D'après R. A. S. Macalister (1940), Aífe apparait à plusieurs reprises dans des listes où sa position et ses mariages varient fortement selon les versions (parfois épouse de son propre frère Laiglinne, mais aussi de son père Partholon, et parfois associée à Boan ou à Fintan, elle est également liée au toponyme Mag Aífe en Osraige). Selon lui, ces variations reflètent, selon lui, un travail de recomposition et d’harmonisation des traditions mythologiques, qui tente de relier différents cycles légendaires en multipliant les identifications et les mariages d’un même personnage.
Le nom Aífe est parfois considéré comme l’équivalent irlandais du prénom biblique « Ève », bien que cette identification soit discutée. D’autres rapprochements ont été proposés avec l’irlandais aoibh(eann), signifiant « doux » ou « agréable ». Toutefois, T. F. O’Rahilly, repris par Ph. Jouët, relie plutôt ce nom à un thème celtique reconstruit Esuvia, exprimant l’idée de « rayonnante », « belle » ou « plaisante ».
La forme Iafe est une variante graphique du nom Aífe. Elle désigne bien le même personnage, notamment lorsqu’elle apparaît comme épouse de son frère Laiglinne, la différence de graphie résultant des fluctuations manuscrites et des adaptations éditoriales plutôt que d’une distinction entre deux figures distinctes. La forme Aoife est quant à elle moderne.
Sources: • F. Le Roux - Ch.-J. Guyonvarc'h, (1986) - Les Druides, Ouest-France, 448p.
• Ph. Jouët, (2012) - Dictionnaire de la Mythologie et de la Religion Celtiques, Yoran embanner, Fouesnant, 1039p.
• R.A.S. Macalister, (1940) - Lebor Gabala Erenn. The Book of the Taking of Ireland III, 214 p.
• J.-P. Persigout, (2009) - Dictionnaire de mythologie celtique, Imago, Paris, 411p.
• J.‑C. Polet, Patrimoine littéraire européen - Racines celtiques et germaniques, De Boeck Université, 1992.
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique