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Approfondissements : le symbolisme celtique

Le symbolisme des animaux


On a cru pendant longtemps que la religion celtique accordait une grande place au zoomorphisme et au totémisme. Cela aurait constitué une preuve de sa grande ancienneté ou de son primitivisme, le stade évolutif suivant étant constitué par l'anthropomorphisme de dieux mieux élaborés, comme par exemple les dieux grecs. Mais l'on n'a aucune preuve sérieuse de totémisme dans le domaine celtique. Toutefois, une chose est sûre, les animaux constituent un des thèmes majeurs de l'art celtique, et ce, dès le Vème siècle avant JC. Le choix des animaux représentés n'est pas hasardeux ! Le sanglier symbolise par exemple la fonction sacerdotale, l'ours la fonction royale, le corbeau est l'animal de Lug... Le cygne, ou l'oiseau en général, est le messager de l'Autre-Monde, le cheval est psychopompe, etc. Assez peu d'animaux sont représentés, mais lorsqu'ils le sont, cela dure pendant toute la durée de l'art, parfois par des artistes qui ne les connaissent pas directement. Dans cette rubrique figurent ainsi quelques animaux ainsi que le symbolisme celtique qui leur est associé. Quelques légendes, la plupart issues de textes médivaux, permettent de mieux comprendre pourquoi ces animaux représentent telle ou telle chose. Cependant, vous remarquerez que certains de ces symbolismes possèdent une explication fondée sur les mythologies grecques et romaines (ce sera toujours précisé !). C'est seulement pour satisfaire votre curiosité en attendant qu'une explication plus celtique arrive...

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A
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Abeille

A l'époque, les Celtes se réconfortent avec du vin miellé et de l'hydromel. L'abeille, dont le miel sert à faire de l'hydromel ou liqueur d'immortalité, est l'objet, en Irlande, d'une étroite surveillance légale. Un texte juridique moyen-gallois dit que "la noblesse des abeilles vient du paradis et c'est à cause du péché de l'homme qu'elles vinrent de là ; Dieu répandit sa grâce sur elles et c'est à cause de cela qu'on ne peut chanter la messe sans la cire". Même si ce texte est tardif et d'inspiration chrétienne, il confirme une tradition très ancienne dont le vocabulaire offre encore des traces (le Gallois cwyraidd de cwyr "cire" signifie "parfait, accompli", et l'Irlandais moderne céir-bheach, littéralement "cire d'abeille", désigne aussi la perfection). Le symbolisme de l'abeille évoque donc, chez les Celtes comme ailleurs, les notions de sagesse et d'immortalité de l'âme.

Agneau

Voir symbolisme de la brebis.

Aigle

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L'aigle fait partie, dans un récit apocryphe gallois, des Anciens du monde. Ce texte correspond au récit irlandais de Tuan Mac Cairill et à un passage du Mabinogi (les Mabinogion, pluriel de Mabinogi, sont des contes gallois du moyen-âge) de Kulhwch et Olwen. L'aigle est de ces animaux primordiaux initiatiques que sont aussi le merle, le hibou, le cerf et le saumon. C'est un symbole important lors de l'enseignement druidique concernant l'air. Dans la légende, Kaodalan montre son pouvoir sur l'air en se changeant en aigle. Le druide magicien s'associe à l'aigle Gwernabwy lorsqu'il part à la recherche de Mabon (Appolon celtique). Il est opposé au serpent. On n'en connaît pas d'autres apparition dans la mythologie celtique, hormis la métamorphose de Llew en aigle, quand il vient d'être tué par l'amant de sa femme adultère Blodeuwedd, dans le Mabinogi de Math ; mais il apparaît assez souvent en numismatique gauloise. Son rôle semble avoir été tenu en Irlande par le faucon.

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alouette

Cet animal est sacré pour les Gaulois et représentation le juste milieu entre les hommes et les dieux. Son nom celtique est alauda

Anguille

Dans un épisode de la mythologie irlandaise apparaît une anguille. C'est le résultat d'une métamorphose de la Bodb (corneille), ou déesse de la guerre qui, dépitée de ne pas être aimée du héros Cuchulainn, vient sous cette forme dans le gué où il combat contre les hommes d'Irlande et s'enroule autour de sa jambe. Cuchulainn l'arrache brutalement et la jette contre les rochers

Arthur (ours)

Etymologiquement, le nom gallois Arthur est dérivé du nom de l'ours (arto-s) par un britonnique ancien (artoris) dans lequel seul le suffixe est d'origine latine. Arthur est le "roi" par excellence et son pouvoir temporel s'oppose symboliquement à l'autorité spirituelle (représentée par le sanglier) dans l'épisode légendaire de la chasse. L'idéal chevaleresque de la quête du Graal, largement repris et exploité par les littératures médiévales, insulaires ou continentales, correspond en effet à une prédominance de la classe guerrière. Par voie de conséquence, le roi Arthur de l'histoire, transposé dans la légende et mystérieusement endormi dans l'Île d'Avalon (localisation de l'Autre-Monde), catalyse toutes les aspirations politiques des petites nations celtiques du Moyen Age : les Gallois et les Bretons attendent qu'il viennent les délivrer de la domination étrangère, ce qu'il ne manquera pas de faire avant la fin des temps.


 
B
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Belette

Dans tous les récits irlandais du cycle d'Ulster, la mère du roi Conchobar porte le nom de Ness, belette. C'est, au départ, une vierge guerrière. Ness peut symboliser d'une part l'affection et la vigilance et, en mauvaise part, l'inconstance ou la rouerie. Mais cela ne convient pas à son attitude initiale de guerrière farouche. Peut-être l'Irlande médiévale a-t-elle confondu le symbolisme de la belette et celui de l'hermine car cette dernière symbolise l'indomptable vierge guerrière (voir symbolisme de l'hermine).

Bélier

Les druides font du bélier le symbole de la fertilité, de la vie en mouvement et de la création. On a trouvé en Gaule de nombreux chenêts d'argile cuite et de pierre à tête de bélier, ce qui n'est pas sans relier le symbolisme igné de l'animal et la fécondité familiale.

Biche

La chasse à la biche, dans la tradition mystique des Celtes, symbolise la poursuite de la sagesse qui ne se trouve que sous un pommier, l'arbre de la connaissance. Les légendes celtiques racontent que Sapv, la mère d'Ossian (poète guerrier du IIIe siècle ap JC) fut transformée en biche par un druide. On raconte aussi que Dahud, la reine d'Ys, traquée en vain par le roi Marc'h, aime courir les bois sous la forme d'une biche blanche

Blaireau

Dans le récit gallois du Mabinogi de Pwyll prince de Dyfed, le rival de Pwyll auprès de Rhiannon, Gwawl, est enfermé dans un sac magique au terme d'une contestation riche en rebondissements. Chacun des hommes de Pwyll vient alors lui donner un coup de bâton. C'est ce que le texte gallois appelle le jeu du "blaireau dans le sac". Le symbolisme de l'animal est pris ici en mauvaise part, sans qu'on puisse mieux le définir. Il semble que le jeu ait pour but de symboliser le châtiment infligé à l'homme pour ce qu'il comporte de blaireau en lui, le blaireau dans le sac, la ruse et la roublardise ; et il est frappé à coups de bâton, pour que sorte de lui sa part de blaireau, qu'il se délivre de sa malice et de sa prétention.

Boeuf

Il existe une divinité gauloise, Damona, parèdre du protecteur des eaux thermales Borvo ou Apollon Borvo, et dont le nom contient le thème celtique désignant généralement les bovidés, dam. Mais le bœuf ne possèderait pas, dans le monde celtique, de symbolisme indépendant, en dehors du symbolisme chrétien usuel. Les légendes galloises témoignent cependant de l'existence de bœufs primordiaux. Les deux principaux sont ceux de Hu Gadarn, personnage mythique, qui arriva le premier dans l'île de Bretagne avec la nation des Cymry (Gallois). Avant l'arrivée de ces derniers, il n'existait en Bretagne que des ours, des loups, des castors et des bœufs cornus. Le Lebor Gabala (Livre des Conquêtes) nomme aussi, mais sans autre indication, des bœufs mythiques. Le bœuf jouerait alors un rôle analogue à celui du héros civilisateur. D'après les légendes, le boeuf sacré associé à la déesse mère, Brun de Cualngé , a un mugissement qui donne un sommeil paisible à ceux qu'il l'entendent. Les Gaulois mangent très peu de cet animal et préfère le cochon d'élevage..

Bouc

L'Irlande désigne, sous le terme général de goborchind ("têtes de chèvres" ou de "boucs"), un certain nombre d'êtres inférieurs, laids et difformes, apparentés à la catégorie, plus générale encore, des Fomoire.

Bousier

Le symbolisme de cet animal est pris en Irlande uniquement en mauvaise part. Dans le Cycle d'Ulster un personnage de haut rang, Dubthach Doel Tenga, est appelé ainsi Dubthach à la langue de bousier, parce qu'il manie facilement l'injure : le nom est une métaphore fondée sur la couleur sombre de l'animal. Dans le récit de La Mort des Enfants de Tuireann, il est dit qu'un bousier ronge le flanc du roi Nuada, que les trois médecins fils de Diancecht (Apollon) viennent soigner. Ce bousier qui ronge les flancs du roi peut être entendu au sens physique, comme une lèpre, ou au sens moral, comme d'un vice. Les fils de l'Apollon celtique sont des médecins de l'âme, comme du corps.

Brebis

Le symbolisme de la brebis n'est pas différent de celui du mouton ou de l'agneau, lequel dépend étroitement du symbolisme courant dans le christianisme. Le récit gallois du Mabinogi de Peredur dépeint deux troupeaux de moutons, les uns blancs, les autres noirs, séparés par une rivière. A chaque fois que bêlait un mouton blanc, un mouton noir traversait l'eau et devenait blanc ; à chaque fois que bêlait un mouton noir, un mouton blanc traversait l'eau et devenait noir. Sur les bords de la rivière, qui symbolise probablement la séparation entre le monde terrestre et l'Au-Delà, se dressait un grand arbre, dont une moitié brûlait depuis la racine jusqu'au sommet et dont l'autre portait un feuillage vert. Les moutons blancs devenant noirs symbolisent les âmes descendant du ciel sur la terre; les moutons noirs devenant blancs figurent au contraire celles qui montent de la terre vers le ciel. Mais il n'est pas certain qu'un tel symbolisme soit antérieur au christianisme ; il peut représenter l'adaptation du principe, formulé par César, suivant lequel il faut une vie humaine pour que les dieux acceptent de rendre une vie humaine. C'est un des principes fondamentaux de la transmigration des âmes. Les brebis ont, d'autre part, un symbolisme maléfique et diabolique dans le récit irlandais du Siège de Druin Damghaire. Les mauvais druides du roi Cormac, roi d'Irlande en lutte contre la province de Munster et refusant de payer un tribut injuste, utilisent trois brebis noires, méchantes, hérissées de piquants de fer, qui viennent facilement à bout de plusieurs guerriers.


 
C
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Canard

Il n'est jamais fait mention du canard dans les textes, mythologiques ou épiques irlandais et gallois. Il a été confondu avec le cygne, dont il diffère cependant ne fût-ce que par la taille et la couleur. Il serait malaisé de lui attribuer un symbolisme particulier. On trouve cependant des canards représentés sur des objets celtiques de l'époque de la Tène. On serait enclin à donner de ces images dans le monde celtique, une interprétation analogue à celle du cygne.

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Cerf

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Un signe net de l'importance du cerf dans la symbolique celtique est la fréquence relative de son apparition dans l'iconographie ou la légende. Une divinité gauloise porte le nom de Cernunnos, "celui qui a le sommet du crâne comme un cerf". Elle est représentée sur le chaudron d'argent de Gundestrup, assise dans la posture bouddhique, tenant d'une main un torque et de l'autre un serpent, entourée d'animaux les plus divers, et notamment d'un cerf et d'un serpent. Peut-être faut-il voir dans ces bois de cerf surmontant la tête du dieu un rayonnement de lumière céleste. Un autre monument remarquable est celui de Reims où Cernunnos est représenté en dieu de l'abondance. on en connaît plusieurs autres. Cependant, il semble bien que le dieu doive être compris comme le maître des animaux. En Irlande, le fils du grand héros du cycle ossianique, Find, s'appelle Oisin ("faon"), tandis que Saint Patrick se métamorphose et métamorphose ses compagnons en cerfs (ou en "daims") pour échapper aux embûches du roi païen Loegaire : il agit ainsi en vertu de l'incantation ou procédé magique appelé feth fiada, lequel procurait normalement l'invisibilité. le symbolisme du cerf dans le monde celtique est donc très vaste et il a trait certainement aux états primordiaux. Faute d'une étude d'ensemble, on doit provisoirement se borner à relever le symbolisme de longévité et d'abondance. Les gaulois employaient de nombreux talismans, en bois de cerf, et on a noté, en Suisse, dans des tombes alémanes des ensevelissements de cerfs à côté de chevaux et d'hommes. On a rapproché le fait des masques de cerf dont étaient munis des chevaux sacrifiés dans des kourganes de l'Altaï aux V° et VI° siècles avant notre ère. En Bretagne armoricaine, Saint Edern est représenté chevauchant un cerf. Comme le renne, le chevreuil, le cerf semble avoir joué un rôle de psychopompe (qui conduit les âmes des morts) dans certaines traditions européennes, notamment chez les Celtes : le Morholt d'Irlande, oncle d'Yseult, occis par Tristan en un combat singulier, est dépeint gisant mort cousu dans une peau de cerf.

Chat

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Il est probablement introduit en Gaule vers le IIIe siècle av JC au temps des premiers Ptolémées (Egyptiens). Suivant qu'il est noir ou blanc, il porte malheur ou bonheur. Cependant, dans la tradition celtique, le symbolisme du chat est beaucoup moins favorable que celui du chien ou du lynx. Il semble que cet animal ait été considéré tout de même avec quelque méfiance. Cenn Chaitt "tête de chat" est le surnom de l'usurpateur Cairpre qui, occupant la royauté suprême, cause la ruine de l'Irlande. Un chat mythique punit, dans la Navigation de Mael Duin, un des frères de lait de ce dernier qui avait voulu, dans un château désert où la troupe avait festoyé, s'emparer d'un cercle d'or. Le voleur est réduit en cendre par une flamme jaillie des yeux du petit chat, lequel retourne ensuite à ses jeux. Le portier du roi Nuada, à Tara, avait également un œil de chat, ce qui le gênait quand il voulait dormir, car l'œil s'ouvrait la nuit au cri des souris ou des oiseaux. Au Pays de Galles enfin, un des trois fléaux de l'île d'Anglesey est, d'après les Triades de l'île de Bretagne, un chat mis bas par la truie mythique Henwen ("Vieille Blanche"). Jeté à la mer par le porcher, il fut malencontreusement sauvé et élevé par des imprudents. On peut se demander cependant si, dans tout cela, il ne s'agit pas quelquefois plutôt du chat sauvage que du chat domestique. La légende raconte que Cuchulainn reste toute une nuit aux trois chats druidiques qui l'attaquent. Le chat Perlue fut l'un des trois fléaux de l'île de Man.

Cheval

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Il est le symbole de la chasse des animaux, mais aussi celui de la guerre. Il est aussi associé à la course du soleil et à la lune protectrice. C'est sans doute le bien le plus précieux d'un Celte (voir les nombreuses histoires et représentations le mettant en scène). Epona est la déesse celtique des chevaux : les Romains l'adoptent et en font leur protectrice qu'ils représentent en amazone sur un cheval. Morvarc'h, le cheval marin (cheval de Marc'h) se déplace sur terre et sur mer sans laisser aucunes traces. Son maître le tue malencontreusement en chassant à l'arc une biche blanche qui, poursuivie sous la mer, trouve refuge chez Dahud. Cette dernière lui fait pousser les oreilles et la crinière de Morvarc'h.

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La valorisation négative du symbole chthonien (relatif à la terre et au monde souterrain) fait du cheval une manifestation de la mort, analogue à la faucheuse de notre folklore. En Irlande, le héros Conal Cernach possède un cheval à tête de chien, le Rouge de Rosée, qui déchire le flanc de ses ennemis. Les chevaux de Cuchulainn, le Gris de Macha (c'est le roi des chevaux d'Irlande) et le Sabot Noir, ont une intelligence humaine : le Gris refuse de se laisser atteler au char du héros qui se prépare pour son dernier combat, et il verse des larmes de sang ; un peu plus tard, il guidera le vengeur Conal Cernach vers le corps de son maître ; le Noir, lui, va se noyer de désespoir.

Les chevaux de mort ou de cauchemar hantent le folklore celtique : le March-Malaen (malaen : latin malignus) est un des trois fléaux de l'île de Bretagne ; les Kelpies d'Ecosse sont des chevaux-démons et le folklore breton est rempli d'anecdotes ou de contes relatifs à des chevaux diaboliques, qui égarent les voyageurs ou les précipitent dans des fondrières ou des marais. Les chevaux noirs, dans ces contes, sont le plus souvent soit le diable, soit un démon, soit un damné, soit une âme en peine, ou bien ils sont la monture d'un héros de ces chasses maudites, dont le plus célèbre est sans doute le roi Arthur, condamné à poursuivre dans une course sans fin un gibier inaccessible. Il est significatif, au passage, de remarquer que dans ses plus anciennes versions, la chasse d'Arthur est accompagnée d'une meute de chiens blancs et poursuit un lièvre, animal typique lunaire. Du symbole chthonien au symbole agraire, il n'y a qu'un pas.

En Irlande, selon le récit d'un témoin oculaire, rapporté par Frazer (G.J. Frazer, The Golden Bough, London 1911-1915, 10, 203), au cours d'une cérémonie des feux de la Saint-Jean, après que tous les paysans eurent sauté par-dessus les braises, on vit apparaître une grande construction en bois d'environ huit pieds de longueur, munie à l'une de ses extrémités d'une tête de cheval, et recouverte d'un grand drap blanc qui cachait l'homme qui la portait. On l'accueillit pas de grands cris : Le Cheval Blanc ! Le Cheval Blanc ! Le masque sauta par-dessus le feu, puis se lança à la poursuite des spectateurs. Quand le témoin demanda ce que représentait le cheval, on lui répondit : tout le bétail. Le cheval est donc devenu le symbole de toute abondance, ce qu'expliquent son dynamisme et sa force impulsive et généreuse.

Dans les rites d'intronisation des rois d'Irlande, au XII° siècle, le futur roi, au cours d'une cérémonie solennelle, devait s'unir à une jument blanche. Celle-ci était ensuite sacrifiée et sa chair, bouillie, partagée dans un festin rituel, auquel le roi seul ne prenait pas part. Mais il lui fallait ensuite se baigner dans le chaudron contenant le bouillon de l'animal. L'analyse de ce rite est éloquente. Il apparaît en effet que, par leur accouplement, l'homme et la jument reproduisent le mariage ourano-chthonien ; le futur roi se substitue à la divinité céleste pour féconder la Terre, représentée par la bête. Mais, dans la dernière épreuve de ce rituel, celle du bain de bouillon, il opère un véritable regressus ad uterum : le chaudron représente le ventre de la Terre-Mère et le bouillon les eaux placentaires. De ce bain, au caractère typiquement initiatique, le futur roi renaît, ayant reçu, comme au cours d'une seconde gestation, communication des pouvoirs les plus subtils, les plus secrets, de la Terre-Mère qu'il avait éveillée sous la forme de la jument. Il quitte par cette double opération la condition humaine pour se hisser au niveau du sacré, inséparable de la condition royale. Le cheval de guerre est omniprésent dans les épopées celtiques. Il est souvent caractérisé par sa robe alezane, couleur de feu. On a retrouvé dans un trésor celtique, à Neuvy-en-Sulias (Loiret), un cheval votif accompagné d'une inscription au dieu Rudiobus (le Rouge) : c'est le cheval roux de l'Apocalypse, annonciateur de guerre et d'effusion de sang.

Chevreuil

voir symbolisme du cerf.

Chien

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Pour les Celtes, le chien est le messager de l'Au-Delà. Il est apprécié pour ses qualités de chasseur. On l'associe à la lune.

Dans le domaine celtique, il est aussi associé au monde des guerriers. Contrairement à ce qui se passe chez les Gréco-Romains, le chien est, chez les Celtes, l'objet de comparaisons ou de métaphores flatteuses. Le plus grand héros, Cuchulainn, est le nom du chien de Culann et nous savons que tous les Celtes, aussi bien insulaires que continentaux, ont eu des chiens dressés pour le combat et la chasse. Comparer un héros à un chien était faire honneur, rendre hommage à sa valeur guerrière. Toute idée péjorative est absente. Il n'y a pas, semble-t-il, de chien infernal analogue à Cerbère. Le chien maléfique n'existe que dans le folklore, probablement sous l'influence du christianisme : en Bretagne, le chien noir des Monts d'Arrée représente les damnés. Le héros irlandais Cuchulainn avait pour principal interdit alimentaire la viande de chien ; et pour le condamner à mourir, les sorcières, qu'il rencontre en allant au combat, lui en offrent et l'obligent à en manger. Le héros Finn est aussi flanquée de deux chiens. Ki Du, le Chien Noir de Bretagne, accompagne les morts durant lors voyage. Dans le Monde Invisible, le roi Annwf possède la meute des chiens gris. Il est nécessaire aussi de se rapporter à la symbolique du loup.

Chouette

Elle symbolise la connaissance, la vigilance et l'espérance dans l'Autre Monde. Elle représente la lumière de la conscience druidique. La chouette fait partie des anciens du Monde, pleins de sagesse et d'expérience dans le conte apocryphe gallois du même nom. On devrait donc la ranger parmi les animaux primordiaux et il est probable qu'on peut l'assimiler au hibou. Mais ces animaux n'apparaissent pas dans le symbolisme religieux celtique. Le hibou est pris en mauvaise part sous l'influence du christianisme. Le symbolisme de la chouette, favorable, est plus ancien et probablement préchrétien. Blodeuwedd, la femme infidèle de Llew, dans le Mabinogi de Math, est transformée en hibou en punition de son adultère avec un seigneur voisin.

Cochon

C'est la viande et l'aliment de base chez les Celtes qui le consomment bouilli. Cet animal fait la renommée des Gaulois dès que ces derniers découvent le moyen de le préparer sous la forme de charcuterie. Au niveau rituel, les druides laissent pourrir les carcasses de cochons dans des creusées creusées à l'entrée des Nemetons. Les chairs, alors en décomposition, permettent d'ensemencer symboliquement la terre. La légende raconte que Pwyll garde des cochons magiques destinées au banquet divin.

Coq

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Le coq est connu comme emblème de fierté - ce que justifie l'allure de l'animal - et comme emblème de la France. Mais c'est une notion récente, sans valeur symbolique, fondée sur le double sens du mot gallus = coq et Gaulois. L'animal apparaît, à côté de Mercure, sur quelques représentations figurées gallo-romaines. On le trouve aussi sur des monnaies gauloises. Mais les Romains ont fait un jeu de mot entre gallus ("coq") et Gallus ("Gaulois"). C'est l'origine du coq gaulois dont la valeur symbolique traditionnelle est quasi nulle. Les caractères du coq et du Français ne sont cependant pas symboliquement sans rapport.

Corail

Cette matière colorée, probablement importée de la baie de Naples, connait une grande vogue chez les Celtes plus particulièrement au IVe siècle avant JC et au début du siècle suivant, quand les contacts directs ne sont pas encore interrompus par la progression romaine. Le corail, introduit vers la fin du VIe siècle avant JC dans un milieu Hallstattien, doit être surtout apprécié par les vertus magiques qui lui sont attribuées.

Corbeau

C'est le symbole de la souveraineté guerrière, il est -avec la corneille- souvent associé à la déesse de la guerre (la Morrigan ou la Bodb en Irlande, Cat[h]ubodua en Gaule) ou à Lug dans son aspect guerrier. A noter que le corbeau n'est pas la représentation de Lug sur terre ! En effet, Lug est un dieu lumineux alors que le corbeau est un animal noir. Rome a conservé un mythe celtique -en l'ayant toutefois historicisé- sur la fondation de la ville de Lyon (Lugdunon) : Atepomaros et Momoros, cherchant un endroit pour fonder une cité, arrivent sur l'actuelle colline de la Fourvière : soudain, une nuée de corbeaux vient se poser autour d'eux. Ils décident alors de fonder leur cité à cet endroit là. Le corbeau est un symbole guerrier, mais il est aussi celui de la chasse, de la sagesse et de la connaissance.

Corneille

La corneille ou Bodb est, en Irlande, l'un des noms de la déesse de la guerre qui, du reste, apparaît souvent sous cette forme. Elle peut, à son gré, se transformer en de nombreux animaux, et c'est ce qu'elle fait pour combattre Cuchulainn qui a repoussé ses avances. On en retrouve le nom en Gaule dans le théonyme Cathubodua, la corneille du combat.

Cygne

Il est considéré en Irlande comme l'oiseau de l'Autre Monde. En réalité, selon Guyonvarc'h, tous les oiseaux semblent appartenir au sid mais le cygne apparaît beaucoup plus fréquemment. Il est la forme la plus prisée pour les messagères du Sid lorsqu'elles viennent dans le monde des hommes. Les cygnes se déplacent souvent par deux et parfois une chaîne en or ou en argent les attache ensemble par le cou. Sur beaucoup d'œuvres d'art celtiques, deux cygnes figurent sur un côté de la barque solaire, qu'ils guident et accompagnent dans son voyage sur l'océan céleste. Venant du nord ou y retournant, ils symbolisent les états supérieurs ou angéliques de l'être en cours de délivrance et retournant vers le Principe suprême. Sur le continent, et même dans les îles, le cygne est souvent confondu avec la grue, d'une part, et l'oie, d'autre part ; ce qui explique l'interdit alimentaire dont cette dernière faisait l'objet, d'après César, chez les Bretons. Le cygne est un symbole royal, mais il est aussi un symbole de pureté, de la lumière et de la féminité chez les Celtes. On l'associe à l'amour (cf la légende d'Aengus et Caer la jeune fille cygne). Le cygne possède alors un caractère sacré qui le rend intouchable. Etaine la troisième et Mider le roi du Monde Invisible se changent en cygnes pour échapper à la colère du roi Eochaid.

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D
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Daims

voir symbolisme du cerf.

Dragon

Puissance céleste, créatrice, ordonnatrice, le dragon est tout naturellement le symbole de l'empereur, incarnant la force issue de la terre. Le dragon rouge est l'emblème du Pays de Galles. Le Mabinogi de Lludd et de Llewellys raconte la lutte du dragon rouge et du dragon blanc, ce dernier symbolisant les Saxons envahisseurs. Finalement les deux dragons, ivres d'hydromel, sont enterrés au centre de l'Île de Bretagne, à Oxford, dans un coffre de pierre. L'île ne devrait subir aucune invasion tant qu'ils n'auraient pas été découverts. Le dragon enfermé est le symbole des forces cachées et contenues : les deux faces d'un être voilé. Le dragon blanc porte les couleurs livides de la mort, le dragon rouge celles de la colère et de la violence. Les deux dragons enterrés ensemble signifient la fusion de leur destin. La colère est tombée, mais les dragons pourraient ressurgir ensemble. Ils demeurent comme une menace, une puissance virtuelle, prompte à se lancer contre tout nouvel envahisseur. D'après les légendes, les héros doivent obligatoirement le terrasser pour accéder au pouvoir spirituel et temporal et ainsi gagner le coeur des élues.


 
F
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Faon

voir symbolisme du cerf.

Faucon

Dans le récit irlandais des aventures de Tuan Mac Cairill, le faucon est un des états successifs de ce personnage primordial. Il correspond donc à l'aigle dans le conte mythologique gallois des Anciens Mondes. L'importance du faucon dans les lois galloises de Hywel Da (Xème siècle) serait plutôt due au développement de la fauconnerie comme mode de chasse. Cet animal est un aussi symbole solaire. La légende raconte que la sorcière Cerridwen, transformé en faucon, rattrape le jeune Gwion, changé en oiseau.

Fourmi

La fourmi occupe une place très humble dans la tradition celtique. Le seul texte où il en est question est le conte gallois de Kulhwch et Olwen. Parmi les multiples objets réclamés dans la quête préalable par le géant Yspaddaden Penkawr figure un setier de graines de lin. Elles sont toutes apportées à Kulhwch par les fourmis du voisinage, sauf une, apportée avant la nuit par la fourmi boiteuse. La fourmi est symbole du serviteur appliqué et infatigable


 
G
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Grue

Les échassiers, dont la grue et le héron sont dans les pays celtiques les principaux représentants, sont quelquefois nommés en concurrence avec les cygnes, à cette réserve près qu'ils sont presque toujours vus en mauvaise part, dans une fonction prophylactique. Leur symbolisme semblerait donc inverse ou contraire. Mais il est peu probable que ce symbolisme péjoratif ait prévalu aussi en Gaule, où l'on possède quelques témoignages de grues à valeur mythologique sûre. Dans les légendes irlandaises, la grue détient des pouvoirs surnaturels. On a retrouvé des figurations de grues (époque gallo-romaine) associées à un taureau. En dessous, on pouvait lire l'inscription TARVVOS TRIGARANOS ou "le taureau aux trois grues". C'est aussi l'oiseau de la Grande Déesse et du dieu Esus.


 
H
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Hermine

Comme la belette elle symbolise l'indomptable vierge guerrière.

Héron

Le symbolisme du héron rejoint celui des échassiers. Les textes le font le plus souvent participer à une métaphore relative aux contorsions guerrières du héros Cuchulainn : le héros faisait saillir un de ses yeux comme un chaudron pour cuire un veau d'un an et enfonçait l'autre dans l'orbite si profondément qu'un héron n'aurait pu l'atteindre avec son bec.

Hibou

Cet animal est associé aux connaissances lunaires et nocturnes. Il aide les héros solaires à percer le mystère de la nuit. Voir aussi le symbolisme de la chouette.

Hirondelle

L'hirondelle est représentée dans le domaine mythique celtique par le nom de Fand, épouse du dieu de la mer Manannan. Tombée amoureuse de Cuchulainn, elle l'invite dans l'autre monde et il passe un mois auprès d'elle. Puis il l'abandonne et est repris par sa femme Emer. Avec beaucoup de mélancolie, Fand retourne alors vers son mari, qui est revenu la chercher. Un autre personnage mythique en relation avec le nom de l'hirondelle est Fandle, l'un des trois fils de Nechtan Scene, tué par Cuchulainn lors de sa première expédition sur la frontière d'Ulster. Fandle était d'une extrême légèreté et combattait au-dessus de l'eau.


 
L
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Laie

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Lion

Le lion est le symbole du courage et du pouvoir royal. Les Celtes ont connaissance de son existence dès le IIIe siècle av JC.

Loup

Le symbolisme du loup dans le monde celtique (et dans beaucoup d'autres cantons du monde indo-européen) est assez difficile à cerner. L'ancien nom du loup dans les langues celtiques a disparu, remplacé par diverses formes de substitution. On connaît des peuples portant son nom dans l'ensemble du monde indo-européen (Volcae chez les Celtes ; Volsci chez les Osco-ombriens ; Winnili chez les Germains ; Lutices chez les Slaves) mais il est impossible de restituer le terme indo-européen commun à partir des différentes formes répertoriées. Cet état de fait suppose très vraisemblablement un interdit religieux très ancien lié au loup. La forme du mot celtique a toutefois survécu en Irlandais mais elle a perdu son sens originel : olc/elc signifie désormais " mauvais ". Le nom d'Ealcmar - surnom d'Ogme, dieu sombre des irlandais - signifiant " grand envieux " ou " grand méchant " est formé à partir de cette racine. M. Guyonvarc'h en déduit que le loup était certainement le symbole d'Ogme/Ogmios mais qu'il fut remplacé ultérieurement par le chien qui semble être son substitut naturel dans le monde celtique. Dans les légendes, Gilwaethwy et Goéwin, respectivement loup et louve, donnent naissance au louveteau Bleiddwein.

Loutre

Le symbolisme de la loutre (irl. doborchu ; gall. dyfrgi ; bret. dourgy, littéralement chien d'eau) est complémentaire de celui du chien. Cuchulainn commence la série de ses exploits en tuant un chien et il les termine, quelques instants avant de mourir, en tuant une loutre d'une pierre de fronde. Elle symbolise alors la fin d'un cycle temporel.

Lynx

Le lynx n'existe dans aucune légende celtique mais il est remarquable que son nom soit exactement homonyme, en irlandais, du nom du dieu Lug : lug, génitif loga. Il est donc possible qu'il ait été considéré, à cause de sa vue perçante, comme un symbole ou une image de Lug. Les cordes de harpes étaient en boyau de lynx. Leurs sons étaient considérés comme divins.


 
M
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Merle

D'après les légendes, le merle Cilgwri aide le druide Gwrhyr Gwalstawt Ieithoedd à retrouver Mabon.

Mouton

voir symbolisme de la brebis.

Morvarc'h (cheval marin)

(cf Cheval)


 
O
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Oeuf

Dans le domaine celtique, on n'a aucun témoignage direct sur le symbolisme de l'œuf. Celui-ci est inclus dans celui de l'oursin fossile, ovum anguinum ou œuf cosmique qui contient en germe toutes les possibilités.

Oie

Dans la tradition celtique continentale et insulaire , l'oie est un équivalent du cygne, dont la lexicographie ne la distingue pas toujours nettement. Considérée comme une messagère de l'Autre Monde, les Celtes lui attribuent des pouvoirs divinatoires. Elle fait alors l'objet chez les Bretons d'un interdit alimentaire, en même temps que le lièvre et la poule. César, qui rapporte le fait dans le de Bello Gallico (5, 12), ajoute que ces animaux étaient élevés pour le plaisir (voluptatis causa) mais il n'a pas compris pourquoi. Elle est aussi associée à la guerre et garde une place importante dans le folklore. Voir le symbolisme du cygne

Ours

L'ours est l'emblème ou le symbole de la classe guerrière et son nom (celt. commun artos, irl. art, gall. arth, bret. Arzh) se retrouve dans celui du souverain mythique Arthur (artoris, voir le symbolisme d'Arthur), ou encore dans l'anthroponyme irl. Mathgen (matugenos né de l'ours). Il s'oppose symétriquement au sanglier qui est le symbole de la classe sacerdotale. Dans le conte gallois de Kulhwch et Olwen, Arthur chasse le Twrch Trwyth et ses petits. Or cet animal est un sanglier blanc et la lutte, qui dure longtemps (neuf jours et neuf nuits), exprime la querelle du Sacerdoce et de l'Empire. Elle est inverse toutefois en Irlande dans le récit de la Mort des Enfants de Tuireann, où ce n'est plus le sanglier sacerdotal qui ravage les terres du souverain, mais les représentants de la classe guerrière qui assassinent Cian, le père de dieu Lug, caché sous l'apparence d'un porc druidique. On a même en Gaule une déesse Artio (à Berne, dont le nom est toujours celui de l'ours) qui, symboliquement, marque mieux encore le caractère féminin de la classe guerrière. On peut noter aussi que les Gallois nomment cerbyd Arthur ("chariot d'Arthur") les constellations à symbolisme polaire de la Grande et de la Petite Ourse.

Oursin

L'oursin fossile qui, d'après Pline, jouissait en Gaule d'une grande popularité, relève du symbolisme général de l'œuf du monde. Pline l'appelle d'ailleurs ovum anguinum ("œuf de serpent"), et il le met en relation directe avec les doctrines druidiques, sans toutefois estimer ces dernières plus que d'assez vagues superstitions : " Il est une espèce d'œuf, oubliée par les Grecs, mais en grand renom dans les Gaules : en été, des serpents innombrables se rassemblent, enlacés et collés les uns aux autres par la bave et l'écume de leur corps ; cela s'appelle œuf de serpent. Les druides disent que cet œuf est projeté en l'air par les sifflements des reptiles et qu'il faut le recevoir dans une saie avant qu'il touche la terre. Le ravisseur doit s'enfuir à cheval, car les serpents le poursuivent jusqu'à ce qu'ils en soient empêchés par l'obstacle d'une rivière. On reconnaît cet œuf à ce qu'il flotte contre le courant. Mais comme les mages sont habiles à dissimuler leurs fraudes, ils affirment qu'il faut attendre une certaine lune pour recueillir cet œuf, comme si la volonté humaine pouvait faire coïncider la réunion des serpents avec la date indiquée. J'ai vu cet œuf : il est de la grosseur d'une pomme ronde moyenne et la coque en est cartilagineuse, avec de nombreuses cupules, comme celles des bras des poulpes. Il est célèbre chez les druides. On en loue l'effet merveilleux pour le gain des procès et l'accès auprès des rois ; mais ceci est faux : un chevalier romain du pays des Voconces qui, pendant un procès, en portait un dans son sein, fut mis à mort par le divin Claude, empereur, sans aucune autre raison, à ma connaissance". (Hist. Nat. 29, 52-54).

L'archéologie donne de nombreux exemples d'oursin fossile dont nous citerons les deux plus typiques. L'un est à Saint-Amand (Deux-Sèvres) : au centre d'un tertre qui ne comportait aucun vestige funéraire, on a retrouvé une petite capse formée de six plaques de schiste d'une vingtaine de centimètres de longueur, au centre de laquelle se trouvait un oursin fossile. L'autre est à Barjon (Côte d'Or), sur l'aire de base d'un tertre également dépourvu de vestige funéraire. Il existe de même une correspondance iranienne précise. Le symbole fondamental de l'oursin est l'œuf du monde ; mais il y a des rapports étroits entre les divers symbolismes de l'œuf, du serpent, de la pierre et de l'arbre et on pourrait ajouter d'autres développements symboliques sur le cœur et la caverne (à cause de la forme du micraster), ou encore la rose-croix et la signification symbolique des œufs de Pâques.


 
P
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Papillon

Dans le Tochmarc Etaine ou Courtise d'Etain, récit irlandais du cycle mythologique, la déesse, épouse du dieu Midir et symbole de la souveraineté, est transformée en une flaque d'eau par la première épouse du dieu, qui est jalouse. Mais de cette flaque naît, peu de temps après, un ver, qui devient un magnifique papillon, que le texte irlandais appelle quelquefois une mouche ; mais le symbolisme est éminemment favorable. Les dieux Midir, puis Oengus, la recueillent et la protègent : Et ce ver devint ensuite une mouche pourpre. Elle était de la taille de la tête d'un homme, et c'était la plus belle qui fût au monde. Le son de sa voix et le bourdonnement de ses ailes étaient plus doux que les cornemuses, que les harpes et que les cornes. Ses yeux brillaient comme des pierres précieuses dans l'obscurité. Son odeur et son parfum faisaient passer la soif et la faim à quiconque autour de qui elle venait. Les gouttelettes qu'elle lançait de ses ailes guérissaient tout mal, toute maladie et toute peste chez celui autour de qui elle venait. Le symbolisme du papillon est celui de l'âme débarrassée de son enveloppe charnelle, comme dans la symbolique chrétienne.

Poisson

Il est le symbole de la sagesse et de la connaissance. Il représente aussi l'immortalité. De tous les poissons, le saumon fut celui qui inspira le plus les bardes.


 
R
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Roitelet

Le roitelet fait couple avec le corbeau et le sens de cette dualité rejoint celui des couples druide-guerrier et sanglier-ours. Symboliquement, en étymologie populaire analogique, le nom du roitelet est interprété en irlandais (drui) en druide des oiseaux et, en britonnique, le mot servant à le désigner est le strict équivalent linguistique du nom du druide en irlandais. Le roitelet correspond donc à la classe sacerdotale, comme le corbeau à la classe guerrière. Il a existé au Pays de Galles un important folklore à son sujet ; c'est le roi des oiseaux, trace de traditions anciennes. Un vieux proverbe gallois menaçait de l'enfer quiconque en détruisait un nid et il existe en Bretagne une chanson du roitelet.


 
S
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Sanglier

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Il est le symbole de la combativité et de l'invincibilité (utilisé sur le carnyx), mais aussi celui de la classe sacerdotale (pouvoir spirituel). Il représente le prolongement de Lug et Esus sur la terre. Il possède la connaissance, c'est pour cette raison que les rois et héros des textes légendaires celtiques cherchent à le capturer. En Gaule, on ne part jamais à la chasse au sanglier sans avoir au préalable consulté les puissances surnaturelles.

Le sanglier apparait sous diverses formes à travers toute l'Europe : cimiers de casques, gravé dans le métal ou encore sculpté dans la pierre. Il figure très fréquemment sur des enseignes militaires gauloises, en particulier sur celles de l'Arc de Triomphe d'Orange et sur des monnaies de l'indépendance. On possède un assez grand nombre de sangliers votifs en bronze et de nombreuses représentations sur des reliefs de pierre. L'animal n'a cependant rien à voir avec la classe guerrière, si ce n'est pour s'opposer à elle en tant que symbole de la classe sacerdotale. Le sanglier est, comme le druide, en rapport étroit avec la forêt : il se nourrit du gland du chêne et la laie, symboliquement entourée de ses neuf marcassins, fouit la terre au pied du pommier, arbre d'immortalité. Confondu avec le porc, dont il se distingue du reste très mal (les Celtes avaient des troupeaux de porcs vivant pratiquement à l'état sauvage), le sanglier constitue la nourriture sacrificielle de la fête de Samain et c'est l'animal consacré à Lug. Dans plusieurs récits mythiques, il est question du porc magique qui, dans les festins de l'Autre Monde, est toujours cuit à point et ne diminue jamais. Au grand festin de la fête de Samain, le 1er novembre, la nourriture principale consiste en viande de porc. Moccus porc est un surnom de Mercure dans une inscription gallo-romaine de Langres. Le twrch trwyth (irl. triath roi), qui s'oppose à Arthur, représente le Sacerdoce en lutte contre la royauté à une époque de décadence spirituelle. Le père de Lug, Cian, se transforme en porc druidique pour échapper à ses poursuivants. Il meurt toutefois sous forme humaine. En aucun cas, et pas même dans des textes irlandais d'inspiration chrétienne, le symbolisme du sanglier n'est pris en mauvaise part. Il y a là une contradiction entre le monde celtique et les tendances générales du christianisme. On pense par association d'idée à Dürer, remplaçant, près de la crèche de Noël, le bœuf et l'âne par le sanglier et le lion. Les Celtes de Gaule et d'Allemagne le considère comme un symbole de fécondité jusqu'au Moyen Age. Les Scandinaves croyent aussi à l'existence du sanglier, plus exactement à celle du cochon magique qui peut être tué et remangé chaque jour.

Saumon

Le symbolisme du poisson est à peu près concentré dans le saumon, qui a été autrefois très commun et a joué un rôle important dans l'alimentation des peuples nordiques. Les autres espèces n'apparaissent pour ainsi dire pas, hormis la baleine (dont le nom est d'emprunt germanique). Dans les textes, le mot poisson, employé sans autre précision, est presque toujours synonyme de saumon. Le saumon est l'homologue du sanglier et c'est l'animal de la science sacrée. Il est question dans bon nombre de textes irlandais d'une fontaine de sagesse : sur ses bords pousse un coudrier, ou un sorbier, couvert de noisettes écarlates. Dans son eau vivent des saumons de sagesse, qui se nourrissent des noisettes tombées dans l'eau. Quiconque mange la chair de ces poissons devient voyant et omniscient. Cet animal est le porteur de la connaissance et de la sagesse. Le fait de le manger procure le rang d'initié à son consommateur. C'est ce qui arriva au héros Find quand il était jeune garçon : élève d'un poète ou file, il était occupé un jour à faire rôtir un saumon pour le compte de son maître. Mais il se brûla en tournant la broche et il porta le doigt à sa bouche. Il fut aussitôt rempli de la science universelle et eut une dent prophétique : il lui suffisait de placer son pouce sous sa dent de sagesse et de le mâcher pour être doué de prophétie. Le saumon est encore la nourriture d'Eithne (allégorie de l'Irlande), après sa conversion au christianisme. Animal druidique par excellence avec le sanglier et le roitelet, le saumon est un des symboles de la sagesse et de la nourriture spirituelle. On le retrouve comme animal primordial dans le conte arthurien de Kulhwch et Olwen, dans le récit apocryphe des Anciens du Monde au Pays de Galles, dans les aventures de Tuan Mac Cairill en Irlande. La forme de saumon est le dernier degré de la métempsycose : après avoir vécu cent ans sous cette forme, Tuan est pêché, apporté à la reine d'Irlande qui le mange et devient enceinte. Le dieu de la mort Curoi Mac Daere cache le secret de son âme dans l'estomac d'un saumon.

Serpent

Les Celtes pensent que le serpent détient d'immenses pouvoirs. Animal associé à de nombreux rites initiatiques, il se cache sous le Tertre Douloureux et garde la pierre de la richesse. Le serpent étant un animal dont la peau se renouvelle, il est associé à l'enfer et à la regénération. D'après les légendes, Pérédur arrive finalement à le vaincre.


 
T
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Taureau

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En Gaule, le taureau est souvent représenté avec trois cornes (on connait l'importance du chiffre 3 chez les Celtes). Il est important dans la mythologie et la vie quotidienne des Celtes (cf la razzia de bétail de Cualngé). Le vol de bovins est probablement au coeur de nombreus conflits entre différents groupes et il joue un rôle important lors les fêtes. On trouve la présence de cet animal dans le mythe dès 3000 ans avant JC en Sumérie. Enlil, le dieu taureau, est alors vénéré comme dieu de l'orage et de la fécondité. On le trouve dans les combats de taureaux de Crête, dans les sacrifices rituels et à Rome. Un sacrifice de taureau est d'ailleurs représenté sur le célèbre chaudron de Gundestrup.

Le taureau ne semble pas avoir eu une valeur symbolique exclusive de virilité et il n'est pas certain que sa signification première soit à rechercher dans la dualité ou dans l'opposition sexuelle avec la vache. Le taureau est en effet, en Irlande, l'objet de métaphores surtout guerrières. Un héros ou un roi de grande valeur militaire est souvent appelé le taureau du combat. D'autre part, le taureau est la victime de ce qu'on appelle en Irlande le festin du taureau, première partie du rituel de l'élection royale, telle que la raconte le texte de la Maladie de Cuchulainn. On sacrifie l'animal, un poète mange de la viande, boit du bouillon à satiété, s'endort et, dans son rêve, voit le candidat-roi qui doit être choisi par l'assemblée des nobles. La seconde partie du rituel (qui concerne le roi élu) a pour victime le cheval, mais il est tout aussi guerrier que lui et le sacrifice des taureaux blancs raconté par Pline (Hist. Nat. 16, 249) à propos de la cueillette du gui est un ancien rituel royal, ayant perdu toute raison d'être par suite de la conquête romaine et de la disparition de toute vie politique indépendante. Car le taureau est, comme le cheval , un animal royal : Deiotaros taureau divin. Des tétrarques galates ont porté ce nom parce qu'ils étaient rois, et non parce qu'ils étaient prêtres, comme on l'a quelquefois supposé à tort. Cette connotation renvoie directement au binaire cheval-taureau de l'art paléolithique (le couple cheval-taureau occupe toujours la place centrale des représentations pariétales animales, d'après Leroi-Gourhan).

Le taureau est bien un animal primordial. Dans le récit de la Razzia des Vaches de Cooley, où un taureau brun et un taureau blanc se combattent à mort, l'un représente l'Ulster et l'autre le Connaught : les posséder signifie posséder la souveraineté guerrière, d'autant plus que l'un et l'autre ont l'intelligence et la voix humaines. Ils sont nés de la métamorphose des deux porchers des rois du Sud et du Nord de l'Irlande et ils ont passé par divers états animaux. En Gaule, l'iconographie comporte un taureau aux trois grues (équivalent probable des cygnes insulaires) et un taureau à trois cornes, lequel est probablement un symbole guerrier incompris à l'époque gallo-romaine : la troisième corne doit représenter ce qu'en Irlande on appelle le lon laith ou lune du héros, espèce d'aura sanglante qui jaillit du sommet du crâne du héros en état d'excitation guerrière. On peut noter en annexe que le nom de bison a survécu dans le toponyme de Vesontio, ancien nom de Besançon.

 
V
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Vache

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Anse de seau en forme de vache

Ver

Le roi d'Ulster, Conchobar, naît avec un ver dans chaque main. Le motif peut être rapproché de celui des serpents qu'étouffe Héraklès au berceau, mais ce n'est pas certain. Il s'agit plus probablement d'une transformation, du passage à un état supérieur symbolisé par l'état larvaire transitoire. Il en est ainsi de la naissance de plusieurs personnages mythologiques : Cuchulainn naît d'un ver avalé par sa mère Dechtire, buvant dans une coupe d'airain. Les deux taureaux de la Razzia des Vaches de Cooley naissent des porchers royaux, transformés en vers et avalés respectivement par une vache du Nord (Ulster) et une vache du Sud (Connaught).



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