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En 226 av. J.-C., un traité fut conclu entre Rome et Carthage (alors dirigée par Hasdrubal le Beau), visant à se partager le littoral gaulois et ibère en zones d'influence. La rive droite de l'Iber (Iberus, l'Ebre) appartient de fait à la zone d'influence de Carthage, tandis que le Sud de la Gaule, les Pyrénées et la rive gauche de l'Ebre passent sous influence romaine. De ce fait, ni les Romains, ni les Carthaginois n'ont le droit de passer le fleuve. Cet accord est curieux lorsqu'il est replacé dans son contexte... Rome ne possédait alors aucun territoire en Espagne, ni même en Gaule transalpine. En fait, dans le cadre de ce traité, Rome intervient pour garantir la pérennité des comptoirs de son principal allié en Méditerranée occidentale, Massalia. Massalia et Rome avaient depuis longtemps conclu un foedus aequum, justifiant cette intervention.
| Polybe, Histoire Générale, II, 3 : "Il leur parut qu'il était plus à propos d'user de douceur avec Hasdrubal, jusqu'à ce que par une bataille ils se fussent débarrassés des Gaulois, ennemis qui n'épiaient que l'occasion de leur nuire, et dont il fallait nécessairement qu'ils se défissent, non seulement pour se rendre maîtres de l'Italie, mais encore pour demeurer paisibles dans leur propre patrie. Ils envoyèrent donc des ambassadeurs à Hasdrubal , et dans le traité qu'ils firent avec lui, sans faire mention du reste de l'Espagne, ils exigeaient seulement qu'il ne portât pas la guerre au-delà de l'Iberus : ces conditions acceptées, ils tournèrent toutes leurs forces contre les Gaulois."
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| Tite-Live, Histoire Romaine, XXI, 2 : "L'habileté d'Hasdrubal à gagner les peuples et à les soumettre à ses lois avait engagé les Romains à renouveler avec lui le traité d'alliance, aux conditions que l'Iberus serait la limite des deux empires, et que Sagonte, placée entre les deux puissances, conserverait sa liberté."
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On notera néanmoins que ce traité abouti certainement à la perte des comptoirs massaliotes situés au Sud de l'Ebre, tels Αλωνίς (Alônis > Santa-Pola ?), Ἀρτεμίσιον (Artemision > Dénia), Ἡμεροσκοπεῖον (Hemereskopeion > Ifach, Calpe) et Μαινάκη (Mainaké > Torre-del-Mar ? / Cerro-del-Peñón ?). Les comptoirs situés au Nord de l'Ebre, tels que Ῥόδη (Rhodè > Santa-Maria, Rosas), Eμπόριον (Emporion > San-Martín-de-Ampurias), Ἀφροδισιάς (Aphrodisias > Port-Vendres) ou encore Αγαθή Τύχη (Agatha Tychê > Agde), proches des régions revendiquées par Carthage, furent conservés par Massalia.
Il est aussi peut-être possible de déceler ici la volonté très ancienne des Romains de mettre la main sur les territoires de leur zone d'influence, notamment les régions bordant la voie Hérakléenne. C'est certainement dans le cadre de cet accord que Rome pouvait s'autoriser à intervenir dans le Sud de la Gaule pour protéger les possessions massaliotes, tel que cela sera fait en 218, 182, 154 et 125-124 av. J.-C. (cf. fiches suivantes).
> La campagne d'Hannibal Barca en Gaule transalpine [-218]
> Les pirates ligures s'attaquent aux possessions massaliotes [- 182]
> La guerre contre les Déciates et la Oxybiens [-154]
> La campagne de Marcus Fulvius Flaccus contre les Celto-Ligures [-125]
> La campagne de Gaius Sextius Calvinus contre les Salyens [-124]
Cet accord fut de relativement courte durée. Après le meurtre de Hasdrubal le beau par un Celte en 220 av. J.-C., Hannibal arriva au pouvoir. Ce dernier contestait les termes du traité, notamment le maintient de Saguntum (Sagonte), dans la zone d'influence massaliote. Entre 221 et 219 av. J.-C., il rassemble une armée et ravage le territoire des populations celtibériques installées au Sud de l'Ebre. Il étand ainsi l'empire de Carthage à ce fleuve, annexant ainsi toute la zone d'influence carthaginoise.
| Tite-Live, Histoire Romaine, XXI, 5 : "Le pays fut dévasté, et, quelques jours après, les Carpétans étaient soumis. Dès lors tout le pays situé au-delà de l'Iberus, Sagonte exceptée, subissait le joug de Carthage."
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Dans le cadre de sa conquète de l'Espagne, Hannibal s'est attaqué à aux populations du Sud de l'Ebre, alliées de Saguntum (Sagonte). La cité de Saguntum députa quelques personnes plaider leur cause à Rome, mais rapidement, et contrairement à toute attente, Hannibal tourna ses troupes contre cette ville. Cet évènement marqua le début de la seconde Guerre Punique (219-202 av. J.-C.).
| Tite-Live, Histoire Romaine, XXI, 6 : "La guerre n'avait pas encore commencé avec Sagonte; mais déjà des contestations, germes de guerre, lui étaient suscitées avec ses voisins surtout avec les Turdétans. L'auteur même du litige se présentait pour arbitre ; il était clair que la force, et non le droit, l'emporterait : les Sagontins alors envoyèrent à Rome une députation pour demander des secours contre l'ennemi dont ils se voyaient menacés. Publius Cornélius Scipion et Tibérius Sempronius Longus étaient consuls. La députation entendue dans le sénat, l'affaire mise en délibération, on fut d'avis de faire passer des députés en Espagne pour prendre des informations sur la situation des alliés : dans le cas où leur cause paraîtrait juste, les ambassadeurs devaient sommer Hannibal de ne plus inquiéter les Sagontins, alliés de Rome; puis passer en Afrique, pour porter à Carthage les plaintes des alliés de Rome. La députation à peine décrétée n'était point encore partie, qu'on reçut, plus tôt qu'on ne s'y attendait, la nouvelle du siège de Sagonte."
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