Balor / Balor mac Doit / Balor mac Dóite / Balor mac Doigh (Balor, fils de Dot) - (prononcer : Ba-lor mak Doh-tuh /ˈba.lɔɾ ˈmak ˈdoːtʲə/). Divinité de la mythologie irlandaise. Il est l'une des figures les plus fascinantes et redoutables de la mythologie celtique irlandaise. Il apparait dans le récit de la seconde bataille de Mag Tured, où il est un des roi des Fomoire construisant des forteresses pour Bres. Il est le fils de Dot, fils de Nét, l'époux de Cethlenn, le frère de Conn Cródha, et le père d'Eithne. Il a pour surnoms : Bailcbheimneach que l'on peut traduire par le "puissant aveuglant", mais également mac Búarainic "fils au visage de vache".
Balor est surtout connu pour son oeil unique, dont la paupière est si lourde qu'il faut quatre hommes pour la soulever à l'aide de lances. Lorsqu'il est ouvert, cet oeil maléfique a la propriété de terrifier et de paralyser l'armée adverse, rendant Balor pratiquement invincible sur le champ de bataille. Outre cet oeil, il est décrit comme un géant d'une force et d'une stature impressionnantes.
Le nom de Balor (en irlandais Balar ou Balor) est souvent interprété comme dérivant de la racine gaélique *bal-* signifiant "regarder" ou "oeil", ce qui fait directement référence à son oeil mortel. L'étymologie du nom est donc liée à sa capacité à détruire par le regard. L'histoire de son oeil et de son pouvoir mortel est centrale dans le mythe, car elle explique l'importance de Lugh, son petit-fils, dans la prophétie qui conduit à sa chute. Cependant, Jouët (2012) précise que l'étymologie de Balor n'est pas établie.
Balor tenait sa fille Eithne à l'écart des hommes, car, selon la prophétie, il devait périr de la main d'un petit-fils. Cependant, Eithne finit par tomber enceinte de Cian, fils de Delbáeth, roi des Túatha Dé Danann, et donna naissance à des triplés. Balor ordonna alors qu'ils soient jetés à la mer, mais Lugh survécut, échappant ainsi au destin que son grand-père avait tenté d'empêcher.
Bien plus tard, lors de la seconde bataille de Mag Tured, Lugh, devenu adulte, se présenta devant Balor. Enchanté par l'éloquence de Lugh, Balor demanda que l'on lui ouvre son unique oeil afin de mieux le voir. Lugh en profita pour lui décocher une balle de fronde en pierre(1), qui arracha l'oeil de Balor, provoquant la mort de nombreux Fomoires, ainsi que celle du redoutable Balor lui-même. Mais, avant de mourir, Balor demande à Lugh de le décapiter et de poser sa tête sur la sienne. Lugh lui tranche la tête, mais se garde bien de la poser sur sa propre tête. Il la place sur un grand pilier, qui s'embrase aussitôt et se brise.
(1) Dans une autre version, Lugh utilise un morceau de fer forgé par Goibniu. L'arme devient alors un artefact magique, conférant à Lugh un soutien divin explicite, et déplaçant l'accent de la ruse et de l'habileté du héros vers l'intervention des dieux.
Le personnage de Balor est souvent interprété comme une métaphore de la destruction incontrôlable, de la colère aveugle. Son oeil unique symbolise la puissance du regard destructeur, mais aussi la perdition de celui qui cède à la tentation de la violence irrationnelle. À un niveau plus symbolique, Balor incarne les forces obscures et l'oppression, en opposition directe à Lugh, son petit-fils, qui représente la lumière, le savoir et l'ordre. Dans ce duel mythique, Balor est le côté sombre que le héros lumineux doit renverser pour restaurer l'équilibre. Son équivalent dans la mythologie galloise est : Yspaddaden Penkawr.
Sources: • M. Green, (1995) - Mythes celtiques, Seuil, Paris, 160p.
• G. Hily, (2012) - Le dieu celtique Lugus, Rennes, TIR, 506p.
• Ph. Jouët,(2012) - Dictionnaire de la Mythologie et de la Religion Celtiques, Yoran embanner, Fouesnant, 1039p.
• F. Le Roux - Ch.-J. Guyonvarc'h, (1986) - Les Druides, Ouest-France, 448p.
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique