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Encyclopédie Celtique

Éburons

Les peuples Celtes
Nom latin:Eburones
Nom grec:Ἐβούρωνες
Etymologie:Les sangliers
Localisation:Nord des Ardennes, entre la Meuse et le Rhin
Capitale:Atuatuca (Tongres)

Éburons - Peuple de Gaule belgique, ils furent mentionnés par César (Guerre des Gaules, II, 4 ; IV, 6 ; V, 26-52 ; 55-58 ; VI, 5 ; 32-34 ; 43) et Florus (Abrégé d'histoire romaine, III, 11) sous la formes Eburones, et Strabon (Géographie, IV, 3, 5) sous la forme Ἐβούρωνες. Cet ethnonyme pourrait s'expliquer par le gaulois eburo- qui signifie "if" ou "sanglier". Le territoire des Éburons paraît avoir été relativement vaste et couvrait une bonne partie des Ardennes, la Meuse moyenne et inférieure et de la rive gauche du Rhin. Leur capitale était vraisemblablement Atuatuca (Tongres), ville qui portant curieusement le nom de leurs voisins, les Atuatuques.

Malgré leur ethnonyme qui est sans nul doute gaulois, ils furent considérés par César comme des Germains cisrhénans (Guerre des Gaules, II, 4). Si l’on en croît Tacite, évoquant ces mêmes populations, elles furent les premières à franchir le Rhin et s’installèrent sur une vaste portion de la Gaule belgique, après en avoir délogé les Gaulois (Germanie, II, 3). César et Tacite distinguent nettement ces populations, des Cimbres et des Teutons (et de leurs descendants, les Atuatuques), qui arrivèrent en Belgique autour de 103 av. J.-C. (César, Guerre des Gaules, II, 4 ; Tacite, Germanie, II, 3). L’arrivée des Germains cisrhénans (dont les Éburons) doit donc être antérieure à la fin du IIe s. av. J.-C.

Dans la Guerre des Gaules de César, quelques passages permettent de glaner quelques informations relatives à l’histoire des Éburons, antérieure de peu à la conquête romaine. Tout d’abord, les Éburons avaient la particularité d’être dirigés par deux rois, Ambiorix et Catuvolcos (César, Guerre des Gaules, V, 24 ; 26 ; VI, 31). Ensuite, il s’agissait vraisemblablement d’un peuple relativement peu puissant (Guerre des Gaules, V, 28), comme le démontre le fait qu’ils étaient les clients des Trévires (Guerre des Gaules, IV, 6) et tributaires des Atuatuques (Guerre des Gaules, V, 27).

Dans le cadre du soulèvement des peuples belges (58-57 av. J.-C.) dirigé par Galba, le roi des Suessions, alors que les Romains venaient de recevoir l’allégeance des Rèmes (été 58), les Germains cisrhénans se rangèrent du côté des Belges. Ainsi, aux côtés des Cérosiens, des Condruses et des Pémanes, les Éburons participèrent à fournir un contingent de 40000 hommes à la coalition des peuples belges (César, Guerre des Gaules, II, 4). C’est très probablement dans le cadre du règlement de ce premier conflit que le roi Ambiorix se mit au service de César et que ce dernier délivra les Éburons du tribut auquel les soumettaient les Atuatuques (César, Guerre des Gaules, V, 27).

Au cours de l’hiver 56-55 av. J.-C., certains peuples gaulois invitèrent les Usipètes et les Tenctères à franchir le Rhin, très certainement dans l’espoir de les faire participer à un nouveau soulèvement contre les Romains (César, Guerre des Gaules, IV, 6). César n’indique pas si les Éburons étaient à l’origine de leur venue, mais indique que les contingents de Germains transrhénans s’étaient répandus jusque sur leur territoire et celui des Condruses.

Après la tenue de l’assemblée de la Gaule à Samarobriva (automne 54 av. J.-C.), les Éburons dirigèrent à leur tour un soulèvement contre les Romains, sous la conduite de leurs rois Ambiorix et Catuvolcos, et appuyés par des renforts venus de Germanie (César, Guerre des Gaules, V, 26-52). César assure que les Éburons ont été soulevés par les envoyés du chef trévire Indutiomaros (Guerre des Gaules, V, 26), mais d’après le discours qu’Ambiorix tint à Caius Arpinéius et à Quintus Junius, il fut contraint à prendre les armes contre les Romains par son propre peuple, lequel refusait de ne pas apporter son concours aux autres Gaulois (César, Guerre des Gaules, V, 27). Mensonge ou non, Ambiorix parvint à convaincre les Romains d’abandonner leur camp afin de quitter en toute sécurité le territoire des Éburons avant que les Gaulois n’attaquent simultanément toutes les légions romaines dispersées (César, Guerre des Gaules, V, 31). Alors que les troupes des légats Lucius Aurunculeius Cotta et Quintus Titurius Sabinus quittait leur camp établi à Atuatuca et effectuaient leur retraite, les Éburons les attaquèrent et les taillèrent en pièces (César, Guerre des Gaules, V, 32-37 ; VI, 32 ; Florus, Abrégé d'histoire romaine, III, 11 ; Plutarque, Vies parallèles des hommes illustres : Vie de Jules César, XXVII). Galvanisés par ce premier succès, ils soulevèrent les Nerviens et les Atuatuques contre Rome (César, Guerre des Gaules, V, 38-39) et tentèrent de réitérer leur exploit en s’attaquant au camp de Quintus Tullius Cicero, mais échouèrent (César, Guerre des Gaules, V, 38-44 ; Plutarque, Vies parallèles des hommes illustres : Vie de Jules César, XXVII).

Les Éburons et leurs alliés, les Nerviens et les Atuatuques, semblent être sortis relativement indemnes de ce conflit, si bien qu’à la fin du même hiver, César les a mentionné parmi les peuples ayant participé au soulèvement des Trévires (automne 54 - printemps 53 av. J.-C.). Lorsque Indutiomaros fut défait par Titus Labiénus (début 53 av. J.-C.), les Éburons quittèrent le territoire des Rèmes et regagnèrent leurs foyers, toujours indemnes (César, Guerre des Gaules, V, 58). Sans attendre, les Trévires renouvelèrent les pactes les unissant à leurs alliés (début 53 av. J.-C.), dont Ambiorix, lesquels entamèrent des préparatifs pour affronter - de concert - les Romains. César les prit de vitesse. Pendant que Titus Labiénus s’attaquait aux Trévires (printemps 53 av. J.-C.), César mena plusieurs campagnes contre les principaux alliés des Éburons ; il soumit les Ménapes (printemps 53 av. J.-C.), puis franchit le Rhin pour éloigner les Germains transrhénans (printemps 53 av. J.-C.). Une fois les Éburons coupés de leurs potentiels soutiens, les Romains fondirent sur eux, mettant en fuite Ambiorix et poussant Catuvolcos au suicide. Pourchassant sans relâche Ambiorix, les Romains mirent le territoire des Éburons à feu et à sang. Espérant exterminer les Éburons (été / automne 53 av. J.-C.) tout en économisant la vie de ses soldats, César invita l’ensemble des peuples voisins à venir les piller (Guerre des Gaules, VI, 34), avant d’envoyer ses troupes détruire l’ensemble des habitations et l’ensemble de la nourriture disponible (Guerre des Gaules, VI, 43).

Malgré la sanglante répression dont ils firent l’objet, les Éburons ne disparurent pas pour autant. En effet, dans la première moitié du Ier s. ap. J.-C., Strabon (Géographie, IV, 3, 5) les évoquait encore comme étant l’une des cités de la province de Gaule belgique. Ce ne fut que dans la seconde moitié de ce même siècle que les Germains cisrhénans furent amalgamés pour constituer la cité gallo-romaine des Tongres, dont les Éburons paraissent avoir été la principale composante.


César, Guerre des Gaules, II, 4 : "César leur demanda quels étaient les peuples en armes, leur nombre et leurs forces militaires. Il apprit que la plupart des Belges étaient originaires de Germanie ; qu'ayant anciennement passé le Rhin, ils s'étaient fixés en Belgique, à cause de la fertilité du sol, et en avaient chassé les Gaulois qui l'habitaient avant eux ; que seuls, du temps de nos pères, quand les Teutons et les Cimbres eurent ravagé toute la Gaule, ils les avaient empêchés d'entrer sur leurs terres. Ce souvenir leur inspirait une haute opinion d'eux-mêmes et leur donnait de hautes prétentions militaires. Quant à leur nombre, les Rèmes avaient à ce sujet les données les plus certaines, en ce que, unis avec eux par le voisinage et les alliances, ils connaissaient le contingent que, dans l'assemblée générale des Belges, chaque peuple avait promis pour cette guerre. Les Bellovaques tenaient le premier rang parmi eux par leur courage, leur influence et leur population : ils pouvaient mettre cent mille hommes sous les armes : ils en avaient promis soixante mille d'élite et demandaient la direction de toute la guerre. Les Suessions, leurs voisins, possédaient un territoire très étendu et très fertile ; ils avaient eu pour roi, de notre temps encore, Diviciacos, le plus puissant chef de la Gaule, qui à une grande partie de ces régions joignait aussi l'empire de la Bretagne. Galba était maintenant leur roi, et le commandement lui avait été déféré d'un commun accord, à cause de son équité et de sa sagesse. Ils possédaient douze villes, et avaient promis cinquante mille hommes. Autant en donnaient les Nerviens, réputés les plus barbares d'entre ces peuples, et placés à l'extrémité de la Belgique ; les Atrébates en fournissaient quinze mille ; les Ambiens, dix mille ; les Morins, vingt-cinq mille ; les Ménapes, neuf mille ; les Calétes, dix mille ; les Véliocasses et les Viromandues le même nombre ; les Atuatuques, dix-neuf mille ; les Condruses, les Éburons, les Caeroesi et les Pémanes, compris sous la dénomination commune de Germains, devaient en envoyer quarante mille."

César, Guerre des Gaules, IV, 6 : "Connaissant cette habitude des Gaulois, César, pour prévenir une guerre plus sérieuse, rejoignit l'armée plus tôt que de coutume. En y arrivant, il apprit ce qu'il avait soupçonné : que plusieurs peuples de la Gaule avaient envoyé des députations aux Germains, et les avaient invités à quitter les rives du Rhin, les assurant qu'on tiendrait prêt tout ce qu'ils demanderaient. Séduits par cet espoir, les Germains commençaient déjà à s'étendre et étaient parvenus au territoire des Éburons et des Condruses, qui sont dans la clientèle des Trévires. César, ayant fait venir les principaux de la Gaule, crut devoir dissimuler ce qu'il connaissait ; il les flatta, les encouragea, leur prescrivit des levées de cavalerie, et résolut de marcher contre les Germains."

César, Guerre des Gaules, V, 26 : "On était arrivé dans les quartiers depuis environ quinze jours, lorsqu'un commencement de révolte soudaine et de défection éclata, à l'instigation d'Ambiorix et de Catuvolcos. Après être allés, jusqu'aux limites de leur territoire, au-devant de Sabinus et de Cotta, et leur avoir même porté des vivres dans leurs quartiers, séduits ensuite par des envoyés du Trévire Indutiomaros, ils soulevèrent le pays, tombèrent tout d'un coup sur ceux de nos soldats qui faisaient du bois, et vinrent en grand nombre attaquer le camp. Les nôtres prennent aussitôt les armes et montent sur le rempart ; la cavalerie espagnole est envoyée sur un autre point : nous obtenons l'avantage dans ce combat ; et les ennemis, désespérant du succès, s'éloignent, abandonnant l'attaque. Alors, ils demandent, en poussant de grands cris, selon leur coutume, que quelques-uns des nôtres viennent en pourparlers, voulant les entretenir d'objets d'un intérêt commun qui, selon qu'ils l'espéraient, pourraient terminer les différends."

César, Guerre des Gaules, V, 27 : "On envoie pour les entendre C. Arpinéius, chevalier romain, ami de Q. Titurius, et un espagnol nommé Q. Junius, qui avait déjà rempli près d'Ambiorix plusieurs missions de la part de César. Ambiorix leur parle ainsi : « II sait qu'il doit beaucoup à César pour les bienfaits qu'il en a reçus ; c'est par son intervention qu'il a été délivré du tribut qu'il payait jusqu'alors aux Atuatuques, ses voisins ; il lui doit également la liberté de son fils et du fils de son frère lesquels, envoyés comme otages aux Atuatuques, avaient été retenus dans la captivité et dans les fers. Aussi, n'est-ce ni de son avis, ni par sa volonté qu'on est venu assiéger le camp des Romains : la multitude l'y a contraint ; telle est en effet la nature de son autorité que la multitude n'a pas moins de pouvoir sur lui que lui sur elle. Au reste, son pays ne s'est porté à cette guerre que dans l'impuissance de résister au torrent de la conjuration gauloise : sa faiblesse le prouve suffisamment, car il n'est pas si dénué d'expérience qu'il se croie capable de vaincre le peuple romain avec ses seules forces ; mais il s'agit d'un projet commun à toute la Gaule. Ce même jour est fixé pour attaquer à la fois tous les quartiers de César, afin qu'une légion ne puisse venir au secours d'une autre légion ; il était bien difficile à des Gaulois de refuser leur concours à d'autres Gaulois, surtout dans une entreprise où il s'agissait de recouvrer la liberté commune. Après avoir satisfait à ses devoirs envers sa patrie, il a maintenant à remplir envers César ceux de la reconnaissance. II avertit, il supplie Titurius, au nom de l'hospitalité, de pourvoir à son salut et à celui de ses soldats. De nombreuses troupes de Germains ont passé le Rhin ; elles arriveront dans deux jours. C'est à nous, Romains, de décider si nous ne voulons pas, avant que les peuples voisins puissent en être informés, retirer les soldats de leurs quartiers, pour les joindre à ceux ou de Cicéron ou de Labiénus dont l'un est à la distance d'environ cinquante mille pas, et l'autre un peu plus éloigné. II promet, il fait le serment de nous livrer un libre passage sur ses terres ; en le faisant, il croit tout à la fois servir son pays, que notre départ soulagera, et reconnaître les bienfaits de César ». Après ce discours, Ambiorix se retira."

César, Guerre des Gaules, VI, 34 : "Ils n'avaient, comme on l'a dit plus haut, nulle troupe organisée, point de garnison, point de place qui fût en état de défense, c'était une multitude éparse çà et là. Se présentait-il un vallon couvert, un lieu boisé, un marais de difficile accès, qui leur offrit quelque espoir de sûreté ou de salut, ils s'y arrêtaient. Ces asiles étaient connus des habitants voisins, et la chose requérait beaucoup de prudence, non pour protéger le corps de l'armée, car elle n'avait, en masse, aucun danger à craindre de la part d'ennemis effrayés et dispersés, mais pour la conservation de chaque soldat ; et d'ailleurs le salut des individus intéressait celui de l'armée entière. L'appât du butin en entraînait plusieurs au loin, et l'incertitude des chemins, dans ces forêts épaisses, empêchait de marcher en corps de troupes. Si l'on voulait en finir, et exterminer cette race de brigands, il fallait former plusieurs détachements et laisser agir séparément les soldats. Si on voulait retenir ceux-ci près de leurs enseignes, suivant l'ordre et l'usage des armées romaines, la nature même des lieux faisait la sûreté des barbares, et ils ne manquaient pas d'audace pour dresser de secrètes embûches et envelopper nos soldats dispersés. Mais au milieu des difficultés de ce genre, il fallait employer toutes les précautions possibles ; il valait mieux, quelque désir de vengeance qui enflammât nos soldats, faire moins de mal à l'ennemi que d'exposer les troupes à trop de dangers. César envoie des messagers dans les pays voisins ; il les appelle tous à lui par l'espoir du butin, les invite à piller les Éburons, aimant mieux risquer, au milieu de ces forêts, la vie des Gaulois que celle des légionnaires ; il voulait au moyen de cette invasion d'une immense multitude, détruire jusque dans sa race et son nom une nation si criminelle. Une foule nombreuse arriva bientôt."

César, Guerre des Gaules, VI, 43 : "César partit de nouveau à la poursuite des ennemis, et, rassemblant un grand nombre de troupes des cités voisines, il les lâcha en tous sens. Tous les bourgs et toutes les habitations que chacun rencontrait furent incendiés ; tout fut livré au pillage. Le blé que ne consomma point une si grande multitude de chevaux et d'hommes fut détruit par les pluies et les orages, à tel point que le petit nombre de ceux qui nous échappèrent en se cachant dut, après le départ de l'armée, périr de faim et de misère. Il arrivait souvent que, toute la cavalerie battant le pays, des prisonniers disaient avoir vu Ambiorix dans sa fuite, et assuraient qu'il ne pouvait être loin ; aussi l'espoir de l'atteindre, et le désir de gagner la faveur particulière de César, faisaient supporter des fatigues infinies et triompher presque de la nature à force d'ardeur ; on semblait toujours n'avoir manqué que de peu d'instants une si importante capture, et toujours des cavernes et des bois nous le dérobaient. Il gagna ainsi, à la faveur de la nuit, d'autres régions, d'autres retraites, sans autre escorte que celle de quatre cavaliers, les seuls auxquels il osât confier sa vie."

Florus, Abrégé d'histoire romaine, III, 11 : "César dut aussi employer une tactique différente selon la nature des peuples et des lieux. Les Aquitains, nation rusée, se retiraient dans des cavernes ; il les y fit enfermer. Les Morins se dispersaient dans les forêts, il y fit mettre le feu. Qu'on ne dise pas que les Gaulois sont seulement farouches ; ils pratiquent aussi la ruse. Indutiomare souleva les Trévires, et Ambiorix, les Éburons. Tous deux, pendant l'absence de César, s'entendirent pour attaquer ses lieutenants. Mais Dolabella repoussa courageusement le premier et rapporta la tête du roi barbare. Le second nous ayant tendu une embuscade dans une vallée nous surprit et nous écrasa. Notre camp fut pillé, et nous perdîmes les lieutenants Aurunculéius Cotta et Titurius Sabinus. Nous ne pûmes par la suite tirer vengeance de ce roi, car il s'enfuit de l'autre côté du Rhin et y resta toujours caché. Aussi le Rhin ne fut-il pas à l'abri de nos attaques ; on ne pouvait le laisser impunément receler et protéger nos ennemis."

Plutarque, Vies parallèles des hommes illustres : Vie de Jules César, XXVII : "César avait été obligé de partager en plusieurs corps l'armée nombreuse qu'il commandait, et de la distribuer en divers quartiers pour y passer l'hiver ; après quoi, suivant sa coutume, il était allé en Italie. Pendant son absence, toute la Gaule se souleva de nouveau et fit marcher des armées considérables, qui allèrent attaquer les quartiers des Romains et entreprirent de forcer leurs retranchements. Les plus nombreux et les plus puissants de ces peuples, commandés par Ambiorix, tombèrent sur les légions de Cotta et de Titurius et les taillèrent en pièces ; de là ils allèrent, avec soixante mille hommes, assiéger la légion qui était sous les ordres de Q. Cicéron, et peu s'en fallut que ses retranchements ne fussent forcés ; tous ceux qui y étaient renfermés avaient été blessés et se défendaient avec plus de courage que leur état ne semblait le permettre. César, qui était déjà fort loin de ses quartiers, ayant appris ces fâcheuses nouvelles ; revint précipitamment sur ses pas ; et, n'ayant pu rassembler en tout que sept mille hommes, il fit la plus grande diligence pour aller dégager Cicéron. Les assiégeants, à qui il ne put dérober sa marche, levèrent le siège et allèrent à sa rencontre, méprisant son petit nombre et se croyant sûrs de l'enlever. César, afin de les tromper, fit semblant de fuir, et, ayant trouvé un poste commode pour tenir tête, avec peu de monde, à une armée nombreuse, il fortifia son camp, défendit à ses soldats de tenter aucun combat, fit élever de grands retranchements et boucher les portes, afin que cette apparence de frayeur inspirât aux généraux ennemis encore plus de mépris pour lui. Son stratagème lui réussit ; les Gaulois, pleins de confiance, viennent l'attaquer, séparés et sans ordre : alors il fait sortir sa troupe, tombe sur les Barbares qu'il met en fuite et en fait un grand carnage. Cette victoire éteignit tous les soulèvements des Gaulois dans ces quartiers là ; César ; pour en prévenir de nouveaux, se portait avec promptitude partout où il voyait quelque mouvement à craindre. Pour remplacer les légions qu'il avait perdues, il lui en était venu trois d'Italie, dont deux lui avaient été prêtées par Pompée, et la troisième venait d'être levée dans la Gaule aux environs du Pô."

Strabon, Géographie, IV, 3, 5 : "A l'O. des Trévires et des Nerviens habitent les Sénons et les Rèmes, auxquels il faut ajouter les Atrébatiens et les Éburons ; puis, à la suite des Ménapes, sur le littoral même, viennent les Morins, et, après eux, les Bellovaques, les Ambianiens, les Suessions et les Calètes jusqu'à l'embouchure du Sequanas. Le pays des Morins, des Atrébatiens et des Éburons offre le même aspect que celui des Ménapes, l'aspect d'une forêt, mais d'une forêt d'arbres très peu élevés, qui, tout en présentant une superficie considérable, n'a pourtant que les 4000 stades d'étendue que les historiens lui donnent. On désigne cette forêt sous le nom d'Arduenne. Habituellement, en cas de guerre et d'invasion, les gens du pays entrelaçaient ensemble les branches de ces arbustes, qui sont épineux et rampants comme des ronces, pour que l'ennemi trouvât tous les passages obstrués ; dans certains endroits même ils enfonçaient en terre de gros pieux, après quoi ils allaient se cacher eux et leurs familles au plus profond des bois dans les petites îles de leurs marais. Seulement, s'ils trouvaient là, durant la saison des pluies, d'impénétrables retraites, il devenait aisé de les y atteindre quand commençait la sécheresse. Actuellement, toutes ces populations en deçà du Rhin ont déposé les armes et obéissent aux Romains."

Tacite, Germanie, II, 3 : "Par contre, l'usage du terme de Germanie serait récent. En effet, les premiers à avoir traversé le Rhin pour en chasser les Gaulois sont dénommés Tongres de nos jours, mais jadis ils se seraient appelés Germains. Ce vocable qui ne désignait que cette tribu et non la race, se serait peu à peu généralisé. Dans un premier temps, c'est par ces vainqueurs désireux de se faire craindre que tous les Germains auraient été désignés sous ce nom. Par la suite, ils auraient eux-mêmes adopté cette dénomination qui leur était dévolue."


Sources:
  • V. Kruta, Les Celtes - Histoire et dictionnaire, Laffont, Paris, 2000
  • Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique
  • Julien Quiret pour l'Arbre Celtique

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