfle avant la fin d’une année. C’est cette Tailtiu qui était l’épouse d’Eochu mac Eirc, fils du roi d’Irlande, jusqu’à ce que les Túatha Dé Danann le tuent. C’est [Eochu] mac Eirc, qui la prit en Espagne à son père, Mag Mór le Lent, roi d’Espagne. Quant à Tailtiu, elle s’établit à Tailltin et coucha avec Eochu Garb mac Duach Daill, des Túatha Dé Danann ; et Cian mac Dian Cecht, autrement appelé Scál Balb, lui donna son fils en fosterage, à savoir Lug. Eithne ingen Baloir Balcbeimnig, était sa mère. Ensuite Tailtiu mourut à Tailltin, et son nom fut donné au lieu ; et c’est son tombeau qui se trouve au nord-est du Siège de Tailltin. Et les jeux étaient célébrés chaque année par Lug, une quinzaine avant Lugnasad et une quinzaine après Lugnasad. Lugnasad, l’« assemblée » (?) de Lug mac Ethlend, est le nom de ces jeux.
312 — Pour revenir aux Túatha Dé Danann. Nuadu Argatlam tomba lors de la dernière bataille de Mag Tuired, ainsi que Macha ingen Ernmas, sous les coups de Balar Balcbeimnig. Au cours de cette bataille, Ogma mac Eladain, tomba sous les coups d’Indech mac Dé Domnand, roi des Fomoire. Bruidne et Casmael tombèrent sous les coups d’Ochtriallach mac Indigh. Après la mort de Nuadu et de ces hommes, Lug prit la royauté d’Irlande. Son grand-père, Balar Balcbeimnig, tomba de sa main, frappé par une pierre lancée avec sa fronde. Lug régna quarante ans sur l’Irlande après la dernière bataille de Mag Tuired, et vingt-sept années s’étaient écoulées entre les deux batailles.
Nuadu Airgetlám tomba lors de la dernière bataille de Mag Tuired, ainsi que Macha ingen Ernmas, sous les coups de Balar Balcbeimnig. Au cours de cette bataille tomba également Ogma mac Eladain meic Nèt, sous les coups d’Indech mac Dé Domnand, roi des Fomoire. Bruidne et Casmael tombèrent sous les coups d’Ochtrilach mac Ninnech. Après la mise à mort de Nuadu et de ces hommes au cours de cette bataille, les Túatha Dé Danann donnèrent la royauté à Lug, et son grand-père [Balar] tomba sous ses coups, frappé par une pierre lancée avec sa fronde. Or beaucoup furent tués dans cette bataille, et Bress avec eux, comme le dit Indech mac Dé Domnand, homme habile dans les arts et les sciences, lorsque Lug lui demanda : « Quel est le nombre de ceux qui tombèrent dans cette bataille de Mag Tuired ? » — Sept hommes, sept vingtaines, sept centaines, sept cinquantaines ; soit neuf centaines, vingt fois quarante, quatre-vingt-dix, [y compris le petit-fils de Net], [c’est-à-dire y compris Ogma mac Elathain meic Neit]. Lug mac Ethlend, régna quarante ans sur l’Irlande après la dernière bataille de Mag Tuired ; vingt-sept années s’écoulèrent entre ces deux batailles de Mag Tuired.
313 — Eochu Ollathair, le grand Dagda mac Eladain, régna quatre-vingts ans sur l’Irlande. Ses trois fils étaient Oengus, Aed et Cermat Cóem ; les trois fils de Dian Cecht étaient Cu, Cethen et Cian.
Eochu Ollathair, c'est-à-dire le grand Dagda mac Eladain, régna quatre-vingts ans sur l’Irlande. Les hommes d’Irlande élevèrent au-dessus de lui le tertre du Brug, ainsi qu’au-dessus de ses trois fils, Oengus, Aed et Cermad Coem.
314 — Dian Cecht avait trois fils : Cu, Cethen et Cian. Miach était le quatrième fils, bien que beaucoup ne le comptent pas. Sa fille était Etan la Poétesse, et Airmed, la femme-médecin, était son autre fille ; et Cairbre mac Etain était le poète.
Dian Cecht avait quatre fils : Cu, Cian, Cethen et Miach, ainsi que Etan la poétesse, et Cairbre mac Etain, le poète ; et Airmed, la femme-médecin, était une autre.
Crichinbel, Bruidne et Casmael étaient les trois satiristes.
Be Chuille et Dianann étaient les deux fermières.
Les trois fils de Cermad mac The Dagda étaient Mac Cuill, Mac Cecht et Mac Greine ; Sethor, Tethor et Cethor étaient leurs noms. Fotla, Banba et Eriu étaient leurs trois épouses.
Fea et Nemaind étaient les deux épouses de Net, a quo Ailech Neit.
Flidais, de qui vient le « Bétail de Flidais » ; ses quatre filles étaient Argoen, Bé Chuille, Dinand et Be Theite.
Les deux bœufs royaux étaient Fea et Fernen, de qui viennent Mag Fea et Mag Femen. C'étaient deux bœufs fidèles.
Tore Triath était le roi des sangliers, de qui vient Mag Treitherne.
Cirba était le roi des moutons, de qui vient Mag Cirba.
Math mac Umoir était le druide.
Badb, Macha et Anand, de qui viennent les Paps d’Anu en Luachair, ...
Badb et Macha [la Morrigu], et Anann, de qui sont les Deux Paps d’Ana en Luachair, ...
... étaient les trois filles d’Ernmas.
Goibniu le forgeron, Luicne le charpentier, Creidne l'artisan, Dian Cecht le médecin.
Pour mémoriser cela, le poète Eochaid composa le poème suivant :
Poème LIII
L’Irlande avec fierté, avec ses armes, ses troupes répandues sur son ancienne plaine, vers l’ouest, jusqu’au couchant, ils étaient des pillards, ses chefs de destruction autour de Temair.
Trente ans après Genand, des troupes de gobelins prirent la terre fertile ; un coup porté au Peuple des Sacs vaincu fut la venue des Túatha Dé Danann.
C’est Dieu qui les fit souffrir, bien qu’Il les retînt — ils débarquèrent avec horreur, par un acte sublime, dans leur nuée de puissants combats de spectres, sur une montagne des Conmaicne de Connacht.
Sans distinction pour l’Irlande qui discerne, sans navires, une course impitoyable, on ne savait pas sous le ciel étoilé s’ils étaient du ciel ou de la terre.
S’il s’agissait de démons diaboliques, l’expédition agitée aux manteaux noirs, elle était puissante par ses rangs, par ses troupes ; s’il s’agissait d’hommes, c’était la descendance de Bethach.
Parmi les hommes soumis à la loi, est de naissance libre celui qui possède la forte semence : Bethach, île de guerriers rapides (?), mac Iarbonel mac Nemed.
Ils ne tinrent ni assemblée ni justice autour du lieu de Fal, vers le couchant : il y eut feu et combat, finalement à Mag Tuired.
Les Túatha Dé, c’était le lit d’un puissant, combattirent autour du Peuple des Sacs pour la royauté : dans leur bataille, avec une abondance de fierté, des troupes par centaines de milliers périrent.
Les fils d’Elada, gloire des armes, un loup de division contre un homme de pillage : Bres du Brug de Banba, à la sage parole, Dagda, Delbaeth et Ogma.
Eriu, même si elle devait atteindre le bout d’un chemin, Banba, Fotla et Fea, Neman, aux vers ingénieux, Danann, mère des dieux.
Badb et Macha, grandeur de richesse, Morrigu, sources de ruse, sources de combats amers, étaient les trois filles d’Ernmas.
Goibniu, qui n’était pas impuissant à la fonte, Luichtne, le libre artisan, Creidne, Dian Cecht, pour parcourir les chemins de la grande guérison, Mac ind Oc, Lug mac Ethliu.
Cridinbel, Bruidne le célèbre, Be Chuille, Danand aux belles formes, Casmael, au bardisme parfait, Coirpre mac Etan, et Etan.
Les petits-fils du Dagda, qui avaient une triple division (?), divisèrent Banba aux cornes de trompe ; racontons les princes d’excellence en hospitalité, les trois fils de Cermat de Cualu.
Bien que l’Irlande fût des multitudes de milliers, ils divisèrent sa terre en trois parts : grands chefs aux hauts faits de fierté, Mac Cuill, Mac Cecht, Mac Greine.
Il les balaya de leur terre, le Fils de Dieu, depuis la plaine royale que je révèle : malgré toute la vaillance de leurs exploits, de leur claire division, leur descendance n’est pas sur l’Irlande.
C’est Eochu, sans enchantement de bonds, qui compose la distinction de ses bons quatrains ; mais la connaissance des guerriers, lorsqu’il la rapporte, bien qu’il les énumère, il ne les adore pas.
Adorez le nom du Roi qui vous a mesurés, qui répartit toute vérité qu’il [Eochu] raconte ; qui a libéré toute tempête que nous attendons, qui a façonné l’agréable terre d’Irlande.
Lug régna quarante ans, jusqu’à ce que les trois fils de Cermat le tuent à Coem-druim, c’est-à-dire à Uisnech. Quatre-vingts ans pour le Dagda, jusqu’à ce qu’il meure de la lance sanglante avec laquelle Cetlenn lui infligea une blessure mortelle lors de la grande bataille de Mag Tuired.
315 — Delbaeth, après le Dagda, régna dix ans sur l’Irlande, jusqu’à ce qu’il tombât, avec son fils Ollam, sous les coups de Caicher mac Nama, frère de Nechtan. Fiacha mac Delbaith, lui succéda sur le trône d’Irlande et régna à son tour dix ans, jusqu’à ce qu’il tombât, avec Ai mac Ollamain, sous les coups d’Eogan Inbir. Pendant vingt-neuf ans, les petits-fils du Dagda régnèrent sur l’Irlande, à savoir Mac Cuill, Mac Cecht et Mac Greine. Ils divisèrent l’Irlande en trois parts. C’est alors que les Gáedil arrivèrent en Irlande, et les trois rois tombèrent sous les coups des trois fils de Mil, qui venaient venger Ith, Cuailnge et Fnat, les trois fils de Breogan.
Delbaeth, après le Dagda, régna dix ans sur le royaume d’Irlande, jusqu’à ce que lui-même et son fils Ollam tombent sous les coups de Caicher mac Nama, frère de Nechtan. Fiachna mac Delbaith, prit le royaume après son père et régna à son tour dix ans, jusqu’à ce que Fiachna et les six fils d’Ollam tombent sous les coups d’Eogan d’Inber Mór. Pendant vingt-neuf ans, les petits-fils du Dagda furent à la tête du royaume d’Irlande, à savoir Mac Cuill, Mac Cecht et Mac Greine. Ils se partagèrent l’Irlande en trois parts entre eux et ne laissèrent absolument aucun fils. Leurs noms étaient Sethor, Tethor et Cethor. C’est à eux que vinrent les Gáedil, si bien qu’ils tombèrent sous les coups des fils de Míl d’Espagne, qui venaient venger Ith, Cnalnge et Fnat ; ceux-ci étaient les trois fils de Bregon. Afin d’en garder le souvenir, l’historien Tanaide chanta le poème suivant :
Poème LIV
Les Túatha Dé Danann dans l’obscurité, un peuple sans alliance de religion ; petits de la forêt qui n’a point dépéri, peuple issu du sang de la chair d’Adam.
Nobles là-bas, de la puissante nation, peuple du sommet desséché, racontons, dans l’ordre où nous sommes, les périodes de leur règne.
Sept années de Nuadu, noble et majestueux, sur la troupe aux cheveux blonds, le règne de l’homme à la large poitrine, à la crinière de lin, avant sa venue en Irlande.
À Mag Tuired, lourde de destin, où tomba un champion du combat, le défenseur blanc du monde vit son bras princier tranché.
Sept années de Bres, qui ne furent pas un espace de lumière, malgré son bel aspect pour l’abbé de la poésie, dans la royauté sur la plaine généreuse en noix, jusqu’à ce que le bras de Nuadu fût guéri.
Nuadu, après cela, durant vingt années, conduisit le peuple des fées à la guerre, jusqu’à ce que Lug, meurtrier à la lance, fût fait roi — l’homme aux nombreux talents, qui ne connaissait pas le repos.
Deux vingtaines pour Lug — c’était l’équilibre — dans la royauté sur le Palais de Banba ; il n’atteignit aucune couche céleste d’innocence ; huit dizaines pour le Dagda.
Dix ans pour le fougueux Delbaeth, jusqu’à ce qu’un sage, selon l’ordre et royal (?), arrive, irréprochable au bord de l’océan — puis dix autres pour Fiachna.
Neuf et vingt années, je l’ai proclamé, sur toute la terre paisible d’Irlande ; dans le royaume de Banba, durablement puissant, régnèrent les petits-fils du Dagda, habiles dans l’art de la sagesse.
Après cela vinrent les fils de Míl, ils arrivèrent pour les rougir de leur sang — les enfants du grand héros qui jaillit d’Espagne sans jamais se refroidir.
Jusqu’à ce que les Gáedil, hommes d’action, les blessent, sans troupe, par leur ruse ; ce n’est ni affaire de fable ni de folie : grande était la puissance des Túatha.
Midir meic Indai meic Echtaig meic Etarlaim, de Brí Léith.
Ai mac Ollamon meic Delbaith meic Ogma meic Eladáin.
Dagda, Ogma, Delbaeth, Bress, Delbaeth, les cinq fils d'Eladán meic Delbaith meic Neit meic Indai meic Tait meic Thabuirn.
Lug mac Céin meic Dian Cecht meic Esairg meic Neit meic Indai maic Alldai. Il est le premier à avoir introduit en Irlande le jeu d’échecs, le jeu de balle, les courses de chevaux et les assemblées, d’où quelqu’un a chanté :
Poème LV
Lug, fils d’Ethliu, une falaise sans ride, avec lui vint d’abord une noble assemblée : après la venue du Christ, ce n’est pas une vaine proclamation, Conchobar le sage et le violent mourut.
Orbsen était d’abord le nom de Manannán, et c’est de lui que le Loch Orbsen, en Connachta, tire son nom. Lorsque Manannán fut enseveli, c’est alors que le lac déborda sur la terre, [par suite de l’ensevelissement].
Les six fils de Delbaeth mac Ogma meic Eladáin meic Delbaith meic Neit, étaient Fiachra, Ollam, Indui, Brian, Iucharba et Iuchar. Donand, fille de ce même Delbaeth, était la mère des trois derniers, Brian, Iucharba et Iuchar. Ce furent les trois dieux de Danu, de qui la Montagne des Trois Dieux tire son nom. Et ce Delbaeth avait pour nom Tuirill Bicrenn.
Tuirill mac Cait, était en outre le grand-père de Corpre le poète, et Etan ingen Dian Cecht, était la mère de ce Tuirill. Les trois fils de Cermait, en outre, comme nous l’avons dit : Mac Cuill — Sethor, le noisetier pour dieu ; Mac Cecht — Tethor, le soc de charrue pour dieu ; Mac Greine — Cethor, le soleil pour dieu. Fotla était l’épouse de Mac Cecht, Banba celle de Mac Cuill, Eriu celle de Mac Greine. Ce furent les trois filles de Fiachna mac Delbaith. Ernmas ingen Etarlaim meic Nuadat Airgetláim, était la mère de ces trois femmes, ainsi que de Fiachna et d’Ollam.
Ernmas eut trois autres filles, Badb, Macha et Morrigu, dont le nom était Anand.
À leur sujet, le poète chanta ce qui suit :
Poème LVII
Ethur le noble, qui acquit la dignité, rude était l’homme ; le Noisetier était son dieu, petit-fils du Dagda qui n’était pas noir, Banba était son épouse.
Cethor le plaisant, belle était sa couleur, libre était-il ; Eriu était son épouse, femme généreuse qu’elle était, le Soleil était son dieu.
Tethor le fort, fort dans le combat, ardent était le champion ; Fotla était son épouse, grande histoire il accomplit, le Soc de charrue était le dieu auquel il croyait.
Manannán mac Lir, issu du lac, ardemment il rechercha une abondance (?) ; Oirbsen était son nom, après des centaines de combats, la mort le ravit.
Ses trois fils étaient Glon, Gnim et Coscar.
Les trois fils d’Ernmas étaient Glonn, Gnim et Coscar.
Boind ingen Delbaith meic Eladáin.
Fea et Neman, les deux épouses de Net mac Indai, deux filles d’Elcmar du Brug.
Uillend meic Cathair meic Núadat Airgetláim.
Bodb mac Echach Gairb meic Duach Temen meic Breissi meic Eladáin meic Delbaith meic Neit, du tertre de Femen.
Abcan mac Bicfelmais meic Con meic Dian Cecht, le poète de Lug.
Én mac Biceoin meic Stairn meic Edleo mec Alldai meic Tait meic Tabuirn.
Chez Tat meic Tabuirn, se rassemblent les chefs des Túatha Dé Danann. À ce sujet, l’historien chanta :
Chez Tat meic Tabuirn, toute l’élite des Túatha Dé Danann, se rassemblent pour la première fois. Telle est l’origine des Túatha Dé Danann jusqu’à lui.
Poème LIII
L’Irlande avec fierté, avec ses armes, ses troupes répandues sur son ancienne plaine, vers l’ouest, jusqu’au couchant, ils étaient des pillards, ses chefs de destruction autour de Temair.
Trente ans après Genand, des troupes de gobelins prirent la terre fertile ; un coup porté au Peuple des Sacs vaincu fut la venue des Túatha Dé Danann.
C’est Dieu qui les fit souffrir, bien qu’Il les retînt — ils débarquèrent avec horreur, par un acte sublime, dans leur nuée de puissants combats de spectres, sur une montagne des Conmaicne de Connacht.
Sans distinction pour l’Irlande qui discerne, sans navires, une course impitoyable, on ne savait pas sous le ciel étoilé s’ils étaient du ciel ou de la terre.
S’il s’agissait de démons diaboliques, l’expédition agitée aux manteaux noirs, elle était puissante par ses rangs, par ses troupes ; s’il s’agissait d’hommes, c’était la descendance de Bethach.
Parmi les hommes soumis à la loi, est de naissance libre celui qui possède la forte semence : Bethach, île de guerriers rapides (?), mac Iarbonel mac Nemed.
Ils ne tinrent ni assemblée ni justice autour du lieu de Fal, vers le couchant : il y eut feu et combat, finalement à Mag Tuired.
Les Túatha Dé, c’était le lit d’un puissant, combattirent autour du Peuple des Sacs pour la royauté : dans leur bataille, avec une abondance de fierté, des troupes par centaines de milliers périrent.
Les fils d’Elada, gloire des armes, un loup de division contre un homme de pillage : Bres du Brug de Banba, à la sage parole, Dagda, Delbaeth et Ogma.
Eriu, même si elle devait atteindre le bout d’un chemin, Banba, Fotla et Fea, Neman, aux vers ingénieux, Danann, mère des dieux.
Badb et Macha, grandeur de richesse, Morrigu, sources de ruse, sources de combats amers, étaient les trois filles d’Ernmas.
Goibniu, qui n’était pas impuissant à la fonte, Luichtne, le libre artisan, Creidne, Dian Cecht, pour parcourir les chemins de la grande guérison, Mac ind Oc, Lug mac Ethliu.
Cridinbel, Bruidne le célèbre, Be Chuille, Danand aux belles formes, Casmael, au bardisme parfait, Coirpre mac Etan, et Etan.
Les petits-fils du Dagda, qui avaient une triple division (?), divisèrent Banba aux cornes de trompe ; racontons les princes d’excellence en hospitalité, les trois fils de Cermat de Cualu.
Bien que l’Irlande fût des multitudes de milliers, ils divisèrent sa terre en trois parts : grands chefs aux hauts faits de fierté, Mac Cuill, Mac Cecht, Mac Greine.
Il les balaya de leur terre, le Fils de Dieu, depuis la plaine royale que je révèle : malgré toute la vaillance de leurs exploits, de leur claire division, leur descendance n’est pas sur l’Irlande.
C’est Eochu, sans enchantement de bonds, qui compose la distinction de ses bons quatrains ; mais la connaissance des guerriers, lorsqu’il la rapporte, bien qu’il les énumère, il ne les adore pas.
Adorez le nom du Roi qui vous a mesurés, qui répartit toute vérité qu’il [Eochu] raconte ; qui a libéré toute tempête que nous attendons, qui a façonné l’agréable terre d’Irlande.
Tanaide chanta :
Poème LIV
Les Túatha Dé Danann dans l’obscurité, un peuple sans alliance de religion ; petits de la forêt qui n’a point dépéri, peuple issu du sang de la chair d’Adam.
Nobles là-bas, de la puissante nation, peuple du sommet desséché, racontons, dans l’ordre où nous sommes, les périodes de leur règne.
Sept années de Nuadu, noble et majestueux, sur la troupe aux cheveux blonds, le règne de l’homme à la large poitrine, à la crinière de lin, avant sa venue en Irlande.
À Mag Tuired, lourde de destin, où tomba un champion du combat, le défenseur blanc du monde vit son bras princier tranché.
Sept années de Bres, qui ne furent pas un espace de lumière, malgré son bel aspect pour l’abbé de la poésie, dans la royauté sur la plaine généreuse en noix, jusqu’à ce que le bras de Nuadu fût guéri.
Nuadu, après cela, durant vingt années, conduisit le peuple des fées à la guerre, jusqu’à ce que Lug, meurtrier à la lance, fût fait roi — l’homme aux nombreux talents, qui ne connaissait pas le repos.
Deux vingtaines pour Lug — c’était l’équilibre — dans la royauté sur le Palais de Banba ; il n’atteignit aucune couche céleste d’innocence ; huit dizaines pour le Dagda.
Dix ans pour le fougueux Delbaeth, jusqu’à ce qu’un sage, selon l’ordre et royal (?), arrive, irréprochable au bord de l’océan — puis dix autres pour Fiachna.
Neuf et vingt années, je l’ai proclamé, sur toute la terre paisible d’Irlande ; dans le royaume de Banba, durablement puissant, régnèrent les petits-fils du Dagda, habiles dans l’art de la sagesse.
Après cela vinrent les fils de Míl, ils arrivèrent pour les rougir de leur sang — les enfants du grand héros qui jaillit d’Espagne sans jamais se refroidir.
Jusqu’à ce que les Gáedil, hommes d’action, les blessent, sans troupe, par leur ruse ; ce n’est ni affaire de fable ni de folie : grande était la puissance des Túatha.
Eland Mainistrech chanta.:
Poème LVI
Écoutez, sages sans chagrin, s’il est votre volonté que je raconte les morts de là-bas, avec sagacité, de l’élite des Túatha Dé Danann.
Edleo, fils d’Alldai, là-bas, le premier homme des Túatha Dé Danann qui tomba dans l’Irlande vierge, de la main de Nerchon, petit-fils de Semeon.
Emmas, haute était sa vaillance, tomba, Fiachra, Echtach, Etargal, Tuirill Picreo de Baile Breg, dans la première bataille de Mag Tuired.
Elloth tomba au combat — le père, grand et rude, de Manannán — et la parfaite, belle Donand, sous les coups de De Domnand des Fomoraig.
Cethen et Cu moururent d’épouvante à Aircheltra ; Cian, loin de chez lui, fut tué par Brian, Iucharba et Iuchar.
D’un coup du soleil pur mourut Cairpre le grand, fils d’Etan ; Etan mourut au-dessus de l’étang, de chagrin pour Cairpre à la tête blanche.
À Mag Tuired, c’est par le combat que Nuadu Airgetlam tomba ; et Macha — ce fut après Samain — de la main de Balar le fort frappeur.
Ogma tomba, sans être faible, de la main d’Indech, fils de De Domnann ; Casmael le bon, à la large poitrine, tomba de la main d’Oichtriallach, fils d’Indech.
D’une douloureuse peste moururent Dian Cecht et Goibnenn le forgeron ; Luighne le charpentier tomba avec eux, sous un puissant trait de feu.
Creidne, l’artisane plaisante, se noya dans le lac-mer, l’étang sinistre, portant des trésors d’or noble en Irlande depuis l’Espagne.
Bress mourut à Cam ui Neit, par la trahison de Lug, sans plénitude de mensonge ; pour lui, ce fut véritablement une cause de querelle, de boire du liquide de marais sous l’apparence du lait.
Be Chuille et la fidèle Dianann, toutes deux les fermières moururent, un soir, par druidisme, à la fin, par des démons gris de l’air.
Il tomba sur le rivage à l’est, dans les fossés de Rath Ailig, Indui le grand, fils du plaisant Delbaeth, de la main de Gann, jeune homme hardi aux poings blancs.
Fea, durable était sa renommée, mourut à la fin d’un mois après sa mise à mort, dans la même forteresse — nous le jugeons convenable — de chagrin pour Indui aux cheveux blancs.
Boind mourut au combat à la source du fils du noble Nechtan ; Aine, fille du Dagda, mourut pour l’amour qu’elle donna à Banba.
Cairpre tomba — souviens-t’en ! — de la main de Nechtan, fils de Nama ; Nechtan tomba par le poison, de la main de Sigmall, petit-fils du libre Midir.
Abcan, fils du froid Bic-felmais, le barde de Lug à la pleine victoire, tomba de la main d’Oengus sans reproche, devant Midir aux puissants exploits.
Midir, fils d’Indui, là-bas, tomba de la main d’Elcmar ; Elcmar, apte au combat, tomba de la main d’Oengus le parfait.
Brian, Iucharba et Iuchar, là-bas, les trois dieux des Túatha Dé Danann, furent tués à Mana, sur la mer brillante, de la main de Lug, fils d’Ethliu.
Cermait, fils du divin Dagda, Lug ...(?) le blessa ; ce fut une grande douleur de chagrin dans la plaine, sous le règne d’Eochu Ollathair.
Cermait Milbel le puissant tomba de la main du rude Lug, fils d’Ethliu, par jalousie à propos de sa femme, grande était la coutume, au sujet de laquelle le druide lui mentit.
De la main de Mac Cecht, sans affection, tomba le harpiste ; Lug en outre tomba sur la vague, de la main de Mac Cuill, fils de Cermat.
Aed, fils du Dagda, tomba sous les coups de Corrchend le beau, de vaillance égale ; sans tromperie, ce fut un désir de rigueur, après qu’il fut allé illicitement auprès de sa femme.
Corrchend de Cruach tomba — le rude champion, très rapide — par la pierre qu’il souleva sur le rivage, au-dessus de la tombe d’Aed, honteux.
Cridinbel, louche et contrefait, tomba — le maître des enchantements des Túatha Dé Danann — pour l’or qu’il trouva dans la Bann inactive, de la main du Dagda, petit-fils de Delbaeth.
Comme il venait de la froide Alba, lui, le fils du Dagda à la forme vermeille, à l’embouchure de la Bóinn, ici même, Oengus se noya.
Le fils unique de Manannán, venu de la baie, le premier amour de la vieille femme, le tendre jeune homme tomba dans la plaine, sous les coups de Bennan l’oisif, dans la plaine de Breg.
Net, fils d’Indui, et ses deux épouses, Badb et Neman sans tromperie, furent tués à Ailech sans reproche, par Nemtuir le Roux, des Fomoraig.
Fuamnach la blanche (?) qui était l’épouse de Midir, Sigmall et Bri sans défauts, à Brí Léith, dans toute leur vigueur, furent brûlés par Manannán.
Le fils d’Allot tomba, avec vaillance, le riche trésor, Manannán, dans le combat, à la rude Cuillend, de la main d’Uillend aux sourcils rouges.
Uillend tomba avec orgueil sous les coups de Mac Greine, avec pleine victoire ; l’épouse du brun Dagda périt de peste sur la pente de Liathdruim.
Le Dagda mourut d’un trait sanglant dans le Brug — ce n’est pas mensonge — dont la femme Cethlenn lui infligea la blessure mortelle, dans la grande bataille de Mag Tuired.
Delbaeth et son fils tombèrent sous les coups de Caicher, le noble fils de Nama ; Caicher tomba auprès de l’oisive Bóinn, sous les coups de Fiachna, fils de Delbaeth.
Fiacha et le noble Ai tombèrent devant Eogan au son retentissant du Ruisseau ; Eogan du froid Ruisseau tomba devant Eochaid le savant, dur comme le fer.
Eochaid le savant tomba ensuite sous les coups d’Aed et de Labraid ; Labraid, Oengus, Aed tombèrent sous les coups de Cermat à la forme toute belle.
Eriu et Fotla avec orgueil, Mac Greine et Banba avec victoire, Mac Cuill, Mac Cecht avec pureté, dans la bataille de Temair aux eaux claires.
Mac Cecht de la main du noble Eremon ; Mac Cuill, de l’irréprochable Eber ; Eriu là-bas, de la main de Suirge ensuite ; Mac Greine, d’Amorgen.
Fotla de la main d’Etan avec orgueil, de Caicher, Banba avec victoire : quel que soit le lieu où ils dorment, ce sont là les morts des guerriers ; écoutez !
Les Túatha Dé Danann, une troupe semblable au cristal, bien que des hommes au faux savoir disent ici que le peuple des navires et des coupes à boire est en Tír Tairngire —
Le « Tír Tairngire » dont il est ici parlé, que possèdent les Túatha Dé Danann, c’est l’étroit enclos perpétuel où est le jugement ; c’est l’Enfer le plus bas.
Bien qu’ils disent ici de diverses manières, hommes d’histoire mensongers, que le peuple des malédictions, des demeures, est dans les síd-lieux, cette croyance déplaît au Christ.
Quiconque croit en son cœur qu’ils sont ainsi dans les tertres des síd, n’habitera pas le Ciel des Puissances, car ce n’est pas une vérité à laquelle il prête l’oreille.
Telles sont les aventures des Túatha Dé Danann.
316a — De nouveau, résumons les généalogies des Túatha Dé Danann, puisque nous ne les avons pas écrites auparavant. Nuada Argatlam, jusqu’à Noé. Net mac Indai, jusqu’à Taburn. Dagda, Ogma, Elada, Bress et Delbaeth, les cinq fils d'Eladán meic Delbaith, jusqu’à Taburn. Lug mac Céin, jusqu’à Taburn. Fiacha mac Delbaith meic Ogma, jusqu’à Taburn. Ai mac Ollamain meic Delbaith, jusqu’à Taburn. Caicher et Nechtan, les deux fils de Nama mac Echach Gairb meic Duach Temen meic Breissi, jusqu’à Taburn. Sigmall, jusqu’à Taburn. Midir de Brí Léith, jusqu’à Taburn. Cairbre, jusqu’à Taburn. Oirbsen, jusqu’à Taburn. Bodb du Síd de Femen, jusqu’à Taburn. Abcan, jusqu’à Taburn. Les six fils de Delbaeth mac Ogma meic Eladáin meic Delbaith meic d’Indai meic Alldai meic Tait meic Tabuirn, à savoir Fiachna, Ollam, Indai, Brian, Iuchar et Iucharba : ce furent les trois dieux de Dana ; et Delbaeth avait pour nom Tuirill Bicrenn. Tuirill mac Cait, était en outre le grand-père de Cairbre le poète, et Etan ingen Dian Cecht, était la mère de ce Tuirill. Des morts des Túatha Dé Danann, comme suit : Flann chanta.
Poème LVI
Écoutez, sages sans chagrin, s’il est votre volonté que je raconte les morts de là-bas, avec sagacité, de l’élite des Túatha Dé Danann.
Edleo, fils d’Alldai, là-bas, le premier homme des Túatha Dé Danann qui tomba dans l’Irlande vierge, de la main de Nerchon, petit-fils de Semeon.
Emmas, haute était sa vaillance, tomba, Fiachra, Echtach, Etargal, Tuirill Picreo de Baile Breg, dans la première bataille de Mag Tuired.
Elloth tomba au combat — le père, grand et rude, de Manannán — et la parfaite, belle Donand, sous les coups de De Domnand des Fomoraig.
Cethen et Cu moururent d’épouvante à Aircheltra ; Cian, loin de chez lui, fut tué par Brian, Iucharba et Iuchar.
D’un coup du soleil pur mourut Cairpre le grand, fils d’Etan ; Etan mourut au-dessus de l’étang, de chagrin pour Cairpre à la tête blanche.
À Mag Tuired, c’est par le combat que Nuadu Airgetlam tomba ; et Macha — ce fut après Samain — de la main de Balar le fort frappeur.
Ogma tomba, sans être faible, de la main d’Indech, fils de De Domnann ; Casmael le bon, à la large poitrine, tomba de la main d’Oichtriallach, fils d’Indech.
D’une douloureuse peste moururent Dian Cecht et Goibnenn le forgeron ; Luighne le charpentier tomba avec eux, sous un puissant trait de feu.
Creidne, l’artisane plaisante, se noya dans le lac-mer, l’étang sinistre, portant des trésors d’or noble en Irlande depuis l’Espagne.
Bress mourut à Cam ui Neit, par la trahison de Lug, sans plénitude de mensonge ; pour lui, ce fut véritablement une cause de querelle, de boire du liquide de marais sous l’apparence du lait.
Be Chuille et la fidèle Dianann, toutes deux les fermières moururent, un soir, par druidisme, à la fin, par des démons gris de l’air.
Il tomba sur le rivage à l’est, dans les fossés de Rath Ailig, Indui le grand, fils du plaisant Delbaeth, de la main de Gann, jeune homme hardi aux poings blancs.
Fea, durable était sa renommée, mourut à la fin d’un mois après sa mise à mort, dans la même forteresse — nous le jugeons convenable — de chagrin pour Indui aux cheveux blancs.
Boind mourut au combat à la source du fils du noble Nechtan ; Aine, fille du Dagda, mourut pour l’amour qu’elle donna à Banba.
Cairpre tomba — souviens-t’en ! — de la main de Nechtan, fils de Nama ; Nechtan tomba par le poison, de la main de Sigmall, petit-fils du libre Midir.
Abcan, fils du froid Bic-felmais, le barde de Lug à la pleine victoire, tomba de la main d’Oengus sans reproche, devant Midir aux puissants exploits.
Midir, fils d’Indui, là-bas, tomba de la main d’Elcmar ; Elcmar, apte au combat, tomba de la main d’Oengus le parfait.
Brian, Iucharba et Iuchar, là-bas, les trois dieux des Túatha Dé Danann, furent tués à Mana, sur la mer brillante, de la main de Lug, fils d’Ethliu.
Cermait, fils du divin Dagda, Lug ...(?) le blessa ; ce fut une grande douleur de chagrin dans la plaine, sous le règne d’Eochu Ollathair.
Cermait Milbel le puissant tomba de la main du rude Lug, fils d’Ethliu, par jalousie à propos de sa femme, grande était la coutume, au sujet de laquelle le druide lui mentit.
De la main de Mac Cecht, sans affection, tomba le harpiste ; Lug en outre tomba sur la vague, de la main de Mac Cuill, fils de Cermat.
Aed, fils du Dagda, tomba sous les coups de Corrchend le beau, de vaillance égale ; sans tromperie, ce fut un désir de rigueur, après qu’il fut allé illicitement auprès de sa femme.
Corrchend de Cruach tomba — le rude champion, très rapide — par la pierre qu’il souleva sur le rivage, au-dessus de la tombe d’Aed, honteux.
Cridinbel, louche et contrefait, tomba — le maître des enchantements des Túatha Dé Danann — pour l’or qu’il trouva dans la Bann inactive, de la main du Dagda, petit-fils de Delbaeth.
Comme il venait de la froide Alba, lui, le fils du Dagda à la forme vermeille, à l’embouchure de la Bóinn, ici même, Oengus se noya.
Le fils unique de Manannán, venu de la baie, le premier amour de la vieille femme, le tendre jeune homme tomba dans la plaine, sous les coups de Bennan l’oisif, dans la plaine de Breg.
Net, fils d’Indui, et ses deux épouses, Badb et Neman sans tromperie, furent tués à Ailech sans reproche, par Nemtuir le Roux, des Fomoraig.
Fuamnach la blanche (?) qui était l’épouse de Midir, Sigmall et Bri sans défauts, à Brí Léith, dans toute leur vigueur, furent brûlés par Manannán.
Le fils d’Allot tomba, avec vaillance, le riche trésor, Manannán, dans le combat, à la rude Cuillend, de la main d’Uillend aux sourcils rouges.
Uillend tomba avec orgueil sous les coups de Mac Greine, avec pleine victoire ; l’épouse du brun Dagda périt de peste sur la pente de Liathdruim.
Le Dagda mourut d’un trait sanglant dans le Brug — ce n’est pas mensonge — dont la femme Cethlenn lui infligea la blessure mortelle, dans la grande bataille de Mag Tuired.
Delbaeth et son fils tombèrent sous les coups de Caicher, le noble fils de Nama ; Caicher tomba auprès de l’oisive Bóinn, sous les coups de Fiachna, fils de Delbaeth.
Fiacha et le noble Ai tombèrent devant Eogan au son retentissant du Ruisseau ; Eogan du froid Ruisseau tomba devant Eochaid le savant, dur comme le fer.
Eochaid le savant tomba ensuite sous les coups d’Aed et de Labraid ; Labraid, Oengus, Aed tombèrent sous les coups de Cermat à la forme toute belle.
Eriu et Fotla avec orgueil, Mac Greine et Banba avec victoire, Mac Cuill, Mac Cecht avec pureté, dans la bataille de Temair aux eaux claires.
Mac Cecht de la main du noble Eremon ; Mac Cuill, de l’irréprochable Eber ; Eriu là-bas, de la main de Suirge ensuite ; Mac Greine, d’Amorgen.
Fotla de la main d’Etan avec orgueil, de Caicher, Banba avec victoire : quel que soit le lieu où ils dorment, ce sont là les morts des guerriers ; écoutez !
Les Túatha Dé Danann, une troupe semblable au cristal, bien que des hommes au faux savoir disent ici que le peuple des navires et des coupes à boire est en Tír Tairngire —
Le « Tír Tairngire » dont il est ici parlé, que possèdent les Túatha Dé Danann, c’est l’étroit enclos perpétuel où est le jugement ; c’est l’Enfer le plus bas.
Bien qu’ils disent ici de diverses manières, hommes d’histoire mensongers, que le peuple des malédictions, des demeures, est dans les síd-lieux, cette croyance déplaît au Christ.
Quiconque croit en son cœur qu’ils sont ainsi dans les tertres des síd, n’habitera pas le Ciel des Puissances, car ce n’est pas une vérité à laquelle il prête l’oreille.
317 — Brigid ingen Dadgda, la poétesse, c’est elle qui avait Fea et Femen, les deux bœufs de Dil, de qui sont nommées Mag Fea et Mag Femen. Avec eux était Triath, roi des porcs, de qui vient Tretherne. Parmi eux furent entendues trois voix de démons en Irlande après le pillage, à savoir le sifflement, la clameur et le gémissement.
Cirb, roi des moutons, de qui vient Mag Oirb. Avec eux était Cermna Brecach.
Flidais, de qui est nommé le bétail de Flidais ; ses quatre filles étaient Ardan, Be Chuille, Danann et Be Tete.
Parmi les Túatha Dé Danann s’élevèrent des cris, une clameur et des aboiements. Des cris par crainte d’être capturés, des aboiements contre le mal et le pillage, une clameur pour une lamentation convenable de leur affliction (?).
Math mac Umoir, le druide des Túatha Dé Danann.
Lug mac Ethlenn, c’est lui qui le premier inventa les assemblées, les courses de chevaux et le combat de chevaux, comme l’a dit quelqu’un :
Poème LV
Lug, fils d’Ethliu, une falaise sans ride, avec lui vint d’abord une noble assemblée : après la venue du Christ, ce n’est pas une vaine proclamation, Conchobar le sage et le violent mourut.
Tels sont les Túatha Dé Danann : dieux étaient les gens de l’art, mais non-dieux étaient les trois dieux de Danu, de qui sont nommés les cultivateurs, c’est-à-dire les dieux. Ce furent les trois dieux de Danu, de qui ils furent nommés, à savoir les trois fils de Bress mac Eladan, ou les trois fils de Tuirill Bicrenn : Brian, Iuchar et Iucharba.
Rabb, Brott, Robb, leurs trois druides. Fiss, Fochmarc, Eolas, leurs trois instructeurs. Dub, Dobur, Doirche, leurs trois échansons. Saith, Leor, Linad, leurs trois répartiteurs. Feic, Ruse, Radarc, leurs trois sentinelles. Talc, Tren, Tres, leurs trois serviteurs. Attach, Gaeth, Sidhe, leurs trois chevaux. Aig, Taig, Tairchell, leurs trois chiens. Ceol, Binn, Tetbinn, leurs trois harpistes. Gle, Glan, Gleo, leurs trois sources. Braid, Ordan, Togad, leurs trois pères nourriciers. Sid, Sairae, Suba, leurs trois mères nourricières. Cumna, Set, Samail, leurs trois coupes. Mell, Tete, Rochain, leurs trois terrains de jeu. Aine, Indmas, Brugas, leurs trois crêtes. Cain, Alaig, Rochain, leurs trois forts.
318 — D’autres disent qu’ils étaient des démons, car ils savaient que des corps humains étaient autour d’eux, ce qui est plus exact : car leurs généalogies sont remontées jusqu’à l’origine, et ils existaient au temps de la venue de la Foi. C’est pourquoi, en témoignage de cela, Flann Mainistrech chanta le chant suivant sur leurs destins.
Poème LVI
Écoutez, sages sans chagrin, s’il est votre volonté que je raconte les morts de là-bas, avec sagacité, de l’élite des Túatha Dé Danann.
Edleo, fils d’Alldai, là-bas, le premier homme des Túatha Dé Danann qui tomba dans l’Irlande vierge, de la main de Nerchon, petit-fils de Semeon.
Emmas, haute était sa vaillance, tomba, Fiachra, Echtach, Etargal, Tuirill Picreo de Baile Breg, dans la première bataille de Mag Tuired.
Elloth tomba au combat — le père, grand et rude, de Manannán — et la parfaite, belle Donand, sous les coups de De Domnand des Fomoraig.
Cethen et Cu moururent d’épouvante à Aircheltra ; Cian, loin de chez lui, fut tué par Brian, Iucharba et Iuchar.
D’un coup du soleil pur mourut Cairpre le grand, fils d’Etan ; Etan mourut au-dessus de l’étang, de chagrin pour Cairpre à la tête blanche.
À Mag Tuired, c’est par le combat que Nuadu Airgetlam tomba ; et Macha — ce fut après Samain — de la main de Balar le fort frappeur.
Ogma tomba, sans être faible, de la main d’Indech, fils de De Domnann ; Casmael le bon, à la large poitrine, tomba de la main d’Oichtriallach, fils d’Indech.
D’une douloureuse peste moururent Dian Cecht et Goibnenn le forgeron ; Luighne le charpentier tomba avec eux, sous un puissant trait de feu.
Creidne, l’artisane plaisante, se noya dans le lac-mer, l’étang sinistre, portant des trésors d’or noble en Irlande depuis l’Espagne.
Bress mourut à Cam ui Neit, par la trahison de Lug, sans plénitude de mensonge ; pour lui, ce fut véritablement une cause de querelle, de boire du liquide de marais sous l’apparence du lait.
Be Chuille et la fidèle Dianann, toutes deux les fermières moururent, un soir, par druidisme, à la fin, par des démons gris de l’air.
Il tomba sur le rivage à l’est, dans les fossés de Rath Ailig, Indui le grand, fils du plaisant Delbaeth, de la main de Gann, jeune homme hardi aux poings blancs.
Fea, durable était sa renommée, mourut à la fin d’un mois après sa mise à mort, dans la même forteresse — nous le jugeons convenable — de chagrin pour Indui aux cheveux blancs.
Boind mourut au combat à la source du fils du noble Nechtan ; Aine, fille du Dagda, mourut pour l’amour qu’elle donna à Banba.
Cairpre tomba — souviens-t’en ! — de la main de Nechtan, fils de Nama ; Nechtan tomba par le poison, de la main de Sigmall, petit-fils du libre Midir.
Abcan, fils du froid Bic-felmais, le barde de Lug à la pleine victoire, tomba de la main d’Oengus sans reproche, devant Midir aux puissants exploits.
Midir, fils d’Indui, là-bas, tomba de la main d’Elcmar ; Elcmar, apte au combat, tomba de la main d’Oengus le parfait.
Brian, Iucharba et Iuchar, là-bas, les trois dieux des Túatha Dé Danann, furent tués à Mana, sur la mer brillante, de la main de Lug, fils d’Ethliu.
Cermait, fils du divin Dagda, Lug ...(?) le blessa ; ce fut une grande douleur de chagrin dans la plaine, sous le règne d’Eochu Ollathair.
Cermait Milbel le puissant tomba de la main du rude Lug, fils d’Ethliu, par jalousie à propos de sa femme, grande était la coutume, au sujet de laquelle le druide lui mentit.
De la main de Mac Cecht, sans affection, tomba le harpiste ; Lug en outre tomba sur la vague, de la main de Mac Cuill, fils de Cermat.
Aed, fils du Dagda, tomba sous les coups de Corrchend le beau, de vaillance égale ; sans tromperie, ce fut un désir de rigueur, après qu’il fut allé illicitement auprès de sa femme.
Corrchend de Cruach tomba — le rude champion, très rapide — par la pierre qu’il souleva sur le rivage, au-dessus de la tombe d’Aed, honteux.
Cridinbel, louche et contrefait, tomba — le maître des enchantements des Túatha Dé Danann — pour l’or qu’il trouva dans la Bann inactive, de la main du Dagda, petit-fils de Delbaeth.
Comme il venait de la froide Alba, lui, le fils du Dagda à la forme vermeille, à l’embouchure de la Bóinn, ici même, Oengus se noya.
Le fils unique de Manannán, venu de la baie, le premier amour de la vieille femme, le tendre jeune homme tomba dans la plaine, sous les coups de Bennan l’oisif, dans la plaine de Breg.
Net, fils d’Indui, et ses deux épouses, Badb et Neman sans tromperie, furent tués à Ailech sans reproche, par Nemtuir le Roux, des Fomoraig.
Fuamnach la blanche (?) qui était l’épouse de Midir, Sigmall et Bri sans défauts, à Brí Léith, dans toute leur vigueur, furent brûlés par Manannán.
Le fils d’Allot tomba, avec vaillance, le riche trésor, Manannán, dans le combat, à la rude Cuillend, de la main d’Uillend aux sourcils rouges.
Uillend tomba avec orgueil sous les coups de Mac Greine, avec pleine victoire ; l’épouse du brun Dagda périt de peste sur la pente de Liathdruim.
Le Dagda mourut d’un trait sanglant dans le Brug — ce n’est pas mensonge — dont la femme Cethlenn lui infligea la blessure mortelle, dans la grande bataille de Mag Tuired.
Delbaeth et son fils tombèrent sous les coups de Caicher, le noble fils de Nama ; Caicher tomba auprès de l’oisive Bóinn, sous les coups de Fiachna, fils de Delbaeth.
Fiacha et le noble Ai tombèrent devant Eogan au son retentissant du Ruisseau ; Eogan du froid Ruisseau tomba devant Eochaid le savant, dur comme le fer.
Eochaid le savant tomba ensuite sous les coups d’Aed et de Labraid ; Labraid, Oengus, Aed tombèrent sous les coups de Cermat à la forme toute belle.
Eriu et Fotla avec orgueil, Mac Greine et Banba avec victoire, Mac Cuill, Mac Cecht avec pureté, dans la bataille de Temair aux eaux claires.
Mac Cecht de la main du noble Eremon ; Mac Cuill, de l’irréprochable Eber ; Eriu là-bas, de la main de Suirge ensuite ; Mac Greine, d’Amorgen.
Fotla de la main d’Etan avec orgueil, de Caicher, Banba avec victoire : quel que soit le lieu où ils dorment, ce sont là les morts des guerriers ; écoutez !
Les Túatha Dé Danann, une troupe semblable au cristal, bien que des hommes au faux savoir disent ici que le peuple des navires et des coupes à boire est en Tír Tairngire —
Le « Tír Tairngire » dont il est ici parlé, que possèdent les Túatha Dé Danann, c’est l’étroit enclos perpétuel où est le jugement ; c’est l’Enfer le plus bas.
Bien qu’ils disent ici de diverses manières, hommes d’histoire mensongers, que le peuple des malédictions, des demeures, est dans les síd-lieux, cette croyance déplaît au Christ.
Quiconque croit en son cœur qu’ils sont ainsi dans les tertres des síd, n’habitera pas le Ciel des Puissances, car ce n’est pas une vérité à laquelle il prête l’oreille.
Poème LXV
Que l’aimable assemblée du savoir prête l’oreille, avec un navire guerrier de science, jusqu’à ce que j’aie exposé, selon l’ordre du décompte, chaque génération qui prit possession de l’Irlande.
L’Irlande, avant les princes des frontières, depuis le commencement du monde ferme, était déserte, selon la règle que je suis dans mon décompte, jusqu’à l’année précédant le Déluge.
Y parvint, avant le Déluge écumant — une troupe sans mauvaise apparence, innombrable — les guerriers qui refusèrent leur couche, trois hommes au-delà de cinquante, Cessair comprise.
Cessair, bien que ses jours fussent lointains, le bon Dieu la soutint : elle bondit (?) par-dessus la mer de Letha, la fille de Bith, fils de Noé.
La force de Partholon, après le Déluge, la frappa sans bataille, elle était habile : il fut prince sur l’épaule aiguë et majestueuse de l’Irlande, au-delà des frontières de Cualu.
Jusqu’à ce que la peste s’abatte sur la troupe princière, il n’y eut pas de honte sur leur plaine de force : neuf mille, sur Mag Elta, y furent abattus en une semaine.
Après cela, leur droit fut contre la séparation ; une forte armée la frappa : ils ne furent pas cléments envers une approche où les nobles de Nemed font irruption.
Après Nemed, la renommée de chaque domaine, il y eut une forte armée sur la route ; la terre où leurs troupes se multiplièrent, quatre peuples la partagèrent.
Les Fir Bolg, les Fir Domnann de la terre, les Tuath Dé des lourdes demeures de ténèbres, les Gaileoin avec leurs assemblées de loi, étaient des nobles peuples de Nemed.
Jusqu’à ce que les purs et grands Gaedil la prissent, ses terres étaient sombres et cachées ; des hommes qui n’étaient pas faibles quant à leur parenté, descendance de Bile et de Breogan.
Breogan qui était roi, comptons-le, et sa descendance, grande par ses lances, droite et majestueuse, une troupe de terre rapide, aux flancs élancés, des fils de Mil dans la plaine d’Irlande.
L’Irlande agréable après les âges, autour de Temair aux flancs blancs, abondante en troupes, Dieu la révéla à leurs lignées, en un temps convenable du monde.
David, qui eut un temps de grande renommée, illustre, la porta avec grande pureté, sa frontière fut divisée dans la campagne, lorsqu’il bâtissait le Temple de Salomon.
Le dix-septième, un jeudi, fut trouvé le champ de bataille des hommes guerriers ; ils la prirent, en attaquant le pays, aux calendes de mai, dans le mois solaire.
Éremon prit un territoire, le juste milieu de la haute Irlande, excepté Muma — pas de mur rongé d’[Inis] Elga jusqu’aux frontières d’Alba.
Éber le cadet, cela nous est certain, prince de Femen, d’une souche de lignées (?) la terre qu’il choisit avec ses domaines, il la prit au-delà des limites de Muma.
Les nobles d’Ulaid, fierté des armes, les Erna de Muma, nobles et joyeux, la descendance du roi lisse d’une forêt de javelots, d’Oengus Tuirmech de Temair.
Temair et l’Irlande du savoir, une troupe de générations la partagea : les hommes à la ramification claire des Gaedil, la descendance d’Éremon, fils de Mil.
Bien qu’ils fussent les soutiens du pillage, la descendance de Rudraige, roi de Temair, [ils étaient] la lignée royale d’Ir aux armes, de qui viennent les vrais Ulaid d’Emain.
L’Irlande des armes, terre de clameur, des princes prirent les plaines blanches ; jusqu’au creux du Latium furent entendus leurs cris depuis la plaine de Macha.
Les fils de Breogain, l’excellence de notre fondation, jusqu’à la demeure du tribun (?) de chaque domaine, des ancêtres des guerriers sur les mers — Brego, qui s’établit sur Brega.
Bile aux multiples gloires, Cualu, Cuailnge, Ith le glorieux, Muirthemne qui avait la plaine des saumons, Blad le guerrier de Sliab Bladma.
La mort d’Éber, dans une heure de faiblesse, par Éremon resplendissant, expert dans l’éclat, par le haut seigneur, très expert, dans la glorieuse bataille d’Argatros.
Il y creusa deux forteresses d’un grand seigneur, dans Argatros, aiguë et sauvage, dans la forteresse de Crofinn, renommée, Ráth Aindind et Ráth Bethaig.
C’est en leur temps de sagesse qu’eut lieu une construction, avec apparence d’habitation : Dún Sobairche, avec majesté, Dún Binne et Dún Cermna.
La construction d’une chaussée, d’une tour de crue, d’un ruisseau, d’une route et de cornes : avec apparence, au sud de la route de Rairiu, d’Inber Mór sur le territoire de Cualu.
La fondation de la belle Carraic-Bladraide, du voile de la mer ; la rupture des neuf Righ autour de Rosmag ; la rupture des neuf Brosnas d’Eile.
La rupture d’Eithne sur la forêt de Bith ; la rupture des trois Sue-rivières ; une prise d’otages sous une loi de ruissellement ; et la rupture de sept lacs.
Loch Laiglinne, Loch Baath, Loch Cimme aux centaines de brumes ; Loch Da Caech, beau, sans pillage, Loch Ren aux nombreux saumons, Loch Riach.
La reine de l’armée au-delà de la grande mer, dont demeure la renommée de la descendance de Conn le Blessé, bien qu’elle mourût à Breg, elle choisit la colline de Temair.
Les serfs du roi légitime et juste cultivaient sur la terre profonde où eut lieu le partage : une route d’une troupe royale sur laquelle ils se dispersent — vingt-quatre plaines principales.
Aidne, Ai, Odba, Aigi, Meidi, Morba, Midi, Cuib, Cera, Cliu aux centaines de... Life, Ligen et Line.
Asal, face à nos nombreuses terres, Adar, Deisi, Dul, Dela, Slanga, l’antique Sered, Treg, Femen, Fea, Fera.
La principauté d’Éremon, le parfait, le jeune, sa tombe fut creusée après le temps de sa mort, dans la terre d’Argatros argentée, sur cette même terre de chars.
Ses fils, ce ne fut pas faiblesse, marquèrent les limites de la forte Torach à Dairbre, de Teach Duinn à Tuirbe — ce furent Muimne, Luigne, Laigne.
Irial posséda la terre des chefs, vrai prince, qui ne la troubla pas : le Fils de Dieu, qui le façonna, lui accorda d’être le noble aîné.
Il fut le prince en chef de toute l’Irlande, rude et bon, brillamment mélodieux, avec éclat : il fixa les divisions de chaque domaine ; par lui furent défrichées sept plaines.
Mag Rechet, avec la vérité du savoir, Mag Comair, beau profit doux, Mag Slebe et Mag Sanais, Mag Ele et Mag Inis.
La mort d’Irial à Mag Maigi, chaque génération la jugea impossible à compter : sa main était pure autour d’un trait ensoleillé — son bon fils prit la royauté.
Ethriel, de l’ordre de toute victoire célébrée, était toujours ardent, d’une forteresse en lutte ; après que ses troupes furent à Temair, il défricha de nombreuses plaines.
Tendmag, la vaste Mag Lugaid, Mag Geisli harmonieuse, de cachette (?) Lochmag, pas un lac qui ne résonne, Mag Roth et Mag Belaigh.
Dans la bataille de Rairiu de l’assemblée guerrière, mourut le blanc de peau aux flancs majestueux, Ethriel le noble, aux multiples dignités, qui ne fut pas indemne après Conmael.
Conmael, fils du prince Emer, guerrier attaché à la sauvegarde par un amour profond, le premier prince, dit-on, de Mumu qui prit Temair.
Cinq batailles éclatèrent devant lui, avant la bataille de Macha, une grande clameur : les batailles d’Ele et d’Ucha, et celle de Cnucha de Sliab Betha.
La mort de Conmael sous un changement de forme, il ne se tut pas dans la lourde clameur de la bataille : ce fut la fierté de Tigernmas qui le terrassa, dans la haute bataille d’Aenach Macha.
Bon était Tigernmas qui subit la peste, il était prince, dur comme le bois, guerrier : un homme qui vainquit — c’était une grâce royale — vingt-sept batailles avant la fin d’une année.
Il était le prince avisé et hospitalier auquel le pur et brillant Gaedel se soumit : pour la part d’un homme royal, il faillit exterminer la descendance d’Emer.
De lui vient la libre et joyeuse descendance de la troupe des puissants rois, dans sa lignée, la descendance, juste, empanachée, renommée, d’Ugoine le Grand, fils d’Eochu.
C’est ce Tigernmas que nous choisissons, avec réflexion, sans discours ; c’est lui qui est paré de la beauté d’une grâce pure, qui découvrit maintes inventions glorieuses.
De lui vient tout artisan renommé, qui façonne (?) un revêtement de pourpre véritable — qui travaille des coupes bien ajustées, d’une beauté accoutumée — qui forge des épingles d’or et d’argent.
Iuchdan, l’artisan de Cuan Claidfinn, le premier qui sépara avec un marteau, je le rapporte ; par son habileté pure et agréable, l’or fut fondu en Irlande.
Au-dessus des poteaux d’une demeure compacte de combat, de longues cornes retentissantes furent soufflées par l’homme renommé, avec un déclin (?) dans les Foithre d’Airthir-Life.
Loch Aillind, après une victoire, jaillit, Lochs Ce, Uair, Febuil, Lochs Silend et Dabal, Loch Gabair entre les Bregas.
C’est lui qui convoqua une faible assemblée, lui qui jouissait d’une haute renommée après les nobles ; sans bataille, après d’horribles massacres, il mourut à Slechta de Breifne.
Pendant l’espace de sept années, l’Irlande fut sans roi pour administrer les lois de quiconque : il n’y eut pas… (?) plus du quart du peuple.
Vint à elle, bien que ce fût une vie de péril, Eochaid aux armes, qui était un guerrier : une puissante troupe fut amenée sur nos terres par le fils de Conmael, fils d’Éber.
C’est lui qui en remporta une bataille victorieuse, la bataille de Luachair, avec des multitudes de gouttes [de sang] (?) ; la bataille valeureuse de Fosad Da Gort, et la bataille de la Rencontre des Trois Eaux.
Défrichées dans les solitudes du monde — sans la force d’un guerrier médiocre ou d’un homme indigne — après qu’elles eurent été séparées à Temair, furent Mag Smethrach et Mag Ainir.
Mag n-Aidne, Mag n-Odba, selon l’ordre, Mag Luing dénudée, Mag Lemna, Mag Da Gabal, des régions de Connla, Mag Fubna dans la terre de Mide.
Eochu, après de droites et nobles années, ses actes véritables n’étaient pas dangereux — là le tua, au-dessus du front de la barrière de Carman, Fiachu Labraind, fils de Smirgoll.
Fiacha, prince d’une lignée, prit l’Irlande jusqu’à la limite de son extrémité. Dans son nom, sans nonchalance, éclatèrent Fleisc et Main.
L’éclatement de Labrainn de douleur (?) une forêt au-dessus de Cuailnge sans désertion : une grande histoire de notre prince est l’éclatement du sauvage Loch Erne.
Tué après la grande fureur d’une assemblée fut Fiacha Labrainne : raconte-le ! cause d’une ancienne querelle des clans d’Éber, dans la bataille de Belgadan victorieuse.
C’est lui qui le tua, sans honte, Eochu le rude, un cri sans lamentation ; sur ses chemins royaux, dans son pillage — Eochu Mumo de Mumu.
Autour de Temair, terre du Siège, impétueuses furent ses cisailles : il les enchaîna par une bataille, sans délai, qui se brisa devant le fils de Mofebis.
Eochu le Gris, le martial, mourut dans la bataille de Cliu, le célèbre roi de Temair : sur les monceaux de douleur de Bodb était Oengus Ollmuchach le glorieux.
Oengus, qui fut le maître d’(Inis) Elga, de toutes parts au mouvement de la mer ; il combattit les batailles de Clere et de Cuince, la bataille très discutée de Sliab Cailce.
Quand bien même je compterais les rois très purs sur la terre des assauts des hauts faits, quand bien même je raconterais les récits des princes de Temair, cela me rendra joyeux et digne de louange.
Il est temps pour nous, après un temps de saisons, de mettre notre confiance dans le Christ, notre Créateur, le Bon, plus grand que tout seigneur, le Prince qui ne meurt jamais.
C’est Patrick, à la droite du Rétributeur, qui tient en sa possession nos nobles et nos gens simples : c’est lui qui nous sert jusqu’à ce jour, il est le roi, hormis ce Roi.
Quand bien même ils seraient de hauts rois du monde illusoire, avec le pouvoir des poètes et avec des trésors, ils sont morts après le temps de sa jeunesse, avec orgueil et avec apparat.
Quand bien même ces récits seraient publiés pour les peuples du monde des générations, leur vérité est connue par des témoins, selon les règles et les catalogues.
Les anciens les énumérèrent aux saints, avant les lettrés du monde des forteresses : comme cela avait été tissé et vérifié, cela fut écrit sur leurs genoux.
Soleil des Gaedil, éclat de notre descendance, le célèbre Colum Cille au blanc visage, Patrick pour l’obtention du ciel, l’apôtre de notre blanche lignée.
Finntan le vit, lui qui fut le plus grand, c’était par amour pour elle qu’il la raconterait (?) ; Tuan, fils de Cairell aux centaines, si bien que Findia vint à lui (??).
Findia la très grande, de qui l’on sait, et Colum, par qui elle est composée, ce sont les personnes auxquelles on la rattachera, elle n’est cachée à aucun auteur.
Les auteurs d’Irlande l’ont cousue ensemble, ils ont fait mention du savoir qu’ils n’ont pas abandonné ; la règle de toute parole qu’ils ont prononcée, qu’ils ne la négligent pas, et qu’ils l’écoutent.
Eochu ua Flainn, homme de prudence, qui garde les clans de chaque lieu d’assemblée, vers le ciel est le cri qu’il fait monter, selon le choix de la jeunesse et de l’âge.
319 — Les aventures de Tuirill Bicrenn et de ses fils, Brian, Iuchar et Iucharba. Voici ce qui sera rapporté ici : Delbaeth mac Ogma, portait le nom de Tuirill Bicrenn. Ce sont ses fils qui tuèrent Ethlend, le père de Lug, dont le nom était Cian, lorsqu’il se rendit sous la forme d’un petit chien de compagnie, au Brug. Lug vint alors se venger de son père sur eux, à moins qu’ils ne lui versent pour lui le prix du sang. Et voici le prix du sang qu’il leur réclama :
• Les deux chevaux du roi de l’île de Sicile, sur la mer de Torrian. Gaine et Rea sont leurs noms, et ni les blessures, ni les vagues, ni la foudre ne peuvent leur nuire. • La lance d’Assal, à la pointe d’or rouge strié. Nul ne survit à la blessure qu’elle inflige ; et aucun jet ne manque son but tant que l’on prononce sur elle : « Ibar! » Mais lorsqu’on dit : « Athibar ! », elle revient aussitôt en arrière. • La peau du Porc de Duis. Quiconque venait à s’allonger sur elle était guéri de sa blessure et de sa maladie. Elle avait la taille de quatre peaux de vieux bœufs. • Les six porcs d’Essach. Ils étaient abattus chaque nuit et, si leurs os étaient conservés sans être brisés ni rongés, ils revenaient vivants chaque jour. • Le chiot du forgeron royal d’Ioruath. C’était un chien durant la nuit et un mouton durant le jour. Toute eau que l’on versait sur lui devenait du vin. • Et la révélation de l’île de Caire Cendfinn, qui demeure cachée entre Éire et Alba. • Et la récolte de pommes qui se trouve sous la mer, près de cette île.
C’est avec ces choses que fut payé le prix du sang dû pour le père de Lug.
De la maladie de Tuirill Bicrenn et de ses aventures. Il rechercha tout ce qui était connu, tant les remèdes manifestes que les remèdes cachés, pour obtenir sa guérison, mais ne trouva rien, jusqu’à ce que Dian Cecht le guérît, car Etan, sa mère, était la fille de Dian Cecht. Celui-ci lui prépara une potion émétique, de sorte qu’il vomit de sa bouche trois éructations. L’endroit où il but la potion était Cnoc Uachtar Archae ; et trois éructations jaillirent de sa bouche : une éructation froide dans Loch Uair, une éructation de fer dans Loch Iairn, et une éructation de … dans Loch Aininn. Et, selon ce récit, c’est de là que ces lacs tirent leurs noms.Au sujet desquels ce poème est dit :
Poème LXVI
Écoutez l’histoire des troupes, que chantent les poètes aux victoires innombrables ; afin que je vous raconte — un exploit remarquable — les aventures de Tuirill Bicrenn.
Tuirill Bicrenn, c’était son nom exact, père des dieux du pillage ; les noms des dieux sur toutes les terres étaient Brian, Iuchar et Iucharba.
Les dieux étaient selon leur volonté, avec Ethliu, père de Lug ; Ethliu vint au Brug, déguisé sous la forme d’un petit chien.
Lug, qui avait coutume d’accomplir des exploits, ne savait pas lequel d’entre eux avait tué son père ; mais pendant quelque temps il soupçonna les fils de Tuirill Bicrenn.
Ensuite il vint auprès des trois et leur dit sans détour : « Avouez-moi la mort de mon père, et elle ne sera pas vengée sur vous. »
Les hommes lui répondirent, en raison de sa belle et loyale amitié : « Nous ne cacherons rien ; la faute est bien la nôtre : c’est nous qui avons tué ton père. »
Alors le farouche Lug leur dit, d’une réponse très vive, très simple : « Afin que je ne vous garde aucune rancune, apaisez-moi par des présents. »
« Quels sont ces présents, sans tromperie, que tu demandes, noble fils d’Ethliu ? Nous te les procurerons pour le mort : donne-nous-en la liste. »
« Les deux meilleurs chevaux sous le ciel, que possède le roi de l’île de Sicile, Gaine et Rea : ils ne sont pas soumis à la mort d’Ernmas.
La lance d’Assal, à l’or rouge strié et ajusté : celui sur qui elle verse véritablement son sang est un homme mort ; sa puissance ne manque pas son coup dans sa course pourvu que l’on crie : « Iubar ! »
Si l’on dit : « Athibar ! », elle revient dans son fourreau de cuir ; jusqu’à ce qu’elle revienne à la main dont elle était partie.
La peau qui entourait le porc de Duise : c’était l’une des merveilles du tribut ; celui sous lequel elle est placée — sans qu’il y ait honte à cela — sera parfaitement guéri de toute maladie.
Et les six porcs d’Essach : même s’ils étaient découpés et démembrés, ils se relèveraient tous vivants, pourvu que leurs os soient conservés.
Et le chiot — merveilleuse créature — du forgeron royal d’Iruaith : tout liquide qui sera versé sur sa peau, deviendra du vin, source de libations.
Le chiot qui se trouve à Luachra Lia, chien durant la nuit, mouton chaque jour : si vous emportez le chien avec vous, ne revenez pas sur votre chemin.
Cherchez la belle pomme d’une beauté éclatante, qui se trouve auprès de Findchairi ; elle est cachée au-dehors — si vous ne la trouvez pas, vous devrez mourir ! »
J’ai trouvé vérité et récit merveilleux dans les histoires des nobles troupes ; au récit merveilleux, subtil et durable, appartient le prix du sang : écoutez-le.
La maladie qui s’empara de Tuirill fut un grand malheur pour sa noble descendance, jusqu’à ce que Dian Cecht le guérît par de puissantes troupes de bons enchantements.
Il vomit trois fois sur la plaine, sur la haute colline d’Archa ; de la bouche de l’homme blanc sortirent une éructation froide, une éructation de fer et une éructation…
Voilà leurs noms, par lesquels ils reçurent leur appellation : les noms des lacs, fondement de récits, issus de la maladie de Tuirill Bicrenn.
Tuirill Bicrenn, d’où venait-il ? Qui étaient donc sa mère et son père ? Lorsqu’ils disent : « Cela vous sera raconté », hommes de savoir, écoutez !
Les fils de Tuirill prirent la route et atteignirent toutes les plaines ; après avoir parcouru le monde, ils obtinrent une aide précieuse.
De là ils revinrent auprès de Lug, dans sa noble forteresse ; ils lui rapportèrent ce dont il avait besoin : c’est là, dit-on, que commence le récit poétique de ces événements.
Il me serait agréable, ô Dieu, si je pouvais espérer — que les récompenses soient éclatantes ! — voir les troupes généreuses et innombrables, vivantes et glorieuses : écoutez !
Lug, pourtant, fut frappé par le fils de Cermat, dans leur querelle réciproque ; la lance de Mac Cuill jaillit sans être dissimulée et lui brisa le dos — écoutez donc !
Fin de la première rédaction
Deuxième rédaction
La deuxième rédaction reprend la tradition en lui donnant une forme beaucoup plus développée et systématique. Elle enrichit notamment l'origine des Túatha Dé Danann, leurs relations avec les Grecs et les Philistins, leurs déplacements, leurs chefs et leurs personnages. Les généalogies et les listes de métiers ou de fonctions prennent une place importante, de même que les récits concernant les batailles de Mag Tuired et les règnes successifs. Elle se clôt sur le poème d'Eochaid et l'annonce des synchronismes qui suivent.
Deuxième rédaction
320 — Voici ci-dessous la Prise des Túatha Dé Danann. La descendance de Betach mac Íarbonél Fáid meic Nemid, se trouvait dans les îles septentrionales du monde, où elle apprenait le druidisme diabolique, jusqu’à devenir experte en tout art de leur savoir païen et en tout art diabolique du druidisme.
321 — Et là, ils se trouvaient entre les Athéniens et les Philistins. Or, en ce temps-là, il y avait chaque jour une bataille entre les Athéniens et les Philistins, jusqu’à ce que les Athéniens fussent presque entièrement anéantis, à l’exception d’un petit reste. Car les Túatha Dé Danann avaient coutume de façonner des démons dans les corps des Athéniens, si bien que ceux-ci venaient chaque jour combattre. Cela parut merveilleux aux Philistins, qui allèrent trouver le druide qui se trouvait dans le pays et lui dirent : « Nous nous étonnons que les hommes que nous tuons chaque jour [et chaque nuit] viennent [les premiers] combattre contre nous le lendemain. » Leur ancien leur donna ce conseil : « Prenez avec vous des broches de coudrier et de sorbier pour le combat de demain ; et, si la bataille s’engage devant vous, enfoncez ces broches derrière la nuque des hommes que vous aurez tués. S’ils sont des démons, ils deviendront des tas de vers. » Le lendemain, les Philistins vinrent au combat. Celui-ci s’engagea devant eux, et ils enfoncèrent ces pointes derrière la nuque des hommes qu’ils tuèrent ; le lendemain, ceux-ci étaient devenus des tas de vers. Après cela, les Philistins se rassemblèrent pour tuer les Túatha Dé Danann. Ceux-ci, épouvantés, se présentèrent devant eux et, par leur druidisme et leurs combats, façonnèrent des démons. La première troupe d’entre eux vint ensuite en Irlande [sous le nom de Túatha Dé, et l’on ignore s’ils étaient issus de démons ou d’hommes ; toutefois, ils sont de la descendance de Betach mac Íarbonél Fáid. C’est ainsi qu’ils vinrent,] sans navires ni barques, dans des nuées de brouillard [à travers les airs, par la puissance de leur druidisme], et ils descendirent ainsi sur une montagne de Conmaicne Rein, en Connachta.
322 — Voici le cours et la cause de leur entreprise, après leur instruction : [d’autres disent que c’est par navires qu’ils vinrent tous]. Quoi qu’il en soit, ils avaient achevé toute leur instruction auprès des Grecs, et ils prirent possession d’un territoire et d’un domaine dans le nord d’Alba, à Dobar et Urdobar, pendant sept ans, Nuadu étant leur roi. Puis ils vinrent en Irlande, le lundi, aux calendes de mai, par navires [et vaisseaux]. Ils brûlèrent leurs navires et avancèrent à l’insu des Fir Bolg, jusqu’à ce qu’ils abordassent à Sliab in Iairnn. Ils firent s’élever un brouillard durant trois jours et trois nuits, sur le soleil et la lune, puis demandèrent aux Fir Bolg le combat ou la royauté. Et la bataille de Mag Tuired fut livrée entre eux, comme nous l’avons dit plus haut ; après quoi cent mille des Fir Bolg furent massacrés en ce lieu.
Par la suite, les Túatha Dé Danann prirent la royauté d’Irlande. Ce sont eux qui apportèrent avec eux la pierre de Fál, qui se trouvait à Temair, d’où vient le nom d’Inis Fáil, comme le chanta Cinaed.
Poème LVIII
La pierre sur laquelle se tiennent mes talons, d’elle vient l’expression « Inis Fáil » ; entre deux bras d’un puissant flot, « Mag Fáil » est le nom [répandu] dans toute l’Irlande.
323 — Il y avait quatre cités où les Túatha Dé Danann acquéraient leur savoir : Failias, Goirias, Findias et Muirias.
324 — Il y avait quatre sages dans ces cités : Morfessa à Fáilias, Esrus à Goirias, Uiscias à Findias, Semias à Muirias. Ce sont les quatre sages auprès desquels les Túatha Dé Danann acquirent savoir et science.
Lecan (1er texte) - Stowe. D.5.E
Stowe D.4.3
Cette section 325 est absente du Rawlinson B 512 et du manuscrit E.3.5
325 — De Goirias fut apportée la lance de Lug, et aucune victoire ne pouvait être remportée contre elle, ni contre celui qui la tenait en main. De Findias fut apportée l’épée de Núada Airgetlám, et nul homme ne lui échappait lorsqu’elle était tirée de son fourreau de guerre. De Muirias fut apporté le chaudron du Dagda ; aucune troupe n’en repartait rassasiée. De Failias fut apportée la pierre de Fál à Temair, et, de leur temps, elle poussait un cri sous chaque roi qui devait prendre Temair. De là vient le nom d’Inis Fáil, comme le chanta Cinaed :
Poème LVIII
La pierre sur laquelle se tiennent mes talons, d’elle vient l’expression « Inis Fáil » ; entre deux bras d’un puissant flot, « Mag Fáil » est le nom [répandu] dans toute l’Irlande.
De Failias fut apportée la pierre de Fál, qui se trouvait à Temair : d’où vient le nom de Fáil, comme le chanta Cinaed :
Poème LVIII
La pierre sur laquelle se tiennent mes talons, d’elle vient l’expression « Inis Fáil » ; entre deux bras d’un puissant flot, « Mag Fáil » est le nom [répandu] dans toute l’Irlande.
Cette pierre poussait un cri sous chaque roi qui devait prendre l’Irlande. De Goirias fut apportée la lance que Lug avait : aucune bataille ne pouvait lui résister, ni à celui qui la tenait en main. De Findias fut apportée l’épée de Núada ; nul homme ne lui échappait lorsqu’elle était tirée de son fourreau de guerre, et nul ne pouvait lui résister. De Muirias fut apporté le chaudron du Dagda ; aucune troupe n’en repartait insatisfaite.
326 — Celui sous le règne duquel cette pierre devait pousser son cri était roi d’Irlande. Mais Cú Chulainn la frappa de son épée, parce qu’elle ne poussa aucun cri sous son règne, ni sous celui de son fils de lait, Lugaid, fils des trois Finn d’Emain. Et depuis lors, elle ne poussa plus de cri, sauf sous Conn. Ainsi, son cœur jaillit hors d’elle, de Temair jusqu’à Tailltin : c’est pourquoi le « Cœur de Fál » se trouve à Tailltin. Mais ce ne fut pas l’échec de Lugaid à prendre la royauté qui fut la cause de la destruction des idoles, mais la naissance du Christ à cette époque.
327 — Une autre version rapporte toutefois que les Túatha Dé Danann vinrent en Irlande par mer et brûlèrent leurs navires. C’est à cause du brouillard de fumée qui s’éleva d’eux lorsqu’ils les brûlaient que certains ont dit qu’ils étaient venus dans un brouillard de fumée. Il n’en fut toutefois pas ainsi, car voici les deux raisons pour lesquelles ils brûlèrent leurs navires : afin que les Fomoire ne les trouvent pas et ne les leur dérobent, et afin qu’eux-mêmes n’eussent aucun moyen de s’échapper d’Irlande, quand bien même ils subiraient une défaite devant les Fir Bolg. D’où l’on dit :
Poème LIX
Chaque guerrier d’entre eux brûla son navire lorsqu’il atteignit l’Irlande dans le brouillard : c’était un puissant combat qui s’engageait, la fumée des navires tandis qu’ils brûlaient.
La raison pour laquelle ils brûlèrent les navires, c’était qu’ils ne pussent jamais battre en retraite ; et que l’armée de Balar aux chants mélodieux ne vînt pas par eux s’établir en Irlande.
La troisième raison, on l’entendit longtemps, était que Lug ne quittât pas l’expédition pour obtenir . . . sans trahison, qu’il ne vînt pas dans la terre d’Irlande.
Par la suite, les Túatha Dé Danann firent venir une obscurité sur le soleil pendant trois jours et trois nuits.
327a — Après avoir achevé leur instruction auprès des Grecs, ils prirent possession d’un territoire et d’un domaine à Dobar et à Urdobar, Nuadu étant leur roi. Puis ils vinrent en Irlande aux calendes de mai, par navires et par barques, et ils brûlèrent leurs navires, comme nous l’avons dit. Ils demandèrent le combat ou la royauté aux Fir Bolg, et la bataille de Mag Tuired fut livrée entre eux, comme nous l’avons dit plus haut ; et cent mille des Fir Bolg furent tués là. Après cela, les Túatha Dé Danann prirent la royauté d’Irlande ; et ce sont eux qui apportèrent avec eux la pierre de Fál, qui se trouvait à Temair, d’où vient le nom d’Inis Fáil.
Note de R. A. S. Macalister(LGE IV, p. 147) : Ne se trouve que dans le manuscrit D.4.3, à la suite de la section 327. En raison de l’état lacunaire du parchemin, les premières lignes sont très difficiles à lire. Le passage reprend, avec de légères différences de formulation, une grande partie de la section 322 ; il n’est donc pas nécessaire d’en répéter la traduction (1). Le passage imprimé ici entre crochets est écrit dans la marge supérieure du manuscrit, et rien n’indique à quel endroit du texte il était destiné à être inséré ; toutefois, la comparaison avec la section 322 montre qu’il doit prendre place ici. La citation de Cinaed ua Hartacain et son quatrain sont omis ici : le manuscrit D.4.3D les donne à la section 325. La section 326 vient ensuite. La première phrase de ce paragraphe intercalé comporte, entre les lignes, les mots suivants, presque illisibles : ar is oco batar brechta druad — arad n ouid cuidcairi(2). Le bas du feuillet semble avoir été exposé au feu à un moment donné, ce qui a taché et déformé le parchemin.(1) Ce passage marginal est ici intégré au texte par nos soins. Macalister donne le passage et la glose en gaélique (LGE IV, p. 146), mais fournit uniquement la traduction de la glose et cette note (p. 147). (2) Que nous pourrions approximativement traduire par : « car c’est là qu’étaient les charmes des druides, le lieu des arts savants… ».
328 — Quant à Nuadu Airgetlám, c’est lui qui fut roi des Túatha Dé Danann pendant sept ans avant qu’ils ne vinssent en Irlande, jusqu’à ce que son bras lui fût coupé lors de la première bataille de Mag Tuired. C’est Eidleo mac Alldai, qui fut le premier homme des Túatha Dé Danann à tomber en Irlande, de la main de Nerchon uí Semeóin, lors de la première bataille de Mag Tuired. Ernmas, Echtach, Etargal et Fiacha tombèrent dans la même bataille.
329 — Bress mac Eladain, prit ensuite la royauté d’Irlande, jusqu’à ce que le bras de Nuadu fût guéri, et jusqu’à ce que Bres uí Neit, tombât à Carn Uí Neit, par le druidisme de Lug Lámfada. Ensuite Nuadu Airgetlám régna vingt ans. Dian Cecht lui ajusta un bras d’argent, pleinement mobile dans chacun de ses doigts et chacune de ses articulations, avec l’aide de Credne le forgeron. Miach mac Dian Cecht, ajusta articulation par articulation et veine par veine de sa propre main sur le bras de Nuadu ; en trois fois neuf jours, celui-ci fut guéri, et il reçut le bras d’argent en récompense.
330 — Taillte, reine des Fir Bolg, et fille de Mag Mór, roi d’Espagne, vint, après avoir livré la bataille de Mag Tuired contre les Fir Bolg, à Coill Cuan. Elle défricha le bois, si bien qu’il devint une plaine couverte de trèfle avant la fin d’une année. Cette Taillte est celle qui fut l’épouse d’Eochu mac Eirc, roi d’Irlande : c’est Eochu qui l’emmena d’Espagne, de chez son père. Quant à Taillte, elle demeura à Tailltin et coucha avec Eochu Garb mac Duach Daill, des Túatha Dé Danann ; et Cian mac Dian Cecht, autrement appelé Sét Balb, lui donna son fils en fosterage, à savoir Lug. Eithne ingen Baloir, était sa mère. Par la suite, Taillte mourut à Tailltin, et son nom fut donné à ce lieu ; et c’est sa tombe qui se trouve au nord-est du Siège de Tailltin. Ses jeux étaient célébrés chaque année par Lug, pendant une quinzaine avant Lugnasad et une quinzaine après. D’où le nom de Lugnasad, c’est-à-dire le nasad de Lug Lámfada, le nom de cette fête.
331 — Nuadu Airgetlám tomba lors de la dernière bataille de Mag Tuired, avec Macha ingen Ernmais, de la main de Balar Balcbeimnig. Dans cette bataille tomba également Ogma mac Eladain, de la main d’Indech mac Dé Domnand, des Fomoire. Bruidne et Casmael, les deux satiristes, tombèrent de la main d’Ochtriallach mac Indigh.
332 — Après la mort de Nuadu et de ces hommes, Lug prit la royauté, et son grand-père Balar tomba de sa main, frappé par une pierre de fronde. Nombreux furent ceux qui tombèrent dans cette grande bataille de Mag Tuired, tant parmi les Túatha Dé Danann que parmi les Fomoire. Comme le disait Indech mac Dé Domnand, le druide, qui était un homme versé dans les arts et les métiers, lorsque Lug lui demanda : « Combien sont tombés dans la bataille de Mag Tuired ? »
333 — Eochaid Ollathair, le grand Dagda mac Eladain, régna quatre-vingts ans sur l’Irlande. Il eut trois fils : Oengus, Aed et Cermat Cóem. Pour ces quatre hommes, les hommes d’Irlande élevèrent le tertre du Brug. Dian Cecht eut quatre fils : Cu, Cian, Cethen et Miach. Etan ingen Dian Cecht était la poétesse, et Cairbre mac Etain était le poète ; Airmed ingen Dian Cecht, la guérisseuse, était son autre fille. Cridinbel, Bruigne et Casmael, les trois satiristes. Bé Chuille et Danann, les deux femmes laboureuses. »
334 — Les trois fils de Cermad Milbél mac Echach Ollathair, étaient Mac Cuill, Mac Cecht et MacGréine. Mac Cuill avait le coudrier pour dieu, son nom était Ethur, et sa femme était Bauba. Mac Cecht ensuite avait la charrue pour dieu, son nom était Tethur, et sa femme était Fotla. MacGréine enfin avait le soleil pour dieu, son nom était Cethur, et sa femme était Ériu. Gaiar ou Gaela mac Oirbsen, qui était le nom personnel de Manannán, dont le lac Oirbsen tire son nom ; lorsqu’on creusa sa tombe, c’est alors que le lac jaillit sur la terre. À leur sujet, il est dit :
Poème LVII
Ethur le noble, qui acquit la dignité, rude était l’homme ; le Noisetier était son dieu, petit-fils du Dagda qui n’était pas noir, Banba était son épouse.
Cethor le plaisant, belle était sa couleur, libre était-il ; Eriu était son épouse, femme généreuse qu’elle était, le Soleil était son dieu.
Tethor le fort, fort dans le combat, ardent était le champion ; Fotla était son épouse, grande histoire il accomplit, le Soc de charrue était le dieu auquel il croyait.
Manannán mac Lir, issu du lac, ardemment il rechercha une abondance (?) ; Oirbsen était son nom, après des centaines de combats, la mort le ravit.
334a — Les trois fils de Cermat Milbél mac Dagda, étaient Mac Cuill, Mac Cecht et MacGréine : Sethor, Cethor et Tethor étaient leurs noms, Fotla, Ériu et Banba leurs trois femmes.
335 — Núada, Bress, Lug, Dagda, Delbaeth, Fiachna, Brian, Iuchar et Iucharba, les trois dieux de Donann, c’est-à-dire les trois druides dont les Túatha Dé Danann tirent leur nom ; et Mac Cuill, Mac Cecht et MacGréine, les trois derniers rois des Túatha Dé Danann. Eochu Ollathair, c’est-à-dire le Dagda, et Ogma, Elloth, Bress et Delbaeth étaient les cinq meic Eladáin meic Delbaith ; ou bien les fils d'Eladán meic Neit meic Indai meic Alldai meic Tait meic Thabuirn meic Enda meic Baath meic Ibath meic Beothaig meic Íarbonél Fáid meic Nemid meic Agnomáin.
336 — Les trois fils d’Ernmas, Glonn, Gnim et Coscar ; et Bóand ingen Delbaith meic Eladáin, épouse de Nechtan mac Namat.
337 — Caicher et Nechtan, deux fils de Nama mac Echach Gairb meic Duach Temen [meic Breissi meic Eladáin meic Delbaith meic Ogma]. Sigmall mac Cairbri Cruim meic Elcmair meic Delbaith [meic Ogma meic Eladáin meic Delbaith meic Neit].
338 — Ériu, Fotla et Banba, les trois filles de Fiachna mac Delbaith meic Ogma. Ernmas mac Etarlaim, était la mère de ces femmes ; elle était également la mère de Fiachna et d’Ollam. Ernmas eut trois autres filles : Badb, Macha et Morrigu ; et Ana, dont les Paps d’Ana à Urluachair tirent leur nom, était sa septième fille. Badb et Neman étaient les deux épouses de Net mac Indai, deux filles d’Elcmar du Brug.
339 — Uillend Faebarderg mac Cathair meic Namat ; Manannán tomba de sa main lors de la bataille de Cuillend. Bodb mac Echach Gairb meic Duach Temen [meic Breissi meic Eladáin meic Delbaith meic Neit] du Tertre au-dessus de Femen. Abcan mac Bicfelmais meic Con meic Dian Cecht, le barde de Lug [mac d’Ethlend].
340 — Oengus [le Mac Óc], Aed et Cermat, les trois fils du Dagda [ meic Eladáin].
Ce sont ces hommes qui explorèrent un tertre les premiers : des druides placèrent un feth fíada autour de leurs hommes, afin qu’ils ne fussent pas abattus, sauf à chaque Samain, car il n’était pas possible de les dissimuler durant la nuit de Samain.
341 — Lug mac Céin meic Dian Cecht meic Esairg meic Neit meic Indai. Goibniu, Creidne, Dian Cecht et Luichtne, les quatre fils d’Esarg meic Neit. Cairbre mac Tuara meic Tuirill Bicrenn meic Cairbri Conaitchend meic Tait meic Tabuirn, le poète. Fiacha meic Delbaith [meic Ogma meic Eladáin meic Delbaith meic Neit]. Ai mac Ollamain meic Ogma meic Eladáin meic Delbaith meic Neit.
342 — Et Manannán mac Alldai meic Eladáin meic Delbaith meic Neit. Les six fils de Delbaeth mac Ogma, étaient Fiachna, Ollam, Indai, Brian, Iuchar et Iucharba. Donand ingen Delbaith, était la mère des trois derniers ; c’est d’elle que tirent leur nom les trois dieux de Dana, ainsi que les Túatha Dé Danann.
E R
D
343 — Én mac Biceoin meic Stairn meic Edleo meic Indai ; Mider meic Indai meic Echtaig ; et Núada Airgetlám meic Echtach meic Etarlaim. Dans sa compagnie se trouvaient les artisans : Goibniu le forgeron, Creidne l’artisan, Luichne le charpentier et Dian Cecht le médecin. Miach et Airmed étaient respectivement son fils et sa fille. Bruidne, Cridinbel et Casmael étaient les trois satiristes. Bé Chuille et Dinann étaient les deux femmes laboureuses.
Én mac Biceoin, meic Stairn, meic Edleo meic Alldai meic Tait meic Thabuirn. C’est avec Tat meic Thabuirn, que tous les Túatha Dé Danann, en tant qu’élite, s’unirent pour la première fois. Mider mac Indai meic Echtaig, et Núada Airgetlám meic Echtach. Dans sa compagnie se trouvaient les artisans : Goibniu le forgeron, Credne le médecin, Luicne le charpentier et Dian Cecht l’artisan. Miach et Airmed étaient son fils et sa fille, etc. [C’est la généalogie de tous les Túatha Dé jusqu’ici.]
344 — Brigit ingen Dagda, la poétesse, avait Fe et Men, les deux bœufs royaux, dont Femen tire son nom. Elle avait Triath, roi de ses sangliers, dont Treithirne tire son nom. Avec eux étaient et se faisaient entendre les trois cris démoniaques après un pillage en Irlande : sifflement, pleurs et lamentation.
345 — Elle avait Cirb, roi des moutons, dont Mag Cirb tire son nom. Avec eux étaient Cerman, Cermat et le Mac Óc. C’est celui-là même que des messagers de parole (?) convoquèrent (?) dans les tertres de Flidais, d’où le bétail de Flidais tire son nom. Ou bien c’étaient ses quatre filles : Arden, Bé Chuille, Danand et Bé Thete.
346 — Fea et Neman, les deux épouses de Net, d’où vient le nom d’Ailech Neit. Badb, Macha et Anann [c’est-à-dire la Morrigan], dont les Deux Mamelles d’Ana, à Luachair, tirent leur nom, les trois filles d’Ernmas, la femme laboureuse. Glonn, Gnim et Coscar étaient leurs trois fils. Goibniu le forgeron, Luichne l’artisan, Credne le charpentier et Dian Cecht le médecin. Pour garder mémoire de ceux-ci, le poète Eochaid chanta la composition suivante :
Poème LXII
Les Túatha Dé Danann aux riches trésors, « Où acquirent-ils leur savoir ? » Ils atteignirent la véritable sagesse dans le druidisme, dans l’art démoniaque.
Iarbonel le Blanc, prophète d’excellence, fils de Nemed, fils d’Agnomain, dont le fils impétueux était Beothach aux ruses ; il était un guerrier prompt au combat, pleinement actif.
Les descendants de Beothach, dont la renommée était vive, atteignirent un très grand lieu de rassemblement ; après détresse et grande fatigue, ils achevèrent leur voyage jusqu’à Lochlann.
Quatre villes — gloire légitime — ils prirent au cours de leur route, avec grande puissance ; ils menaient volontiers le combat pour le savoir, pour la véritable connaissance.
Failias, et la pure Goirias, Findias, Murias aux grands exploits de vaillance : les noms des nobles cités furent les maîtres rudes de leurs enseignements.
Morfés et Érus, les hauts, Usicias, Semias, constamment rudes : avant que soient invoqués les noms de leur demeure, les noms des sages de toute demeure libre.
Morfés, le poète, à Failias même ; Éras, de bonne disposition, à Goirias ; Semias à Murias, forteresse aux pointes d’épée ; Uscias, le poète blanc, à Findias.
Quatre présents, venus de là-bas, avaient avec eux les nobles des Túatha Dé Danann : une épée, une pierre, un chaudron de servantes, une lance destinée au sort des nobles champions.
La pierre de Fál, de Failias, là-bas, qui avait coutume de crier sous les rois d’Irlande ; l’épée de la main de Lug, qui vint de Goirias, excellente, très dure.
De Findias, loin par-delà la mer, fut apportée la lance de Lug, qui n’était pas insignifiante ; de Murias, un trésor immense et considérable, le chaudron du Dagda aux hauts faits.
Roi du Ciel, roi des faibles, la grande famille des rois des divisions royales ; celui qui possède l’endurance dans les haines et la puissance des beaux peuples.
347 — Midir mac Indai meic Echtaig meic Etarlaim, de Brí Léith. [Voici les noms des seigneurs des Túatha Dé :] Dagda, Ogma, Elloth, Bress, Delbaeth, les cinq fils d'Eladán meic Delbaith meic Neit meic Indai meic Alldai meic Tait meic Tabuirn.
348 — Cairbre mac Tuara meic Tuirill meic Cait Conaitchend maic Ordain meic Alldai meic Tait, le poète. Gaela mac Oirbsen meic Elloth meic Eladáin meic Neit meic Indai meic Alldai. Orbsen était le premier nom de Manannán, d’où est nommé le lac Oirbsen, à la suite de quoi, lorsque Manannán fut enseveli, le lac vint à travers la terre, par-dessus son tertre. Les six fils de Delbaeth mac Ogma meic Eladáin meic Delbaith meic Neit, étaient Fiachna, Ollam, Indai, Brian, Iucharba et Iuchar. Donann, fille de ce même Delbaeth, était la mère des trois derniers. C’est d’elle que tirent leur nom les trois dieux de Dana, les Túatha Dé Danann et le Tertre des Trois Dieux. Et ce Delbaeth avait pour nom Tuirill Bicrenn. Tuirill mac Cait, était en outre le grand-père de Cairbre le poète, et Etan ingen Dian Cecht, était la mère de Cairbre.
349 — Les Túatha Dé Danann inventèrent les premiers les cris de guerre et le tumulte. C’est pour cette raison qu’ils inventèrent les cris de guerre, par crainte de mal garder la demeure (?) ; le tumulte, pour se lamenter lorsqu’ils venaient à souffrir (?) . Math mac Umoir, était le druide des Túatha Dé Danann. Lug mac Ethlenn, fut le premier à instituer une assemblée, ainsi que les courses de chevaux et les compétitions lors d’une assemblée. Comme il est dit :
Poème LV
Lug, fils d’Ethliu, une falaise sans ride, avec lui vint d’abord une noble assemblée : après la venue du Christ, ce n’est pas une vaine proclamation, Conchobar le sage et le violent mourut.
350 — Or, les Túatha Dé Danann étaient des dieux parmi les artisans, et des non-dieux parmi les laboureurs. Ils étaient les trois dieux de Dana, dont les Túatha Dé Danann tirent leur nom, à savoir les trois fils de Bress meic Eladáin : Triall, Brian et Cet ; ou Brian, Iuchar et Iucharba, les trois fils de Tuirill Bicrenn, c’est-à-dire les trois druides dont les Túatha Dé Danann tirent leur nom.
351 —
Rap, Brott et Robb, leurs trois druides Piss, Fochmurc et Eolos, leurs trois instructeurs Dub, Dobur et Doirche, leurs trois échansons Saith, Lor et Linudh, leurs trois répartiteurs Feith, Rose et Radharc, leurs trois sentinelles Tailc, Tren et Tress, leurs trois hommes de main Athach, Gaeth et Sidhi, leurs trois chevaux Aicc, Taigh et Tairchell, leurs trois chiens Ceol, Binn et Teitbinn, leurs trois harpistes Gle, Glan et Gleo, leurs trois sources Búaidh, Ordan et Togadh, leurs trois pères nourriciers Sidh, Same et Suba, leurs trois mères nourricières Cuma, Seth et Samail, leurs trois coupes Mell, Teiti et Rocháin, leurs trois terrains de jeux Aini, Indmus et Brughus, leurs trois crêtes Cáin, Alaigh et Rocháin, leurs trois forteresses
352 — Et ce sont eux qui livrèrent la bataille de Mag Tuired contre les Fomoire, ainsi que la bataille précédente contre les Fir Bolg. Lors de cette première bataille, le bras de Núada fut tranché, et lors de la dernière, sa tête. Neuf rois des Túatha Dé Danann régnèrent, et ils furent à la tête du royaume pendant deux cent ans moins trois ans, comme il est dit.
Poème LIII
L’Irlande avec fierté, avec ses armes, ses troupes répandues sur son ancienne plaine, vers l’ouest, jusqu’au couchant, ils étaient des pillards, ses chefs de destruction autour de Temair.
Trente ans après Genand, des troupes de gobelins prirent la terre fertile ; un coup porté au Peuple des Sacs vaincu fut la venue des Túatha Dé Danann.
C’est Dieu qui les fit souffrir, bien qu’Il les retînt — ils débarquèrent avec horreur, par un acte sublime, dans leur nuée de puissants combats de spectres, sur une montagne des Conmaicne de Connacht.
Sans distinction pour l’Irlande qui discerne, sans navires, une course impitoyable, on ne savait pas sous le ciel étoilé s’ils étaient du ciel ou de la terre.
S’il s’agissait de démons diaboliques, l’expédition agitée aux manteaux noirs, elle était puissante par ses rangs, par ses troupes ; s’il s’agissait d’hommes, c’était la descendance de Bethach.
Parmi les hommes soumis à la loi, est de naissance libre celui qui possède la forte semence : Bethach, île de guerriers rapides (?), mac Iarbonel mac Nemed.
Ils ne tinrent ni assemblée ni justice autour du lieu de Fal, vers le couchant : il y eut feu et combat, finalement à Mag Tuired.
Les Túatha Dé, c’était le lit d’un puissant, combattirent autour du Peuple des Sacs pour la royauté : dans leur bataille, avec une abondance de fierté, des troupes par centaines de milliers périrent.
Les fils d’Elada, gloire des armes, un loup de division contre un homme de pillage : Bres du Brug de Banba, à la sage parole, Dagda, Delbaeth et Ogma.
Eriu, même si elle devait atteindre le bout d’un chemin, Banba, Fotla et Fea, Neman, aux vers ingénieux, Danann, mère des dieux.
Badb et Macha, grandeur de richesse, Morrigu, sources de ruse, sources de combats amers, étaient les trois filles d’Ernmas.
Goibniu, qui n’était pas impuissant à la fonte, Luichtne, le libre artisan, Creidne, Dian Cecht, pour parcourir les chemins de la grande guérison, Mac ind Oc, Lug mac Ethliu.
Cridinbel, Bruidne le célèbre, Be Chuille, Danand aux belles formes, Casmael, au bardisme parfait, Coirpre mac Etan, et Etan.
Les petits-fils du Dagda, qui avaient une triple division (?), divisèrent Banba aux cornes de trompe ; racontons les princes d’excellence en hospitalité, les trois fils de Cermat de Cualu.
Bien que l’Irlande fût des multitudes de milliers, ils divisèrent sa terre en trois parts : grands chefs aux hauts faits de fierté, Mac Cuill, Mac Cecht, Mac Greine.
Il les balaya de leur terre, le Fils de Dieu, depuis la plaine royale que je révèle : malgré toute la vaillance de leurs exploits, de leur claire division, leur descendance n’est pas sur l’Irlande.
C’est Eochu, sans enchantement de bonds, qui compose la distinction de ses bons quatrains ; mais la connaissance des guerriers, lorsqu’il la rapporte, bien qu’il les énumère, il ne les adore pas.
Adorez le nom du Roi qui vous a mesurés, qui répartit toute vérité qu’il [Eochu] raconte ; qui a libéré toute tempête que nous attendons, qui a façonné l’agréable terre d’Irlande.
353 — Certains disent pourtant que les Túatha Dé Danann étaient des démons, puisqu’ils vinrent sans être aperçus [et qu’eux-mêmes disaient être venus dans des nuées sombres, après avoir brûlé leurs navires], en raison de l’obscurité de leur savoir et de leurs aventures, et de l’incertitude de leur généalogie lorsqu’on la remonte ; mais cela n’est pas vrai, car leurs généalogies, lorsqu’on les remonte, sont solides. Ils apprirent cependant le savoir et la poésie ; ainsi, toute obscurité de l’art, toute clarté de la lecture et toute subtilité des métiers tirent pour cette raison leur origine des Túatha Dé Danann. Et bien que la Foi soit venue, ces arts ne furent pas abandonnés, car ils sont bons, et jamais aucun démon ne fit le bien. Il est donc clair, d’après leurs dignités et leurs morts, que les Túatha Dé Danann n’étaient ni des démons ni des gens du sidh. On dit que Betach mac Iardain, était le chef de cette Prise et de ces arts, et que sept chefs lui succédèrent : Dagda, Dian Cecht, Creidne, Luchne, Núada Airgetlám, Lug mac Céin, et Goibniu mac Ethlenn. Au sujet des sept fils d’Ethliu :
Poème LX
Une Prise de l’Irlande, une force qui n’était pas faible, les Túatha Dé Danann s’en emparèrent ; le nom de leur chef qu’ils avaient, et qui leur fut favorable, était Bethach, noble fils d’Iardan.
Les sept autres chefs ensuite, avec éclat, avec combat, étaient puissants dans leur ferme lutte, les sept hauts et grands fils d’Ethliu.
Le Dagda, Dian Cecht, Credne l’artisan, Luichne le charpentier, qui était un pilleur accompli et infatigable, Nuadu aux mains d’argent, Lug mac Cian, Goibniu le forgeron.
354 — Voici les neuf rois qui prirent l’Irlande : Núada régna sept ans avant leur venue en Irlande. Bress, sept ans, jusqu’à ce que le bras de Núada fût guéri. Núada régna ensuite vingt ans. Lug, quarante ans. Le Dagda, quatre-vingts ans. Delbaeth, dix ans, jusqu’à ce qu’il tombât de la main de Caicher. Fiachnu, dix autres années, jusqu’à ce qu’il tombât de la main d’Eogan des Grecs. Les trois fils de Cermat, Mac Cuill, Mac Cecht et Mac Gréine, régnèrent trente ans, jusqu’à ce qu’ils tombassent de la main d’Eber, d’Eremon et d’Amorgen. Au sujet desquels, il est dit :
Poème LIV
Les Túatha Dé Danann dans l’obscurité, un peuple sans alliance de religion ; petits de la forêt qui n’a point dépéri, peuple issu du sang de la chair d’Adam.
Nobles là-bas, de la puissante nation, peuple du sommet desséché, racontons, dans l’ordre où nous sommes, les périodes de leur règne.
Sept années de Nuadu, noble et majestueux, sur la troupe aux cheveux blonds, le règne de l’homme à la large poitrine, à la crinière de lin, avant sa venue en Irlande.
À Mag Tuired, lourde de destin, où tomba un champion du combat, le défenseur blanc du monde vit son bras princier tranché.
Sept années de Bres, qui ne furent pas un espace de lumière, malgré son bel aspect pour l’abbé de la poésie, dans la royauté sur la plaine généreuse en noix, jusqu’à ce que le bras de Nuadu fût guéri.
Nuadu, après cela, durant vingt années, conduisit le peuple des fées à la guerre, jusqu’à ce que Lug, meurtrier à la lance, fût fait roi — l’homme aux nombreux talents, qui ne connaissait pas le repos.
Deux vingtaines pour Lug — c’était l’équilibre — dans la royauté sur le Palais de Banba ; il n’atteignit aucune couche céleste d’innocence ; huit dizaines pour le Dagda.
Dix ans pour le fougueux Delbaeth, jusqu’à ce qu’un sage, selon l’ordre et royal (?), arrive, irréprochable au bord de l’océan — puis dix autres pour Fiachna.
Neuf et vingt années, je l’ai proclamé, sur toute la terre paisible d’Irlande ; dans le royaume de Banba, durablement puissant, régnèrent les petits-fils du Dagda, habiles dans l’art de la sagesse.
Après cela vinrent les fils de Míl, ils arrivèrent pour les rougir de leur sang — les enfants du grand héros qui jaillit d’Espagne sans jamais se refroidir.
Jusqu’à ce que les Gáedil, hommes d’action, les blessent, sans troupe, par leur ruse ; ce n’est ni affaire de fable ni de folie : grande était la puissance des Túatha.
V A
D E R
Les Gaëdil étaient en Irlande et les Grecs dans la haute royauté du monde. De toutes les Prises qui prirent l’Irlande depuis le commencement jusqu’à la fin. Fini. Amen.
Les Gaëdil étaient en Irlande et les Grecs dans la haute royauté cette année-là. Voici ce qui suit de la sagesse des Túatha Dé Danann :
Poème LIII
L’Irlande avec fierté, avec ses armes, ses troupes répandues sur son ancienne plaine, vers l’ouest, jusqu’au couchant, ils étaient des pillards, ses chefs de destruction autour de Temair.
Trente ans après Genand, des troupes de gobelins prirent la terre fertile ; un coup porté au Peuple des Sacs vaincu fut la venue des Túatha Dé Danann.
C’est Dieu qui les fit souffrir, bien qu’Il les retînt — ils débarquèrent avec horreur, par un acte sublime, dans leur nuée de puissants combats de spectres, sur une montagne des Conmaicne de Connacht.
Sans distinction pour l’Irlande qui discerne, sans navires, une course impitoyable, on ne savait pas sous le ciel étoilé s’ils étaient du ciel ou de la terre.
S’il s’agissait de démons diaboliques, l’expédition agitée aux manteaux noirs, elle était puissante par ses rangs, par ses troupes ; s’il s’agissait d’hommes, c’était la descendance de Bethach.
Parmi les hommes soumis à la loi, est de naissance libre celui qui possède la forte semence : Bethach, île de guerriers rapides (?), mac Iarbonel mac Nemed.
Ils ne tinrent ni assemblée ni justice autour du lieu de Fal, vers le couchant : il y eut feu et combat, finalement à Mag Tuired.
Les Túatha Dé, c’était le lit d’un puissant, combattirent autour du Peuple des Sacs pour la royauté : dans leur bataille, avec une abondance de fierté, des troupes par centaines de milliers périrent.
Les fils d’Elada, gloire des armes, un loup de division contre un homme de pillage : Bres du Brug de Banba, à la sage parole, Dagda, Delbaeth et Ogma.
Eriu, même si elle devait atteindre le bout d’un chemin, Banba, Fotla et Fea, Neman, aux vers ingénieux, Danann, mère des dieux.
Badb et Macha, grandeur de richesse, Morrigu, sources de ruse, sources de combats amers, étaient les trois filles d’Ernmas.
Goibniu, qui n’était pas impuissant à la fonte, Luichtne, le libre artisan, Creidne, Dian Cecht, pour parcourir les chemins de la grande guérison, Mac ind Oc, Lug mac Ethliu.
Cridinbel, Bruidne le célèbre, Be Chuille, Danand aux belles formes, Casmael, au bardisme parfait, Coirpre mac Etan, et Etan.
Les petits-fils du Dagda, qui avaient une triple division (?), divisèrent Banba aux cornes de trompe ; racontons les princes d’excellence en hospitalité, les trois fils de Cermat de Cualu.
Bien que l’Irlande fût des multitudes de milliers, ils divisèrent sa terre en trois parts : grands chefs aux hauts faits de fierté, Mac Cuill, Mac Cecht, Mac Greine.
Il les balaya de leur terre, le Fils de Dieu, depuis la plaine royale que je révèle : malgré toute la vaillance de leurs exploits, de leur claire division, leur descendance n’est pas sur l’Irlande.
C’est Eochu, sans enchantement de bonds, qui compose la distinction de ses bons quatrains ; mais la connaissance des guerriers, lorsqu’il la rapporte, bien qu’il les énumère, il ne les adore pas.
Adorez le nom du Roi qui vous a mesurés, qui répartit toute vérité qu’il [Eochu] raconte ; qui a libéré toute tempête que nous attendons, qui a façonné l’agréable terre d’Irlande.
(Ici suivent les synchronismes (infra) :)
Fin de la deuxième rédaction
Troisième rédaction
La troisième rédaction amplifie encore considérablement la matière généalogique et prosopographique. Elle fournit de longues généalogies des Túatha Dé Danann, précise les parentés, les surnoms, les filiations et les fonctions des personnages, et multiplie les identifications entre figures parfois différentes selon les traditions. Elle développe également les notices sur les artisans, druides, poètes, guerriers et autres spécialistes, ainsi que les traditions étiologiques liées aux lieux. C'est dans cette strate que la matière transmise par Ballymote et Lecan prend notamment sa forme la plus développée.
Troisième rédaction
356 — Par la suite, la descendance de Betach mac Íarbonél Fáid meic Nemid, se trouvait dans les îles septentrionales du monde, où elle apprit le druidisme, le savoir, la prophétie et la magie, jusqu’à devenir experte dans les arts de la ruse païenne.
Ils vinrent de chez les Grecs et prirent possession d’un territoire et d’une terre dans le nord d’Alba, à Dobar et à Ordobar. Ils y demeurèrent quatre ans, avec Núada mac Echtach, comme roi sur eux.
357 — Les quatre villes où ils acquéraient le savoir, la science et l’art démoniaque sont les suivantes : Failias, Goirias, Findias et Murias. De Failias fut apportée la Lia Fáil qui se trouve à Temair ; elle ne poussait un cri que sous tout roi qui devait prendre l’Irlande. Mais [lire : « et »] c’est d’elle que tirent leur nom Inis Fáil [et Mag Fáil] : d’où il est dit.
Poème LVIII
La pierre sur laquelle se tiennent mes talons, d’elle vient l’expression « Inis Fáil » ; entre deux bras d’un puissant flot, « Mag Fáil » est le nom [répandu] dans toute l’Irlande.
De Goirias fut apportée la lance que possédait Lug : jamais la bataille ne tournerait contre celui qui la tenait en main. De Findias fut apportée l’épée de Núada, et nul homme ne pouvait lui échapper à cause de son venin ; lorsqu’elle était tirée de son fourreau de combat, nul ne pouvait lui résister. De Murias fut apporté le chaudron du Dagda : aucune compagnie ne pouvait en repartir insatisfaite. Il y avait quatre sages dans ces villes : Morfesa, qui était à Failias ; Esrus, était à Goirias ; Usicias, était à Findias ; Semias, était à Murias. Ce sont là les quatre poètes auprès desquels les Túatha Dé Danann acquirent sagesse et savoir. C’est pourquoi il fut dit ce qui suit :
Poème LXII
Les Túatha Dé Danann aux riches trésors, « Où acquirent-ils leur savoir ? » Ils atteignirent la véritable sagesse dans le druidisme, dans l’art démoniaque.
Iarbonel le Blanc, prophète d’excellence, fils de Nemed, fils d’Agnomain, dont le fils impétueux était Beothach aux ruses ; il était un guerrier prompt au combat, pleinement actif.
Les descendants de Beothach, dont la renommée était vive, atteignirent un très grand lieu de rassemblement ; après détresse et grande fatigue, ils achevèrent leur voyage jusqu’à Lochlann.
Quatre villes — gloire légitime — ils prirent au cours de leur route, avec grande puissance ; ils menaient volontiers le combat pour le savoir, pour la véritable connaissance.
Failias, et la pure Goirias, Findias, Murias aux grands exploits de vaillance : les noms des nobles cités furent les maîtres rudes de leurs enseignements.
Morfés et Érus, les hauts, Usicias, Semias, constamment rudes : avant que soient invoqués les noms de leur demeure, les noms des sages de toute demeure libre.
Morfés, le poète, à Failias même ; Éras, de bonne disposition, à Goirias ; Semias à Murias, forteresse aux pointes d’épée ; Uscias, le poète blanc, à Findias.
Quatre présents, venus de là-bas, avaient avec eux les nobles des Túatha Dé Danann : une épée, une pierre, un chaudron de servantes, une lance destinée au sort des nobles champions.
La pierre de Fál, de Failias, là-bas, qui avait coutume de crier sous les rois d’Irlande ; l’épée de la main de Lug, qui vint de Goirias, excellente, très dure.
De Findias, loin par-delà la mer, fut apportée la lance de Lug, qui n’était pas insignifiante ; de Murias, un trésor immense et considérable, le chaudron du Dagda aux hauts faits.
Roi du Ciel, roi des faibles, la grande famille des rois des divisions royales ; celui qui possède l’endurance dans les haines et la puissance des beaux peuples.
358 — Par la suite, les Túatha Dé Danann vinrent en Irlande. Leur origine est incertaine : étaient-ils des démons ou des hommes ? Mais il est dit qu’ils étaient issus de la descendance de Betach mac Íarbonél Fáid. C’est ainsi qu’ils vinrent, sans navires ni embarcations, dans de sombres nuées à travers les airs, par la puissance du druidisme, et qu’ils débarquèrent sur une montagne de Conmaicne Rein en Connachta, à savoir la montagne des fils de Delgaid en Conmaicne Rein, ou Conmaicne Cuile.
Les Fir Bolg étaient là, et ils virent une grande nuée de brume sur la montagne de Conmaicne. Elle resta sur la montagne un jour et une nuit. [La brume était si épaisse qu’ils en furent très effrayés, et nul homme n’osa s’approcher de la montagne.] Ils s’en approchèrent ensuite, le deuxième jour, et virent les troupes sur la montagne, après cette nuée ; leur nombre était plus grand qu’il n’y paraissait.
Mais un autre groupe affirme que les Túatha Dé Danann vinrent en Irlande par une expédition maritime, qu’ils brûlèrent ensuite leurs navires, et que c’est à cause du brouillard de fumée qui s’éleva d’eux lorsqu’ils brûlaient que certains ont dit qu’ils étaient venus dans cette brume. Il n’en est rien, cependant ; car voici les deux raisons pour lesquelles ils brûlèrent leurs navires : afin que les Fomoire ne les trouvent pas et ne les leur dérobent, et afin qu’eux-mêmes ne puissent les retrouver pour fuir d’Irlande, même si la défaite devait s’abattre sur eux de la main des Fir Bolg.
La troisième raison était que Lug ne les trouvât pas pour livrer bataille à Núada meic Echtach, roi des Túatha Dé Danann. C’est pourquoi, au sujet de ces raisons, les savants chantèrent :
Poème LIX
Chaque guerrier d’entre eux brûla son navire lorsqu’il atteignit l’Irlande dans le brouillard : c’était un puissant combat qui s’engageait, la fumée des navires tandis qu’ils brûlaient.
La raison pour laquelle ils brûlèrent les navires, c’était qu’ils ne pussent jamais battre en retraite ; et que l’armée de Balar aux chants mélodieux ne vînt pas par eux s’établir en Irlande.
La troisième raison, on l’entendit longtemps, était que Lug ne quittât pas l’expédition pour obtenir . . . sans trahison, qu’il ne vînt pas dans la terre d’Irlande.
Par la suite, les Túatha Dé Danann étendirent un brouillard sur le soleil pendant trois jours et trois nuits.
359 — Ils demandèrent aux Fir Bolg le combat ou la royauté. Par la suite, une bataille fut livrée entre eux, à savoir la bataille de Mag Tuired. Ils combattirent longtemps dans cette bataille, et elle tourna à l’avantage des Túatha Dé Danann ; le massacre se porta vers le nord, et cent mille d’entre eux furent tués, de Mag Tuired jusqu’au rivage d’Eothail le charpentier.
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360 — C’est là qu’Eochu mac Eirc, fut rejoint, et qu’il tomba de la main des trois fils de Nemed mac Badrai, à savoir Cessarb, Luam et Luachra. Néanmoins, les Túatha Dé Danann subirent de lourdes pertes dans la bataille.
Voici la raison pour laquelle la déroute se porta jusqu’au rivage d’Eothail. La soif saisit Eochu mac Eirc, pendant la bataille, et il ne trouva pas d’eau avant d’atteindre le rivage d’Eothail. Tous suivirent le roi hors de la bataille. Et hors de la bataille, les trois fils de Nemed le suivirent, Luan, Cessarb et Luachra ; ils le tuèrent et ensevelirent le roi dans le cairn du rivage d’Eothail. Telle est la version correcte.
Tous ceux des Fir Bolg qui s’échappèrent, et ceux d’entre eux qui ne voulaient pas être asservis aux Túatha Dé Danann, quittèrent l’Irlande en fuyant et vinrent à Ara, Islay, Rachra, Man et dans d’autres îles de la mer. Les Fir [Bolg] demeurèrent dans ces îles jusqu’au temps où les rois provinciaux régnèrent sur l’Irlande, et les Cruithnes les en chassèrent. Ils vinrent ensuite auprès de Cairpre Nia Fer, qui leur donna une terre ; mais ils ne purent rester auprès de lui en raison de la lourdeur de la redevance qui leur était imposée. Ils s’enfuirent ensuite de chez Cairpre sous la protection de Medb et d’Ailill, qui leur donnèrent une terre. Telle est l’errance des fils d’Umor. Óengus mac Umoir, était leur roi à l’est. De leur nom viennent les territoires suivants : Loch Cimme, nommé d’après Cimme mac Umoir aux quatre têtes ; le promontoire de Tainan en Medraige, d’après Taman mac Umoir ; le fort d’Oengus à Ara, d’après Oengus [mac Umoir] ; le cairn de Conall dans le territoire d’Aidne, d’après Conall ; Mag Adar, d’après Adar ; et Mag Assail en Mumu, d’après Assal. Moen mac Umoir, était le barde. Ainsi les fils d’Umor demeurèrent dans les îles autour de l’Irlande jusqu’à ce que les Ulaid, en compagnie de Cú Chulainn, les anéantissent.
361 — Ce sont les Túatha Dé Danann qui apportèrent avec eux la Grande Fál qui était à Temair, c’est-à-dire la Lia Fáil Fis, d’où l’Irlande tire son nom de « Mag Fáil ». Celui sous lequel elle devait pousser un cri était roi d’Irlande ; jusqu’à ce que Cú Chulainn la frappât, car elle ne cria ni sous lui ni sous son fils adoptif, Lugaid, fils des trois Find d’Emain. Et depuis lors la pierre ne cria plus, si ce n’est sous Conn. Son cœur jaillit d’elle, de Temair jusqu’à Tailtiu ; c’est pourquoi on l’appelle le « Cœur de Fál ». Cependant, ce n’est pas que les idoles se soient brisées et que Lugaid n’ait obtenu aucune royauté, mais que le Christ naquit à cette époque.
Bien que Lugaid à la Rayure Rouge fût le fils adoptif de Cú Chulainn, il était plus âgé que Cú Chulainn. Lugaid à la Rayure Rouge fut l’élève de Cú Chulainn dans l’art de la guerre.
362 — Núada Airgetlám : c’est lui qui était roi des Túatha Dé Danann, là-bas, pendant sept ans avant leur venue en Irlande, jusqu’à ce que son bras lui fût coupé lors de la bataille de Mag Tuired. Eidleo mac Aldai, fut le premier homme des Túatha Dé Danann à tomber en Irlande, sous les coups de Nearchon uí Semeoin, lors de la première bataille de Mag Tuired ; Ernmas, Echtach, Etargal et Fiacha tombèrent également. Bress mac Eladáin, prit ensuite la royauté d’Irlande, jusqu’au terme des sept années, jusqu’à ce que le bras de Núada fût rétabli. Núada Airgetlám fut ensuite roi pendant vingt ans. Il avait un bras d’argent qui avait une pleine mobilité, aussi bien dans les doigts que dans les articulations. Dian Cecht, le médecin, le rétablit, et Credne, l’artisan, l’aida pour ce bras d’argent. Mais Miach meic Dian Cecht, remit chaque articulation à sa place et chaque veine à sa veine dans son propre bras, et celui-ci fut guéri en trois fois neuf jours ; et il lui donna son bras d’argent en récompense.
363 — Quant à Tailtiu ingen Mag Mór, roi d’Espagne, reine des Fir Bolg, elle vint, après l’issue de cette bataille de Mag Tuired contre les Fir Bolg, à Coill Cuain, et le bois fut défriché par eux(a), de sorte qu’au bout d’une année ce fut une plaine couverte de trèfle. C’est cette Tailtiu qui fut l’épouse d’Eochu mac Eirc, roi d’Irlande, jusqu’à ce que les Túatha Dé Danann le tuent, dans la première bataille de Mag Tuired, et il est le premier homme qui mourut d’un coup de lance en Irlande au commencement, comme l’a dit le poète.
Poème LXIII
Eochaid mac Eirc, sans plainte, meilleur que tout roi, excepté le doux Christ ; fut le premier roi qui reçut sa blessure mortelle, atteint par un trait, dans la blanche Inis Fáil.
C’est Eochu mac Eirc, qui l’emmena d’Espagne auprès de son père ...
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... de Mag Mór le Lent, roi d’Espagne. ...
... de Mag Mór, du roi d’Espagne, [à savoir] Tailtiu. C’est Eochu mac Eirc, qui fut le premier roi des Fir Bolg à siéger à Temair au commencement, bien qu’il fût leur dernier roi ; et de son temps furent érigés sur Temair le Tertre des Trois Hommes et le Cairn de l’Homme Unique. Druim Cain était son nom avant le temps des Fir Bolg, au commencement. Or Tailtiu ingen ...
... Maintenant Tailtiu ...
... Mag Mór ...
... demeura à Tailtiu et coucha avec Eochu Garb mac Duac Daill, des Túatha Dé Danann ; et Cian mac Dian Cecht — Seal Balb était un autre de ses noms — lui donna son fils en nourrice, à savoir Lug.
Il était le fils d’Eithne ingen Balar Balcbeimnig : le Polytechnicien. D’où ce qui est dit : si quelqu’un possède de nombreux talents, qu’il mérite de nombreuses récompenses.
Elle mourut donc peu après à Tailtiu, et son nom fut donné à cet endroit. C’est là que se trouve sa tombe, au nord-est du siège de Tailtiu. Ainsi, ses jeux étaient célébrés chaque année par Lug, deux semaines avant Samain — lire Lugnasad — et deux semaines après. C’est de là que vient [le mot] Lugnasad, c’est-à-dire le nasad de Lug. Ethliu est le nom de cette fête.
364 — Núada Airgetlám tomba lors de la dernière bataille de Mag Tuired, et Macha ingen Ernmais, par la main de Balar Balcbeimnig, dans cette même bataille. Ogma mac Eladáin meic Neit, tomba sous les coups d’Indech Mór mac Dé Domnand, roi des Fomoire. C’est également au cours de cette bataille que tombèrent Bruidne et Casmael [les deux satiristes], de la main d’Ochtriallach mac Indigh. Après la mort de Núada et de ces hommes dans cette bataille, les Túatha Dé Danann donnèrent la royauté à Lug ; et son grand-père, Balar uí Neit, tomba de sa main, frappé par une pierre lancée avec sa fronde. Nombreux furent ceux qui périrent dans cette bataille, tant parmi les Túatha Dé Danann que parmi les Fomoire, et Bress avec eux. Alors Indech Mór mac Dé Domnann, le roi — c’était un homme versé dans les arts de la poésie et de l’artisanat — dit, lorsque Lug lui demanda : « Combien furent ceux qui tombèrent dans la bataille de Mag Tuired ? » « Sept hommes, sept vingtaines, sept centaines, sept cinquantaines, cinquante, neuf centaines, vingt centaines, quarante avec Net, quatre-vingt-dix — c’est-à-dire avec Ogma mac Eladáin meic Neit. » C’est pourquoi ceci fut dit en confirmation.
Poème LXIV
Sept hommes, sept vingtaines, sept centaines — c’est là la vérité, et non un mensonge —, qui tombèrent dans la rude bataille de Mag Tuired, dans une forte victoire.
Lug mac Ethlenn, exerça la royauté d’Irlande pendant quarante ans après la dernière bataille de Mag Tuired. Vingt-sept années s’écoulèrent entre les deux batailles de Mag Tuired.
365 — Eochaid Ollathair, le Grand Dagda, meic Eladáin, exerça la royauté d’Irlande pendant quatre-vingts ans. Il eut trois fils : Oengus, Aed et Cermat Cóem. C’est pour ces quatre hommes que les gens d’Irlande édifièrent le tertre de la Brug.
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366 — Dian Cecht eut quatre fils : Cu, Cian et Cethen ...
... et Miach, ainsi qu’Etan ingen Dian Cecht, la poétesse, qui guérissait, et Cairbre mac Etaine, le poète, et Airmed, la guérisseuse, autre fille de Dian Cecht.
... et Miach, le guérisseur, qui soigna la main de Núada Airgetlám. Etan ingen Dian Cecht, la poétesse, qui eut pour fils Cairbre mac Ogma, le poète ; et Airmed, la guérisseuse, autre fille de Dian Cecht.
Cridinbel, Bruidne et Casmael, les trois satiristes.
Les trois fils de Cermat mac Dagda : Mac Cuill, Mac Cecht et MacGréine — tels étaient leurs noms : Sethor, Cethor et Tethor. Fotla, Banba et Ériu étaient leurs trois épouses.
Fea et Neman étaient les deux épouses de Net, de qui Ailech Neit tire son nom.
Badb, Macha, Morrigu et Ana, dont viennent les Paps d’Ana à Luachair, étaient les quatre filles d’Ernmas, l’agricultrice.
Dana est la mère des dieux, et voici ses filles : Airgden, Barrand, Bé Chuille et Bé Thete.
Goibniu le forgeron, Luchne le charpentier, Creidne l’artisan du bois et Dian Cecht le guérisseur, les quatre fils d’Esarg meic Neit meic Indai.
Pour garder en mémoire ce qui précède, le poète Eochaid ua Floind chanta la composition suivante :
Poème LVIII
Eochaid mac Eirc, sans plainte, meilleur que tout roi, excepté le doux Christ ; fut le premier roi qui reçut sa blessure mortelle, atteint par un trait, dans la blanche Inis Fáil.
Núada exerça la royauté d’Irlande pendant vingt ans, comme je l’ai dit, jusqu’à ce qu’il tombât lors de la dernière bataille de Mag Tuired, de la main de Balar. Lug régna pendant quarante ans, jusqu’à ce que les trois fils de Cermat le tuent à Caendruim, c’est-à-dire à Uisnech. Le Dagda régna pendant quatre-vingts ans, jusqu’à ce qu’il mourût de la javeline sanglante dont Cethlenn l’avait mortellement blessé lors de la grande bataille de Mag Tuired.
367 — Delbaeth, après le Dagda, exerça la royauté d’Irlande pendant dix ans, jusqu’à ce que lui-même et Ollam, son fils, tombassent sous les coups de Caicher mac Namat, frère de Nechtan. Fiacha mac Delbaith, prit la royauté d’Irlande après son père et la conserva pendant dix autres années, jusqu’à ce que Fiacha et le fils d’Ollam tombassent sous les coups d’Eogan d’Inber Mór. Les petits-fils du Dagda exercèrent la royauté d’Irlande pendant vingt-neuf ans, à savoir Mac Cuill, Mac Cecht et MacGréine. Ils se partagèrent l’Irlande en trois parts entre eux et ne laissèrent pas d’enfants. C’est sous leur règne que les Gaëdil vinrent en Irlande ; ils tombèrent sous les coups des fils de Míl d'Espagne, en vengeance d’Ith mac Breogain, ainsi que de Cualnge et de Fuad — ceux-ci étaient trois fils de Breogan.
Et voici les neuf rois des Túatha Dé Danann, ainsi que la durée de leur règne, à savoir : Núada, Bress, Lug, le Dagda, Delbaeth, Fiacha, Mac Cuill, Mac Cecht et MacGréine.
Ainsi, pour garder en mémoire ce qui précède, l’historien Tanaide Ó Dubsailech chanta le poème suivant :
Poème LIV
Les Túatha Dé Danann dans l’obscurité, un peuple sans alliance de religion ; petits de la forêt qui n’a point dépéri, peuple issu du sang de la chair d’Adam.
Nobles là-bas, de la puissante nation, peuple du sommet desséché, racontons, dans l’ordre où nous sommes, les périodes de leur règne.
Sept années de Nuadu, noble et majestueux, sur la troupe aux cheveux blonds, le règne de l’homme à la large poitrine, à la crinière de lin, avant sa venue en Irlande.
À Mag Tuired, lourde de destin, où tomba un champion du combat, le défenseur blanc du monde vit son bras princier tranché.
Sept années de Bres, qui ne furent pas un espace de lumière, malgré son bel aspect pour l’abbé de la poésie, dans la royauté sur la plaine généreuse en noix, jusqu’à ce que le bras de Nuadu fût guéri.
Nuadu, après cela, durant vingt années, conduisit le peuple des fées à la guerre, jusqu’à ce que Lug, meurtrier à la lance, fût fait roi — l’homme aux nombreux talents, qui ne connaissait pas le repos.
Deux vingtaines pour Lug — c’était l’équilibre — dans la royauté sur le Palais de Banba ; il n’atteignit aucune couche céleste d’innocence ; huit dizaines pour le Dagda.
Dix ans pour le fougueux Delbaeth, jusqu’à ce qu’un sage, selon l’ordre et royal (?), arrive, irréprochable au bord de l’océan — puis dix autres pour Fiachna.
Neuf et vingt années, je l’ai proclamé, sur toute la terre paisible d’Irlande ; dans le royaume de Banba, durablement puissant, régnèrent les petits-fils du Dagda, habiles dans l’art de la sagesse.
Après cela vinrent les fils de Míl, ils arrivèrent pour les rougir de leur sang — les enfants du grand héros qui jaillit d’Espagne sans jamais se refroidir.
Jusqu’à ce que les Gáedil, hommes d’action, les blessent, sans troupe, par leur ruse ; ce n’est ni affaire de fable ni de folie : grande était la puissance des Túatha.
368 — Voici ci-dessous la généalogie des Túatha Dé Danann : Núada Airgetlám mac Echtach meic Etarlaim meic Ordain meic Alldai meic Tait meic Thabuirn meic Enda meic Baath meic Ibath meic Beothaig meic Íarbonél Fáid meic Nemid meic Agnomáin meic Paimp meic Tait meic Sera meic Sru meic Esru meic Braimend meic Fathachta meic Magog meic Japhet meic Noé.
Núada Airgetlám eut quatre fils : Tadg Mór, père d’Uillend ; c’est cet Uillend mac Tadg meic Núada, qui tua Gaela ou Gaiar ou Oirbsen, c’est-à-dire Manannán Mór mac Elloth, le célèbre marchand. Les trois autres fils de Núada étaient Caither, Cucharn et Etarlam le poète. Cairbremac Tuara meic Tuirell meic Cait Conaitchend meic Ordain, le poète. Ceux-ci sont les deux fils d’Ordan : Etarlam, le grand-père de Núada Airgetlám, et Cait Coiditcend, le grand-père de Cairbre le poète.
Les trois fils de Telle mac Cait Conaitchend, étaient Caither, Nechtan et Enda.
Les cinq fils de Lodan Lúath étaient Morann Mór, Cairbre Cael-riarach, Eadub et Ollam : c’est-à-dire l’un des deux Ollam attribués aux Túatha Dé Danann, Ollam mac Lodain Lúaith et Ollam mac Delbaith.
Les quatre fils de Cian Ciall étaient Morann, Merad, Calad et Tallad : c’est-à-dire l’un des deux Morann des Túatha Dé Danann, Morann mac Céin Chaill et Morann mac Lodain.
Les quatre fils d’Esarg meic Neit meic Indai, étaient Dian Cecht le guérisseur, Luchraid le charpentier, Credne le charpentier et l’Unique Forgeron de Hiruath.
Les quatre fils de Dian Cecht étaient Cu, Cian, Cethen et Miach le guérisseur. Les deux filles de Dian Cecht étaient Airmed la guérisseuse et Etan la poétesse.
Les deux fils d’Etan étaient Delbaeth Dana meic Ogma Grianainech, et Cairbre le poète. Voici l’un des deux Tuirenn des Túatha Dé Danann : Tuirill mac Cait Conaitchend, qui fut tué lors de la bataille de Mag Tuired, et Tuirill mac Ogma Grianainech.
Un fils de Cian meic Dian Cecht, Lug Lamfada : ce Cian avait un autre nom, Ethlenn mac Dian Cecht, et il avait encore un autre nom, Seal Balb. C’est pourquoi il est parfois appelé Lug mac Ethlenn, et parfois Lug mac Scail Bailb.
Lug Lamhfada eut trois fils : Ainnle, Abartach et Onu Dereoil.
La descendance d’Allot, Manannán. Les sept fils de Manannán étaient Ilbreac, Illanach, Cairbre Condualach, Failbi Findbuide, Gaiar, Goth Gaithi et Gaela mac Oirbsen, ainsi qu’Echdonn Mór mac Manannán, l’aîné des enfants, et Gormlinde ingen Gormlenn meic Bric meic Romar des Túatha Dé Danann. Elle était la mère des deux filles de Decmann, Samadaig et Gemadaig : elles étaient les deux épouses d’Oisín mac Find ; et Muinfind, Uaine Alaind, Niam, Camand, Tamann, Grian Grissolus, Tibir Greine, Aine Find et Curehog en Clmraig, ainsi que Crofind à la belle apparence, épouse d’Enan ingen Lebarthuindi.
Net mac Indai meic Delbaith meic Ogma meic Eladáin.
Midir mac Indai meic Echtaig meic Etarlaimh de Brí Léith.
Dagda, Ogma, Alloth, Bress et Delbaeth, les cinq fils d'Eladán meic Delbaith meic Neit meic Indai meic Alldai meic Tait meic Thabuirn.
Ou peut-être s’agit-il de la généalogie de Manannán : Manannán mac Elcmair meic Delbaith meic Ogma meic Eladáin meic Delbaith meic Neit.
Ce sont les trois fils d’Elloth mac Eladáin : Manannán le marchand, qui faisait commerce entre l’Irlande et la Bretagne, et qui avait coutume de discerner les signes sombres ou lumineux (?) dans les airs ; et Bron mac Elloth, de qui vient Mag Broin en Uí Amalgada ; et Ceti meic Alloith, de qui vient Mag Cetni dans le territoire de Cairbri.
Gaiar mac Manannán, et Orbsen était un autre de ses fils ; ou peut-être Orbsen était-il un nom de Manannán lui-même. C’est de lui que furent donc nommés Loch Orbsen et Mag Orbsen.
Uillend Faebarderg mac Echach Gairb meic Duach Temen : c’est par lui que Manannán fut tué lors de la bataille de Cuillenn, en Connachta.
Les six fils de Delbaeth mac Ogma meic Eladáin meic Delbaith meic Neit, étaient Fiacha, Ollam, Indai, Brian, Iucharba et Iuchair.
Et Danand ingen Delbaith elle-même, était la mère des trois derniers, Brian, Iuchair et Iucharba. Ceux-là étaient les Trois Dieux de Danu, de qui vient Sliab Dee ; et c’est de ce Delbaeth que Tuirell Bicrenn était le nom.
Tuirill mac Tait, de plus grand-père de Cairbre le poète, et Etan ingen Dian Cecht, était la mère de ce Cairbre.
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Or, les trois fils de Cermat étaient Mac Cuill (Setheor, dont le dieu était le noisetier), Mac Cecht (Tetheor, dont le dieu était le soc de charrue), MacGréine (Cetheor, dont le dieu était le soleil).
Les trois fils de Cermat mac Dagda, étaient Mac Cuill, Mac Cecht et MacGréine. Setheor était le nom de Mac Cuill, et la mer était son dieu ; Tetheor était le nom de Mac Cecht, et l’air était son dieu, avec ses luminaires, la lune et le soleil ; Cetheor était le nom de MacGréine, et la terre était son dieu.
Fotla était l’épouse de Mac Cecht, Banba était l’épouse de Mac Cuill, Ériu était l’épouse de MacGréine : celles-ci étaient les trois filles de Fiachna meic Delbaith.
Ernmas ingen Etarlaim maic Núadat Airgetláim, était la mère de ces trois femmes, ainsi que de Fiachna et d’Ollam. À leur sujet, le poète chanta ce qui suit :
Poème LVII
Ethur le noble, qui acquit la dignité, rude était l’homme ; le Noisetier était son dieu, petit-fils du Dagda qui n’était pas noir, Banba était son épouse.
Cethor le plaisant, belle était sa couleur, libre était-il ; Eriu était son épouse, femme généreuse qu’elle était, le Soleil était son dieu.
Tethor le fort, fort dans le combat, ardent était le champion ; Fotla était son épouse, grande histoire il accomplit, le Soc de charrue était le dieu auquel il croyait.
Manannán mac Lir, issu du lac, ardemment il rechercha une abondance (?) ; Oirbsen était son nom, après des centaines de combats, la mort le ravit.
Les trois fils d’Ernmas étaient Glonn, Gnim et Coscar.
Bóand ingen Delbaith meic Eladáin, était l’épouse de Nechtan mac Namat.
Fea et Neman, les deux épouses de Net mac Indai, étaient les deux filles d’Elcmar de la Brug.
Uillenn mac Cathair meic Núadat Airgetláim.
Bodb mac Echach Gairb meic Duach Temen meic Breissi meic Eladáin meic Delbaith meic Neit, du Tertre des hommes de Femen.
Abcan mac Bicfelmais meic Con meic Dian Cecht, le poète de Lug mac Ethlenn.
Én mac Biceoin meic Stairn meic Edleo meic Alldai meic Tait meic Thabuirn.
C’est chez Tat mac Thabuirn, que tous les Túatha Dé Danann s’unirent d’abord en un seul groupe. Telle est, jusqu’ici, la généalogie des Túatha Dé Danann.
369 — Brigit ingen Dagda, la poétesse : c’est elle qui avait Fe et Menn, les deux bœufs royaux, de qui vient le nom de Femen, c’est-à-dire « les deux bœufs de Dil », d’après lesquels Mag Femen fut nommé. Avec eux se trouvait Tore Triath, roi des sangliers d’Irlande, de qui Mag Triathairne tire son nom. Avec eux furent entendus les trois cris démoniaques en Irlande après les ravages : le sifflement, les lamentations et les hurlements.
Avec eux se trouvait Cirb, roi des moutons d’Irlande, de qui Mag Cirb tire son nom. Avec eux se trouvaient German, Cermaid et le Mac Óc.
Ce sont les premiers qui … dans les tertres de Flidais, de qui vient le nom du bétail de Flidais ; ou bien ce furent ses quatre filles : Arden, Be Chuille, Danann et Be Thete.
Les Túatha Dé Danann furent les premiers à inventer le cri et le tumulte de guerre : c’est pour cette raison qu’ils inventèrent le cri, par crainte de prendre … sur le lieu et de piller ; le tumulte, pour se lamenter lorsqu’ils entraient dans les douleurs.
Math mac Umoir, druide des Túatha Dé Danann.
Lug mac Ethlenn, est le premier qui, dit-on, inventa une assemblée, ainsi que les courses de chevaux et le combat à cheval, aux temps anciens.
Poème LXV
Que l’aimable assemblée du savoir prête l’oreille, avec un navire guerrier de science, jusqu’à ce que j’aie exposé, selon l’ordre du décompte, chaque génération qui prit possession de l’Irlande.
L’Irlande, avant les princes des frontières, depuis le commencement du monde ferme, était déserte, selon la règle que je suis dans mon décompte, jusqu’à l’année précédant le Déluge.
Y parvint, avant le Déluge écumant — une troupe sans mauvaise apparence, innombrable — les guerriers qui refusèrent leur couche, trois hommes au-delà de cinquante, Cessair comprise.
Cessair, bien que ses jours fussent lointains, le bon Dieu la soutint : elle bondit (?) par-dessus la mer de Letha, la fille de Bith, fils de Noé.
La force de Partholon, après le Déluge, la frappa sans bataille, elle était habile : il fut prince sur l’épaule aiguë et majestueuse de l’Irlande, au-delà des frontières de Cualu.
Jusqu’à ce que la peste s’abatte sur la troupe princière, il n’y eut pas de honte sur leur plaine de force : neuf mille, sur Mag Elta, y furent abattus en une semaine.
Après cela, leur droit fut contre la séparation ; une forte armée la frappa : ils ne furent pas cléments envers une approche où les nobles de Nemed font irruption.
Après Nemed, la renommée de chaque domaine, il y eut une forte armée sur la route ; la terre où leurs troupes se multiplièrent, quatre peuples la partagèrent.
Les Fir Bolg, les Fir Domnann de la terre, les Tuath Dé des lourdes demeures de ténèbres, les Gaileoin avec leurs assemblées de loi, étaient des nobles peuples de Nemed.
Jusqu’à ce que les purs et grands Gaedil la prissent, ses terres étaient sombres et cachées ; des hommes qui n’étaient pas faibles quant à leur parenté, descendance de Bile et de Breogan.
Breogan qui était roi, comptons-le, et sa descendance, grande par ses lances, droite et majestueuse, une troupe de terre rapide, aux flancs élancés, des fils de Mil dans la plaine d’Irlande.
L’Irlande agréable après les âges, autour de Temair aux flancs blancs, abondante en troupes, Dieu la révéla à leurs lignées, en un temps convenable du monde.
David, qui eut un temps de grande renommée, illustre, la porta avec grande pureté, sa frontière fut divisée dans la campagne, lorsqu’il bâtissait le Temple de Salomon.
Le dix-septième, un jeudi, fut trouvé le champ de bataille des hommes guerriers ; ils la prirent, en attaquant le pays, aux calendes de mai, dans le mois solaire.
Éremon prit un territoire, le juste milieu de la haute Irlande, excepté Muma — pas de mur rongé d’[Inis] Elga jusqu’aux frontières d’Alba.
Éber le cadet, cela nous est certain, prince de Femen, d’une souche de lignées (?) la terre qu’il choisit avec ses domaines, il la prit au-delà des limites de Muma.
Les nobles d’Ulaid, fierté des armes, les Erna de Muma, nobles et joyeux, la descendance du roi lisse d’une forêt de javelots, d’Oengus Tuirmech de Temair.
Temair et l’Irlande du savoir, une troupe de générations la partagea : les hommes à la ramification claire des Gaedil, la descendance d’Éremon, fils de Mil.
Bien qu’ils fussent les soutiens du pillage, la descendance de Rudraige, roi de Temair, [ils étaient] la lignée royale d’Ir aux armes, de qui viennent les vrais Ulaid d’Emain.
L’Irlande des armes, terre de clameur, des princes prirent les plaines blanches ; jusqu’au creux du Latium furent entendus leurs cris depuis la plaine de Macha.
Les fils de Breogain, l’excellence de notre fondation, jusqu’à la demeure du tribun (?) de chaque domaine, des ancêtres des guerriers sur les mers — Brego, qui s’établit sur Brega.
Bile aux multiples gloires, Cualu, Cuailnge, Ith le glorieux, Muirthemne qui avait la plaine des saumons, Blad le guerrier de Sliab Bladma.
La mort d’Éber, dans une heure de faiblesse, par Éremon resplendissant, expert dans l’éclat, par le haut seigneur, très expert, dans la glorieuse bataille d’Argatros.
Il y creusa deux forteresses d’un grand seigneur, dans Argatros, aiguë et sauvage, dans la forteresse de Crofinn, renommée, Ráth Aindind et Ráth Bethaig.
C’est en leur temps de sagesse qu’eut lieu une construction, avec apparence d’habitation : Dún Sobairche, avec majesté, Dún Binne et Dún Cermna.
La construction d’une chaussée, d’une tour de crue, d’un ruisseau, d’une route et de cornes : avec apparence, au sud de la route de Rairiu, d’Inber Mór sur le territoire de Cualu.
La fondation de la belle Carraic-Bladraide, du voile de la mer ; la rupture des neuf Righ autour de Rosmag ; la rupture des neuf Brosnas d’Eile.
La rupture d’Eithne sur la forêt de Bith ; la rupture des trois Sue-rivières ; une prise d’otages sous une loi de ruissellement ; et la rupture de sept lacs.
Loch Laiglinne, Loch Baath, Loch Cimme aux centaines de brumes ; Loch Da Caech, beau, sans pillage, Loch Ren aux nombreux saumons, Loch Riach.
La reine de l’armée au-delà de la grande mer, dont demeure la renommée de la descendance de Conn le Blessé, bien qu’elle mourût à Breg, elle choisit la colline de Temair.
Les serfs du roi légitime et juste cultivaient sur la terre profonde où eut lieu le partage : une route d’une troupe royale sur laquelle ils se dispersent — vingt-quatre plaines principales.
Aidne, Ai, Odba, Aigi, Meidi, Morba, Midi, Cuib, Cera, Cliu aux centaines de... Life, Ligen et Line.
Asal, face à nos nombreuses terres, Adar, Deisi, Dul, Dela, Slanga, l’antique Sered, Treg, Femen, Fea, Fera.
La principauté d’Éremon, le parfait, le jeune, sa tombe fut creusée après le temps de sa mort, dans la terre d’Argatros argentée, sur cette même terre de chars.
Ses fils, ce ne fut pas faiblesse, marquèrent les limites de la forte Torach à Dairbre, de Teach Duinn à Tuirbe — ce furent Muimne, Luigne, Laigne.
Irial posséda la terre des chefs, vrai prince, qui ne la troubla pas : le Fils de Dieu, qui le façonna, lui accorda d’être le noble aîné.
Il fut le prince en chef de toute l’Irlande, rude et bon, brillamment mélodieux, avec éclat : il fixa les divisions de chaque domaine ; par lui furent défrichées sept plaines.
Mag Rechet, avec la vérité du savoir, Mag Comair, beau profit doux, Mag Slebe et Mag Sanais, Mag Ele et Mag Inis.
La mort d’Irial à Mag Maigi, chaque génération la jugea impossible à compter : sa main était pure autour d’un trait ensoleillé — son bon fils prit la royauté.
Ethriel, de l’ordre de toute victoire célébrée, était toujours ardent, d’une forteresse en lutte ; après que ses troupes furent à Temair, il défricha de nombreuses plaines.
Tendmag, la vaste Mag Lugaid, Mag Geisli harmonieuse, de cachette (?) Lochmag, pas un lac qui ne résonne, Mag Roth et Mag Belaigh.
Dans la bataille de Rairiu de l’assemblée guerrière, mourut le blanc de peau aux flancs majestueux, Ethriel le noble, aux multiples dignités, qui ne fut pas indemne après Conmael.
Conmael, fils du prince Emer, guerrier attaché à la sauvegarde par un amour profond, le premier prince, dit-on, de Mumu qui prit Temair.
Cinq batailles éclatèrent devant lui, avant la bataille de Macha, une grande clameur : les batailles d’Ele et d’Ucha, et celle de Cnucha de Sliab Betha.
La mort de Conmael sous un changement de forme, il ne se tut pas dans la lourde clameur de la bataille : ce fut la fierté de Tigernmas qui le terrassa, dans la haute bataille d’Aenach Macha.
Bon était Tigernmas qui subit la peste, il était prince, dur comme le bois, guerrier : un homme qui vainquit — c’était une grâce royale — vingt-sept batailles avant la fin d’une année.
Il était le prince avisé et hospitalier auquel le pur et brillant Gaedel se soumit : pour la part d’un homme royal, il faillit exterminer la descendance d’Emer.
De lui vient la libre et joyeuse descendance de la troupe des puissants rois, dans sa lignée, la descendance, juste, empanachée, renommée, d’Ugoine le Grand, fils d’Eochu.
C’est ce Tigernmas que nous choisissons, avec réflexion, sans discours ; c’est lui qui est paré de la beauté d’une grâce pure, qui découvrit maintes inventions glorieuses.
De lui vient tout artisan renommé, qui façonne (?) un revêtement de pourpre véritable — qui travaille des coupes bien ajustées, d’une beauté accoutumée — qui forge des épingles d’or et d’argent.
Iuchdan, l’artisan de Cuan Claidfinn, le premier qui sépara avec un marteau, je le rapporte ; par son habileté pure et agréable, l’or fut fondu en Irlande.
Au-dessus des poteaux d’une demeure compacte de combat, de longues cornes retentissantes furent soufflées par l’homme renommé, avec un déclin (?) dans les Foithre d’Airthir-Life.
Loch Aillind, après une victoire, jaillit, Lochs Ce, Uair, Febuil, Lochs Silend et Dabal, Loch Gabair entre les Bregas.
C’est lui qui convoqua une faible assemblée, lui qui jouissait d’une haute renommée après les nobles ; sans bataille, après d’horribles massacres, il mourut à Slechta de Breifne.
Pendant l’espace de sept années, l’Irlande fut sans roi pour administrer les lois de quiconque : il n’y eut pas… (?) plus du quart du peuple.
Vint à elle, bien que ce fût une vie de péril, Eochaid aux armes, qui était un guerrier : une puissante troupe fut amenée sur nos terres par le fils de Conmael, fils d’Éber.
C’est lui qui en remporta une bataille victorieuse, la bataille de Luachair, avec des multitudes de gouttes [de sang] (?) ; la bataille valeureuse de Fosad Da Gort, et la bataille de la Rencontre des Trois Eaux.
Défrichées dans les solitudes du monde — sans la force d’un guerrier médiocre ou d’un homme indigne — après qu’elles eurent été séparées à Temair, furent Mag Smethrach et Mag Ainir.
Mag n-Aidne, Mag n-Odba, selon l’ordre, Mag Luing dénudée, Mag Lemna, Mag Da Gabal, des régions de Connla, Mag Fubna dans la terre de Mide.
Eochu, après de droites et nobles années, ses actes véritables n’étaient pas dangereux — là le tua, au-dessus du front de la barrière de Carman, Fiachu Labraind, fils de Smirgoll.
Fiacha, prince d’une lignée, prit l’Irlande jusqu’à la limite de son extrémité. Dans son nom, sans nonchalance, éclatèrent Fleisc et Main.
L’éclatement de Labrainn de douleur (?) une forêt au-dessus de Cuailnge sans désertion : une grande histoire de notre prince est l’éclatement du sauvage Loch Erne.
Tué après la grande fureur d’une assemblée fut Fiacha Labrainne : raconte-le ! cause d’une ancienne querelle des clans d’Éber, dans la bataille de Belgadan victorieuse.
C’est lui qui le tua, sans honte, Eochu le rude, un cri sans lamentation ; sur ses chemins royaux, dans son pillage — Eochu Mumo de Mumu.
Autour de Temair, terre du Siège, impétueuses furent ses cisailles : il les enchaîna par une bataille, sans délai, qui se brisa devant le fils de Mofebis.
Eochu le Gris, le martial, mourut dans la bataille de Cliu, le célèbre roi de Temair : sur les monceaux de douleur de Bodb était Oengus Ollmuchach le glorieux.
Oengus, qui fut le maître d’(Inis) Elga, de toutes parts au mouvement de la mer ; il combattit les batailles de Clere et de Cuince, la bataille très discutée de Sliab Cailce.
Quand bien même je compterais les rois très purs sur la terre des assauts des hauts faits, quand bien même je raconterais les récits des princes de Temair, cela me rendra joyeux et digne de louange.
Il est temps pour nous, après un temps de saisons, de mettre notre confiance dans le Christ, notre Créateur, le Bon, plus grand que tout seigneur, le Prince qui ne meurt jamais.
C’est Patrick, à la droite du Rétributeur, qui tient en sa possession nos nobles et nos gens simples : c’est lui qui nous sert jusqu’à ce jour, il est le roi, hormis ce Roi.
Quand bien même ils seraient de hauts rois du monde illusoire, avec le pouvoir des poètes et avec des trésors, ils sont morts après le temps de sa jeunesse, avec orgueil et avec apparat.
Quand bien même ces récits seraient publiés pour les peuples du monde des générations, leur vérité est connue par des témoins, selon les règles et les catalogues.
Les anciens les énumérèrent aux saints, avant les lettrés du monde des forteresses : comme cela avait été tissé et vérifié, cela fut écrit sur leurs genoux.
Soleil des Gaedil, éclat de notre descendance, le célèbre Colum Cille au blanc visage, Patrick pour l’obtention du ciel, l’apôtre de notre blanche lignée.
Finntan le vit, lui qui fut le plus grand, c’était par amour pour elle qu’il la raconterait (?) ; Tuan, fils de Cairell aux centaines, si bien que Findia vint à lui (??).
Findia la très grande, de qui l’on sait, et Colum, par qui elle est composée, ce sont les personnes auxquelles on la rattachera, elle n’est cachée à aucun auteur.
Les auteurs d’Irlande l’ont cousue ensemble, ils ont fait mention du savoir qu’ils n’ont pas abandonné ; la règle de toute parole qu’ils ont prononcée, qu’ils ne la négligent pas, et qu’ils l’écoutent.
Eochu ua Flainn, homme de prudence, qui garde les clans de chaque lieu d’assemblée, vers le ciel est le cri qu’il fait monter, selon le choix de la jeunesse et de l’âge.
B
M
Les Túatha Dé Danann, donc : leurs hommes de métier étaient leurs dieux, et leurs agriculteurs n’étaient pas des dieux. Les trois dieux de Danu, d’après lesquels les agriculteurs, c’est-à-dire les dieux, furent nommés, étaient les trois dieux de Danu d’après lesquels ils furent nommés, à savoir les trois fils de Bres meic Eladáin : Triall, Brian et Cet ; ou les trois fils de Tuirill Bicrenn : Brian, Iuchar et Iucharba, les trois dieux de Danu, c’est-à-dire les trois druides d’après lesquels les Túatha Dé Danann furent nommés.
Les Túatha Dé Danann, donc : leurs dieux étaient les hommes de métier, à savoir De et Danann, de qui les Túatha Dé Danann tirent leur nom ; et, en outre, ceux qui n’étaient pas des dieux, d’après lesquels sont nommés les agriculteurs, c’est-à-dire les rois. Les dieux dont sont issus les rois : tels étaient leurs noms — les trois fils de Bress, meic Eladáin, Triall, Brian et Cet ; ou les trois fils de Tuirill Bicrenn, Brian, Iuchair et Iucharba, les trois dieux que les rois avaient coutume d’adorer. De là, il est clair que les rois n’étaient pas des Túatha Dé Danann, mais des agriculteurs, c’est-à-dire des fils d’Ethliu. D’autres érudits disent que les Túatha Dé Danann furent nommés d’après les trois druides Rabb, Brod et Robb.
Rob, Brod, Rabb, leurs trois bouffons. Fis, Fochmarc, Eolas, leurs trois instructeurs. Dub, Dobar, Doireche, leurs trois échansons. Saith, Leor, Linadh, leurs trois serviteurs. Feith, Rosg, Radharc, leurs trois voyants. Tailc, Tren, Tres, leurs trois assistants. Atach, Gaeth, Sidhi, leurs trois chevaux. Aigh, Taig, Tairchell, leurs trois chiens de chasse. Ceol, Bind, Tetbind, leurs trois harpistes. Gle, Glan, Gleo, leurs trois sources. Bruaid, Ordan, Doghad, leurs trois nourriciers. Sith, Saime, Suba, leurs trois nourrices. Cumma, Set, Samail, leurs trois coupes. Mell, Teidi, Rocain, leurs trois terrains de jeu. Aine, Immar, Brughas, leurs trois crêtes. Cam, Alaigh, Rocain, leurs trois forteresses.
Leurs trois druides : Fis, Fochmorc, Eolas. Leurs trois instructeurs : Dub, Dobar, Linad. Et voici leurs trois serviteurs : Fet, Rose, Radarc. Leurs trois voyants : Tailc, Tren, Tres. Leurs trois serviteurs : Atach, Gaeth, Sidi. Leurs trois chevaux : Aice, Taircell, Tuirech. Leurs trois chiens de chasse : Ceol, Bind, Tetbind. Leurs trois harpistes : Gle, Glan, Gleo. Leurs trois sources : Buaid, Ordan, Toead. Leurs trois nourriciers : Sith, Seme, Suba. Leurs trois coupes : Inell, Teti, Rochain. Leurs trois plaines de jeux : Aine, Indmos, Brugos. Leurs trois crêtes : Cain, Alaig, Rochain. Leurs trois forteresses : Ard, Aibind, Radarc.
370 — Et ce sont eux qui livrèrent la bataille de Mag Tuired contre les Fomoire, ainsi que la bataille précédente contre les Fir Bolg. Lors de la première bataille, le bras de Núada fut tranché, et sa tête lors de la dernière bataille. Il y eut neuf rois parmi les Túatha Dé Danann : ils exercèrent la royauté pendant deux cents ans moins trois, soit cent quatre-vingt-dix-sept ans.
371 — Et bien que certains disent que les Túatha Dé Danann étaient des démons, parce qu’ils arrivèrent en Irlande sans être aperçus, et qu’eux-mêmes disaient être venus dans des nuages sombres, ainsi qu’en raison de la grandeur de leur savoir et de leur connaissance, et de l’obscurité de leur généalogie lorsqu’on la remonte dans le passé ; ils n’en apprirent pas moins le savoir et la poésie. Car tout ce qui relève de l’obscurité de l’art, toute clarté de la lecture et tout art de la ruse qui se trouve en Irlande provient à l’origine des Túatha Dé Danann. Et bien que la Foi soit venue en Irlande, ces arts ne furent pas abolis, car ils sont bons. Et il est clair qu’ils ne sont ni des démons ni du peuple des síd, car chacun savait qu’ils prenaient forme humaine [pendant le jour, ce qui est plus exact] (o), et leur généalogie est retracée dans le passé ; et ils furent détruits (?) à l’arrivée de la Foi. Ainsi, au sujet de leur mort, Flann Mainistrech chanta le poème suivant :
Poème LIV
Les Túatha Dé Danann dans l’obscurité, un peuple sans alliance de religion ; petits de la forêt qui n’a point dépéri, peuple issu du sang de la chair d’Adam.
Nobles là-bas, de la puissante nation, peuple du sommet desséché, racontons, dans l’ordre où nous sommes, les périodes de leur règne.
Sept années de Nuadu, noble et majestueux, sur la troupe aux cheveux blonds, le règne de l’homme à la large poitrine, à la crinière de lin, avant sa venue en Irlande.
À Mag Tuired, lourde de destin, où tomba un champion du combat, le défenseur blanc du monde vit son bras princier tranché.
Sept années de Bres, qui ne furent pas un espace de lumière, malgré son bel aspect pour l’abbé de la poésie, dans la royauté sur la plaine généreuse en noix, jusqu’à ce que le bras de Nuadu fût guéri.
Nuadu, après cela, durant vingt années, conduisit le peuple des fées à la guerre, jusqu’à ce que Lug, meurtrier à la lance, fût fait roi — l’homme aux nombreux talents, qui ne connaissait pas le repos.
Deux vingtaines pour Lug — c’était l’équilibre — dans la royauté sur le Palais de Banba ; il n’atteignit aucune couche céleste d’innocence ; huit dizaines pour le Dagda.
Dix ans pour le fougueux Delbaeth, jusqu’à ce qu’un sage, selon l’ordre et royal (?), arrive, irréprochable au bord de l’océan — puis dix autres pour Fiachna.
Neuf et vingt années, je l’ai proclamé, sur toute la terre paisible d’Irlande ; dans le royaume de Banba, durablement puissant, régnèrent les petits-fils du Dagda, habiles dans l’art de la sagesse.
Après cela vinrent les fils de Míl, ils arrivèrent pour les rougir de leur sang — les enfants du grand héros qui jaillit d’Espagne sans jamais se refroidir.
Jusqu’à ce que les Gáedil, hommes d’action, les blessent, sans troupe, par leur ruse ; ce n’est ni affaire de fable ni de folie : grande était la puissance des Túatha.
Et l’invasion des Túatha Dé Danann est parvenue jusqu’à nous comme suit : le lundi, au début du mois de mai, pour être exact, ils prirent possession de l’Irlande.
(Ici suivent les synchronismes (infra) :)
B
M
371 — Les Gaëdil étaient en Irlande, et les Grecs détenaient la haute royauté du monde. De toutes les Prises qui prirent possession de l’Irlande, du commencement à la fin, ainsi que des fils de Míl d'Espagne, le chant suivant fut composé. Eochaid ua Floind en fut l’auteur.
Ainsi, pour les prises de possession depuis le Déluge jusqu’à la Prise des fils de Míl, ainsi que pour ces derniers et pour le partage de l’Irlande, Eochaid ua Floind composa ce chant, afin de garder en mémoire chaque partage, chaque prise de possession et tous les récits des années qui s’y trouvent, depuis le Déluge jusqu’à cette époque.
Poème LXV
Que l’aimable assemblée du savoir prête l’oreille, avec un navire guerrier de science, jusqu’à ce que j’aie exposé, selon l’ordre du décompte, chaque génération qui prit possession de l’Irlande.
L’Irlande, avant les princes des frontières, depuis le commencement du monde ferme, était déserte, selon la règle que je suis dans mon décompte, jusqu’à l’année précédant le Déluge.
Y parvint, avant le Déluge écumant — une troupe sans mauvaise apparence, innombrable — les guerriers qui refusèrent leur couche, trois hommes au-delà de cinquante, Cessair comprise.
Cessair, bien que ses jours fussent lointains, le bon Dieu la soutint : elle bondit (?) par-dessus la mer de Letha, la fille de Bith, fils de Noé.
La force de Partholon, après le Déluge, la frappa sans bataille, elle était habile : il fut prince sur l’épaule aiguë et majestueuse de l’Irlande, au-delà des frontières de Cualu.
Jusqu’à ce que la peste s’abatte sur la troupe princière, il n’y eut pas de honte sur leur plaine de force : neuf mille, sur Mag Elta, y furent abattus en une semaine.
Après cela, leur droit fut contre la séparation ; une forte armée la frappa : ils ne furent pas cléments envers une approche où les nobles de Nemed font irruption.
Après Nemed, la renommée de chaque domaine, il y eut une forte armée sur la route ; la terre où leurs troupes se multiplièrent, quatre peuples la partagèrent.
Les Fir Bolg, les Fir Domnann de la terre, les Tuath Dé des lourdes demeures de ténèbres, les Gaileoin avec leurs assemblées de loi, étaient des nobles peuples de Nemed.
Jusqu’à ce que les purs et grands Gaedil la prissent, ses terres étaient sombres et cachées ; des hommes qui n’étaient pas faibles quant à leur parenté, descendance de Bile et de Breogan.
Breogan qui était roi, comptons-le, et sa descendance, grande par ses lances, droite et majestueuse, une troupe de terre rapide, aux flancs élancés, des fils de Mil dans la plaine d’Irlande.
L’Irlande agréable après les âges, autour de Temair aux flancs blancs, abondante en troupes, Dieu la révéla à leurs lignées, en un temps convenable du monde.
David, qui eut un temps de grande renommée, illustre, la porta avec grande pureté, sa frontière fut divisée dans la campagne, lorsqu’il bâtissait le Temple de Salomon.
Le dix-septième, un jeudi, fut trouvé le champ de bataille des hommes guerriers ; ils la prirent, en attaquant le pays, aux calendes de mai, dans le mois solaire.
Éremon prit un territoire, le juste milieu de la haute Irlande, excepté Muma — pas de mur rongé d’[Inis] Elga jusqu’aux frontières d’Alba.
Éber le cadet, cela nous est certain, prince de Femen, d’une souche de lignées (?) la terre qu’il choisit avec ses domaines, il la prit au-delà des limites de Muma.
Les nobles d’Ulaid, fierté des armes, les Erna de Muma, nobles et joyeux, la descendance du roi lisse d’une forêt de javelots, d’Oengus Tuirmech de Temair.
Temair et l’Irlande du savoir, une troupe de générations la partagea : les hommes à la ramification claire des Gaedil, la descendance d’Éremon, fils de Mil.
Bien qu’ils fussent les soutiens du pillage, la descendance de Rudraige, roi de Temair, [ils étaient] la lignée royale d’Ir aux armes, de qui viennent les vrais Ulaid d’Emain.
L’Irlande des armes, terre de clameur, des princes prirent les plaines blanches ; jusqu’au creux du Latium furent entendus leurs cris depuis la plaine de Macha.
Les fils de Breogain, l’excellence de notre fondation, jusqu’à la demeure du tribun (?) de chaque domaine, des ancêtres des guerriers sur les mers — Brego, qui s’établit sur Brega.
Bile aux multiples gloires, Cualu, Cuailnge, Ith le glorieux, Muirthemne qui avait la plaine des saumons, Blad le guerrier de Sliab Bladma.
La mort d’Éber, dans une heure de faiblesse, par Éremon resplendissant, expert dans l’éclat, par le haut seigneur, très expert, dans la glorieuse bataille d’Argatros.
Il y creusa deux forteresses d’un grand seigneur, dans Argatros, aiguë et sauvage, dans la forteresse de Crofinn, renommée, Ráth Aindind et Ráth Bethaig.
C’est en leur temps de sagesse qu’eut lieu une construction, avec apparence d’habitation : Dún Sobairche, avec majesté, Dún Binne et Dún Cermna.
La construction d’une chaussée, d’une tour de crue, d’un ruisseau, d’une route et de cornes : avec apparence, au sud de la route de Rairiu, d’Inber Mór sur le territoire de Cualu.
La fondation de la belle Carraic-Bladraide, du voile de la mer ; la rupture des neuf Righ autour de Rosmag ; la rupture des neuf Brosnas d’Eile.
La rupture d’Eithne sur la forêt de Bith ; la rupture des trois Sue-rivières ; une prise d’otages sous une loi de ruissellement ; et la rupture de sept lacs.
Loch Laiglinne, Loch Baath, Loch Cimme aux centaines de brumes ; Loch Da Caech, beau, sans pillage, Loch Ren aux nombreux saumons, Loch Riach.
La reine de l’armée au-delà de la grande mer, dont demeure la renommée de la descendance de Conn le Blessé, bien qu’elle mourût à Breg, elle choisit la colline de Temair.
Les serfs du roi légitime et juste cultivaient sur la terre profonde où eut lieu le partage : une route d’une troupe royale sur laquelle ils se dispersent — vingt-quatre plaines principales.
Aidne, Ai, Odba, Aigi, Meidi, Morba, Midi, Cuib, Cera, Cliu aux centaines de... Life, Ligen et Line.
Asal, face à nos nombreuses terres, Adar, Deisi, Dul, Dela, Slanga, l’antique Sered, Treg, Femen, Fea, Fera.
La principauté d’Éremon, le parfait, le jeune, sa tombe fut creusée après le temps de sa mort, dans la terre d’Argatros argentée, sur cette même terre de chars.
Ses fils, ce ne fut pas faiblesse, marquèrent les limites de la forte Torach à Dairbre, de Teach Duinn à Tuirbe — ce furent Muimne, Luigne, Laigne.
Irial posséda la terre des chefs, vrai prince, qui ne la troubla pas : le Fils de Dieu, qui le façonna, lui accorda d’être le noble aîné.
Il fut le prince en chef de toute l’Irlande, rude et bon, brillamment mélodieux, avec éclat : il fixa les divisions de chaque domaine ; par lui furent défrichées sept plaines.
Mag Rechet, avec la vérité du savoir, Mag Comair, beau profit doux, Mag Slebe et Mag Sanais, Mag Ele et Mag Inis.
La mort d’Irial à Mag Maigi, chaque génération la jugea impossible à compter : sa main était pure autour d’un trait ensoleillé — son bon fils prit la royauté.
Ethriel, de l’ordre de toute victoire célébrée, était toujours ardent, d’une forteresse en lutte ; après que ses troupes furent à Temair, il défricha de nombreuses plaines.
Tendmag, la vaste Mag Lugaid, Mag Geisli harmonieuse, de cachette (?) Lochmag, pas un lac qui ne résonne, Mag Roth et Mag Belaigh.
Dans la bataille de Rairiu de l’assemblée guerrière, mourut le blanc de peau aux flancs majestueux, Ethriel le noble, aux multiples dignités, qui ne fut pas indemne après Conmael.
Conmael, fils du prince Emer, guerrier attaché à la sauvegarde par un amour profond, le premier prince, dit-on, de Mumu qui prit Temair.
Cinq batailles éclatèrent devant lui, avant la bataille de Macha, une grande clameur : les batailles d’Ele et d’Ucha, et celle de Cnucha de Sliab Betha.
La mort de Conmael sous un changement de forme, il ne se tut pas dans la lourde clameur de la bataille : ce fut la fierté de Tigernmas qui le terrassa, dans la haute bataille d’Aenach Macha.
Bon était Tigernmas qui subit la peste, il était prince, dur comme le bois, guerrier : un homme qui vainquit — c’était une grâce royale — vingt-sept batailles avant la fin d’une année.
Il était le prince avisé et hospitalier auquel le pur et brillant Gaedel se soumit : pour la part d’un homme royal, il faillit exterminer la descendance d’Emer.
De lui vient la libre et joyeuse descendance de la troupe des puissants rois, dans sa lignée, la descendance, juste, empanachée, renommée, d’Ugoine le Grand, fils d’Eochu.
C’est ce Tigernmas que nous choisissons, avec réflexion, sans discours ; c’est lui qui est paré de la beauté d’une grâce pure, qui découvrit maintes inventions glorieuses.
De lui vient tout artisan renommé, qui façonne (?) un revêtement de pourpre véritable — qui travaille des coupes bien ajustées, d’une beauté accoutumée — qui forge des épingles d’or et d’argent.
Iuchdan, l’artisan de Cuan Claidfinn, le premier qui sépara avec un marteau, je le rapporte ; par son habileté pure et agréable, l’or fut fondu en Irlande.
Au-dessus des poteaux d’une demeure compacte de combat, de longues cornes retentissantes furent soufflées par l’homme renommé, avec un déclin (?) dans les Foithre d’Airthir-Life.
Loch Aillind, après une victoire, jaillit, Lochs Ce, Uair, Febuil, Lochs Silend et Dabal, Loch Gabair entre les Bregas.
C’est lui qui convoqua une faible assemblée, lui qui jouissait d’une haute renommée après les nobles ; sans bataille, après d’horribles massacres, il mourut à Slechta de Breifne.
Pendant l’espace de sept années, l’Irlande fut sans roi pour administrer les lois de quiconque : il n’y eut pas… (?) plus du quart du peuple.
Vint à elle, bien que ce fût une vie de péril, Eochaid aux armes, qui était un guerrier : une puissante troupe fut amenée sur nos terres par le fils de Conmael, fils d’Éber.
C’est lui qui en remporta une bataille victorieuse, la bataille de Luachair, avec des multitudes de gouttes [de sang] (?) ; la bataille valeureuse de Fosad Da Gort, et la bataille de la Rencontre des Trois Eaux.
Défrichées dans les solitudes du monde — sans la force d’un guerrier médiocre ou d’un homme indigne — après qu’elles eurent été séparées à Temair, furent Mag Smethrach et Mag Ainir.
Mag n-Aidne, Mag n-Odba, selon l’ordre, Mag Luing dénudée, Mag Lemna, Mag Da Gabal, des régions de Connla, Mag Fubna dans la terre de Mide.
Eochu, après de droites et nobles années, ses actes véritables n’étaient pas dangereux — là le tua, au-dessus du front de la barrière de Carman, Fiachu Labraind, fils de Smirgoll.
Fiacha, prince d’une lignée, prit l’Irlande jusqu’à la limite de son extrémité. Dans son nom, sans nonchalance, éclatèrent Fleisc et Main.
L’éclatement de Labrainn de douleur (?) une forêt au-dessus de Cuailnge sans désertion : une grande histoire de notre prince est l’éclatement du sauvage Loch Erne.
Tué après la grande fureur d’une assemblée fut Fiacha Labrainne : raconte-le ! cause d’une ancienne querelle des clans d’Éber, dans la bataille de Belgadan victorieuse.
C’est lui qui le tua, sans honte, Eochu le rude, un cri sans lamentation ; sur ses chemins royaux, dans son pillage — Eochu Mumo de Mumu.
Autour de Temair, terre du Siège, impétueuses furent ses cisailles : il les enchaîna par une bataille, sans délai, qui se brisa devant le fils de Mofebis.
Eochu le Gris, le martial, mourut dans la bataille de Cliu, le célèbre roi de Temair : sur les monceaux de douleur de Bodb était Oengus Ollmuchach le glorieux.
Oengus, qui fut le maître d’(Inis) Elga, de toutes parts au mouvement de la mer ; il combattit les batailles de Clere et de Cuince, la bataille très discutée de Sliab Cailce.
Quand bien même je compterais les rois très purs sur la terre des assauts des hauts faits, quand bien même je raconterais les récits des princes de Temair, cela me rendra joyeux et digne de louange.
Il est temps pour nous, après un temps de saisons, de mettre notre confiance dans le Christ, notre Créateur, le Bon, plus grand que tout seigneur, le Prince qui ne meurt jamais.
C’est Patrick, à la droite du Rétributeur, qui tient en sa possession nos nobles et nos gens simples : c’est lui qui nous sert jusqu’à ce jour, il est le roi, hormis ce Roi.
Quand bien même ils seraient de hauts rois du monde illusoire, avec le pouvoir des poètes et avec des trésors, ils sont morts après le temps de sa jeunesse, avec orgueil et avec apparat.
Quand bien même ces récits seraient publiés pour les peuples du monde des générations, leur vérité est connue par des témoins, selon les règles et les catalogues.
Les anciens les énumérèrent aux saints, avant les lettrés du monde des forteresses : comme cela avait été tissé et vérifié, cela fut écrit sur leurs genoux.
Soleil des Gaedil, éclat de notre descendance, le célèbre Colum Cille au blanc visage, Patrick pour l’obtention du ciel, l’apôtre de notre blanche lignée.
Finntan le vit, lui qui fut le plus grand, c’était par amour pour elle qu’il la raconterait (?) ; Tuan, fils de Cairell aux centaines, si bien que Findia vint à lui (??).
Findia la très grande, de qui l’on sait, et Colum, par qui elle est composée, ce sont les personnes auxquelles on la rattachera, elle n’est cachée à aucun auteur.
Les auteurs d’Irlande l’ont cousue ensemble, ils ont fait mention du savoir qu’ils n’ont pas abandonné ; la règle de toute parole qu’ils ont prononcée, qu’ils ne la négligent pas, et qu’ils l’écoutent.
Eochu ua Flainn, homme de prudence, qui garde les clans de chaque lieu d’assemblée, vers le ciel est le cri qu’il fait monter, selon le choix de la jeunesse et de l’âge.
Ainsi, les Prises de l’Irlande sont rapportées ici sans omission, telles que nous les avons trouvées, de la manière la plus savante. Depuis la première Prise de Cesair jusqu’à ce que les Gaëdil s’en emparèrent. Fin. Amen.
Telles sont les histoires de chaque Prise, telles qu’elles sont conservées dans les récits des Prises, dans les généalogies, dans les annales et dans les chroniques, ainsi que Fintan de la Vraie Connaissance les rapporta : de Cesair à Partholon, de Partholón à Nemed, de Nemed aux Fir Bolg, des Fir Bolg aux Túatha Dé Danann, et des Túatha Dé Danann à la Prise des fils de Mil. Les Assyriens détenaient alors la haute royauté du monde entier.
Fin de la troisième rédaction
Addenda
Poème conservé en marge du manuscrit Stowe D.1.3, suivi d'une addition en prose.
Poème LXI
Voici les neuf cultivateurs et leur lignage descendant, qui étaient avec les Túatha Dé Danann : c’étaient des hommes libres, c’était une coutume funeste, Find, Barr et Buaigne.
Tor et Rind, une course qui n’est point mensonge, et Eobud — ce n’est certes pas une contrevérité, Caer et Corp, une renommée qui n’est pas avare, dans le valeureux heurt des casques.
Dix mille — belle était l’armée —, plus de quarante grands milliers ; subtil est le calcul, et ce n’est pas sans raison, du nombre des Túatha Dé Danann. C’est auprès des Túatha Dé Danann qu’étaient les enchantements des druides, des auriges, des cuisiniers, des échansons, des chasseurs, des distributeurs et des médecins (en prose).
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Traduction française par nos soins d'après la version bilingue de Macalister (1941).
Sources: • R.A.S. Macalister, (1941) - Lebor Gabala Erenn. The Book of the Taking of Ireland IV, 356p.
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique
LIENS ANALOGIQUES
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• Iuchar [Les divinités irlandaises]
• Iucharba [personnages de la mythologie irlandaise (de Iafeth à Iuchra)]
• lance de Lug (La) [attributs divins et objets mythologiques (Les)]
• Lebor Gabála Érenn [Macalister] [ouvrages sur la spiritualité, mythologie et symbolisme]
• livre de Ballymote (Le) [manuscrits irlandais (Les)]
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• livre du Leinster (Le) [manuscrits irlandais (Les)]
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