Il fait partie d’une fratrie composée de Sláine (l’ainé), Genann, Rudraige et Sengand. Ensemble, ces frères occupent une place centrale dans la tradition mythologique en tant que dirigeants du peuple Fir Bolg. Gand partage le pouvoir royal avec son frère Genann, et tous deux règnent conjointement sur l’Irlande pendant environ quatre ans. Il occupe la fonction d’ard-rí entre les règnes de ses frères Rudraige et Sengann.
Sa famille et sa lignée le rattachent directement à la structure fondatrice des Fir Bolg en Irlande mythique. Son épouse est généralement nommée Etar, bien que certaines sources, notamment chez Macalister (1941), hésitent entre Etar et Anust.
Un tiers des Fir Bolg, dirigé par Gand et Sengand, débarque à Inber Dubglaisi avec deux mille hommes. Lors du partage de l'Irlande, Gand reçoit la domination d'un cinquième de l'île, sur un territoire s’étendant de Comar Tri nUisce à Belach Conglais.
La fin de son règne est marquée par une épidémie de peste qui frappe les Fir Bolg. Gand meurt dans ce contexte, au même moment que son frère Genann, et cette catastrophe entraîne également la mort de plusieurs milliers de membres de leur peuple.
Sur le plan linguistique, l’étymologie de son nom a été discutée par plusieurs chercheurs. Ch.-J. Guyonvarc’h et F. Le Roux (1986) proposent une origine liée au vieil-irlandais gand, interprété comme « mince »(1). X. Delamarre (2003) a ensuite proposé des lectures alternatives, d’abord « rare », puis une interprétation plus concrète comme « vaisselle » ou « récipient », selon l’évolution de ses analyses (2007 ; 2019).
(1) Dans l’Electronic Dictionary of the Irish Language (eDIL), gand est surtout attesté avec le sens de « peu abondant, rare, insuffisant », et par extension « manquant », ce qui peut très naturellement glisser vers l’idée de pénurie, disette, donc « affamé » ou « en manque » dans un contexte concret. Autrement dit, on n’a pas à l’origine un adjectif physique du type « mince » (au sens corporel moderne), mais plutôt un champ sémantique de la rareté de l’insuffisance, de la pénurie.
Sources: • X. Delamarre, (2003) - Dictionnaire de la langue gauloise, Errance, Paris, 440p.
• X. Delamarre, (2007) - Noms de personnes celtiques dans l'épigraphie classique, Errance, Paris, 240p.
• Ph. Jouët, (2012) - Dictionnaire de la Mythologie et de la Religion Celtiques, Yoran embanner, Fouesnant, 1039p.
• G. Keating, The history of Ireland from the earliest period to the English invasion (Trad: J. O'Mahony), P. M. Haverty, 1857
• F. Le Roux - Ch.-J. Guyonvarc'h, (1986) - Les Druides, Ouest-France, 448p.
• R.A.S. Macalister, (1938) - Lebor Gabala Erenn. The Book of the Taking of Ireland I, 354p.
• R.A.S. Macalister, (1939) - Lebor Gabala Erenn. The Book of the Taking of Ireland II
• R.A.S. Macalister, (1940) - Lebor Gabala Erenn. The Book of the Taking of Ireland III, 214 p.
• R.A.S. Macalister, (1941) - Lebor Gabala Erenn. The Book of the Taking of Ireland IV, 356p.
• J.-P. Persigout, (2009) - Dictionnaire de mythologie celtique, Imago, Paris, 411p.
• Royal Irish Academy. (1913-1976). Dictionary of the Irish Language, Based Mainly on Old and Middle Irish Materials, 7 volumes, Dublin, Royal Irish Academy.
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique