Tadg mac Ailella / Tadhg mac Ailella / Tadg / Tadc / Tadgh — Figure secondaire de la mythologie irlandaise, Tadg mac Ailella apparaît notamment dans les Annales des Quatre Maîtres, où il est présenté comme l’un des sept fils d’Ailill Aulomn et de Sadb ingen Cuinn. Ces sept frères — Eógan Mór, Dubmerchon, Mugcorb, Lugaid, Eochaid, Diocorb et Tadg — étaient venus avec leur oncle Art mac Cuinn, combattre Mac Con, leur frère de lait, lors de la bataille de Magh Mucruimhe. Ils y trouvèrent la mort, tués par Béinne Britt, roi de Bretagne, qui porta sur eux ses mains meurtrières. Béinne Britt fut ensuite tué par Lugaid Lága, qui vengea ainsi ses parents.
Tadg est également évoqué, sans être nommé explicitement, dans le récit du Cath Maige Mucrama (« La bataille de Magh Mucruimhe »), où les événements liés à cette bataille et à la chute d’Art mac Cuinn sont relatés. Cette tradition narrative ne semble effectivement mettre en avant qu’une partie des fils d’Ailill Aulomn et de Sadb. Les noms qui apparaissent dans ce récit ne correspondent pas exactement à la liste des sept fils donnée par les Annales des Quatre Maîtres. On y trouve Eógan, mais également Cormac et Cían, ces deux derniers ne figurant pas dans la liste annalistique pourtant exhaustive.
Bien que les Annála Ríoghachta Éireann donnent la forme moyen-irlandaise et moderne Tadhg, la forme ancienne du nom est Tadg (également attestée sous la forme Tadc dans certaines traditions manuscrites).
Le nom vieil-irlandais tadg est généralement rapproché d’un terme gaélique ancien associé au poète, au conteur ou à l’homme de savoir. Dans la société irlandaise médiévale, un tadg pouvait ainsi évoquer une personne liée à la fonction poétique et savante, même si le terme technique le plus courant pour désigner un poète professionnel était file. Cependant, Tadg mac Ailella n’apparaît pas comme un poète ou un homme de savoir dans la tradition narrative : il est présenté comme un membre de l’aristocratie guerrière des Eóganachta, engagé dans un conflit dynastique et mort au combat avec ses frères lors de la bataille de Magh Mucruimhe.
X. Delamarre (2023) rapproche le vieil-irlandais tadg du gaulois tasgo-, interprété comme « blaireau ». La valeur symbolique ou métaphorique de ce terme a pu être associée au domaine du poète, mais il ne faut pas y voir nécessairement une idée de médiocrité. Le sens péjoratif moderne du « blaireau » ne peut être projeté sur l’onomastique celtique ancienne, où un nom d’animal pouvait revêtir une valeur symbolique, héroïque ou clanique sans impliquer une dépréciation. Une traduction prudente pourrait être « le rimailleur » plutôt que « le (mauvais) poète ».
Sources: • X. Delamarre, (2023) - Dictionnaire des thèmes nominaux du gaulois (II. Lab- / Xantus), Les Cent Chemins, 570p.
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique