La Pannonie seconde (Pannonia Secunda) — Province de l’Empire romain créée à la fin du IIIᵉ siècle apr. J.-C., dans le cadre des réformes administratives de Dioclétien, à la suite de la réorganisation des anciennes provinces pannoniennes. Elle constitue l’une des subdivisions issues du démembrement de la Pannonie inférieure et de la restructuration générale du système provincial danubien, visant à renforcer le contrôle administratif, fiscal et militaire de la frontière impériale.
Elle occupait une région correspondant aujourd’hui principalement au nord de la Serbie et à l’est de la Croatie, centrée sur le bassin inférieur de la Save et le cours moyen du Danube. Son territoire était structuré autour de grands axes fluviaux et terrestres reliant la vallée danubienne aux provinces balkaniques. Parmi les centres urbains majeurs figurait Sirmium (Sremska Mitrovica, Serbie), qui devint l’un des principaux pôles administratifs, militaires et parfois impériaux de la région à l’époque tardive.
Province fortement intégrée au dispositif défensif du Danube, la Pannonie seconde occupait une position stratégique de premier plan sur le limes pannonien. Elle constituait une zone frontalière directement exposée aux pressions des peuples au-delà du Danube, nécessitant une présence militaire importante, un réseau de fortifications dense et une organisation logistique structurée.
Comme dans les autres provinces pannoniennes tardives, le substrat culturel ancien, notamment celtique, n’y subsiste plus qu’à l’état très résiduel. Les processus de romanisation, puis les transformations profondes du IIIᵉ siècle et du Bas-Empire, ont largement recomposé les structures sociales et culturelles. Les traces celtiques ne sont perceptibles que de manière indirecte, à travers quelques toponymes fossilisés et éléments onomastiques isolés, sans continuité culturelle réelle.
À partir du IVᵉ siècle, la Pannonie Seconde subit de fortes pressions liées aux crises impériales et aux incursions extérieures. Dès le début du Vᵉ siècle, l’affaiblissement du contrôle romain sur le Danube entraîne une désorganisation progressive des structures provinciales. Après la mort de Attila en 453, la région échappe définitivement à l’autorité romaine.
En pratique, la Pannonie Seconde cesse d’exister comme entité administrative au cours du Vᵉ siècle, entre 430 et 470 apr. J.-C., dans le contexte de la désagrégation de l’Empire romain d’Occident et de la recomposition politique de la région danubienne.
Festus Historicus, Abrégé des hauts faits du peuple romain, VII :"Les Marcomans et les Quades furent chassés des cantons de Valeria situés entre le Danube et la Drave, et les limites qui devraient séparer les Romains des barbares furent fixés par Auguste, dans toute la Vindélicie, la Norique, la Pannonie et la Mésie. Trajan vainquit les Daces, sous le roi Décibale, et fit une province romaine de la Dacie, au delà du Danube, sur le territoire même des barbares ; cette conquête, qui avait un million de pas de circuit, fut perdue par l'empereur Gallien ; Aurelien tira les Romains de ces parages, et l'on eut alors alors deux Dacies, l'une en Mésie, et l'autre en Dardanie. L'Illyrie renferme dix-sept provinces : les deux Noriques, les deux Pannonies, la Valeria, la Save, la Dalmatie, la Mésie, deux Dacies. On en compte sept dans le diocèse macédonien : la Macédoine, la Thessalie, l'Achaïe, les deux Epires, la Prévalis et la Crète."
Sources: • Julien Quiret pour l'Arbre Celtique
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique