Afanc (Irlande) / Addanc (Galles) / Avanc, Abanc (manuscrits médiévaux) - Bien qu'ils soient souvent confondus, il s'agit de deux créatures distinctes, même si, dans la symbolique, elles représentent toutes deux des êtres néfastes. Le nom Addanc en gallois est directement emprunté à l'irlandais Afanc : il s'agit donc d'une simple translittération ou adaptation orthographique et phonétique dans le gallois médiéval. Ce qui change n'est pas le nom, mais le contexte narratif et les traits attribués à chaque créature.
L'Afanc
L'Afanc, cité dans le Dindshenchas métrique (histoires des forteresses), tire son nom du celtique *ab‑ "eau". Il est souvent assimilé à un castor, mais le nom signifie plutôt "nain" (Jouët, 2012). Cette créature provoque des crues et des inondations, à l'image d'un barrage de castors, et elle est parfois malveillante (Jouët, 2012). Le lien avec l'Afagddu de l'Ystoria Taliesin est probable (Jouët, 2012).
L'Addanc
L'orthographe varie selon les manuscrits : Addanc, Addancc, Avanc, etc. Dans le "Peredur, fils d'Evrawc" (White Book of Rhydderch, Red Book of Hergest(1)), il y a bien un épisode où Peredur affronte l'Addanc, et le tue grâce à une pierre qui lui remet un jeune fille de grande beauté ("l'impératrice", Le Roux, 1924 ; Persigout, 2009). L'Addanc y est décrit comme une créature monstrueuse - parfois assimilée à un serpent ou un dragon - vivant dans une grotte plutôt que dans un lac. Nous somme dans un schéma typé des récits arthuriens, le héros doit surmonter un obstacle, l'accent est mis sur le danger et la confrontation héroïque. La dimension aquatique du monstre semble absente dans cette version : il n'est pas dans un lac ou une rivière, contrairement à l'Afanc irlandais.
(1) Le Red Book of Hergest (RBH) contient une version du récit de Peredur, mais elle est moins complète et parfois abrégée par rapport au White Book of Rhydderch (WBR). Mais WBR reste la source principale et la plus complète pour Peredur et l'Addanc.