Le Lebor Gabála Érenn (Livre des Conquêtes de l’Irlande) est une compilation pseudo-historique médiévale qui raconte l’histoire mythique de l’Irlande comme une succession de « prises de possession » par différents peuples (depuis la création du monde jusqu’aux Gaëls), en les synchronisant avec l’histoire biblique et antique pour en donner une chronologie universelle.
Lebor Gabála Érenn nous est parvenu à travers plusieurs rédactions successives et une version remaniée dite Miníugud, ainsi qu’une adaptation moderne. Ces rédactions ont été conservées dans un ensemble de manuscrits médiévaux et post-médiévaux (notamment le Livre du Leinster, le Livre de Ballymote, le Livre de Lecan, les manuscrits Stowe, Rawlinson B 512, etc.), qui ne transmettent pas tous le même état du texte. Le texte a également été interpolé ou clarifié dans la version Miníugud, présente dans plusieurs témoins. L’ensemble de la tradition est reconstruit par les éditeurs à partir de ces témoins, en supposant des archétypes perdus et des copies intermédiaires aujourd’hui disparues. Ainsi, le texte actuel est le résultat d’une transmission complexe mêlant plusieurs couches de rédaction, de réécriture et de copie médiévale.
Nemed
Après trente ans d’abandon, Nemed arrive en Irlande avec son peuple. Il y défriche des plaines, creuse des forteresses et affronte les Fomoire, remportant trois batailles avant de mourir de la peste. Après sa mort, les Fomoire imposent aux descendants de Nemed un lourd tribut. Ceux-ci se révoltent et attaquent la Tour de Conaing, mais la contre-attaque de Morc mac Dela tourne au désastre : la marée engloutit presque tous les combattants. Trente guerriers seulement survivent. Les survivants se dispersent et donnent naissance à plusieurs lignées : les Fir Bolg, Fir Domnann et Gaileoin, les Túatha Dé Danann, ainsi que la lignée de Fergus Lethderg et Britan Máel. Le récit de Nemed est donc surtout celui de l’arrivée, de l’établissement, de l’oppression, de la révolte et de la dispersion de son peuple, dispersion qui prépare les prises de possession suivantes.
237 — L’Irlande demeura ensuite déserte pendant trente ans après Partholón, jusqu’à ce que Nemed mac Agnomain, issu des Grecs de Scythie, y arrivât avec ses quatre chefs. [Ils étaient les quatre fils de Nemed.] Il avait quarante-quatre navires sur la mer Caspienne pendant un an et demi, mais seul son navire parvint jusqu’en Irlande. Voici les quatre chefs : Starn, Íarbonél Fáid (Íarbonél le Devin), Annind et Fergus Lethderg (Fergus au Côté Rouge) ; ils étaient les quatre fils de Nemed.
238 — Il y eut quatre débordements de lacs en Irlande au temps de Nemed : Loch Cal en Uí NiaUain, Loch Munremair en Luigne, Loch Dairbrech et Loch Annind en Meath. Lorsque l’on creusait la tombe [d’Annind mac Nemid], et qu’on était en train de l’ensevelir, le lac déborda sur la terre.
239 — C’est Nemed qui remporta la bataille d’Eos Fraechain contre Gand et Sengand, deux rois des Fomoire, qui furent tous deux tués sur place. Nemed fit creuser deux forteresses royales en Irlande : Raith Cliambaithe en Semne, et Raith Cindeich en Uí Niallain. Les quatre fils de Matan Munremar creusèrent Raith Cindeich en un seul jour : Boc, Roboc, Ruibne et Rotan. Nemed les tua avant le lendemain à Daire Lige, de peur qu’ils ne perfectionnent encore leur ouvrage.
240 — Douze plaines furent défrichées par Nemed en Irlande : Mag Cera, Mag Eba, Mag Cuile Tolaid et Mag Luirg en Connachta ; Mag Seired en Tethba ; Mag Tochair en Tír Eogain ; Mag Seimne en Araide ; Mag Macha en Airgóalla ; Mag Muirthemne en Brega ; Mag Bernsa en Laighne ; Leccmag et Mag Moda en Mumhain.
241 — Il remporta trois batailles contre les Fomoire [ou pirates de mer] : la bataille de Badbgna en Connachta, celle de Cnamros en Laigne, et celle de Murbolg en Dál Riata.
Après cela, Nemed mourut de la peste à Oileán Arda Nemid, en Uí Liatháin.
Après cela, Nemed mourut à Oileán Arda Nemid, sur le territoire d’Uí Liatháin, en Mumhain, d’une peste [qui emporta] deux mille hommes.
242 — La descendance de Nemed fut ensuite soumise à une grande oppression en Irlande, de la part de Morc mac Dela et de Conand mac Febar, [dont la tour de Conand porte le nom, aujourd’hui appelée Toirinis Cetne. C’est là que se trouvait la grande flotte des Fomoire]. Les deux tiers de la descendance, du blé et du lait des habitants d’Irlande [devaient être apportés] chaque Samain à Mag Cetne. La colère et la tristesse s’emparèrent des hommes d’Irlande sous le poids de cette taxe. Ils allèrent tous combattre les Fomoire. Ils avaient trois champions : Semul mac Íarbonél Fáid meic Nemid, Erglan mac Beoain meic Starn meic Nemid, et Fergus Lethderg mac Nemid. Trente mille par mer, trente mille autres par terre : ils assaillirent la tour. Conand et sa descendance périrent.
243 — Ainsi, après cette capture, Morc mac Dela vint à leur rencontre avec les équipages de soixante navires, et ils s’exterminèrent mutuellement. La mer s’éleva sur les habitants d’Irlande, et aucun d’eux ne s’enfuit devant l’autre, tant le combat fut acharné : un seul navire en réchappa, sur lequel se trouvaient trente guerriers. Ils partirent, quittant l’Irlande, fuyant la maladie et la taxe. Bethach mourut en Irlande de la peste ; ses dix femmes lui survécurent pendant vingt-trois ans. Ibath et son fils Baath partirent vers le nord du monde. Matach, Erglan et Iartach, les trois fils de Beoan, allèrent à Dobar et Iardobar, dans le nord d’Alba.
244 — Semeon se rendit dans les terres des Grecs. Sa descendance s’y multiplia jusqu’à compter par milliers. Les Grecs leur imposèrent l’esclavage : ils devaient transporter de l’argile sur des montagnes escarpées, de sorte qu’elles devinrent des plaines fertiles. Par la suite, las de leur servitude, ils s’enfuirent au nombre de cinq mille et se construisirent des navires avec leurs sacs [ou, selon le Cín Dromma Snechta, ils volèrent les barques du roi de Grèce pour venir à leur bord]. Ils revinrent ensuite en Irlande, leur terre d’origine : c’était deux cent trente ans après Nemed. Voici leurs cinq chefs : Gand, Genand, Rudraige, Sengand et Sláine.
245 — Quant à Fergus Lethderg et à son fils, Britan Mael, dont descendent tous les Bretons du monde, ils prirent Moin Conain et peuplèrent de leur descendance la grande île, Britannia Insula, jusqu’à ce que Hengist et Horsa, les deux fils de Gnietglis, roi des anciens Saxons, vinssent les conquérir ; ils repoussèrent alors les Bretons au-delà des frontières de l’île. Telles sont les aventures de la descendance de Nemed après la prise de la tour de Conand ; d’où le chant de l’historien :
La Grande Irlande que gouvernent les Gaedil, je vais en dire quelques faits : de grands chefs armés de lances la prirent, issus de la fière race d’Adam.
Depuis Adam, le véritablement mélodieux, l’impitoyable, jusqu’au Déluge, tumulte qui avait été préparé, nul ne réchauffa son puissant foyer, si ce n’est Cessair et ses cinquante jeunes filles.
À l’exception de Bith et de Ladru — racontons-le —, et de Fintan, avec les ténèbres qui couvraient le pays, nul homme ne la trouva, nul ne révéla la noble grandeur de l’Irlande avant le temps du Déluge.
Après le Déluge, trois cents années de mystérieux voyage, pour qui en raconte l’histoire, celui qui fut une brillante couronne par ses exploits de vaillance, Partholón mac Sera, arrive.
Malgré tout canon de psaumes solennels, le peuple de Partholón le pécheur fut anéanti, toute sa maisonnée, sur son Ancienne Plaine, en l’espace d’une semaine.
Six fois cinq années sans accroissement, sans gardien, elle était dans une sombre solitude. Elle était déserte de tous côtés jusqu’à la mer orgueilleuse ; nul homme ne la prit, sauf Nemed.
Nemed, dans la colère (?) de tous, avec abondance de liens et de vaillance, prit possession de la terre où les armées se combattent, après la destruction des autres compagnies.
Il remportait habituellement la victoire sans péril, Nemed, avec orgueil et intelligence : le fils d’Agnoman avec noblesse, bien que sa troupe fût faible, elle était prestigieuse.
Starn, qui tomba sous les coups de Mac Faebuir, Íarbonél Fáid, qui était joyeux, Ainnind avec ses liens de cuir, étaient les trois chefs venimeux de Nemed.
Nemed, qui s’acquitta envers eux au sujet de leurs sécurités, ; ce fut une pestilence de feu, sous un destin de mort ; en son temps, dans un grand fracas tumultueux, il y eut une éruption : quatre lacs.
Loch Munremair, une mer agréable, aux larges crêtes, ferme et furieuse ; Loch Dairbrech au-dessus d’une haie de roi (?) ; Loch Cal et Loch Ainnind.
Avec vigueur furent creusées par sa troupe deux forteresses, avec force et solidité : Raith Cindeich, où il répartit les armes, Raith Cimbaeith en Semne.
Défrichées par lui, ce furent une voie agréable, douze plaines offrant une belle vue : Mag Cera en Connachta des brumes, Mag Moda et Mag Eba.
Le puissant Mag Tochair fut défriché, Leccmag de la grande plaine de Mumhain, Mag Bernsa, avec un mystère de grandes grâces, Mag Cuile Tolaid, Mag Lugad.
Mag Sered, pour l’assèchement d’une rivière, Mag Semne, pour la légèreté de la couleur, Mag Luirg, pour la faible obscurité du côté, Mag Muirthemne, Mag Macha.
Les défaites — œuvre digne d’être racontée — qu’il infligea aux guerriers des Fomoire, d’une grande vigueur : la bataille du vaste Morbolg, d’une grande vigueur, la bataille de Badbgna et la bataille de Cnamros.
Sur le territoire de Liatháin, en Mumhain, le sombre seigneur du massacre mourut de pestilence, avec la rude compagnie de l’herbe pure, à Oileán Arda Nemid.
Ils n’étaient pas à l’abri de l’oppression — la descendance qu’avait engendrée Nemed — de la part de Conaing au corps robuste et de la part de Morc mac Dela.
Les deux tiers de leurs beaux enfants, ce n’était pas généreux envers leur faiblesse militaire — un tribut durable à travers les âges du monde — les deux tiers du blé et du lait.
À la rude Mag Cetne des armes, au-dessus d’Eas Ruaid aux saumons merveilleux, cela fut préparé pour leur subsistance, pour leur festin (?) à chaque veille de Samain.
Semeon mac Iardan le Joyeux, Fergus le Pur et Généreux, dans un effort de fierté, Erglan mac Beoain le Belliqueux, étaient les trois hommes libres à la tête de leurs troupes.
L’armée d’Irlande avec sa troupe vint — c’étaient des pas de puissance — une bande de guerriers qui avaient du sang dans le corps, vers l’ouest, à la prise de la tour de Conaing.
La tour de Conaing, avec son abondance de butin, fruit de l’union des crimes de centaines de rapines, forteresse de rassemblement de l’art de la fureur des Fomoire de la mer.
Les hommes d’Irlande, après sa prise, avec la grande vaillance des troupes devant eux, de ceux-là, dans le désastre qui les frappa, nul ne s’échappa, excepté trente des descendants de Nemed.
Ils n’étaient pas en paix au sujet de leur héritage, cette troupe dans la grande vaillance du désespoir : des trente nobles guerriers, chaque chef prit son chemin.
Vers le pays des Grecs, le reste de la troupe partit avec Semeon, ce fut un chemin de bonheur : avec sagesse, au-dessus de la division éminente, Fergus alla à Moin Conain.
Britan Máel, fils du prince, libre, la multitude des chemins au-dessus des rivières, fils de Lethderg, de Leccmag, de qui sont les Bretons du monde.
Bethach, sous les pas des formes de la renommée, mourut en Irlande selon la vérité ; ses dix femmes, après lui, pendant une durée de vingt-trois années.
Des centaines naquirent de Semeon, les Grecs les tinrent pour une légion nombreuse : ils ne furent pas reçus par les guerriers, mais furent réduits en esclavage par les Grecs.
Tel était l’ordre des chefs, transportant des sacs — ce qui n’était guère glorieux — de l’argile sur une montagne rocheuse et pierreuse, de sorte qu’elle devint une plaine riche en fleurs et en troupeaux.
Ils partirent sans pacte perfide, sur la mer très noire et furieuse, hors de la captivité d’une dure servitude, avec des navires et des sacs.
Voici leurs noms glorieux, ceux des rois, pleins d’ardeur et d’agilité : Gand, Genand avec les hommes de choix de ses bonnes divisions, Rudraige, Sengand, Slanga.
La descendance de Semeon, d’une rangée de divisions armées de lances, acte d’une volonté pure et d’actions pures ; les Gáileoin, hommes aux rangs très clairsemés, les Fir Bolg et les Fir Domnann.
Deux cents ans, pour qui en raconte l’histoire, après Nemed, illustre par ses exploits de vaillance, jusqu’à ce que les Fir Bolg prennent la terre mélodieuse, l’Irlande, depuis le bassin de la mer de l’océan.
Leur répartition, leur partage, subsiste ; ils la divisèrent en cinq, sans religion — sans qu’aucune part ne revienne à leur maigre peuple — l’agréable Irlande, depuis Uisnech.
Rendons hommage au Christ très juste, qui a dompté les flots les plus puissants ; à lui appartient le monde avec sa descendance, à lui appartient tout territoire, à lui appartient l’Irlande.
La prise de la tour de Conaing avec vaillance, contre le grand Conaing mac Faebar : les hommes d’Irlande y vinrent, avec eux trois chefs illustres.
Erglan mac Beoain meic Stairn, Semeon mac Iardan le Sombre, avant l’exil, partit le guerrier des plaines, Fergus Lethderg mac Nemid.
Soixante milliers, en ordre splendide, par terre et par eau, tel était le nombre de ceux qui partirent de chez eux, les descendants de Nemed, pour la prise.
Torinis, l’île de la tour, la forteresse de Conaing mac Faebar ; par Fergus lui-même, dans un combat de vaillance, Conaing mac Faebar tomba.
Morc mac Dela vint alors, c’était pour porter secours à Conaing : Conaing était déjà tombé, Mor tint la nouvelle pour grave.
Soixante navires sur la mer, tel était le nombre avec lequel vint Morc mac Dela : les descendants de Nemed les affrontèrent avant qu’ils n’atteignent la terre, avec une grande force.
Les hommes de toute l’Irlande dans la bataille, après l’arrivée des Fomoire, le flot de la mer les noya tous, sauf trente hommes.
Bechach, Bethach, Bronal, Pal, Goirthigern, German, Glasan, Ceran, Gobran, Gothiam le Pur, Gam, Dam, Ding et Deal.
Semeon, Fortecht, Gosten le Brillant, Grimaig, Guilliuc avec habileté, Taman, Turruc et Glas, Feb et Feran aux cheveux bouclés.
Trente hommes, après la traversée mélodieuse, partirent ensuite d’Irlande : ils se répartirent en trois groupes après la prise de la tour de Conaing à l’ouest.
Le tiers de Bethach le Victorieux, à la gloire mélodieuse, de Toirinis à la Bóinn : c’est lui qui mourut à Inis Fail, deux ans après Britan.
Le tiers de Semeon, fils du noble Erglan, jusqu’à Bealach Conglais, dans l’effroi ; le tiers de Britan, dit Ua Flaind, de là jusqu’à la tour de Conaing.
Les enfants d’Israël, en voyage, à cette époque, sortant d’Égypte ; et les enfants de Gaedel Glas voyageaient vers la Scythie.
Christ beau, à la belle apparence, Roi, répartiteur du havre du Paradis, dans Ton ciel, lieu de gloire, Roi du monde, veuille me choisir !
Fin de la première rédaction
Deuxième et troisième rédactions
Deuxième rédaction
Troisième rédaction
246 — Maintenant que nous avons exposé clairement l’histoire de Cessair et de Partholón, ainsi que leur synchronisme, depuis Adam jusqu’au Déluge, et du Déluge jusqu’à Abraham, puis d’Abraham jusqu’à Nemed, en connaissant le synchronisme de chacun des rois qui occupèrent le monde durant cette période, il vaut mieux que nous parlions de Nemed et des rois qui régnèrent en son temps. La Prise de possession de Nemed ci-dessous.
247 — L’Irlande demeura ensuite déserte pendant trente ans après Partholón, jusqu’à ce que Nemed mac Agnomain meic Paim meic Tait meic Sera meic Srú meic Esrú meic Baaith meic Rifaith Scuit, y arrivât. Car toute Prise de possession de l’Irlande qui eut lieu est issue de la descendance de Rifath Scot, à l’exception de celle de Cessair. Avec Sru mac Esru, se rejoignent les lignées de Partholón et de Nemed, des Fir Bolg, des Túatha Dé Danann et des fils de Míl d’Espagne. Et chacun de ces peuples parlait la langue scotique. Cela ressort clairement du récit selon lequel, lorsque Ith mac Breogáin, arriva en Irlande et que lui et les Túatha Dé Danann s’entretinrent, il leur parla en scotique, et eux lui répondirent de même ; et ils dirent qu’ils étaient issus de la descendance de Rifath. D’autres disent que Nemed était issu de la descendance du fils que Partholón avait laissé en Orient, à savoir Agia, fils de Partholón.
248 — Il partit de Scythie, vers l’ouest, naviguant sur la mer Caspienne, jusqu’à ce qu’au cours de ses pérégrinations il atteigne le grand océan du Nord. Sa flotte comptait trente-quatre navires, avec trente hommes dans chacun. Il leur apparut, au milieu de la mer, une tour d’or, et ils se dirigèrent tous vers elle pour s’en emparer. Mais tous furent noyés, à l’exception des huit de Nemed. Lorsque la mer était à son plein, les eaux recouvraient cette tour ; lorsqu’elle était à marée basse, une grande partie de celle-ci se trouvait découverte. Telle était l’avidité pour l’or qui s’était emparée d’eux qu’ils ne remarquèrent pas la mer qui faisait rage autour d’eux. Le tourbillon leur arracha donc leurs navires, à l’exception d’une seule embarcation, qui transportait Nemed et ses trois fils, avec leurs compagnons. Ce sont eux qui protégèrent les femmes. Nemed erra ensuite pendant un an et demi, jusqu’à ce qu’ils arrivent finalement en Irlande.
249 — Quant à Nemed, il y avait quatre chefs : Starn, Íarbonél Fáid, Fergus Lethderg et Annind, [qui étaient les quatre fils de Nemed]. Leurs quatre épouses étaient Macha, Meda, Eua et Cera. [Nemed ne fut désormais plus compté parmi ces quatre hommes.]
250 — Il y eut quatre apparitions de lacs sur le territoire au temps de Nemed : Loch Cal, en Uí Niallain, et Loch Munremair, en Uí Luigne de Sliab Gruaire, surgirent neuf ans après l’arrivée de Nemed ; puis Loch Dairbrech et Loch Annind, en Mide. Lorsque sa tombe fut creusée et qu’Annind y fut enseveli, c’est alors que le lac surgit sur le territoire. Mais Macha, femme de Nemed, mourut avant Annind. Elle mourut le douzième jour [de la première année] après leur arrivée en Irlande, et sa mort est la première mort parmi le peuple de Nemed. [Et c’est d’elle qu’Ard Macha tire son nom.]
251 — Deux forteresses royales furent creusées par Nemed en Irlande : Ráith Cindeich, en Uí Niallain, et Ráith Cimbaith, en Seimne. Les quatre fils de Matan Munremar, des Fomoire, creusèrent Ráith Cindeich en un seul jour : ils se nommaient Boc, Roboc, Ruibne et Rodan. Et Nemed les tua à Daire Lige, avant le matin, avant qu’ils ne puissent perfectionner leur ouvrage.
252 — Douze plaines furent défrichées par Nemed en Irlande : Mag Cera et Mag Eba, Mag Cuile Tolaid et Mag Luirg — ces quatre-là se trouvent en Connachta ; Mag Tochar, en Tír Eogain ; Leccmag, en Muma ; Mag Bernsa (« Sbernsa » dans la première rédaction), en Laigen ; Mag Lugad, en Uí Tuirtre ; Mag Sered, en Tebthia ; Mag Semne, en Dál Araide ; Mag Muirtemne, en Conaille (ces deux derniers sont intervertis dans la première rédactio) ; Mag Macha, en Airgialla.
253 — Nemed remporta trois batailles contre les Fomoire : la bataille de Ros Fraechain, en Connachta, où tombèrent Gand et Sengand, les deux rois des Fomoire ; la bataille de Murbolog, en Dál Riada, où tomba Starn mac Nemid, sous les coups de Conand mac Faebar, à Lethet Lachtmaige, dans le Murbolog de Dál Riata ; et la bataille de Cnamros, en Laigen, où les hommes d’Irlande subirent un massacre, parmi lesquels Artoat mac Nemid, et Beoan mac Stairn meic Nemid, sous les coups du même Conand. Et ces batailles furent livrées en présence de Nemed.
Ensuite, Nemed mourut de la peste à Oileán Arda Nemid, en Uí Liatháin, ainsi que trois mille hommes d’Irlande avec lui. Bellepares était roi du monde lorsque Nemed arriva en Irlande. Ce fut dans sa dixième année que Nemed vint de l’Est.
La naissance de Moïse eut lieu à cette époque. Au temps de Nemed commença la royauté d’Athènes, dont Cécrops fut le premier roi. À cette époque commença également le règne des Fils d’Israël en Égypte. À cette même époque, Sru mac Esru meic Gaidil Glais, fut exilé d’Égypte. C’est encore à cette époque que les dix plaies furent infligées à l’armée d’Égypte, et que le peuple d’Israël fut chassé d’Égypte vers la mer Rouge, Moïse marchant devant eux, le bâton à la main ; et la mer s’ouvrit devant lui, tandis que l’armée d’Égypte, avec Pharaon Acencheres à sa tête, les poursuivait et fut engloutie. Astacadis était alors roi d’Assyrie. Sru mac Esru, était alors en exil en Scythie, ainsi que son fils Eber Scot. Ensuite, Nemed mac Agnomain, mourut à Oileán Arda Nemed, dans le territoire d’Uí Liatháin, et deux mille personnes, hommes et femmes d’Irlande, moururent avec lui. Cela eut également lieu sous le règne d’Astacadis, roi d’Assyrie, selon les chroniqueurs.
254 — Une grande oppression s’abattit sur les enfants de Nemed ...
Deuxième rédaction
Troisième rédaction
... sous la domination des Fomoire à cette époque, après la mort de Nemed, ...
... après lui en Irlande, vengeant ces trois batailles sur sa descendance en Irlande, ...
... à savoir, sous les coups de Morc mac Dela, et de Conand mac Faebar, ...
... qui se trouvait dans la Tour de Conann ; et c’est aujourd’hui Torinis Cetne, en face de l’Irlande, au nord-ouest. La grande flotte des Fomoire s’y trouvait. Telle était l’oppression : ils firent de l’Irlande une bergerie, et personne n’osait laisser paraître de fumée au-dessus d’une maison en Irlande pendant le jour, à cette époque ; de plus, les deux tiers de leur blé, de leur lait et de leur progéniture devaient leur être livrés en tribut. Les hommes d’Irlande devaient apporter tout cela aux Fomoire, à Mag Cetne, chaque nuit de Samain.
... d’où vient le nom de la Tour de Conann, face à l’Irlande, au nord-ouest, à savoir Torinis. C’est là que se trouvait la grande flotte des Fomoire, qui percevait le tribut de l’Irlande. Voici quel était ce tribut : les deux tiers de la progéniture, du blé et du lait des hommes d’Irlande, qui devaient leur être apportés chaque nuit de Samain à Mag Cetne.
Et voici pourquoi elle est appelée Mag Cetne, en raison de la fréquence avec laquelle ils devaient y transporter le tribut : comme s’ils disaient : « Est-ce encore vers la même plaine (Mag Cetne) que le tribut sera porté cette fois-ci ? » D’où le nom de Mag Cetne.
C’est pourquoi elle fut appelée Mag Cetne, en raison de la fréquence à laquelle le tribut devait y être transporté.
C’est pourquoi elle fut appelée Mag Cetne, car chacun disait à l’autre : « Est-ce vers la même plaine que le tribut doit être porté ? » [Ou bien ce fut Ceti, fils d’Allot, qui défricha la plaine, bien longtemps après.]
256 — La colère et l’exaspération s’emparèrent des hommes d’Irlande à cause du poids du tribut, et les hommes d’Irlande allèrent ainsi combattre les Fomoire. Trois guerriers furent élevés avec eux : Semeon mac Íarbonél Fáid meic Nemid ; Erglan mac Beoain meic Stairn meic Nemid ; et Fergus Lethderg mac Nemid.
Deuxième rédaction
Troisième rédaction
Voici quels étaient leurs effectifs à cette époque, lorsqu’ils partirent en expédition : trente mille hommes par mer et trente mille par terre. [Ils s’emparèrent de la Tour, et Mor arriva avec soixante navires], au cours de laquelle [beaucoup] d’entre eux tombèrent sur le rivage, tant des Fomoire que des enfants de Nemed. La mer les engloutit tous, à l’exception de quelques-uns ; ils ne s’en aperçurent pas, tant le combat était acharné. À la fin, un seul navire s’échappa, à bord duquel se trouvaient trente guerriers, qui quittèrent ensuite l’Irlande,
Trente mille par mer et trente mille par terre : tels étaient les effectifs de l’armée. Et ils s’emparèrent de la tour, et Conann et les siens tombèrent entre leurs mains. Mais après la prise de la tour, Morc mac Dela, apparut avec les hommes de soixante navires ; de sorte qu’un massacre commun, tant de Fomoire que d’enfants de Nemed, eut lieu sur le rivage. Tous furent noyés, car ils ne s’aperçurent pas que la mer montait sur eux, et aucun ne fuyait devant l’autre, tant le combat et la bataille étaient acharnés. À la fin, un seul navire s’échappa, à bord duquel se trouvaient trente guerriers. Ils quittèrent l’Irlande, fuyant la maladie et le tribut.
257 — Voici les noms des trente guerriers qui s’échappèrent, de la descendance de Nemed, lors de la prise de la Tour de Conann : Erglan, Mathach, Artach, Beoan, Bethach, Britan, Baad, Ibad, Bechad, Bronal, Pal, Gortigem, Grenan, Glassan, Ceran, Gabran, Semeon, Fortach, Goscen, Guilliuc, Caman, Griman, Taman, Tuirriuc, Glas, Feb, Feran, Gam, Dam, Ding, Dial. Tels sont les noms des trente hommes qui s’échappèrent lors de la prise de la Tour de Conann, et c’est par eux que l’Irlande fut de nouveau prise de possession, comme on le dit :
L’équivalent de cette rubrique 257 de la deuxième rédaction, ainsi que le poème qui le suit, se trouvent à la rubrique 266 de la troisième rédaction.
La prise de la tour de Conaing avec vaillance, contre le grand Conaing mac Faebar : les hommes d’Irlande y vinrent, avec eux trois chefs illustres.
Erglan mac Beoain meic Stairn, Semeon mac Iardan le Sombre, avant l’exil, partit le guerrier des plaines, Fergus Lethderg mac Nemid.
Soixante milliers, en ordre splendide, par terre et par eau, tel était le nombre de ceux qui partirent de chez eux, les descendants de Nemed, pour la prise.
Torinis, l’île de la tour, la forteresse de Conaing mac Faebar ; par Fergus lui-même, dans un combat de vaillance, Conaing mac Faebar tomba.
Morc mac Dela vint alors, c’était pour porter secours à Conaing : Conaing était déjà tombé, Mor tint la nouvelle pour grave.
Soixante navires sur la mer, tel était le nombre avec lequel vint Morc mac Dela : les descendants de Nemed les affrontèrent avant qu’ils n’atteignent la terre, avec une grande force.
Les hommes de toute l’Irlande dans la bataille, après l’arrivée des Fomoire, le flot de la mer les noya tous, sauf trente hommes.
Bechach, Bethach, Bronal, Pal, Goirthigern, German, Glasan, Ceran, Gobran, Gothiam le Pur, Gam, Dam, Ding et Deal.
Semeon, Fortecht, Gosten le Brillant, Grimaig, Guilliuc avec habileté, Taman, Turruc et Glas, Feb et Feran aux cheveux bouclés.
Trente hommes, après la traversée mélodieuse, partirent ensuite d’Irlande : ils se répartirent en trois groupes après la prise de la tour de Conaing à l’ouest.
Le tiers de Bethach le Victorieux, à la gloire mélodieuse, de Toirinis à la Bóinn : c’est lui qui mourut à Inis Fail, deux ans après Britan.
Le tiers de Semeon, fils du noble Erglan, jusqu’à Bealach Conglais, dans l’effroi ; le tiers de Britan, dit Ua Flaind, de là jusqu’à la tour de Conaing.
Les enfants d’Israël, en voyage, à cette époque, sortant d’Égypte ; et les enfants de Gaedel Glas voyageaient vers la Scythie.
Christ beau, à la belle apparence, Roi, répartiteur du havre du Paradis, dans Ton ciel, lieu de gloire, Roi du monde, veuille me choisir !
258 — Beothach mourut de la peste en Irlande ; ses dix femmes lui survécurent pendant soixanet ans. Ibath et son fils Baath partirent vers le nord du monde. Mathach, Erglan et Iartacht, les trois fils de Beoan mac Stairn, allèrent à Dobar et Iardobar, dans le nord d’Alba. Ensuite, Semeon partit dans les terres des Grecs.
259 — Quant à Semeon, [mac Íarbonél Fáid meic Nemid], il partit dans les terres des Grecs.
Sa descendance s’y multiplia jusqu’à atteindre plusieurs milliers. Les Grecs leur imposèrent une servitude : porter de l’argile sur des rochers nus, afin qu’ils fussent tous transformés en plaines couvertes de fleurs de trèfle. Tristes et accablés par cette servitude, ils s’enfuirent, cinq mille hommes par la mer, et fabriquèrent des barques et des navires avec leurs sacs.
Ou bien ce sont les petits navires du roi de Grèce qu’ils prirent furtivement avec eux pour venir en Irlande, comme le dit le Cín Dromma Snechta.
260 — À cette époque, Dardanus, fils de Jupiter, prit la royauté de l’Asie Mineure. À cette époque eut lieu la mort d’Eber Scot en Scythie. Ensuite mourut Ogaman. Ensuite mourut Aaron. Amyntas prit la royauté du monde — le dix-septième roi d’Assyrie ; c’est sous son règne que mourut Moïse, ainsi que Tat mac Ogamain. Sous son règne, les Fir Bolg vinrent en Irlande, et sous son règne les Gaëdil furent expulsés de Scythie : Agnon mac Tait, était leur chef, et Boaman exerça la royauté après lui.
261 — Et ils arrivèrent en Irlande, dans la terre de leurs ancêtres, au terme de deux cents ans après la prise de la Tour de Conann, ou de deux cent trente ans.
262 — Les Fir Bolg, les Gaileoin et les Fir Domnann vinrent en Irlande ; car, bien que des noms différents leur soient attribués, ils ne constituent au fond qu’une seule Prise de possession : la descendance de Beothach mac Íarbonél Fáid meic Nemid. Ils furent appelés Fir Bolg en raison des sacs d’argile qu’ils avaient coutume de déposer sur les dalles de rocher nu ; Fir Domnann, en raison de l’approfondissement de l’argile sur les dalles de rocher nu ; et Gaileoin, en raison des javelots destinés à blesser qu’ils avaient, tandis qu’ils creusaient l’argile. Ou bien ils furent appelés Fir Bolg parce qu’ils avaient obtenu du roi des Grecs un territoire malsain en Grèce, infesté de reptiles venimeux, et que la protection qu’ils avaient trouvée contre ces reptiles consistait à emporter avec eux de l’argile d’Irlande dans des sacs : ils furent ainsi appelés Fir Bolg, d’après les sacs d’argile qu’ils emportaient avec eux dans leurs coracles.
263 — Ils amenèrent avec eux cinq chefs : Gann, Genann, Rudraige, Sengann et Sláine, les cinq fils de Dela mac Loith meic Tait meic Tribuait meic Athoirb meic Goscen meic Airthecht meic Semeóin meic Erglain meic Beoáin meic Stairn maic Nemid. Ces hommes se partagèrent l’Irlande à partir d’Uisnech, et c’est de la descendance de ce Semeon que sont issus les Gaileoin, les Fir Bolg et les Fir Domnann.
264 — Fergus Lethderg mac Nemid, et son fils Britan Máel, s’établirent à Móin Conain, et remplirent cette contrée de leur descendance. La descendance de Britus mac Issicoin, occupa toute l’île à l’exception de cette partie. Ainsi, la descendance de Britan mac Fergusa, se trouvait à Móin Conain, et la descendance de Britus mac Issicoin, se trouvait dans l’île, jusqu’à l’arrivée de Horsa et Hengist, les deux fils de Guictglis, roi des Saxons anciens, avec l’équipage de deux navires ; et voici les noms de leurs chefs, comme le poète le dit :
Hingis et Osro, Posro le Gras, Pella, Ethrall et Enda, Olla, Etmall, Ella.
Ils repoussèrent les Bretons jusqu’aux frontières de l’île, et ils refoulèrent la descendance de Britan à Móin Chonain ; c’est là que Britan laissa sa descendance. De Britus mac Issicoin, viennent en outre les Bretons, comme dit le poéte : C’est de Britus que viennent les Bretons, avec l’habileté dans leurs mains.
Ils repoussèrent la descendance de Britus jusqu’aux frontières de l’île, et ils répartirent la descendance de Britan mac Fergusa, [à Móin Chonain], dans une autre région, et s’établirent eux-mêmes au milieu de l’île.
265 — Bethach mac Íarbonél Fáid meic Nemid — sa descendance se rendit dans les îles du Nord du monde pour y apprendre la magie, le paganisme et les savoirs diaboliques, de sorte qu’ils devinrent experts en tout art ; ils furent ensuite les Túatha Dé Danann. Et ils vinrent en Irlande deux cent trente ans après avoir quitté l’Irlande. Bethach mac Íarbonél Fáid meic Nemid, mourut en Irlande avec ses dix hommes, et leurs dix femmes leur survécurent vingt-trois ans après leur mort, jusqu’à ce qu’elles mourussent toutes. Telle est donc l’histoire de chaque famille issue de la descendance de Nemed, depuis la dispersion de la Tour de Conann.
C’est pourquoi l’historien dit le poème suivant à ce sujet :
La Grande Irlande que gouvernent les Gaedil, je vais en dire quelques faits : de grands chefs armés de lances la prirent, issus de la fière race d’Adam.
Depuis Adam, le véritablement mélodieux, l’impitoyable, jusqu’au Déluge, tumulte qui avait été préparé, nul ne réchauffa son puissant foyer, si ce n’est Cessair et ses cinquante jeunes filles.
À l’exception de Bith et de Ladru — racontons-le —, et de Fintan, avec les ténèbres qui couvraient le pays, nul homme ne la trouva, nul ne révéla la noble grandeur de l’Irlande avant le temps du Déluge.
Après le Déluge, trois cents années de mystérieux voyage, pour qui en raconte l’histoire, celui qui fut une brillante couronne par ses exploits de vaillance, Partholón mac Sera, arrive.
Malgré tout canon de psaumes solennels, le peuple de Partholón le pécheur fut anéanti, toute sa maisonnée, sur son Ancienne Plaine, en l’espace d’une semaine.
Six fois cinq années sans accroissement, sans gardien, elle était dans une sombre solitude. Elle était déserte de tous côtés jusqu’à la mer orgueilleuse ; nul homme ne la prit, sauf Nemed.
Nemed, dans la colère (?) de tous, avec abondance de liens et de vaillance, prit possession de la terre où les armées se combattent, après la destruction des autres compagnies.
Il remportait habituellement la victoire sans péril, Nemed, avec orgueil et intelligence : le fils d’Agnoman avec noblesse, bien que sa troupe fût faible, elle était prestigieuse.
Starn, qui tomba sous les coups de Mac Faebuir, Íarbonél Fáid, qui était joyeux, Ainnind avec ses liens de cuir, étaient les trois chefs venimeux de Nemed.
Nemed, qui s’acquitta envers eux au sujet de leurs sécurités, ; ce fut une pestilence de feu, sous un destin de mort ; en son temps, dans un grand fracas tumultueux, il y eut une éruption : quatre lacs.
Loch Munremair, une mer agréable, aux larges crêtes, ferme et furieuse ; Loch Dairbrech au-dessus d’une haie de roi (?) ; Loch Cal et Loch Ainnind.
Avec vigueur furent creusées par sa troupe deux forteresses, avec force et solidité : Raith Cindeich, où il répartit les armes, Raith Cimbaeith en Semne.
Défrichées par lui, ce furent une voie agréable, douze plaines offrant une belle vue : Mag Cera en Connachta des brumes, Mag Moda et Mag Eba.
Le puissant Mag Tochair fut défriché, Leccmag de la grande plaine de Mumhain, Mag Bernsa, avec un mystère de grandes grâces, Mag Cuile Tolaid, Mag Lugad.
Mag Sered, pour l’assèchement d’une rivière, Mag Semne, pour la légèreté de la couleur, Mag Luirg, pour la faible obscurité du côté, Mag Muirthemne, Mag Macha.
Les défaites — œuvre digne d’être racontée — qu’il infligea aux guerriers des Fomoire, d’une grande vigueur : la bataille du vaste Morbolg, d’une grande vigueur, la bataille de Badbgna et la bataille de Cnamros.
Sur le territoire de Liatháin, en Mumhain, le sombre seigneur du massacre mourut de pestilence, avec la rude compagnie de l’herbe pure, à Oileán Arda Nemid.
Ils n’étaient pas à l’abri de l’oppression — la descendance qu’avait engendrée Nemed — de la part de Conaing au corps robuste et de la part de Morc mac Dela.
Les deux tiers de leurs beaux enfants, ce n’était pas généreux envers leur faiblesse militaire — un tribut durable à travers les âges du monde — les deux tiers du blé et du lait.
À la rude Mag Cetne des armes, au-dessus d’Eas Ruaid aux saumons merveilleux, cela fut préparé pour leur subsistance, pour leur festin (?) à chaque veille de Samain.
Semeon mac Iardan le Joyeux, Fergus le Pur et Généreux, dans un effort de fierté, Erglan mac Beoain le Belliqueux, étaient les trois hommes libres à la tête de leurs troupes.
L’armée d’Irlande avec sa troupe vint — c’étaient des pas de puissance — une bande de guerriers qui avaient du sang dans le corps, vers l’ouest, à la prise de la tour de Conaing.
La tour de Conaing, avec son abondance de butin, fruit de l’union des crimes de centaines de rapines, forteresse de rassemblement de l’art de la fureur des Fomoire de la mer.
Les hommes d’Irlande, après sa prise, avec la grande vaillance des troupes devant eux, de ceux-là, dans le désastre qui les frappa, nul ne s’échappa, excepté trente des descendants de Nemed.
Ils n’étaient pas en paix au sujet de leur héritage, cette troupe dans la grande vaillance du désespoir : des trente nobles guerriers, chaque chef prit son chemin.
Vers le pays des Grecs, le reste de la troupe partit avec Semeon, ce fut un chemin de bonheur : avec sagesse, au-dessus de la division éminente, Fergus alla à Moin Conain.
Britan Máel, fils du prince, libre, la multitude des chemins au-dessus des rivières, fils de Lethderg, de Leccmag, de qui sont les Bretons du monde.
Bethach, sous les pas des formes de la renommée, mourut en Irlande selon la vérité ; ses dix femmes, après lui, pendant une durée de vingt-trois années.
Des centaines naquirent de Semeon, les Grecs les tinrent pour une légion nombreuse : ils ne furent pas reçus par les guerriers, mais furent réduits en esclavage par les Grecs.
Tel était l’ordre des chefs, transportant des sacs — ce qui n’était guère glorieux — de l’argile sur une montagne rocheuse et pierreuse, de sorte qu’elle devint une plaine riche en fleurs et en troupeaux.
Ils partirent sans pacte perfide, sur la mer très noire et furieuse, hors de la captivité d’une dure servitude, avec des navires et des sacs.
Voici leurs noms glorieux, ceux des rois, pleins d’ardeur et d’agilité : Gand, Genand avec les hommes de choix de ses bonnes divisions, Rudraige, Sengand, Slanga.
La descendance de Semeon, d’une rangée de divisions armées de lances, acte d’une volonté pure et d’actions pures ; les Gáileoin, hommes aux rangs très clairsemés, les Fir Bolg et les Fir Domnann.
Deux cents ans, pour qui en raconte l’histoire, après Nemed, illustre par ses exploits de vaillance, jusqu’à ce que les Fir Bolg prennent la terre mélodieuse, l’Irlande, depuis le bassin de la mer de l’océan.
Leur répartition, leur partage, subsiste ; ils la divisèrent en cinq, sans religion — sans qu’aucune part ne revienne à leur maigre peuple — l’agréable Irlande, depuis Uisnech.
Rendons hommage au Christ très juste, qui a dompté les flots les plus puissants ; à lui appartient le monde avec sa descendance, à lui appartient tout territoire, à lui appartient l’Irlande.
L’équivalent de cette rubrique 266 de la troisième rédaction, ainsi que le poème qui le suit, se trouvent à la rubrique 257 de la deuxième rédaction.
266 — Voici les noms des trente guerriers qui s’échappèrent, de la descendance de Nemed, lors de la prise de la Tour de Conann : Erglan, Mathach, Artach, Beoan, Bethach, Britan, Baad, Ibad, Bechad, Bronal, Pal, Gortigem, Grenan, Glassan, Ceran, Gabran, Semeon, Fortach, Goscen, Guilliuc, Caman, Griman, Taman, Tuirriuc, Glas, Feb, Feran, Gam, Dam, Ding, Dial. Tels sont les noms des trente hommes qui s’échappèrent lors de la prise de la Tour de Conann, et c’est par eux que l’Irlande fut de nouveau prise de possession, comme on le dit :
La prise de la tour de Conaing avec vaillance, contre le grand Conaing mac Faebar : les hommes d’Irlande y vinrent, avec eux trois chefs illustres.
Erglan mac Beoain meic Stairn, Semeon mac Iardan le Sombre, avant l’exil, partit le guerrier des plaines, Fergus Lethderg mac Nemid.
Soixante milliers, en ordre splendide, par terre et par eau, tel était le nombre de ceux qui partirent de chez eux, les descendants de Nemed, pour la prise.
Torinis, l’île de la tour, la forteresse de Conaing mac Faebar ; par Fergus lui-même, dans un combat de vaillance, Conaing mac Faebar tomba.
Morc mac Dela vint alors, c’était pour porter secours à Conaing : Conaing était déjà tombé, Mor tint la nouvelle pour grave.
Soixante navires sur la mer, tel était le nombre avec lequel vint Morc mac Dela : les descendants de Nemed les affrontèrent avant qu’ils n’atteignent la terre, avec une grande force.
Les hommes de toute l’Irlande dans la bataille, après l’arrivée des Fomoire, le flot de la mer les noya tous, sauf trente hommes.
Bechach, Bethach, Bronal, Pal, Goirthigern, German, Glasan, Ceran, Gobran, Gothiam le Pur, Gam, Dam, Ding et Deal.
Semeon, Fortecht, Gosten le Brillant, Grimaig, Guilliuc avec habileté, Taman, Turruc et Glas, Feb et Feran aux cheveux bouclés.
Trente hommes, après la traversée mélodieuse, partirent ensuite d’Irlande : ils se répartirent en trois groupes après la prise de la tour de Conaing à l’ouest.
Le tiers de Bethach le Victorieux, à la gloire mélodieuse, de Toirinis à la Bóinn : c’est lui qui mourut à Inis Fail, deux ans après Britan.
Le tiers de Semeon, fils du noble Erglan, jusqu’à Bealach Conglais, dans l’effroi ; le tiers de Britan, dit Ua Flaind, de là jusqu’à la tour de Conaing.
Les enfants d’Israël, en voyage, à cette époque, sortant d’Égypte ; et les enfants de Gaedel Glas voyageaient vers la Scythie.
Christ beau, à la belle apparence, Roi, répartiteur du havre du Paradis, dans Ton ciel, lieu de gloire, Roi du monde, veuille me choisir !
La prise de la tour de Conaing avec vaillance, contre le grand Conaing mac Faebar : les hommes d’Irlande y vinrent, avec eux trois chefs illustres.
Erglan mac Beoain meic Stairn, Semeon mac Iardan le Sombre, avant l’exil, partit le guerrier des plaines, Fergus Lethderg mac Nemid.
Soixante milliers, en ordre splendide, par terre et par eau, tel était le nombre de ceux qui partirent de chez eux, les descendants de Nemed, pour la prise.
Torinis, l’île de la tour, la forteresse de Conaing mac Faebar ; par Fergus lui-même, dans un combat de vaillance, Conaing mac Faebar tomba.
Morc mac Dela vint alors, c’était pour porter secours à Conaing : Conaing était déjà tombé, Mor tint la nouvelle pour grave.
Soixante navires sur la mer, tel était le nombre avec lequel vint Morc mac Dela : les descendants de Nemed les affrontèrent avant qu’ils n’atteignent la terre, avec une grande force.
Les hommes de toute l’Irlande dans la bataille, après l’arrivée des Fomoire, le flot de la mer les noya tous, sauf trente hommes.
Bechach, Bethach, Bronal, Pal, Goirthigern, German, Glasan, Ceran, Gobran, Gothiam le Pur, Gam, Dam, Ding et Deal.
Semeon, Fortecht, Gosten le Brillant, Grimaig, Guilliuc avec habileté, Taman, Turruc et Glas, Feb et Feran aux cheveux bouclés.
Trente hommes, après la traversée mélodieuse, partirent ensuite d’Irlande : ils se répartirent en trois groupes après la prise de la tour de Conaing à l’ouest.
Le tiers de Bethach le Victorieux, à la gloire mélodieuse, de Toirinis à la Bóinn : c’est lui qui mourut à Inis Fail, deux ans après Britan.
Le tiers de Semeon, fils du noble Erglan, jusqu’à Bealach Conglais, dans l’effroi ; le tiers de Britan, dit Ua Flaind, de là jusqu’à la tour de Conaing.
Les enfants d’Israël, en voyage, à cette époque, sortant d’Égypte ; et les enfants de Gaedel Glas voyageaient vers la Scythie.
Christ beau, à la belle apparence, Roi, répartiteur du havre du Paradis, dans Ton ciel, lieu de gloire, Roi du monde, veuille me choisir !
267 — Cette généalogie de Partholón et de Nemed se présente différemment : à savoir, deux fils d’Agnomain, fils de Starn, fils de Tat, fils de Beoan, fils de Mar, fils d’Airthecht, fils d’Iartacht, fils d’Iafeth, fils de Noé, fils de Lamech. La descendance de Beothach, fils d’Iardanaines. La descendance de « Semiaines », fils de « Starnaines ». La descendance de Fergus Lethderg mac Nemid, est celle qui se trouve à Móin Conain. C’est pourquoi on les appelle Fir Bolg, car ils avaient coutume d’emporter avec eux de l’argile d’Irlande pour la vendre aux Grecs, contre de l’or et de l’argent, afin de couvrir les cités. Car il y avait dans ces cités, chez les Grecs, des serpents venimeux et des reptiles nuisibles ; et c’est là la véritable explication de la raison pour laquelle on les appelle « Fir Bolg ». Et ils se rendaient chaque année à ce commerce vers l’est, puis revenaient de l’est. Et « Fir Domnann », à cause de l’enfoncement de la terre dans les sacs. Et « Gaileoin », à cause de leur creusement ; et ils étaient de la descendance de Nemed de toutes parts. D’autres disent, [les Tuatha Dé Danann], qu’ils étaient de la descendance de Beothach, fils d’Iardanaines, c’est-à-dire du peuple de Nemed appartenant au groupe qui partit vers l’est à la recherche de la jeune fille ; car ils la capturèrent et célébrèrent une grande fête dans l’est, jusqu’à ce que leurs petits-enfants et arrière-petits-enfants vinssent ensuite, [au terme d’un long temps]. Or leur connaissance était si grande qu’ils vinrent sans navires ni embarcations, et abordèrent sur la montagne de Conmaicne Rein, en Connachta.
268 —D’autres disent que les Tuatha Dé Danann étaient des démons d’un autre ordre, et que ce sont eux qui vinrent du ciel lors de l’expulsion par laquelle Lucifer et ses démons furent chassés du ciel ; ayant pris pour eux-mêmes un corps aérien afin de détruire et de tenter la descendance d’Adam. Telle est la forteresse contre laquelle s’avancèrent ceux qui entreprirent cette tentative, à la suite du diable et de ses adeptes. C’est pourquoi ces gens se déplacent dans les courants d’air. Ils vont sous les mers, ils prennent des formes de loups, et ils vont vers les insensés comme vers les puissants. De là vient que leur nature à tous est d’être des adeptes du diable. Aucune généalogie de ces gens ne remonte jusqu’à l’origine ; ils ne sont pas non plus reconnus comme des hommes appartenant au monde en général ; et toute cette multitude se dressa contre la justice des fils de Míl et contre le peuple de la foi du Christ.
269 — Mais dans le livre De Subternis, d’autres disent que les Tuatha Dé Danann étaient des poètes des Grecs, et que leur pouvoir consistait à pouvoir naviguer ensemble sur les mers sans embarcations. Outre qu’ils étaient des prophètes dans le monde, selon leur véritable héritage, ils étaient des communautés de rois et de clans. Voici les noms de ceux qui accompagnèrent les Tuatha Dé : Delbaeth et Elathan, Bres, par qui fut livrée la bataille de Bres, c’est-à-dire la bataille de Mag Tuired contre les Fomoires, ainsi que Dagda et Lug Lamfhada lui-même.
270 — [lacune] combattez les enfants de Nemed et écrasez vos ennemis ; décapitez-les et dispersez-les pour venger tous vos frères et amis morts de leurs mains. C'est alors que se leva cette armée venue de la mer, sous l'impulsion féroce de Mor fils de Dela ; les hommes d'Irlande et les enfants de Nemed se levèrent de même. Une bataille acharnée et impétueuse s'engagea alors entre eux. La fureur et la colère de chacun envers son adversaire étaient immenses ; le combat était d'une telle âpreté que nul, de part et d'autre, ne pouvait penser à autre chose qu'à la lutte et au combat. Ainsi, ils ne remarquèrent rien du tout, jusqu’à ce que le flot tumultueux de la marée haute, la vague qui se dressait sur la mer bleue et déchaînée, se précipite sur eux, de sorte qu’aucun homme d’entre eux ne réchappa, à l’exception des hommes d’un seul navire des Fomoires et de trente guerriers des enfants de Nemed. Les hommes de ce navire retournèrent dans le pays d’où ils étaient venus et racontèrent leur histoire du commencement à la fin ; et le reste des Fomoire fut accablé par cette nouvelle.
271 — Quant aux trente guerriers des enfants de Nemed qui s’échappèrent, ils partagèrent l’Irlande en trois parts. Les trois chefs qu’ils avaient étaient Beothach, mac Íarbonél Fáid meic Nemid ; Semeon mac Stairn meic Nemid; et Britan Máel mac Fergusa Lethdeirg meic Nemid. Voici quelle était la part de Beothach : de Toirinis de Mag Cetne, le lieu où la Tour de Conann fut prise et où cette bataille fut livrée, jusqu’à Boand, sous sa forme féminine, aux cent ports. La part de Semeon allait de Boand jusqu’à Belach Conglais. La part de Britan allait de Belach Conglais jusqu’à Toirinis de Mag Cetne, au nord de l’Irlande. Beothach fut le premier à quitter l’Irlande, et le pays où ils arrivèrent d’abord dans le monde se trouvait au nord-est de la grande Lochlann ; c’est là qu’ils apprirent la prophétie, la druidisme, la magie et tous les savoirs de l’art poétique qui existaient dans le monde. Ils vinrent ensuite de là en Grande Grèce, puis, après avoir maîtrisé de nombreux arts, ils revinrent en Irlande sur les traces de leur père et de leur grand-père : et ce furent essentiellement les Tuatha Dé Danann. Britan Máel mac Fergusa Lethdeirg, s’établit à Móin Conain, fils de Faebar. Quant à Semeon, il alla en Grande Grèce, et toute descendance qui naquit de lui fut réduite en servitude par les Grecs ; c’est de Semeon que sont issus les Gaileoin, les Fir Bolg et les Fir Domnann. Tels sont les débris qui restèrent ensuite en Irlande et qui ne partirent pas avec eux d’Irlande. La première attaque contre l’Irlande fut menée par eux après de grandes fatigues, à savoir la bataille de Loch Sentuinne, aujourd’hui appelée Loch Febail ; Febal, fils de Find, fils de Firmend, y fut tué, et c’est de lui que le lac tire son nom. Puis vint la bataille de Mag Glas, sur la terre de Bres, fils d’Eladan, aujourd’hui appelée Mag Tibra. Mag Tibra tire son nom de Tibir, fils de Cas Clothach, des Tuatha Dé Danann, où Glas, fils de Rigbard, fils de Fer Bend, roi du pays, tomba ; et c’est de lui que Mag Glas tire son nom. À partir de là suit la défaite des Tuatha Dé Danann contre les Fomoires. Et de cette histoire le poète Fland chanta ce poème pour en commémorer le récit : Togail Tuir Chonaing congail, etc. Fin de la Prise.
Fin des deuxième et troisième rédactions
Synchronismes
Synchronismes
272 — Le synchronisme de la Prise de Nemed, ci-dessous. Six cent quarante ans depuis la naissance d’Abraham jusqu’à l’arrivée de Nemed en Irlande — à savoir les soixante années qu’Abraham passa [en voyage], auxquelles s’ajoutent les trente années durant lesquelles l’Irlande fut déserte ; ainsi, cela fait six cent quarante années d’Abraham à Nemed. En outre, mille cinq cent soixante-deux années depuis le Déluge jusqu’à l’arrivée de Nemed en Irlande ; sept cent trente années depuis l’arrivée de Nemed en Irlande jusqu’à la prise de la Tour de Conaing.
273 — Le décompte des rois qui prirent possession du monde durant cette période.
BELLEPAHES
était dans la haute royauté du monde lorsque Nemed vint en Irlande depuis la Scythie. Son règne dura trente ans — les neuf années qu’il passa avant Nemed, et vingt et une années contemporaines de Nemed.
LAMPADEISS
32 ans
SOSSARESS
20 ans
LAMPRIDERIS
30 ans
=PIAMENIAS
25 ans
SOPHARTHUS
29 ans
De son temps, Troie fut prise par Héraclès, contre Laomédon : soixante ans séparèrent cette prise de la dernière prise, menée par Agamemnon et Pélée [sic : lire Achille] et les Grecs contre Priam et ses fils.
METRALIUS
27 ans
TUTANES
32 ans
De son temps, Troie fut prise pour la dernière fois. Il y eut sept ans entre la peste qui frappa le peuple de Partholón et la fin de la domination de l’Assyrie ; deux cent quarante-six ans entre la peste et la prise de Troie. Il y eut trois cent cinquante-quatre ans entre la fin du règne de Tautanes et la fin de la domination de l’Assyrie.
INFLEITUS
40 ans
TENIAS
31 ans
CLAFARES
59 ans
LANTES
42 ans
PRIFIADIS
30 ans
OFFRATALUS
20 ans
OFFRATANES.
50 ans
ACRASTABES
42 ans
TONUSCONCULER
20 ans
Il est le dernier prince des Assyriens ; Sardanapale était son nom grec. Il en vint à filer au fuseau, et fut transformé en une vieille femme flétrie, si bien qu’il se brûla dans le feu.
Quatre cent soixante-dix ans s’écoulèrent depuis l’arrivée de Nemed jusqu’à la fin de la domination de l’Assyrie, et ils eurent dix-sept rois contemporains de Nemed. La durée totale de leur domination fut de mille deux cent quarante ans, et ils eurent trente-six rois durant cette période, comme le poéte le dit :
Deux fois vingt, deux cents sans reproche, un millier, sans mensonge, d'années fut la durée de leur règne, noble renommée pour le temps des trente-huit rois.
Si c’est depuis la première année du noble Ninus qu’ils prirent une souveraineté de bon rang, mille,quand bien même ce ne serait que mon compte, deux cent quarante.
274 — Après le règne de l’Assyrie, les Amazones exercèrent la souveraineté pendant cent ans, et elles eurent six reines durant cette période : Marpesia, Lampeto, Sinope, Brithjda, et Penthésilée. Dans l’histoire de Dares [Phrygius], il est rapporté que Penthésilée était du côté des Troyens dans leur combat contre les Grecs, si bien qu’elle tomba sous les coups de Pyrrhus, fils d’Achille. Si c’est Tautanes qui était roi au moment de la prise de Troie, Penthésilée était contemporaine des Assyriens ; ou bien Troie fut prise du temps des Amazones.
275 — La royauté des Mèdes fut la haute principauté qui suivit celle des Assyriens : ils eurent huit rois, et deux cent cinquante-cinq ans fut la durée de leur règne, comme on dit :
Neuf années, cinquante, deux cents, pour régner — ce n’est pas mensonge — telle fut la durée du règne des Mèdes, gloire et renommée, au temps de leurs huit rois.
ARPAIT
leur premier roi, régna vingt-huit ans.
SUSFONIIUS
30 ans
Sous son règne se trouvait le dernier roi d’Assyrie, Baltassar, fils de Labashi-Marduk.
SOSSARESS
20 ans
MADIDUS
20 ans
Sous son règne, Salmanazar emmena en captivité les Dix Tribus.
=PIAMENIAS
25 ans
CORDIASIAS
14 ans
TEOCUS
54 ans
Dans la trente-deuxième année de son règne, eut lieu la bataille de Lethet Lachtmuige, en Dál Riata, où Starn mac Nemid, tomba sous les coups de Conaing, fils de Faebar, sept ans après la prise de la Tour de Conaing ; et ce fut alors l’expulsion de la descendance de Nemed hors d’Irlande.
276 — Dans la cent quarantième année du règne des Mèdes, la descendance de Nemed vint en Irlande ; cinq cent soixante-dix ans du règne des Assyriens s’étaient écoulés, et il y eut seize rois des Assyriens, six reines des Amazones et quinze rois des Mèdes, durant les règnes desquels Nemed et sa descendance séjournèrent en Irlande. Ce sont là les sept cent trente ans durant lesquels la descendance de Nemed fut en Irlande.
TEOCUS
en outre, régna cinq ans alors que l’Irlande était déserte.
FORORTES
24 ans
CIRAXAREIS
28 ans
C’est sous son règne que Nabuchodonosor était à Babylone.
ASTIAGHES
8 ans,
jusqu’à ce que Cyrus, fils de Darius, fils de sa propre fille, le détrônât. Sous son règne, Nabuchodonosor brûla le Temple de Salomon, après avoir auparavant dévasté Jérusalem.
277 — Voici maintenant la principauté des Mèdes : quarante-cinq ans, et l’Irlande fut déserte durant leur domination. Après la domination des Mèdes, les Chaldéens en eurent la souveraineté, mais ils ne sont jamais comptés parmi les hauts souverains :
NABCODON, sept ans. et son fils EVIL MERODHACH, dix-huit ans. et son petit-fils NEGUSAR, trente ans. et son arrière-petit-fils LAUADSARDECH, neuf mois. et son arrière-arrière-petit-fils BALLASTAR, dix-sept ans.
Ce sont là les cinq rois des Chaldéens ; cent cinq ans moins trois mois fut la durée de leur principauté. Les quatre-vingt-cinq ans pendant lesquels les Mèdes exercèrent la royauté alors que l’Irlande était déserte, et les cent cinq ans pendant lesquels les Chaldéens l’exercèrent, donnent les deux cents ans durant lesquels l’Irlande resta déserte, depuis la prise de la Tour de Conaing jusqu’au voyage des Fir Bolg. Ainsi donc, de cette manière, la Prise de Nemed est achevée. [Et au sujet de cette Prise de Nemed, l’historien dit le poème suivant —
Fin des synchronismes
Traduction française par nos soins d'après la version bilingue de Macalister (1940).
Sources: • R.A.S. Macalister, (1940) - Lebor Gabala Erenn. The Book of the Taking of Ireland III, 214 p.
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique
LIENS ANALOGIQUES
• Annind mac Nemid [personnages de la mythologie irlandaise (de Abba à Aurthacht)]
• Baath mac Ibaith [personnages de la mythologie irlandaise (de Baath à Buite)]
• Beoan mac Stairn [personnages de la mythologie irlandaise (de Baath à Buite)]
• Beothach mac Íarbonél [personnages de la mythologie irlandaise (de Baath à Buite)]
• Bith mac Nóe [personnages de la mythologie irlandaise (de Baath à Buite)]
• Boc mac Matain Munremair [personnages de la mythologie irlandaise (de Baath à Buite)]
• Britan Máel mac Fergusa Lethdeirg [personnages de la mythologie irlandaise (de Baath à Buite)]
• Cessair ingen Betha [personnages de la mythologie irlandaise (de Caelbad à Cutra)]
• Conand mac Fáebair [personnages de la mythologie irlandaise (de Caelbad à Cutra)]
• Erglan mac Beoain [personnages de la mythologie irlandaise (de Eang à Eua)]
• Fergus Lethderg mac Nemid [personnages de la mythologie irlandaise (de Fachtna à Furbaide)]
• Fintan mac Bóchrai [personnages de la mythologie irlandaise (de Fachtna à Furbaide)]
• Fir Bolg [Peuples et groupes mythiques ou légendaires d'Irlande]
• Fir Domnann [Peuples et groupes mythiques ou légendaires d'Irlande]
• Fir Gailioin [Peuples et groupes mythiques ou légendaires d'Irlande]
• Gand mac Dela [personnages de la mythologie irlandaise (de Gabur à Guala)]
• Gáedel Glas mac Niúil [personnages de la mythologie irlandaise (de Gabur à Guala)]
• Genand mac Dela [personnages de la mythologie irlandaise (de Gabur à Guala)]
• Iartach mac Beoain [personnages de la mythologie irlandaise (de Iafeth à Iuchra)]
• Íarbonél Fáid mac Nemid [personnages de la mythologie irlandaise (de Iafeth à Iuchra)]
• livre de Ballymote (Le) [manuscrits irlandais (Les)]
• livre de Fermoy (Le) [manuscrits irlandais (Les)]
• livre du Leinster (Le) [manuscrits irlandais (Les)]
• Matach mac Beoain [personnages de la mythologie irlandaise (de Mac an Daimh à Mulcha)]
• Matan Munremar [personnages de la mythologie irlandaise (de Mac an Daimh à Mulcha)]
• Morc mac Dela [personnages de la mythologie irlandaise (de Mac an Daimh à Mulcha)]
• Partholón mac Sera [personnages de la mythologie irlandaise (de Palap à Patraic)]
• Rawlinson B 512 [manuscrits irlandais (Les)]
• Roboc mac Matain Munremair [personnages de la mythologie irlandaise (de Raichne à Rudraige)]
• Rudraige mac Dela [personnages de la mythologie irlandaise (de Raichne à Rudraige)]
• Ruibne mac Matain Munremair [personnages de la mythologie irlandaise (de Raichne à Rudraige)]
• samain [fêtes du calendrier celtique (Les)]
• Semul mac Íarbonél [personnages de la mythologie irlandaise (de Sadb à Suibhne)]
• Sengand mac Dela [personnages de la mythologie irlandaise (de Sadb à Suibhne)]
• Sláine mac Dela [personnages de la mythologie irlandaise (de Sadb à Suibhne)]
• Starn mac Nemid [personnages de la mythologie irlandaise (de Sadb à Suibhne)]