La cause de la folie de Mongan (Tucait baile Mongáin) - Court récit en vieil irlandais appartenant à la légende de Mongán, généralement rattaché à la tradition des echtrai et des récits de séjour dans l'Autre Monde. Le texte est conservé dans le Lebor na hUidre (vers 1100), mais sa composition est sans doute antérieure, probablement du IXᵉ siècle. Il met en scène Mongán racontant à son épouse Findtigernd les circonstances de sa disparition de sept ans, laquelle s'avère être un séjour dans un lieu surnaturel où le temps est aboli : ce qui semble n'être qu'une nuit correspond en réalité à une année entière. Le terme baile, souvent traduit en français par "folie", désigne ici un état d'exaltation inspirée, proche de la révélation visionnaire, plutôt qu'une perte de raison. Le récit combine des repères historiques précis (assemblée d'Uisnech, mort de Tuathal Máel Gairb, accession de Diarmait mac Cerbaill) avec des motifs mythologiques classiques - forteresse merveilleuse, abondance surnaturelle, distorsion du temps - soulignant la nature liminale de Mongán, à la fois figure royale, poétique et quasi surnaturelle.
Tucait baile Mongán
Écoutez. La femme de Mongán, Findtigernd, demanda à Mongán qu'il lui raconte en détail son départ du pays des Gaídsi durant les sept années de son absence. Il raconta alors comment il était venu à l'âge en question.
Il y avait une grande assemblée des hommes d'Irlande à Uisnech de Mide, l'année de la mort de Ciarán fils du charpentier, et du meurtre de Tuathal Máel Gairb, et de la prise de la royauté par Diarmait(1). Les armées étaient à Uisnech. Un grand orage de grêle éclata là. Telle en était la violence que dix-sept rivières principales laissèrent tomber une seule averse sur l'Irlande pour toujours.
(1) Ciarán meurt en 548/549, tandis que Túathal Máelgarb est tué aux alentours de 538‑543 ; la chronologie dans ce récit n'est pas totalement cohérente.
Alors Mongán se leva, plein de science, vers le tertre à l'écart, avec sa reine et son historien, Cairthede fils de Marcán, et ils aperçurent une forteresse aux arbres nombreux, d'un aspect singulier. Ils s'y rendirent. Lorsqu'ils y entrèrent, ils pénétrèrent dans un vestibule admirable : des vagues de bronze sur la maison. Un pavillon lumineux sur les rebords des fenêtres, une grande abondance de mets choisis s'y trouvait.
Des merveilles étaient présentées dans la maison : des coupes et des chaudrons, et des trésors étonnants ; sept cuves de vin s'y trouvaient. Des accueils joyeux furent faits à Mongán dans la maison. Il y demeura et s'enivra.
C'est là que Mongán chanta alors le baile pour la femme, parce qu'il lui avait promis de lui révéler quelque chose au sujet de ses errances. Il leur sembla qu'ils n'étaient restés que peu de temps dans la maison. Il ne leur paraissait pas pénible d'y demeurer une seule nuit. Pourtant ils y furent une année entière, et lorsqu'ils en sortirent, ils se retrouvèrent à Rath Mór de Mag Line, là où ils se trouvaient auparavant.
"Traduit par nos soins d'après la version gaélique de celt.ucc.ie"
<span class=blue14>Liens externes :</span> 🌏Tucait baile Mongán inso / celt.ucc.ie (consulté le 27/01/2026)
• Cairthede mac Marcáin [ personnages de la mythologie irlandaise (de Caelbad à Cuscraid) ] • Ciarán mac an tsaoir [ personnages de la mythologie irlandaise (de Caelbad à Cuscraid) ] • Diarmait mac Cerbaill [ personnages de la mythologie irlandaise (de Daire Cearb à Duibhfhionn) ] • Findtigern [ personnages de la mythologie irlandaise (de Fachtna à Furbaide) ] • légende de Mongan (La) [ textes mythologiques irlandais (Les) ] • livre de la vache brune (Le) [ manuscrits irlandais (Les) ] • Marcán [ personnages de la mythologie irlandaise (de Mac an Daimh à Mulcha) ] • Mongán [ personnages de la mythologie irlandaise (de Mac an Daimh à Mulcha) ] • Tuathal Maelgarbh mac Cormaic [ personnages de la mythologie irlandaise (de Tae à Tummuc) ]