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Encyclopédie Celtique

Néron prend des mesures contre l’insurrection qui s’amplifie [mars / juin 68]

Néron prend des mesures contre l’insurrection qui s’amplifie (mars-juin 68 ap. J.-C.)

C’est à Neapolis (Naples), le jour de l’anniversaire de l’assassinat de sa mère (entre le 19 et le 23 mars 68 ap. J.-C.) que Néron apprit le soulèvement de Caius Iulius Vindex (Dion Cassius, Histoire romaine, LXIII, 26 ; Suétone, Vies des douze Césars : Vie de Néron, XL). Dans un premier temps, sachant que les Gaules ne disposaient d’aucune légion, il feignit de n’accorder aucune importance à cette nouvelle. Les nombreuses et outrageantes déclarations de Caius Iulius Vindex entamèrent cependant sa patience. Ainsi, Suétone indique que Vindex l’offensa notamment en le qualifiant de "mauvais joueur de luth" et en le désignant sous le nom d’"Ahenobarbus", son nom de naissance (Vies des douze Césars : Vie de Néron, XLI). Aussi, alors que Néron offrit 2,5 millions de drachmes à qui le tuerait, Caius Iulius Vindex promit en retour, et non sans audace, d’offrir sa tête en récompense, à celui qui lui apporterait celle de Néron (Dion Cassius, Histoire romaine, LXIII, 23).

La sérénité apparente de Néron ne dura pas. En effet, l’insurrection initiée par Caius Iulius Vindex faisant tâche d’huile et se poursuivait malgré son décès (mai 68 ap. J.-C.). Ainsi, Néron apprit successivement la defection de différents gouverneurs :

Servius Sulpicius Galba, en Hispanie tarraconnaise, désigné empereur par ses troupes, titre qu’il refusa dans un premier temps (Dion Cassius, Histoire romaine, LXIII, 27 ; Plutarque, Vies parallèles des hommes illustres : Vie de Galba, VI ; Suétone, Vies des douze Césars : Vie de Néron, XL).

Lucius Verginius Rufus, en Germanie supérieure (Dion Cassius, Histoire romaine, LXIII, 24 ; 27 ; Plutarque (Vies parallèles des hommes illustres : Vie de Galba, VII ; Vie de Néron, XL ; XLIII)

Lucius Clodius Macer en Afrique (Plutarque, Vies parallèles des hommes illustres : Vie de Galba, VII ; Suétone, Vies des douze Césars : Vie de Galba, XI).

À ces annonces, l’empereur regagna Rome en toute hâte où travailla alors à organiser la répression de ces révoltes. D’abord, il ordonna à Rubrius Gallus et quelques autres d’aller châtier les rebelles, mais cette disposition fut visiblement sans effet (Dion Cassius, Histoire romaine, LXIII, 27). Il conçut le projet de faire éliminer les gouverneurs suspectés de conspiration, voire même s’en prendre aux sénateurs (Suétone, Vies des douze Césars : Vie de Néron, XLIII). Parmi les personnes visées se trouvait évidemment Servius Sulpicius Galba, désigné ennemi de la patrie par le sénat. Servius Sulpicius Galba était alors encore très hésitant et dépité par le décès de Caius Iulius Vindex ; cette annonce provoqua son entrée effective en rébellion. Dés cette annonce, Néron fit vendre les biens qu’il possédait à Rome à son propre bénéfice. En réponse, Galba fit vendre les biens de Néron en Hispanie (Plutarque, Vies parallèles des hommes illustres : Vie de Galba, VI). Néron concentra néanmoins son désir sur vengeance sur les Gaulois, jugés responsables de la déstabilisation de l’Empire et auxquels il promettait les pires tourments : il voulut massacrer les Gaulois expatriés à Rome, mener une guerre dans les Gaules et abandonner aux armées le fruit de leur pillage (Suétone, Vies des douze Césars : Vie de Néron, XLIII), ou de spolier les Gaulois de leurs biens à son propre bénéfice (Plutarque, Vies parallèles des hommes illustres : Vie de Galba, VI). Persuadé que seul un consul pourrait soumettre les provinces gauloises, il destitua les consuls Tiberius Catius Asconius Silius et Publius Galerius Trachalus pour s’attribuer cette charge, avant d’entreprendre sa campagne (Suétone, Vies des douze Césars : Vie de Néron, XLIII-XLIV).

Néron ne put jamais mener à bien ses projets. Les défections se multiplièrent, jusque dans la garde impériale, corrompue par le préfet du prétoire Nymphidius Sabinus, un soutien opportuniste de Galba (Plutarque (Vies parallèles des hommes illustres : Vie de Galba, II ; Suétone, Vies des douze Césars : Vie de Galba, XI). Lâché de tous, il fut démis par le Sénat. Pour échapper au supplice, il mit fin à ses jours le 9 juin 68 ap. J.-C.


Dion Cassius, Histoire romaine, LXIII, 23 : "Ce discours de Vindex fut accueilli par un accord général. Mais, comme ce n'était pas pour lui que Vindex cherchait la souveraineté, ce fut à Servius Sulpicius Galba, homme supérieur par son équité et son expérience à la guerre, qui commandait en Espagne et qui était à la tête d'une puissante armée, qu'il déféra l'empire ; et celui-ci fut proclamé empereur par les soldats. On dit que Néron, ayant publiquement offert deux millions cinq cent mille drachmes pour tuer Vindex. Vindex, à cette nouvelle, s'écria : « Celui qui tuera Néron et qui m'apportera sa tête, je lui donnerai la mienne en récompense ». Tel était le caractère de Vindex."

Dion Cassius, Histoire romaine, LXIII, 24 : "Rufus, qui commandait en Germanie, se mit en marche, comme s'il eût eu dessein de combattre Vindex. Arrivé à Besancon, il mit le siège devant cette ville, sous prétexte qu'elle ne l'avait pas reçu. Vindex étant venu, de son côté, au secours de la place, et ayant établi son camp non loin du sien, ils s'envoyèrent mutuellement des messages et finirent par avoir, seul à seul, une entrevue où aucun autre n'assista, et par tramer entre eux, à ce que l'on s'imagina, un complot contre Néron."

Dion Cassius, Histoire romaine, LXIII, 26 : "[Néron, ayant appris la défection de Vindex à Naples, où il contemplait un combat gymnique après son dîner, ne s'en affligea pas ; loin de là, il s'élança de son siège pour témoigner sa faveur à un athlète ; de plus, il ne fit aucune diligence pour revenir à Rome : il se contenta d'écrire au sénat et de s'excuser de ne pas se rendre dans son sein, parce qu'il avait une bronchite, comme s'il eût besoin, alors encore, de chanter devant cette compagnie. C'était toujours, chez lui, même pensée et même soins pour sa voix, pour son chant, pour son jeu sur la lyre, non seulement cette fois, mais encore dans la suite ; et ce fut pour cela que ces événements, bien qu'ils eussent dû nécessairement, à cause de leur gravité, lui arracher un cri, ne lui firent pousser aucune exclamation ; il se contint et reprit aussitôt son calme, comme s'il allait chanter sur la lyre. Il se livrait également à toutes ses autres occupations habituelles, joyeux de ces nouvelles, parce qu'il se flattait d'écraser en tout cas Vindex et qu'il croyait avoir trouvé là une occasion de lever de l'argent et de verser le sang. Il s'abandonna à la mollesse, et fit la dédicace du temple de Sabine, qu'on venait d'achever et qu'on avait orné de dons magnifiques, temple sur lequel il mit une inscription portant qu'il a été élevé par les matrones en l'honneur de la déesse Sabine-Vénus. En cela, Néron disait vrai ; car ce fut avec les sommes énormes enlevées par lui aux matrones que le temple fut construit ; il s'amusait aussi à une foule de plaisanteries dont je tairai les autres et ne citerai qu'une seule]. Une nuit, ayant subitement convoqué à la hâte les plus considérables des sénateurs et des chevaliers, comme pour communication une relative aux affaires présentes : « J'ai trouvé, leur dit-il, le moyen (je citerai ses propres paroles), j'ai trouvé le moyen de faire parler l'hydraulis avec plus de force et plus d'harmonie ». Tels étaient alors encore ses amusements ; il ne prenait nul souci ni des deux portes du monument d'Auguste et de celles de sa propre chambre qui s'étaient ouvertes spontanément dans la même nuit, ni d'une pluie de sang tombée avec tant d'abondance dans le pays d'Albe, que les fleuves en avaient charrié dans leurs eaux, ni de la mer, qui, se retirant à une longue distance de l'Égypte, avait envahi une grande partie de la Lycie."

Dion Cassius, Histoire romaine, LXIII, 27 : "Mais, lorsqu'il apprit que Galba avait été proclamé empereur par les soldats, que Rufus avait fait défection, il fut saisi d'une grande frayeur ; il prit lui-même quelques dispositions dans Rome et envoya contre les rebelles Rubrius Gallus et quelques autres. Abandonné de tous pareillement, il conçut le dessein de mettre à mort les sénateurs, d'incendier la ville et de s'embarquer pour Alexandrie, en ajoutant : « Si nous tombons du pouvoir, notre talent, du moins, nous nourrira là-bas » ; car il en était venu à un tel point d'extravagance, qu'il s'imaginait pouvoir à son aise vivre dans une condition privée et, de plus, chanter sur la lyre ; mais, quand il sentit qu'il était abandonné même par ses gardes du corps (il dormait alors dans un jardin), il essaya de fuir. Il prit donc une méchante toge et monta sur un cheval qui ne valait pas mieux, et, sur ce cheval, il arriva, le visage couvert, vers le commencement de la nuit, près d'une villa appartenant à Phaon, un des césariens, accompagné de Phaon lui-même, ainsi que d'Epaphrodite et de Sporus."

Plutarque (Vies parallèles des hommes illustres : Vie de Galba, II : "Nymphidius Sabinus, qui, comme nous l'avons dit, était préfet du prétoire avec Tigellinus, quand il vit les affaires de Néron désespérées, et ce prince disposé à se retirer en Égypte, persuada aux troupes, comme si Néron eût déjà pris la fuite, de proclamer Galba empereur : il promit aux soldats des cohortes prétoriennes sept mille cinq cents drachmes par tête, et à chaque soldat des armées qui servaient dans les provinces, douze cent cinquante drachmes; sommes énormes qu'on n'eût pu ramasser sans causer à tous les habitants de l'empire dix mille fois plus de maux que Néron ne leur en avait fait."

Plutarque, Vies parallèles des hommes illustres : Vie de Galba, VI : "Néron lui-même prouva combien était sage et raisonnable le choix que Vindex avait fait de Galba pour l'élever à l'empire : ce prince, qui affectait de mépriser Vindex et de compter pour rien la révolte des Gaulois, quand il apprit la proclamation de Galba, au moment où il sortait du bain pour aller souper, renversa la table de colère. Cependant, après que le sénat eut déclaré Galba ennemi de la patrie, il eut l'air de rire de cette révolte, et d'en badiner avec ses amis : il affecta beaucoup d'assurance, et leur dit qu'il lui était venu fort à propos un prétexte d'amasser de l'argent ; qu'il en avait le plus grand besoin ; qu'après avoir soumis les Gaulois, tous leurs biens lui appartiendraient ; et qu'en attendant il allait faire vendre les biens de Galba et en convertir l'argent à son usage, puisqu'il venait d'être déclaré son ennemi. En effet, il ordonna que ses biens fussent mis à l'encan. Galba l'ayant appris, fit aussi vendre à son de trompe tous les biens que Néron avait en Espagne ; et il trouva beaucoup plus d'acheteurs."

Plutarque, Vies parallèles des hommes illustres : Vie de Galba, VII : "Le nombre des révoltés croissait de jour en jour, et l'on accourait de toutes parts se joindre à Galba ; mais Clodius Macer, qui commandait en Afrique, et Verginius Rufus, qui avait sous ses ordres, dans les Gaules, les légions de Germanie, agissaient séparément et formaient chacun une faction différente. Clodius, homme cruel et avare, coupable de concussions, de rapines et de meurtres, flottait dans l'incertitude, également incapable de retenir et d'abandonner l'empire ; Verginius Rufus, nommé plusieurs fois empereur par les légions puissantes qu'il commandait, avait toujours répondu à la violence qu'elles voulaient lui faire pour le forcer d'en prendre le titre, qu'il n'accepterait jamais l'empire, et qu'il ne souffrirait pas qu'il fût donné à quelqu'un que le sénat n'aurait pas nommé."

Suétone, Vies des douze Césars : Vie de Galba, XI : "A tant de dangers se joignit la mort de Vindex. Il en fut si consterné que, ne sachant quel parti prendre, il fut sur le point de renoncer à la vie. Mais quand les messages de Rome lui apprirent que Néron était mort, et que partout on lui avait fait serment de fidélité, il quitta le titre de légat pour celui de César. Il se mit en marche avec le costume de chef militaire, un poignard suspendu au cou, et ne reprit la toge qu'après s'être défait de ceux qui suscitaient de nouveaux troubles : c'était à Rome, Nymphidius Sabinus, préfet du prétoire ; en Germanie, Fonteius Capito ; en Afrique, Clodius Macer, tous deux légats."

Suétone, Vies des douze Césars : Vie de Néron, XL : "L'univers, après avoir supporté un tel prince un peu moins de quatorze ans, l'abandonna enfin. Les Gaulois donnèrent le signal sous la conduite de Julius Vindex, qui alors gouvernait leur province en qualité de propréteur. Les astrologues avaient autrefois prédit à Néron qu'un jour on le délaisserait ; ce qui lui donna lieu de prononcer ce mot célèbre : « Toute la terre entretient le génie », voulant par là justifier son goût pour la musique, art agréable aux princes, et nécessaire aux particuliers. Cependant des devins lui avaient promis qu'à sa déchéance il régnerait sur l'Orient ; d'autres lui avaient assigné le royaume de Jérusalem ; plusieurs lui assuraient l'entier rétablissement de sa couronne. Porté à croire cette dernière prédiction, après avoir perdu et recouvré tour à tour la Bretagne et l'Arménie, il se crut délivré des maux dont le Destin le menaçait. Mais, quand l'oracle d'Apollon l'eut averti à Delphes de prendre garde à la soixante-treizième année, persuadé que c'était le terme de sa vie, sans se préoccuper en rien de l'âge de Galba, il se flatta non seulement d'atteindre à la vieillesse, mais encore de jouir d'un bonheur constant et extraordinaire, au point qu'ayant un jour perdu dans un naufrage ce qu'il avait de plus précieux, il ne craignit pas de dire à ceux qui l'accompagnaient que les poissons lui rapporteraient tous ces objets. Ce fut à Naples, le jour anniversaire du meurtre de sa mère, qu'il apprit le soulèvement des Gaules. Il reçut cette nouvelle avec tant de calme et d'indifférence, que l'on soupçonna qu'il était bien aise d'avoir une occasion de dépouiller, selon le droit de la guerre, les provinces les plus opulentes. Il se rendit aussitôt au gymnase, et prit le plus grand intérêt à voir lutter les athlètes. Son souper fut interrompu par les lettres les plus inquiétantes. Dans sa colère, il menaça des plus terribles châtiments ceux qui se rendraient coupables de défection. Durant huit jours entiers, il ne répondit à aucune lettre, ne donna ni ordre, ni instruction, et ensevelit cette affaire dans l'oubli."

Suétone, Vies des douze Césars : Vie de Néron, XLI : "Enfin, ému par les outrageantes et nombreuses proclamations de Vindex, il écrivit au sénat pour l'exhorter à le venger, lui et l'empire, s'excusant sur un mal de gorge de n'être point venu en personne. Rien, dans ces proclamations, ne l'offensa plus que d'être traité de mauvais joueur de luth, et appelé Ahenobarbus au lieu de Néron. Il déclara qu'il allait renoncer à son nom d'adoption et reprendre son nom de famille qu'on lui rappelait par forme d'injure. À l'égard des autres imputations, ce qui en démontrait selon lui la fausseté, c'était le reproche qu'on lui faisait d'ignorer un art qu'il avait cultivé et perfectionné avec tant de soin ; puis il demandait à chacun s'il connaissait un musicien plus habile que lui. Cependant les messages se succédaient avec rapidité. Saisi d'effroi, il revint à Rome. Un présage des plus frivoles le rassura dans sa route. Il vit, sur un monument, une sculpture qui représentait un soldat gaulois terrassé par un chevalier romain et traîné par les cheveux. À ce spectacle, il fut transporté de joie et rendit grâce au ciel. Dans ces graves circonstances, il ne harangua ni le peuple ni le sénat. Il tint conseil à la hâte avec quelques principaux citoyens qu'il appela chez lui, et passa le reste du jour à leur faire voir des instruments de musique hydrauliques d'une espèce toute nouvelle, à leur montrer chaque pièce l'une après l'autre, à discourir sur l'emploi et le mérite de chacune, et à leur assurer même qu'il étalerait tout ce mécanisme sur le théâtre, si Vindex le lui permettait."

Suétone, Vies des douze Césars : Vie de Néron, XLII : "Mais, à la nouvelle de la défection de Galba et des Espagnes, il fut anéanti, et, perdant entièrement courage, il resta longtemps sans voix et à demi-mort. Revenu à lui, il déchira ses vêtements, se frappa la tête, et s'écria que c'en était fait de lui. Sa nourrice le consolait en lui rappelant que de semblables désastres étaient arrivés à d'autres princes. Il répondit qu'il éprouvait des malheurs inouïs et sans exemple, puisqu'il perdait le trône de son vivant. Néanmoins il ne retrancha ni ne diminua rien à ses habitudes de luxe et de paresse. Il fit plus : après avoir reçu de province une heureuse nouvelle, il donna un splendide festin ; ensuite il chanta, avec accompagnement de gestes bouffons, contre les chefs de la défection, des vers plaisants qui furent répandus dans le public. Il se fit même porter secrètement au théâtre, et envoya dire, à un comédien qui plaisait beaucoup, qu'il profitait des occupations de l'empereur."

Suétone, Vies des douze Césars : Vie de Néron, XLIII : "On croit que, dès le commencement de la révolte, il avait conçu une foule d'atroces projets dont la nature ne répugnait point à son caractère. Il voulait faire égorger et remplacer les commandants des armées et des provinces, comme des conspirateurs, tous animés d'un seul et même esprit ; massacrer, en quelques lieux qu'ils fussent, tous les exilés et tous les Gaulois qui étaient dans Rome ; les premiers, pour qu'ils ne se joignissent pas aux insurgés, les autres comme complices et fauteurs de leurs compatriotes ; abandonner aux armées le pillage des Gaules ; empoisonner tout le sénat dans un festin, mettre le feu à Rome, et en même temps lâcher les bêtes féroces sur le peuple pour l'empêcher de se garantir des flammes. Il fut détourné de ces projets bien moins par le repentir que par l'impossibilité de l'exécution. Pensant alors qu'une expédition était nécessaire, il destitua les consuls avant le temps et se mit seul à leur place, sous prétexte que les Gaules, d'après l'arrêt du Destin ne pouvaient être soumises que par un consul. Il prit donc les faisceaux, et, après son repas, sortit de la salle à manger appuyé sur les épaules de ses amis. Il leur déclara que, dès qu'il aurait touché le sol de la province, il paraîtrait sans armes aux yeux des légions, et n'aurait qu'à répandre des pleurs en leur présence ; que les séditieux seraient saisis de repentir, et que le lendemain, dans l'allégresse commune, il entonnerait un hymne de victoire qu'il allait composer."

Suétone, Vies des douze Césars : Vie de Néron, XLIV : "En préparant cette expédition, son premier soin fut de choisir des voitures pour le transport de ses instruments de musique, de faire couper les cheveux à ses concubines de la même manière qu'aux hommes, et de les emmener avec lui, armées de haches et de boucliers d'amazones. Il convoqua les tribus urbaines pour recevoir leur serment militaire. Mais personne de ceux qui étaient en état de porter les armes ne répondant à l'appel, il exigea des maîtres un certain nombre d'esclaves, et prit dans chaque maison les meilleurs, sans en excepter les intendants et les secrétaires. Il fit contribuer d'une partie de leur fortune tous les ordres de l'État, et obligea les locataires de maisons particulières et de maisons publiques de verser au fisc une année de loyer. Il tenait avec une rigueur extrême à ce que les espèces fussent neuves, l'argent pur et l'or éprouvé, en sorte que la plupart des contribuables refusèrent ouvertement de rien donner, en s'écriant qu'il ferait beaucoup mieux de reprendre aux délateurs les récompenses qu'ils avaient reçues de lui."

Suétone, Vies des douze Césars : Vie de Néron, XLV : "La cherté des grains rendit encore plus odieux les athlètes qu'il entretenait. Au milieu de la famine publique, on annonça qu'un vaisseau d'Alexandrie avait apporté du sable pour les lutteurs de la cour. L'indignation contre lui fut générale, et il n'y eut point d'affront qu'il n'essuyât. On mit un char derrière sa statue avec cette inscription en grec : « Voici enfin le moment du combat », et celle-ci : « Qu'il le traîne enfin ». On attacha un sac au cou d'une autre de ses statues, et l'on y inscrivit : « Qu'ai-je fait ? mais toi, tu as mérité le sac ». On lisait aussi sur des colonnes : « Les coqs (les Gaulois) l'ont enfin réveillé par leur chant ». Pendant la nuit, plusieurs personnes, feignant de se disputer avec leurs esclaves, réclamaient à grands cris un « Vindex »."


Sources:
  • Julien Quiret pour l'Arbre Celtique

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